Voies d'évitement
Ayant à construire et à exploiter une ligne à voie unique, et connaissant la vitesse de marche et le nombre des départs par heure, on peut déterminer graphiquement ou par le calcul le nombre des évitements et leur espacement. En désignant par E cet espacement, par V la vitesse des cars, et par N le nombre des départs, on a la foimule :
Avec une vitesse d« 7,200 mètres par heure — 120 mètres par minute, — et des départs tous les 5 minutes, soit 12 départs dans chaque sens et 24, en tout, par, heure, la formule devient :
7,200 E = --7- = 300 mètres.
Les évitements doivent donc être distants de 300 mètres.
Mais, en pratique, il ' est souvent difficile d'établir dans les Tilles des croisements régulièrement espacés. On est forcé de ' les reculer ou de les avancer, faute d'emplacement pour loger deux voies, ou parce que l'emplacement convenable se irouve au débouché d'une rue, ou en face d'un monument dont les abords doivent rester libres.
Pour que les croisements se fassent régulièrement avec des départs tous les 5 minutes, il faut que l'espace entre les évitements soit parcouru par tous les cars dans le même laps de temps, ce qui est impossible en pratique, le nombre des arrêts pour prendre ou déposer des voyageurs n'étant pas le même pour toutes les voitures. Pour qu'il en fût autrement, il faudrait que les cars ne s'arrêtassent qu'aux voies d'évitement, c'est-àdire, dans ce cas, tous les 300 mètres.
Lorsque les évitements sont placés en vue les uns des antrej, on peut, en cas de retard ou d'avance, accélérer ou diminuer la vitesse d'un car, de manière à atteindre l'évitement en même temps que celui qu'il doit y rencontrer. Mais il n'en est plus de même lorsque les évitements sont placés dans des directions différentes, et que de l'un d'eux on ne peut apercevoir celui qui le précède et celui qui le suit. Pour éviter la rencontre des cars marchant en sens inverse, il faut avoir recours à des signaux à main, faits par des hommes à poste fixe. C'est là une cause de dépense et de gêne pour l'exploitation.
Ce que nous avons dit à propos des courbes de raccordement s'applique aux voies diagonales. Les côtés courbes des aiguilles doivent s'adapter, sans coude apparent, au rayon de départ. L'emploi des aiguilles rectilignes en forme de Y, et dont les tables de roulement font entre elles un angle nettement accentué, doit être proscrit des tramways.
On s'est conformé, en France, pour les tramways, aux règlements qui concernent la police du roulage. Contrairement à ce qui se fait pour les lignes à locomotives et, en Angleterre, pour les tramways comme pour tous les véhicules ordinaires, on fait suivre aux cars la voie de droite. Sur les lignes à voie unique le cocher doit toujours avoir, aux évitements, une voie à gauche,