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tESDEHÈSF.HVB, ARMÉE TEnniTOrUA LU, TilOliPËS AU'ilLlAinirs. 353
ilT8 honorillrjue de général. Lippowsbi, dont le gi-ade ue fut
recooaii par la corn mission de rAssembIi?e nationalo, passa, a, au Bcrrice de la RuBfiie '.
s rolontaices vendéens do M. de CaLhelineau élaienl, comme ■ aom l'indique, recruiés principalement dans les diiparteraents 'ancienne Vendi>e ; ils formaient un batalItoQ de 350 liommes iron, aniQiiels étaient joints vingt-cinq cavaliers. Les ofTiciers, irvus d'iine commission ministérielle, avaient èlê désignt^s par de Cathelineaii, iiiii prit pour chef d'élat-major M. de Pnységur.
i de Tours vers la Qn d'Octobre et se tenant sur la rive gauche auteur de l'armée de la Loire pendant le mouvement qui se ter-
t par la bataille de Coulmier», il Gt son entrée dans Orléans le f même de la bataille, aux acclamations de la popnlation, qui al i>t tSta ces volontaires en libérateurs. * Le lendemain de grand , raconte le général d'Anrelle , • Cathelineau et ses Olontaircs, olficiors et soldats, se rendirent à la cathédrale pour KSBer à Dieu des actions de grâces. Au moment où l'oflice ivio allait commencer, le chef vendéen, s'avanranl seul vers ^Utel et ék'vant haul son épée, s'écria d'une voix forte el émue : 'oui pour DiiHi et pour la patrie, »
Sient^St, tous les francs-tireurs qui accompagnaient l'armée, à ccepilon de cens de Lippowski, furent placés sous les ordres da
de Cathelineau, nommé colonel dans l'armée auxiliaire et ■oyé, nous l'avons déjà dit, dans la for^t d'Orléans, vers le
novembre, jinur surveiller les mouvements de l'onnemi, *pii sblait arriver en force du côté de Monlargis. Ils y l'endirent de indo services en écartant les pointes de uhlans qui précédaient jours l'armée prussienne, évitant d'ailleurs tous engagements lUles ot bornant leur rôle à bien éclairer les environs. Attaqués
une avant-garde prussienne, à Ncuville-au-Bois, ils la repous-
nt vigoureusement. Ils servirent principalement à relier la
iltedu 15" co[-ps avec le 20* corps, que commandait le général
cal, auqui-'l ils furent surtout très utiles le jour de la iKitaille
Bcaune-Li-Rotiinde en couvrant son (lune gauche. Après la aille d'Orléans, ils furent rappelés sur la rive droite de la Loire
354 LES TRANSFORMATIONS DE l'aRMÉB FRANÇAISE.
et éclairèrent, pendant le reste de la campagne, l'aile droite de Tarmée de Chanzy.
Quant aux chasseurs des Vosges, ils furent formés à Lamarche dans les premiers jours de la guerre de province, par le capitaine Coumës, échappé de Metz où il avait été blessé ; des militaires évadés comme lui, des volontaires du pays, des forestiers entrèrent dans la formation de ce corps de partisans qui, après plusieurs escarmouches heureuses, parvint à faire sauter le pont de Fontenoy/Poiu' bien apprécier le succès de cette expédition, la seule de ce genre qu'on ait à citer dans la guerre de 1870-1871*, il faut en connaître les détails. 300 chasseurs des Vosges, partis de Lamarche le 18 janvier 1871, marchèrent pendant trois nuits par un froid de 21", à raison de 30 à 40 kilomètres par nuit, à travers une région occupée par Fennemi et sillonnée de nombreuses patrouilles, arrivèrent le 22, vers cinq heures du matin, à la gare de Fontenoy, massacrèrent ou firent prisonniers les hommes du poste de la gare, coupèrent les tils télégraphiques, enlevèrent les rails, coururent au pont, situé à un kilomètre de la gare, découviûrent après une longue recherche la chambre de mine, la chargèrent, y mirent le feu et quittèrent Fontenoy, emmenant neuf prisonniers. L'explosion fut complèteet le retour de l'expédition se ût sans encombre. Elle avait été préparée par une périlleuse reconnaissance du capitaine Coumès et parles renseignements que donna un chef de section du service de la voie ] on sut ainsi qu'une chambre de mine avait été ménagée dans la pile Est, lors de la construction du pont, au-dessous du niveau des basses eaux et qu'au début de la guerre, la pierre qui fermait le trou do descente dans le fourneau de cette chambre, avait été enlevée et remplacée par une cheminée en maçonnerie montant jusqu'au niveau du ballast. Les Allemands ignoraient tous ces détails, la recherche de l'ouverture de la cheminée d'appel, dans des circonstances où l'on pouvait être à chaque instant surpris par l'ennemi, fut particulièrement émouvante; la mise de feu réussit parfaitement, le résultat fut complet, la pile minée fut détruite
1. Les colonnes du ç^pnéral de Pointe de Gcvigny firent bien sauter les ponts de Laroche sur l' Yonne et de BiifTon-sur-Armançon, mais ce furent là des opérations exécutées de vive force.
jusqu'au ballast; les deux arches qu'elle soutenait s'éboulèrent '. Il fallut dix-sept jours aux Allemands pour rétablir la circulation qui, pendant ce temps, dut se faire par Metz, Reims et Épemay. La colère des autorités prussiennes se traduisit par les mesures les plus sauvages. Une contribution extraordinaire de dis. millions de francs fut imposée à la Lorraine; le village de Fontenoy fut incendié par ordre supérieur, pour avoir été convaincu d* avoir logé et hébergé sciemment les francs-tireurs qui ont fait sauter une partie du pont du chemin de fer, etc., etc. Fausseté indigne et cruauté gratuite, car les pauvres habitants de Fontenoy étaient parfaitement innocents et ignorants du fait pour lequel on les châtiait si durement. Il est vrai qu'au dire de von der Goltz, « les Allemands ont fait cette « guerre sans passion! » Quant à la légion des chasseurs des Vosges, elle resta dans son camp, près de Lamarche, empêchant les colonnes ennemies de s'aventurer jusque-là, et lors de la conclusion de l'armistice, elle traversa les lignes prussiennes avec ai-mes et bagages, munie d'un sauf-conduit pour quitter le pays qu'elle avait si bien défendu.
Après ce résuma, qui aura peut-être paru bien long au lecteur, et qui est cependant bien court, eu égard à tous les faits qu'il nous a fallu passer sous silence, nous sommes en droit de nous demander si le rôle des francs-tireurs pendant la dernière guerre a été utile ou nuisible. La réponse à cette question se trouve dans la rigueur avec laquelle ils ont été traités par les Prussiens, au mépris des lois de la guerre, toutes les fois que l'occasion s'en est présentée. « Toute maison où un franc-tireur a été nourri et abrité est incen- « diée », dit M. de Chaudordy, dans sa circulaire du 29 novembre 1870 aux agents diplomatiques de la France; « alors que la nation « entière est appelée aux armes, on a fusillé des soldats pourvus de « commissions et revêtus d'uniformes légalisés. » — « Ce que les « Allemands redoutent le plus », a dit le général Chanzy, « c'est la « guerre de détail, la défense du sol pied à pied, la résistance der- « rière tous les obstacles. C'est ce qu'il faut obtenir du véritable « patriotisme de nos populations. Les armées, les corps formés ne « doivent être que des points d'appui, des moyens ménagés pour
1. Canonge, t. II, p. 456, et Jacqmin, les Chemins de/er pendant la guerre.
« profiter des fautes de rennemi, de ses échecs et de sa disper- « sion. 11 faut donc organiser partout la défense locale, etc., etc. « Le but à atteindre est d'affirmer Tidée de la résistance et de la « produire sur tous les points à la fois, de façon à forcer Tennemi « à se disperser, etc., etc. » VoiLà ce qu'écrivait le conunandant de la deuxième armée de la Loire, celui dont la ténacité ne s'est jamais démentie jusqu'au dernier jour de la défense, lorsque le Gouvernement lui demandait son avis pour le cas d'une reprise des hostilités après l'armistice.
En 1814, plusieurs villes ouvertes se défendirent glorieusement contre des colonnes ennemies. Et le 3 mai 1815, le prince d'Eckmiihl, ministre de la guerre, adressait aux préfets une circulaire éloquente, dans laquelle, évoquant le souvenir de ces villes. Tournus, Chalon-sur-Saône, Saint- Jean-de-Losne , Langres, Compiègne, il recommandait ainsi à ces fonctionnaires d'organiser partout la défense nationale. « Que les obstacles de toute espèce se mul- « tiplient sur leur passage..., que leurs convois, leurs détache- « ments soient détmits ou arrêtés dans leur marche..., que les « chefs militaires reçoivent promptement les moindres avis, que « les habitants des campagnes disputent eux-mêmes les défilés, « les bois, les marais, les gorges, les chemins creux, etc., etc. « Quand la patrie est en danger, tout magistrat est chef et capi- « taine, tout citoyen est soldat*. »
Dans notre organisation militaire de 1870, les francs-tireurs seuls pouvaient assurer l'exécution d'un tel plan. Si le sort voulait que nous fussions de nouveau exposés à une invasion après la défaite de nos armées de première ligne, on trouverait facilement à former dans chaque arrondissement, dans chaque canton, s'il le fallait, des compagnies franches dont le noyau serait pris dans l'armée territoriale cl qui, habilement dirigées, pourraient harceler les colonnes ennemies, en couvrant les mouvements de nos troupes. L'article 8 de la loi d'organisation du 24 juillet 1873 prévoit la formation de ces corps spéciaux et la réglemente ; l'emploi des corps francs n'a donc pas été abandonné ; bien au contraire, il est
I. (Citation cmprunlée au Journal des Sciences militaires. Notice surlemwéclial Davoul.
E RKSEHVB, MIVÉE TEItHITOHEALR, TROL'PKS AIIXILI.ilHES. 357
frudn légal. La deuxième armée de la Loire n'a pu opiîrer d'Or- SanB à Laval, an mois de janvier 1870, son habile et rourageuse liraite, que parue quu ses flancs étaient soigneusenifint gardés par PS XrancB-lireurs de Lippoweki et de Callielineau. Un autre moti f indralt ces compagnies précieuses. Les armées moderoes traînent rec elles des convois énormes, l'armée allemanJe aussi bien que les Litres. Au dire de tau tes les populations qui se sont trouvées sur sou Drcours, en 1870 et 1871, it aurait sutîi de quelques pointes auda- . pour y porter le désordre. La libre circulation sui' les ibemins de fer est indispensable au ravitaillement. L'expédition du DnLdeFontenoy a montré ce que des partisans pouvaient faire à cet
, mieux que la cavalerie, dont la marche est plus difrn;ile à îssimuler.
% corps francs de fantassins, légèrement équipés et soigneu- Bineal choisis, doivent être infatigables. Les Prussiens rei'onaifisent très bien que, pcmlaot la première partie de la guerre, hurs éclaireurs n'étaient pas inquiétés et qu'ils se renseignaient rec facilité sur nos mouvements, tandis que dans ta deuxième âriode des opérations, les uhiaus étaient souvent arrêtés, tués ou rie et qu'ils étaient plus mal renseignés. « Les francs-tireurs », dit on der GoUz, « tenaient léte à la cavalerie toutes les fois qu'elle éloJt isolée. Le service de sAreté devenait diSieile, exigeait dos forces nombreuses et n'éloignait pas toujours te péril. » Le prince I Hohenlohe fait remarquer, dans ses Lettres sur la cavalerie, Qe la présence de ces bandes armées a empoché la cavalerie demande de pousser des pointes audacieuses ; ■ on pouvait», H-il, « occuper le pays pendant le jour, mais on ne pouvait y rester pendant la nuit. » Quelquefois, comme à Formerie, entre s ei Roueu, le 28 octobre 1870, de petites bandes accourues I toutes parts se réunissaient pour attaquer une colonne ennemie. 1 gtinéral Senft, ainsi attaqué à Formerie, avait avec lui l,âOO immas et 0 canons; les détachements qui le battirent s'étaient maé rendi'i-vous des points les plus opposés. Qu'on se rappelle bien ceci, d'ailleurs, c'est qu'en 1813, l'Ailelagne envahie a fait nu sublime effoi^ pour se débarrasser de ses ITtthisseurs, Elle a mis sur pied alors dp; nombreux corps de parlant qui nous ont Tait le plus grand mal ; elle était dans son droit,
358 LES TRANSFOR&CATIONS DE l'aRMÉB FRANÇAISE.
nous étions dans le nôtre en l'imitant en 1870, et la conduite des chefs de Tarmée allemande, faisant fusiller les francs-tireurs et incendiant les villages qui leur ont donné asile, nous montre ce que nous aurions à faire le cas échéant.
Quant à la défense locale, convient-il de donner Châteaudun comme un modèle à suivre? Nous n'avons à cette question qu'une réponse à faire ou plutôt une autre question à opposer. Le pays veut-il, oui ou non, conserver son indépendance ou devenir la proie d'ennemis qui se le partageront sans merci? Après Saint-Quentin, où un préfet chevaleresque a été l'âme de la résistance à une attaque qui ne fut pas bien sérieuse, et Châteaudun, dont le nom peut être inscrit à côté des cités les plus glorieuses, aucune autre ville ouverte n'a tenté le moindre semblant de défense. Lunéville a offert ses clés en or à un capitaine de hussards en sollici-. . tant la protection du prince royal de Prusse *. Nancy, surpris par la rapidité des événements, s'est laissé dicter des lois par une patrouille de uhlans. La division d'Exéa était encore à s'embarquer dans la gare de Reims, quand déjà un peloton de cavalerie allemande s'installait en maître dans la ville. Amiens, après la bataille de Villers-Bretonneux, pour ne pas être exposé à un bombardement, obligeait le commandant de sa citadelle à capituler. Orléans était deux fois le théâtre d'un combat, dont sa possession devait être le prix, mais auquel sa population ne prenait aucune part. Le Mans était occupé le soir même de la bataille qui porte son nom et dont ses habitants ne furent que les spectateurs. Rouen, évacué sans trop de motifs par les 22,000 hommes du général Briant, ne pouvait qu'ouvrir ses portes à l'armée de Manteuffel. Enfin, à peine le général Chanzy arrivait-il à Laval, après la bataille du Mans, que le conseil municipal venait lui demander qu'on ne fît pas sauter les ponts et qu'on n'exposât pas la ville aux conséquences d'une défense... C'était aller un peu loin, et le général rappela avec raison à la municipalité de Laval les nécessités de la situation qui l'obligeaient à mettre le salut de la patrie au-dessus des intérêts particuliers*. Qu'auraient pu faire cependant toutes