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OFFICIERS, SOUS-ORFICIERS, AVANCEMENT

Il est à remarquer que, pour chaque année, le nombre donné est à peu près égal aux vacances produites dans le cadre des adjudants ; ce sont les postulants à ce grade qui seuls se rengagent, ainsi que les sous-officiers qui aspirent à Técole de Saint-Maixent, c*est-à-dire au grade de sous-lieutenant, et les employés spéciaux (chefs ouvriers, tambours-majors, etc.).

Les conséquences que nous pourrions tirer de ces données sont corroborées par celles qui proviennent d'un régiment d'artillerie, également pris au hasard. Nous y trouvons:

En 1878, 1*" rengagements : néant ; 2" rengagements : 3adjudants;

1879, néant;

1880, id. id. 2" rengagements: 2 adjudants et 2 maréchaux des logis ;

1881 , 1*" rengagements : 4adjudants ; 2" rengagements : 2ma-

réchaux des logis chefs ; 1882, 1*" rengagements : 2 adjudants; 2^' rengagements : néant ;

1883, 1*" rengagements : 2 adjudants, 1 maréchal des logis;

2" rengagements : néant ;

1884, l*" rengagements : 2 adjudants, 2 maréchaux des logis

chefs, 2 maréchaux des logis ; 2*' rengagements : néant.

1885, !•" rengagements : 1 adju lant, 3 maréchaux des logis

chefs ; 5 maréchaux des logis ; 2" rengagements : néant ;

Total général en huit années : 32 rengagements.

(^Nota. Les maréchaux des logis sont presque tous des candidats admis plus tard à Técole de Versailles ou des emx3loyés spéciaux.)

On peut considérer comme démontré que la très grande majorité des sous-officiers rengagés sont des adjudants ou des aspirants à ce grade, et il résulte de là non seulement que la réduction de la durée du service à trois ans ne saurait élre réalisée dans les conditions actuelles, mais encore qu avec le service effectif de quatre ans,

Tarmée pèche par ce point essentiel : la constitution des cadres subalternes.

Comment remédier à cette situation, d'autant plus regrettable qu'en Allemagne, nul ne peut-élre en principe sous-officier, s'il n'a déjà accompli ses trois ans de service dans l-armée active*? La loi du 23 juillet 1881 semble avoir atteint, pour les avantages pécuniaires, les dornières limites du possible. Il faut donc rechercher ailleurs la solution du problème.

On a proposé d'établir des écoles de sous-officiers ou plutôt des écoles destinées à former des sous-officiers. L'Allemagne en possède 7' : à Postdam, Juliers, Biebricli, Weissenfels et Marienwerder, à EtUingen dans le duché de Bade, et à Marienberg en Saxe. Elles reçoivent des engagés volontaires âgés de 17 à 20 ans quij après trois années d'instruction , sont répartis dans les régiments d'infanterie, quelques-uns même dans l'artillerie. En Italie, les sous-officiers proviennent de corps spéciaux d'instruction qui comprennent : 3 bataillons d'infanterie, 1 escadron de cavalerie, 2 batteries d'artillerie montées , 1 compagnie d'artillerie à pied, 1 peloton de génie. Ces corps spéciauxs ont recrutés, soit parmi des engagés volontaires, soit parmi des candidats pris dans les corps de troupe : au bout de deux ans, les uns et les autres sont nommés sergents et répartis dans leurs armes respectives ; ils s'engagent à rester cinq ans sous les drapeaux, y compris les deux ans d'instruction.

En France, il y a eu sous l'Empire, de 1810 à 1814, une école de sous-officiers à Fontainebleau, mais elle était plutôt destinée à préparer des candidats pour Saint-Cyr qu'à former des sous-officiers pour les régiments. Dans les circonstances actuelles, on n'a point pensé que des écoles de ce genre eussent quelque chance de succès. Lorsqu'il est si difficile de garder sous les drapeaux un certain

1. Dapr^'s uiir" hrocluiro publié»' par M. lo gùnôrul Farro en l88l,rAlIomagDe comptait *2.î,()0() soiis-ofliciers rengages ; auiMiii S'M-gcnt nun rengagé, ♦•t sur les caporaux. '2-2,000 rengagés pour 3,000 ayant moins d»? 3 ans de s»3rvice.

Kn Franco : 2,000 caporaux rengages, 8,000 ayant plus do 3 ans de sen'ice, 3,000 ayant moins do 3 ans.

8,000 sous-olliciers rengagés, 15,000 ayant plus de 3 ans de service, 12,000 ayant moins do 3 ans.

l. Im('t> détails qui suivant sont empruntés au livre do M. le commandaul Kau, sur Vfyaf militnirf des prhivipaies puissances vlrmujères.

OFFic.rKils, sùi;s-OPFii:iiîns, av,inceme?jt. 3SÎ)

ibre de sous-ûiriciers parmi ceux ijui s'y trouvent déjà, il est Dseible d'admettre tjiii> la ijers[iective de deveoir sous-officier K d«6 randidatg eu nombre suffîeaal. On a penst^ aussi à faire écoles d'enfaiitB de troupe une pépinière de sous-officiere. dfie )![ail évidemment inspirée par le souvenir de Tticole des nlles de la Garde da premier Empire, miiis, autre temps, autres rurs. La Garde impériale, sous Napoléon I", tUait une famille irîlégiée, comblée de bienfaits par son chef, par son idole, et pères ne pouvaient avoir pour leurs enfants d'autre idée que es consacrer au service de l'Empereur. Les écoles d'enfants do ïpe d'aujourd'hui, di^nommées écoles jiiHitaîres pyfparitloîres , étasssur le modèle de celle de Rambouillet, qui avait été créée es la dernière guerre â titre d'essai, sont c'orlainemeut une ins- [tion digne d'éloges; la bienfaisance de l'Ëiat envers de vieux vitGurs, leurs veuves et leurs orphelins s'exerce bien mieux par t âducatiou sérieuse donnée à des enfants sagement surveillés > par l'entretien de ces milmes enfants dans un milieu gui, pour lie sorte de motifs, no convient pas à leur Âge. Le système ïpté, c'est-ù-dire un secours pécuniaire jusqu'à l'âge de 13 ans l'admiËsion, à partîi" de cet âge, dans une école comme celle Rambouillet, est donc, au point de vue des enfants de troupe, "progrès incontestable sur le passé, mais on a jugé avec raison possible de nommer ces cnfautis sous-officicvs sans les faire, au ftaUble, passer par le régiment. On s'est borné à leur imposer engagement qu'ils doivent contracter â leur sertie de l'école, Bt-à-dire â 18 ans: ce qui les liera au service Jusqu'à 23 ans. poarront ainsi être sous-ofBciers â âOans, mais on aura encore eux des sous-oCGciera candidats au grade d'ofCcler, otnon paB ce ) l'on cherche : des sousoHïciers qui restent au régiment. On [me que chaque année il sortira de ces écoles environ 600 en- [6b volontaires, dont 400 pour l'infauterie, 100 pour la cavale, 90 pour l'artillerie et le train, 10 pour le génie. Cela fera aat de candid.ats de plus pour Saint-Maixent, Saumur et Ver- Uefi, et la moitié à peu près, au moins le tiers, réussira â y enr; on n'aura donc plus qu'un appoint bleu faible pour le cadre I eous-officiers.

Que reste-il à faii-e?... Il n'y a pas, selon nous, doux solutions:

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il n'y en a qu'une, et il faut l'adopter franchement et la pratiquer en grand, non plus comme un expédient, mais comme une institution du pays. Si on l'avait acceptée en 1871, sous le coup de la défaite et dans ce moment de résolutions viriles où tous les partis cherchaient, sans autre préoccupation que le salut du pays, le relèvement de nos forces militaires, l'habitude serait prise aujourd'hui, et nous aurions un corps de sous-ofiiciers tel, que hien des réformes réclamées avec ardeur et radicalement impossibles paraîtraient simples et faciles.

Il fallait d'abord partir de cette idée qu'en cas de guerre, ce sont les réseiTes qui font le nombre et la force de l'armée, et que pendant la paix, les troupes actives ne sont qu'une école de guerre destinée à former des soldats. Les sous-officiers ont donc ime double mission : 1** instruire lei^ jeunes contingents dans leur rapide passage sous les drapeaux ; 2^ encadrer les réserves au moment de leur mobilisation et grouper les éléments, jusque-là dispersés, en un tout compact et solide. Pour cela, ce n'est pas trop demander que de vouloir y employer, non pas des hommes servant par contrainte ou acceptant la position faute de mieux, mais, au contraire, la jeunesse instruite et laborieuse, ayant pour perspective la satisfaction légitime de ses ambitions.

Il ne suffisait donc pas de réserver pour les anciens sous-officiers quelques emplois civils arrachés aux résistances des chefs d'administration; ce qui était ainsi l'exception aurait dû être la règle. Autrement dit, on aurait dû faire du grade de sous-officier, occupé pendant un temps déterminé, le stage obligé des administrations dépendant de l'État. On aurait rencontré des résistances envoûtant établir une législation de ce genre; la routine aurait poussé les hauts cris ; elle aurait dit dans un bureau : Nous avons besoin de très jeunes gens prenant à vingt ans les habitudes de notre service et se pliant à nos errements traditionnels; ailleurs, elle aurait prétendu que la vie de la caserne est une mauvaise préparation à des fonctions qui exigent une assiduité absolue ; partout, elle aurait dit : Vous allez bouleverser notre administration. On aurait passé outre, ce serait actuellement fini, et tout marcherait aussi bien que par le pase^é et nous aurions des sous^officiers. Il va sans dire que, pour ne pas nuire au fonctionnement des administrations

les i^oiis-otliciei'ii, iJîins leurs dernières iiiuiL-es île servicr, rroient recevoir une iuslructioa les préparant à leurs potiiUous tare&.

SI nous voulous encore avoir des sous-ojficiers, il n'y a pas lutre marche à suivre. Ce sera peul-âtre plus difficile à obtenir 'en 1872, inaÎE, d'nn autre côlii, on eera plus fort pour le deftoder, parce que la nécessité eu est devenue plus évideule. Ce êsi pas ici le lien d'entrer dans les détails de la question en aminaot une à une toutes les carriéreB civiles. Nous nous borprom au ctïté purem<.'nt militaire de la mesure que nous récla- Dns et que beaucoup d'autres réclament avec nous. En admettant d'un Btage de trois ans dans le grade de Eous-aUîcier soit la limite loptée, que Li durée du service soit réduite â trois ans et que les tspositions dont il s'agit aient reçu leur complète exécution, ce ai aurait lieu neuf années après le vote de la loi, les neuf classes li doivent composer en temps de guerre l'armée active coraprenai: 1° 60US les drapeaux : les deux plus jenues classes (8* et 9°), de BOuB-oiliciers ; la précédente (7'), 18,000, dont 9,000, sup- Deeroos-nous encoi'e, resteront sous les drapeaux pour arriver a De position civile; les deux classes antérieures (5' et 6'), chacune ,000 restés sous les drapeaux; ce qui, ajouté à 4,000 sous-officiers immîssionnés on rengagés, donne le total de 40,000 ; 2" dans la serve : 9,000 hommes des classes ô' et 6% 18,000 des classes 1, 3, 4, soit en tout 90,000, sur lesquels encore moitié ayant servi ogans, dont trois ans comme sous-otficiers. Bien entendu, nous ivons pas tenu compte du déchet.

Hais il ne suffît pas, pour maintenir les sous-ot1icii.u-s dans les igiments, de les tenter par la pei'spective d'une situation future, il ni encore les IraitLT pendant leur séjour sons les drapeaux de maire à ne leur inspirer ni le dégoflt ni le découragement. « Pré- 0*é6 au rammandement immédiat des soldats, et vivant conslent avec eux >, dit à ce sujet le général Morand, • les sous- ■officierA doivent âtre des modèles en courage, en subordination, ■oa politesse, en bonnes mœurs, entin dans l'accomplissemeul de

tous leurs ilevoirs Le grade de sous-olïicier est inférieur,

mais son service est de la plus haute importance. Pourqu'il t'apprécia et s'en persuade, il faut lui montrer de la considération et

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« porter dans le choix qui Télève et dans son avancement^ beau- « coup de soin et d'attention... La considération accordée à un « sous-oflicier doit être telle qu'elle puisse décider un jeune homme « qui a reçu une bonne éducation à continuer son service*. »

Que d'ofBciers avons-nous connus dans notre longue carrière, qui auraient eu besoin de se pénétrer de ces considérations si justes ! C'est, suivant nous, dans Tordre des idées morales, dans les questions qui touchent à Tamour-propre, ainsi que dans la recherche d'un bien-être compatible avec la simplicité de la vie militaire et Téconomie qui doit présider à toutes les dépenses de l'armée, que Ton doit chercher Tamélioration de la position des sous-officiers. Les règlements de 1883 sur le sei*vice intérieur, soit en confirmant les dispositions précédemment prises, soit en consacrant de nouvelles dispositions, ont déjà beaucoup fait, mais, en limitant la plupart du temps aux sous-officiers rengagés les privilèges concédés.

Ainsi, les adjudants, les sous-officiers décorés ou médaillés et les sous-officiers rengagés sont autorisés à ne rentrer au quartier qu'à minuit.

La punition de la salle de police est remplacée pour tous les sous-officiers par la consigne à la chambre. La prison des sousofficiers est distincte de celles des caporaux ou brigadiers.

Comme nous l'avons déjà dit plus haut, la rétrogradation ou la cassation des sous-officiers rengagés ou la mise à la retraite d'office des sous-officiers commissionnés, est prononcée par le commandant du corps d'armée, sur Tavis conforme du conseil d'enquête des sous-officiers. Lorsqu'il s'agit des sous-officiers décorés et médaillés, c'est le ministre qui prononce.

En outre, le logement et l'ameublement des sous-officiers ont été fixés par des dispositions spéciales dans des conditions toutes différentes de l'ancien casernement. Quoique exécutées lentement, ces dispositions sont actuellement en vigueur presque partout. Dans beaucoup de casernes et généralement partout où il s'est trouvé un local disponible, il a été installé des cercles de sousofficiers avec bibliothèque. La tenue a été relevée par des insignes

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