‹ Les transformations de l'armée françaiseChapitre 116 sur 174 · IM 2« Armée de la Loire, p · texte numérisé non relu

IM 2« Armée de la Loire, p

iDRESDERftSEAVE, tnMÊG TEnnlTOniALE, TitOCPES AUXILUltlEii. 35'J

[es jrrandea villes ouvertps, non ijas miîme pour arrêter, maie seu-

ment pour raLenlir le mouvement d'armées coaeidéraliles et vîc-

^rli}U6«&? Se soumeltre à la loi du vainqueur, mais ftvec digiiitô

5 implorer la protection des princes allemands.

Lorxijuo lii gouvernement de la Défenso nationale vint s'établira

bordeaux, après la reprise d'Orléans, Lit que la perte de Beaugoacy

t de Blois ouvrit le chemin de Tours au prince Frédéric-Ctiarles,

a agita la queEtion de savoir s'il ne convenait pas de faire sauter

ï pont (le Tours pour empôclier l'ennemi de passer sur la rive

(aucbe de la Loire, CL-ini qui tîcdt ces quelques lignes s'y opposa,

t le Gouvernement lui donna raison, parce motif que notre armée

Ht BUT la rive droite de la Loire, il n'y avait pas à empùcher le

Msage sur la rivo gauche uo intérêt suffisant iiour exposer la ville

^6 Tours à une destruction presque certaine. S'il se fiM agi d'arrêter

B mouvement de l'armée allemande pour sauver notre armée, la

[neation eût été bien diQ'érente.

La question change aussi quand il ne s'agit plus de harrerle

lliemin à une grande armée, mais de s'opposer aux incursions à

JCsiie desquelles un ennemi peut se rendre maître d'une partie

lOasidérable du pays avec quelques escadrons de cavalerie. Obliger

M ennemi à disperser ses forces, en lui résistant sur cent points à

t fols, est une tactique élémentaire, et les défi^nses locales ont

blors ce grand avantage de rendre les trovipes mobiles disponibles

Mur inquiéter l'envahisseur sur ses communications. Quand un

IBfK est décidé à se défendre par les moyens qu'indique le général

Bhaiizjr, dans sa lettre citée pins liaut, l'armée d'invasion court de

lâs risques à s'enfoncer trop-avant, Ses coureurs ne pouvant

EUdre au loin leurs réquisitions, elle n'a pour vivre que ses con-

OÏB, et plus elle est loin de sa frontière, plus elle a besoin de

roupes pour garder ses lignes d'opérations , plus elle est afTaihlie

tand elle se heurte à l'armée défensive. Il existe encore, mi'ine

tur les populations les plus timides, un moyen de retarder la

rche de l'ennemi ; c'est de détruire à l'avance les voies de

bamaanicalion. ■ Quand le général de Zastrow >, dit von der

Poltx, « voulut, le 10 décembre 1870, se porter en avanld'Auxerre,

: la Loire supérieure, pour soutenir la II' année, il trouva

kioiite» les routes systématiquement rendues impraticables, de

«( telle sorte que son entreprise en parut presque impossible. » Mais ces destructions doivent être faites d'après les ordres supérieurs et sur un plan d'ensemble, sans quoi on peut empêcher les mouvements de l'armée nationale.

D'ailleurs, avec les procédés allemands, il ne serait pas nécessaire à une localité de s'être défendue pour être maltraitée. Il est vrai que, pour punir Châteaudun de l'héroïsme de ses habitants, un général allemand et ses officiers se sont donné, au dessert, le spectacle d'un punch au pétrole, brûlant 138 maisons. Mais Nesle, Mézièrcs près Mantes, Ablis, Fontenoy, toutes ces localités étaient bien innocentes du crime pour lequel on les châtiait. Et que dire d'Étiepagny ? Le 30 novembre 1870, une colonne partie de Rouen y surprend la garnison saxonne, forte d'un demi-bataillon d'infanterie, 2 escadrons do cavalerie, une section d'artillerie, lui inflige des pertes sérieuses, lui capture une pièce et se retire sur Rouen. Les Saxons rentrent à Étrepagny et y brûlent 60 maisons ou fermes. Un autre jour, des francs-tireurs partis de Dreux attaquent le village de Chérizy et tuent 7 uhlans. Les Allemands brûlent Chérizy et y fusillent 12 habitants.

L'Espagne devrait toujours servir, sinon de modèle à copier, du moins d'exemple à suivre. Les plus belles troupes de l'Empire sont allées s'y perdre, détruites par les fatigues, les privations et les guérillas, et l'Espagne sauvée, hatons-nous de le dire, non pas uniquement par des bandes de partisans, mais par le concours que ces bandes et la population tout entière, vieillards, femmes et enfants, ai^portèrent aux armées régulières , l'Espagne est restée indépendante. « L'insurrection, encouragée par trop de succès >, dit le général Roguet, dans ses Mémoires inilitaires, « était complète - « ment organisée dans la péninsule. Dos Espagnols valides, réunis « en bandes, inquiétèrent i?i^j(îssamment nos armées et leurs cornac munications. Los vieillards, les femmes, les enfants épiaient nos « opérations avec l'insouciance apparente et la persévérance qui « n'appartitmnent qu'à ce peuple. Aucune troupe française ne pas- « sait auprès d'eux sans qu'ils donnassent aussitôt avis de son « effectif, de sa direction, constamment observée à notre insu; « partout les bandes trouvaient vivn^s, appui et recrutement. La « politique nous conseilla de faire considérer les guérillas comme

lAllRKit DE niSBRTB, ARMÉG TEnHITOnULE, THOUPHS AUSII.UinKS. 361

k des brigands, d'en parler avec indiJTérEiice au point de vue I lailltaîre. Aujourd'hui, il faut comprendre ce que fît ce peuple : k il voulut réfifller à rinlluance étrangère. Si le eenliuieut patriob litjiie l'entraîna trop loin, les ruines de Sanigoese et <lo tant de kréduitfi dtSfendUB avec intelligence et opiniâtreté diront dan& la ^péninsule, de gt;ni5i-ation eu géjiératiou, ce que de simples t paysans peuvent aiicomplirponr leur nationalité. » Ainsi parle un Uldat de Napoléon, un général de division de sa garde impériale,

D de 668 serviteurs les plus dévoués, et il ajoute : « De notre côlé, t la nature de cette lutte entraîna trop souvent, malgré nous, â des i reprfeailles regrettaides. On vit tous les excès de la guerre civile f ontre deux peuples, devenus momentanément antipathiques l'un ^ i l'autre. •

' C'est là, il faut bien le dire, le vilain côté de la défense espa- ;nule. Nos soldats, quelquefois même nos généraux, se livrèrent à

e cruelles représailles, mais la férocité des paysans avait dépassé billes les bornes. Lorsque les troupes revenaient, par exemple, à «luanarés, où le général René, surpris avec un faible délaclie- M, avait été jeté tout vivant dans une chaudière d'huile bouilbata, tandisque ses soldats étaient sciés tout vivants aussi, comment rauraienl-eltes pas été portées àdes vengeances terribles ?KtIor&e les cavaliers do Lasalle trouvaient les cadavres odieusement

loHlite des chasseurs du 10* régiment tombés dans une embuscade, int, c|uelqu<'B jours après, à la bataille deMedellin,aoraient- Bb fait quartier aux cavaliers espagnols? Il n'en est pas moins , pour nous servir encore des expressions m(*mes d'un soldat llâvouâ à Napoléon I", « que le paysan espagnol, en portant atteinte, M'ûès 1808, au prestige de nos armes, apprit aux rois ou oligoi'ques lâéOODragés comment il était possible de nous résister. ■ Gomlltmt?.., qu'on lise l'arrêté d'Es[ioz y Mina, en date du 14 déibru 1811 : • Article premier. On déclaru la guerre à mort, en lN»varru, et sans quartier ni distinction contre les soldats et les Icbcfs, y compris l'Empereur des Français. ■ Suivent 21 articles, pf tent autant de délls à la civilisation et au droit des gens : Pendu

tutofScieret tout soldat français pris avec ou sans armes, dans

g actions de guerre ou ailleurs! Pendu, (ont olficier cspagnolt buitoldat, lotit paysan qui laissera échapper un Franrtii«,clc.,etc.

362 LES TRANSFORMATIONS DB l'aR&CÉB FRANÇAISE.

Dieu nous garde de rien demander de semblable à notre pays. Hais il peut se défendre à outrance sans en venir là, et tout Fiançais devrait sans cesse avoir présente à la pensée cette certitude^ que la première guerre ne sera pas un duel au premier sang et que le dénouement sera la mort du vaincu...

Nous savons bien que notre position n'est pas la même que celle de TEspagne en 1808, que la France est un pays plus riche et plus facile, que les chemins de fer ont modifié en grande partie les conditions de la guerre, mais nous savons aussi que les moyens matériels de défense sont répartis maintenant sur tout le territoire de la France et que ni les armes, ni les munitions ne feront défaut «à ceux qui voudront s'en servir. En 1792, le général Thouvenot avait été envoyé par Dumouriez au duc de Brunswick pour traiter d'un échange de prisonniers ; le général prussien cherchait à interroger le Français sur les intentions de ses concitoyens. « Des « hommes libres sont des lions chez eux », lui répondit Thouvenot*.

Mais revenons aux partisans. Il est arrivé souvent que, sans avoir recours aux coi'ps francs, on a créé temporairement des compagnies ou des escadrons de volontaires, flanqueurs, éclaireursj etc., etc. Ces corps ne datent pas d'hier. En 1794, Kléber en avait organisé un à l'armée de Sambre-et-Meuse, sous les ordres de son aille de camp, Michel Ney, et il l'avait composé de dragons, hussards et chasseurs à cheval. L'armée du Rhin avait également un escadron de partisans, formé par un capitaine nommé Tricoche, avec des hommes choisis dans les corps de troupes. Cet escadron n'appartenait à aucune division et ne suivait d'autre règle que la volonté de son chef. Lors des affaires de Bersteim, qui précédènmt la reprise des lignes de Wissembourg, il fut lancé sur la cavalerie des émigrés qui venait de mettre en déroute une brigade d'infanterie, la culbuta et lui reprit un drapeau dont elle s'était emparée. Nous citions tout à l'heure les éclaireurs à cheval du 16* corps dans la guerre de 1870, Le général en chef de la première armée de la Loire rend pleine justice au capitaine Bernard, qui les commandait, « officier hardi, « entreprenant, d'une grandiî bravoure et d'une énergie remarqua-

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