Voir «chapitre
;J. Tcm])«Hior, cité i»ar Susaiie, Uisiouc de Ihi/antciie, l. l*^
OPFlCIEns, BOtlS-OFFICIKHH, AV\NCEMKNT. 371
land ils dùserteiil, ils faul les faire roiipr, [miscjue étant officiers l sont beaucoup plus coupables. » Malgré en privilège, qu'ils Meul «ans doiile pas disposés à invoquer, la dtsLaiice eutE'e le» iers et les sergeals élait grande, comme celle des deux castes (uelles appartenaient Ips uns et les autres. Bien ratement les eate arrivaient au grade de lieu tenant et, daos ce cae, ils ne le isBaient guère, n'ayant pas les moyens d'acheter une cotnpat. C'est parmi les cadets, comme nous le verrons, c'est-à-dii'e à las jeunes gens de la noblesse, venant pour obéir aux lu tentions Vi, faire dans certaine régiments leur apprentissage du métier armes, qu'étaient choisis les officÎF-re. Quant aux sergents, il lit nue action d'éclat pour les sortir du rang, ils n'étaient môme i cet égard mieux tiaités que les simples soldats. Ou peut lire I l'Histoire de Lituvois, par M. Camille Rousset, l'aventure du ent Lalleur, du régiment de Dampierre, qui, faisant partie de la lisou de Grave en 1674 et qui, i-uvoyé en reconnaissance avec ise hommes, sut résister à deux cents Hollandais, leur tuer (c-quatre Uonimos, mettre le reste en fuile et rentrer dans la B avec des prisonniers. Le roi nomma le sergent Latleur lieunt, avec 500 écus de gratiûcation ', M. le général Susano raede son côté que le soldat Gaharret, du régiment d'Auvergne, lommé oQiciGr, sur la brèche au siège de Verrue, le 20 octobre ; 11 avait arraclié des mains d'un sous-oSiiier onuenii le sau- 1 d'une mine à laquelle ce sous-officier allait mettre le feu'. tbaUille de Lawfeld, un carabinier nommé Ande Utprisonuier i main le général en chef ennemi ; le roi lui donna une comlia. On connaît enfin l'histoire du caporal Lajenuesse, fransant les ligne» ennemies â la tête de 1,500 soldats, lors de iate capitulation de Minden en 1758; ou avait décid'- de le merofllcier, mais il avail disparu, probaldement tué pendant B action vigoureuse.
tsotftciers de fortune, comme ou appelait les sergents et les solparrcnus, étaient peu nombreux et n'allaient pas loin : une tenaoce dans les grenadiers, un emploi de porte-drapeau, tel
372 LES TRANSFORMATIONS DE l'aRMÉB FRANÇAISE.
était généralement leur avenir. Les sergents ne s'estimaient cependant pas trop malheureux ; appartenant à la classe des artisans et des laboureurs, ils menaient plus joyeuse vie que s'ils étaient restés chez eux, jouissaient d'un certain prestige auprès du beau sexe et ne manquaient pas de fierté.
Comme les officiers des gardes-françaises avaient dans l'annéo un rang supérieur à leur grade, les sergents de ce corps d'élite avaient aussi la prétention d'être au-dessus des autres bas-offîciers. Au siège de la citadelle d'Ypres, en 1678, un capitaine de grenadiers qui commandait une des colonnes est tué ; les soldats réclament un autre chef, un sergent des gardes se présente. Qui êtesvous? — lui demaude-t-on. — « Un sergent des gardes », répondil, « vaut un officier; suivez-moi ! »
Parmi les sergents d'une compagnie, on en distinguait un qui, sous le titre de sergent d'affaires^ était chargé de l'administration de la compagnie. On donna à ces sergents d'affaires, à partir de 1758, le nom de fourriers. L'ordonnance de 1762 consacra l'existenre des sergents-fourriers, qui furent supprimés en 1782 et remplacés par les sergents -majors ; c'était le même emploi sous un titre différent ; peut-être cependant les fourriers n'avaient-ils pas, comme les sergents-majors, autorité sur les autres sous-officiers. Plus lard on institua un emploi de caporal-fourrier par compagnie, et enfin on rétablit les sergents-fourriers.
Tout ce que nous venons de dire des caporaux, sergents, fourriers, sergents-majors des troupes à pied, s'applique aux brigadiers, maréchaux des logis, fourriers et maréchaux des logis chefs des troupes à cheval.
Les caporaux et les brigadiers furent à plusieurs reprises considérés comme faisant partie des bas-ofliciers. La loi militaire de 1791 les classa parmi les sous-offîcièrs. Ils ne cessèrent de faire partie de cette catégorie qu'en 1818, en vertu des lois de Gouvion Saint-Gyr. Quant aux adjudants qui avaient existé autrefois sous le titre de garçons-majors, on attribue leur création à Frédéric II ; le duc de Choiseul en institua d'abord dans les régiments étrangers ; l'ordonnance de 1776 en établit dans tous les corps de troupe. Ils avaient au début le rang do lieutenant; ils ont été placés plus tard parmi les sous-officiers -et occupent aujourd'hui,
0PPIC1P.BB, SOrs-OFFICTETtS, ^VASCEMIÎNT. S73
iniP chacun le eail, une position iiitermâdlaire entre celtes des B-offlciers et de» officiers.
relies sonl les phases par lesquelles esl pnsei^e la hiérarchie des B-ofBciers. ijeur mode de aomînntion a moins varii^. Sûus i'an- 9 nîgime, cetto Dominalion était livrée â l'arbitraire le plus coni- . Les règles n'eu furent, posées que par le duc de Choieeul, dans 'âotinance de 1762, et ces règles, comme on va le voir, étaient Tilièremoiit libérales pourl'époqua. Les places do ËOUs-ofSciers ent, en effet, doiiuées à l'élection ; les plue anciims sous-offl- 8 du grade ànns lequel il y avait un emploi vacant se réunissat pour établir une liste de trois candidats ; les ofTieiers supé-
£ el les rapllainee examinaient cetle liste et, sur le rapport etfié par eux au colonel, celui-ci faisait son choix définitif parmi trois candidats. Mais les colouels se pr^têrunt peu à la mise Hgueur d'uue dieposition contraire à leur omiiipoteace et, a cet «1, l'ordonnance de 1702 devint bientôt lettre morte. 6 rapport de Lametli à l'Assemblée constituante et la loi île 0 rétablirent un syEtème qu'avait déjà rappelé l'ordonnance du 18. C'est alors que la dénoraiaation de liax-ofpeicr fut ■placée par celle de sous-o/^a>r. Mais !a loi du 21 février 1793 géra le principe de l'élection en laissant, pour les sonsolliciers B pour les officiers, les inférieurs nommer leurs chefs par le [e universel. Celte loi consacra d'ailleurs une singuliîiredisîtion, sur laquelle nous reviendrons en examinant l'avancement iofilciers. Un certain nombre des emploie vacants étaient donnés tncienneté, mais à l'ancienneté de service et non à l'ancienneté : Un emploi de caporal était-il vacaut, > dit Gouviou li-Gfr, < on y portait le soldat du l'égîmeut qui avait le plus ■nnâos de service, filt-ce un blanchisseur ou un détestable Ijot. Le lendemain, s'il fallait un sergent, le mârae blanchis-
', devenu le caporal le plus ancien de service, était nommé ù t^radeel ainsi de suite jusqu'au chef de brigade. ■ /élection directe fut abolie en 1795, et l'on inaugura dès lors un B de nomiuation qui esta peu près celui du temps actuel; le f de corps choisissait le sous-olliciurà nommer en cas de va- Ee» sur une liste de trois candidats que le capitaine de la comnie désignait lui-même d'aprfis une liste d'éligibilité établie
par les officiers du régiment. En remplaçant la liste d'éligibilité par le tableau d'avancement, on a exactement ce qui se fait aujourd'hui. Toutefois, au lieu d'être dressé en conseil d'officiers, ce tableau est aujourd'hui établi hiérarchiquement.
En général, dans l'ancienne armée, les bas-officiers étaient animés d'un bon esprit ; habitués qu'ils étaient à être regardés comme d'une caste inférieure à celle de leurs officiers, ils acceptaient sans murmurer les conséquences de cette infériorité. Les discussions philosophiques du xviii*' siècle modifièrent cet état de choses. La guerre des Étals-Unis, en excitant l'enthousiasme de la jeunesse, provoqua de nombreux enrôlements dans la classe bourgeoise et aisée. La plupart des jeunes gens enrôlés de la sorte revinrent d'Amérique avec des galons de sous-officiers et des idées d'égalité sociale ; les castes privilégiées, craignant alors pour leurs privilèges, firent rendre l'ordonnance incroyable de 1781, aux termes de laquelle ne pouvaient être nommés officiers que les jeunes gens justifiant de leur origine noble. Un grand nombre de sous-ofBciers, qui plus tard fournirent aux armées de la République des cadres excellents, quittèrent alors l'armée. Ceux qui restèrent sous les drapeaux montrèrent une tendance sans cesse grandissant à lutter contre le corps des officiers. Les sergents des gardes-franraises, qui de tout temps avaient formé une sorte de corporation, toujours prête à se plaindre et à réclamer, se mirent, comme nous l'avons dit, à la tête des vainqueurs de la Bastille, le 14 juillet 1789. L'habileté de leurs dispositions paralysa les etforls de la défense.
L'esprit des sous-officiers changea du tout au tout à partir du jour où ils purent avoir en perspective l'épaulette d*officier. Cette perspective était souvent trompeuse. Curely, le meilleur peut-être de nos gehiéraux de cavalerie légère, resta douze ans sous-officier, mais vers la fin de l'Empire, les seuls sous-officiers qui ne parvinrent pas au grade d'officier étaient ceux qui manquaient absolument d'instruction. En 1813, on fut même obligé, pour donner des cadres à l'armée, de nommer directement des caporaux au grade de sons-lieutenant, car les sous-officiers faisaient défaut tout comme les officiers. C'est ainsi, par exemple, qu'un bataillon du 85* de ligne n'avait, au commencement de la campagne de 1813, d'autres sous-officiers que deux adjudants et quatre
OPFICtEna, SOUS-OFFICIERS, AV.\NXEMENT. 375
. L'armée de 1810, rormëe arec les anciens soMalsi-eiUrt-s ! captivité ainsi qu'avi'C les garnirons revenues â'Alleaiague » \n paix de 1811, nvait des cadri-s complets et gùa^iMletneat exlUtfots. Lii Qii de la guerre fut cepemianl marquiîe par nue riîvolie a plufi siogulléres, â laquelle los événements de Belgique et de ariii ont «mpôché les historiens de iiriîter l'atleiUion qu'elle meut. A la nouvelle du désastre de Waterloo et de l'approche des iitriuhlene, Happ, qui commandait le b' corps d'armée, s'était â t hile renfermé dans Strasbourg. Lorsqu'il voulut licencier Bes oapes, l'argeut manquait pour payer l'arriéré de BoldL<; en vain gtinéral promit de transmettre au Gouvernement les réclama- ! qui lui éUiieut adressées, les soiis-olllciers s'emparèrent de i et de tous les autres oIQciers, les tiarent enfermés, et prirent commandement des troupes , mettant à leur tête un sergent tfomé Dalouzy. La discipline la plus c^tricLe fut maintenue, rien B fui pris danâ la ville; le conseil municipal assemblé vota une rance de 700,000 fr, pour la solde, et lout rentra dans Torilre. lia XVTIl lit même grâce plus tard à Dalouzy. Sous tes Bourbons, le méconlontemenl fui grand dans ki classe s tM)Us-ofllciers. Les réductions qui suivirent la Restauration de 114, la création de la Maison du roi composée de gentilshommes, cla>sem<'nt dans les cadres des anciens oiÏÏcîers de l'armée de indô, toutes ces mesures avaient encore été dépassées après les mt-Jours et lors de la secondu Restauration. Dans le peu de imiaatioDs d'oISniers que l'on faisait encore, la part des sous- Iciers était proiiortionnellement bien petite, puisque, d'après la l de 181â, ils avaient droit dans toutes les armes au tiers teutement B-jilaces vacantes. La mémoire de l'Empereur restait du reste polaire daus les rangs inférieurs du l'armée. Pour tous ces motifs, Bsoue-olUciers pri^'léi'eat plus d'une fois une oreille' complaisante X insÎQualiouâ des partis hostiles à la royauté etso laissèrent enler dans 1l-s afhlialions socràles do carbonarisme. Le supplice des taire sergents delà Rochelle en 1821 est resté comme nuo légende aaie daus le parti libéral, et cette légeude ne fut pas étrangère
■JCunillC Hoiusrt, la li
à la chute des Bourbons. Le sang des quatre sergents, comme celui du héros de la retraite de Russie, est retombé sur eux.
Après la révolution de Juillet, la royauté se montra plus libérale envers les sous-ofBciers qu'elle ne l'avait été depuis la chute de l'Empire, et la loi de 1832, renversant les termes de la proportion, • en ce qui concerne dumoins l'infanterie et la cavalerie, leur accorda les deux tiers des places de sous-lientenant vacantes, dans toute l'arme, et un tiers des places devenues vacantes dans leurs propres régiments.
Pendant les premières années du règne de Louis-Philippe, l'armée fut en butte à toutes les suggestions du parti républicain, elle y céda fort peu; quelquefois cependant les sous-officiers se laissèrent entraîner, préparés à s'inspirer de l'esprit de révolte par leur impatience de sortir d'une position qu'ils jugeaient inférieure à leurs mérites. En 1834, il y avait à Lunéville un maréchal des logis chef du 9* régiment de cuirassiers, nommé Clément Thomas, qui, raconte Louis Blanc dans son Histoire de dix ans, avait formé l'audacieux projet d'enlever les quatre régiments de cuirassiers de la garnison. Entreprenant, dévoué, plein d'intelligence et de courage, il s'était assuré le concours de plusieurs de ses camarades, s'était mis en rapport avec les républicains de Nancy, et n'attendait que le moment d'agir. « Courir le sabre à la main sur Nancy et sur « Metz, y soulever le peuple aux cris de vive la République et « pousser droit à Paris en faisant rouler devant soi le flot sans cesse « grossissant des populations et des troupes révoltées, tel était le « dessein qu'avaient formé ces sous-officiers *. » Mais l'autorité avait été prévenue, et, tandis que 80 sous-olficiers réunis au Champ de Mars dans la nuit du 16 avril, écoutaient un long discours du maréchal des logis chef Thomas, les troupes étaient réunies en armes sous le commandement des officiers, et en rentrant dans leurs quartiers, les meneurs furent arrêtés. Trente-six ans plus tard, l'ancien sous-oflicier de cuirassiers, devenu général commandant les 180,000 gardes nationaux de Paris, était arrêté non plus par les gendarmes, jnais par les émeutiers et fusillé contre un mur de la rue des Roziers.
l. Louis Blanc, Histoire de Dix ans, t. II.
OFFlCIEHSj SOL-9-OFFlCIEnS, AVANCEMEST. ÎI77
CoUe tftilative do 1834 fut d'ailleurs la soûle di*fnillaiice du *p8 (les eoiis-ofliciers iiiio nous ayons à enregislror dans la période i 1830 à 184**. Après la révolution de Février, les sous- officiers, lOiqua BoUicitéB pai- des agents de désordrti, reslèreiit généraleleut dans la ligne du devoir. Ils donnèrent méine à Metz un pge sérietix de leurs bonnes intentions en livrant Jt l'autoriliî Dpérieure des individus envoyés de Parie el porteurs d'ordrea igaiîs du secrétaire gi'mérnl du ministère de la guerre ', pour icueillir auprès d'eux des notes sur la conduite politique de leurs liciers. Gritn> k Dieu, nous u'avous pas encore connu en France tapronuaciamentos ou émeutes militaires de l'E)spagne,à la suite Kqaelles tous les oQlciers d'un régiment sont élevi!s d'un grade
tous les sergenls nommés sous-lieu tenants.
Quand l'auteur de ces pages entra, au mois d'avril 1844, dans un âgiment d'artillerie, la composition du corps des sous-offlcii-'i-s y tait presque parfaite. Ce n'était généralemenl pas, comme dans la IValerifi, des jeunes gens attirés par le brillant de l'uniforme ou, ttame dans rinfanterie, des sergents inimitables dans l'instruction B maniement d'armes et la surveillance du service intérieur. Nos Hlft-officiers n'ignoraient rien de lenrs attributions si variées, et S ofliciers pouvaient eu loule conliauce se reposer sur eux du <&n dos détails. Pas une batterie du régiment où il n'y eût au oins un maréchal des logis à trois chevrons, où, sur dix sous- Bciers, la moitié au moins n'eussent plus de sept ans de servir-e. sont tout cela a-l-il disparu et comment en sommes-nous eauftii nos cadres d'aujourd'hui, sachant à peine eux-mdmes ce I*il8 sont chargés d'enseigner nus soldats?
Le changement date de 18n5 et de la guerre de Crimée : c'est , comme nous l'avons dit aux premières lignes de celte étude, date fatale dans l'histoire de l'armée française, et le moment t venu de rechercher les causes d'une décadence qui s'est nianiitée Burtout dans la composition du corps des sous- officiers.
Cette décadence a tenu un peu à la guerre de Crimée eSle-méme,
Cet nnlres éuienl signes Larraljil. i-l sur une Jé|it^che 101 y graphique (le \ ti!lé-.rraphe aôrioaj envoyée par la «énûrul coniiiiiiniliint la division, d'oprJis tteuanilo àv^ oftii'.h-K. ils Turent annulés sans ruurd par tf luinistL-c Aragu, » du Goiivemcraenl provisoirp.
378 LES TRANSFORBfATIONS DE l'aRMÉE FRANÇAISE.
guerre faîte dans des conditions particulières, où les troupes, en outre de leur courage traditionnel, déployèrent des efforts prolongés, une patience et une persévérance inattendues, mais d'où la discipline et rinsli*uction sortirent quelque peu diminuées par le séjour prolongé des camps. Toutefois, les principales causes que nous devons signaler sont : la loi sur le recrutement de 1855, les congés renouvelables, la diffusion du bien-être dans toutes les classes de la société, la facilité des moyens de voyager et la fréquence des permissions.
Avant 1854, chaque régiment formait réellement une famille où l'autorité était plus ou moins paternelle et qui avait son caractère propre, imprimé par son chef actuel ou par quelque ancien colonel plus craint ou plus aimé que ses prédécesseurs, mais tous les régiments possédaient en commun Tesprit militaire et, si Ton peut s'exprimer ainsi , antihourgeois. Cet esprit s'entretenait par la vie menée en dehors des populations, par les changements fréquents de garnison, par le peu de relations des sous-ofliciers et des soldats avec leurs parents pendant les sept années de service exigées d'eux.
Lorsque la loi de 1855 établit l'exonération et le rengagement avec prime, lorsque en mi*me temps les hommes furent renvoyés dans leurs foyers avant l'expiration de leurs quatre années, pour revenir en cas de guerre faire de très médiocres soldats (la guerre de 1859 l'a bien prouvé) , lorsque, d'autre part, Textension du réseau des voies ferrées, l'abaissement des ports de lettre, ne laissèrent plus l'élément militaire de la nation étranger à la vie de tout le monde, il se forma deux catégories de sous-officiers : d'im côté, ceux qui se rengageaient avec l'intention d'attendre l'âge de la retraite et d'y arriver riches d'un petit pécule, produit par l'accumulation des primes; d'autre part, ceux qui, ne pen«îuit qu'à rentrer chez eux, rendaient leurs galons pour être envoyés en congé renouvelable. Il y avait même un certain nombre d'hommes qui refusaient de suivre les pelotons d'instruction pour ne pas devenir caporaux ou brigadiers, de peur d'obtenir alors plus difficilement des permissions de s'absenter... Encore conservait-on sous ce régime les vieux sous-officiers rengagés, capitalistes au petit pied, qui avaient du moins pour eux l'expérience et l'habitude
OFFicirns, sOLsoPFiniEns, avancement. 379
service. M^ÎB sous l'empire de In loi de 1868, qui avait aboli crimes, cette reesonire ne pouvait tendre iJu'A disparaître. A Eception des plus âgés qui voyaient s'approcher le moment ârô de la retraite, pourquoi les sous-oQîcierE auraii^nt-ils con- Dté des rengagements ? M(*lés désormais à la population, ils faient autour d'eux leurs contemporains et camarades d'euTance, r de plus de bien-être et de plus d'indépendance qu'eus, tout en fnant plus d'argent. Tout le monde semblait fuir l'armée ; le i militaire, quelques adoucissements qu'on y ei"ll apportés, it tombé dans la défaveur la .plus complète, et sur 75,000 homi que comprenait au Iota! te contingent de 1869, on compta ^000 remplaçants. J.e maréchal Niel sentit alors combien était nacé le recrutement des cadres suhaltnrnes, et il fit décider un certain nombre d'emplois civils serait réservé aux sotisders qui, remplissant d'ailleurs les conditions voulues pour y
8 nommés, auraient accompli ime certaine durée de service. C'était entrevoir la seule solution efficace de la question et en iparer le germe... Mais, après la mort du maréchal Niel, cette e tomba dans l'oubli qui semblait envelopper systématiquement tes ses créations. La guerre de 1870 survint promplement tlleure pour nous punir de notre folle confiance dans la valeur notre armée , ot notre organisation militaire se présenta de
a comme un problème qu'il était urgent de résoudre, Après la guerre, nos législateurs de 1872, en décrétant le ser-
9 obligatoire de quatre ans, en supprimant toutes les primes eu «Bt, semblèrent penser que tout le monde étant appelé sous les peaux, le recrutement des sous-officiers deviendrait la chose du ndc la pbis facile. Us ne songiirent pas que les engagements iditionnels et la deuxième portion du contingent détourneraient grand nombre de sujets, que les sous-officiers, restant à peine
lus les drapeaux après leur nomination, n'auraient temps d'acquérir ni l'expérience, ni l'autorité nécessaires, lie rien n'était de nature à les y maintenir au delà du terme I pour tous les hommes de l'armée active, que la réduction de lurâe du service au-dessous de cinq ans ou plutôt au-dessous de 9 ans sei'ait plus tard réclamée avec instance et que les colo- , toujours préoccupés de remplir des cadres où nul élément
fixe ne persistait, allaient se trouver condamnés s^u supplice des Danaïdes.
On reprit cependant l'idée du maréchal Niel, par une clanse insérée dans la loi du 24 juillet 1872. Dès le début de Tapplication de cette loi, Técueil auquel se heurta la nouvelle organisation de Tarmée fut la question des sous-officiers. L'instniction rapide de contingents nombreux, les exercices des réservistes et des territoriaux augmentaient les difficultés et les fatigues du service, alors que l'ambition , Tamour de Tindépendance et le bien-être faisaient de continuels progrès ; le désir de quitter les régiments devint si ardent parmi les sous-officiers, qu'entre eux ils se faisaient une sorte de point d'honneur de ne pas se rengager.
Aussi, n'y avait-il dans les régiments, à part quelques anciens attendant leur retraite, que de jeunes sous-officiers nommés après deux ans de service et décidés à s'en aller après deux ans à peine d'exercice de leurs fonctions, arrivés de leur pays en même temps et même plus tard qu'ime partie des soldats sous leurs ordres et devant partir avec eux. Un autre inconvénient de cet état de choses, c'est qu'il fallait chaque année nommer un trop gmnd nombre de sous-officiers : ce qui en abaissait la qualité moyenne et encombrait les réserves ^'hommes gradés. Le nombre total des sousofficiers de l'armée, sur le pied de paix, est d'environ 35,000. En supposant qu'ancun d'eux ne se rengage, ils ne durent que deux années, et il faut les remplacer tous les ans par moitié, soit 17,500 par an. Les cinq classes de la disponibilité des réserves, en ne tenant pas compte du déchet, comprendront ainsi ensemble 88,500 sons-officiers qui, joints au 35,000 de l'armée active, donneront en cas de mobilisation 123,500, nombre évidemment supérieur de beaucoup à celui des sous-officiers nécessaires sur le pied de guerre. Car si dans l'infanterie ce dernier nombre est double de celui du temps de paix, il est loin d'en être de même dans la cavalerie. Il fallait donc de toute nécessité, et pour plusieurs motifs, que la plus grande partie des sous-officiers fût indépendante descontingents annuels et que cependant ces contingents en fournissent assez pour assurer en cas de mobilisation les cadres de réserve. Pour satisfaire à cette double condition, on a calculé que le tiers au moins des sous-officiers présents sous les drapeaux doit êtro
OPFIlilKlIï, SOliS-'lFFlC.li:!!»-, XVAMIliilKNT. 381
tami par les contiiigL'Uts auuupls et los deux autres tiers par les lOgageiiients. Mais, comiiieiit se procurer ceiix-ri? L'article 71 Ue la loi du 27 juillet 1872 portait ijub des emplois tlanninéa «ernient, dans les services publics, réservés aux luilireeayaDt passé sous les drapeaux au moins douze aus, dout (jiiatre une soUB-olIiciers. Ces emplois, leur nature et leur Dombre, deieal Être fixée par uue loi spéciale. 11 y avait donc lieu tout d'abord 'élahorci- cett<> dernière loi. Enbuit€, il convenait de rtïparer une Eijustice résultant des nouvelles dîsposiLioas. En eiïet, d'après la |i BUr le recru Leinent, nul ne pouvait figurer dans l'armée active B-dessus de IVigi.- de 35 ans; d'autre part, la lui de 1831 sur les 6 de retraite exigeait, pour les olficiers el soldais, un mini- 1 i& 3ô ans de service pour avoir droit à une pension. 11 y rait donc impossibilité d'arriver à la retraite. Enfin, s'il était interïl d'accorder di's primes de rengagement, In solde et la haute-paie Duraient i''tre l'objet d'uugmenlations. C'est ce tiîple ordre d'idées inspira les pruuières réformes. La loi du 24 juillet 1873 déleritoa les «mplois civils réservés aux anciens sous-offlciers, ayant au lOins douze ans de service dont i]uatre An sous-olticier ; la soldi! fut lamentée, par une nouvelle loi rendue en 1874, dans la proportion B 0,90 à 10 p. 100 pour l'infanterie, la plus maltraitée de toutes les . La liaule-p.iye jonriialière fut flxi5e à 0^,30 pour les cinq remières années, à 0',50 pour les cinq années suivantes. La retraite roportioanelle fui aâmiBe à partir de 15 ans de service, à raison ftSd fr. au minimum par chaque année passée sous los drapeaux l put être cumulée, jusqu'à la concurrence de 1,200 fr., avec les silements civils obtenus en venu de la loi de 1873. Ces mesures restèrent ineffîcai^es. Les rengagements continuèrent se produire en nombre ineuthsant. On se décida enlin à mettre 6 cdté le grand principe de la loi de 1872 : l'abolition des primes I argent. La loi du 22 juin 1378 allouait au sous- officiers conactaot un reugayement de cinq ans : 1" une prime de 2,000 fi\ pyable à sa libération, mais produisant un intéri^l dont le montant e touclifjr par iriraeslre; 2° une indemnité de600fr. inimé- Inlemcnt payable à titre do première mise d'entretien. Une autre tdemnité de 500 fr. lUait payée lors du deuxième rengagement. B Uux des pensions de retraite étuit élevé Je manière k donner
un minimum de 365 fr. après quinze ans de service. Lé temps nécessaire pour obtenir un emploi civil était abaissé de 12 ans à 10; le traitement pouvait être cumulé sans limite maxima avec la pension de retraite. Une autre loi élevait la pension des veuves du quart au tiers de la retraite maxima de chaque grade. En dehors des questions d'argent, un emploi d'adjudant était créé dans chaque compagnie d'infanterie, et la position de sous-ofiEicier était entourée de garanties inconnues jusqu'alors, la cassation ou la rétrogradation d'un sous-ofïicier rengagé ne pouvant être prononcée que par le commandant de corps d'armée, sur l'avis conforme d'un conseil de régiment.
C'étaient là évidemment des avantages considérables : ils ne furent pas encore jugés suffisants, et la loi du 17 juillet 1881, abrogeant celle du 22 juin 1878, a autorisé des rengagements pour une durée de deux à cinq ans, la haute-paye a été portée à 0^,70 après 10 ans de rengagements; les sous-officiers mariés sont autorisés à coucher en ville en touchant une indemnité mensuelle de 15 fr. La pension proportionnelle est assurée à partir de 10 ans de service, et les sous-officiers peuvent être maintenus au service en qualité de commissionnés jusqu'à l'âge de 47 ans, sur l'avis favorable d'un conseil de régiment ; enfin le temps nécessaire pour avoir des droits à un emploi civil est abaissé à sept ans.
Ou avait espéré obtenir, à l'aide de ces mesures, le nombre de rengagements nécessaire pour portera 26,000 celui des sous-otficiers rengagés ou commissionnés, c'est-à-dire une moyenne annuelle de 3,500; les faits n'ont pas répondu à ces espérances. A la date du l*"' juillet 1882, le nombre total des sous-olficiers rengagés ou commiss^ionnés n'était que de 9,221. Nous n'avons pas depuis lors le chiffre des rengagements pour toute l'armée. Nous voyons seulement, pour un régiment d'infanterie pris au hasard, ces rengagements s'élever :
En 1878 à 10