I. L Année selon ta Charte, p
I SOUS-OFFICIEHS, AVANCEMENT.
^fiQ
lus .ippnrcnlE, les sergentH-maJors des troupes à pied onl lité disiios^s lie porter le sac ei le fusil.
En dehors des presoriplions ofiiciellps, il faut (ju'à tous les ^rt's de la hiârareliie les olficierB soient bien persuadés que la ÎBcipUne la plus stricte peut parfaitement se coniûlier avec les irds Qt la considération. On ne doit pas reculer devant une puniioa lorsiju'elle est nécessaire, mais entre deux chefs qui obtieneul de leurs iuférieurô la même somme de service, celui qui litige le moins de punitions est suptiricur à l'autre, et faire aimer ( métier militaire par tous ceux qu'il a sous ses ordres, est le evoirâliîmenlaire d'un officier digne d'exercer le commandement. Un autre devoir pour lui, est de ne pas diminuer l'autorité de B subordonnés vis-à-vis de leurs inférieurs, ce qui arrivera falanent &'il le punit à chaque instant. Le droit de punir et de réompeaser est une attribution sérieuse, qui engage la responsabilité lorale de celui qui l'exerce. Une punition injuste peut avoir les lus graves conséquences, et même une puuition méritée dépasse t manque le but lorsqu'elle est accompagnée de paroles injurieuses t méprisantes. C'est surtout vis-à-vis des eous-offlciers qu'il faut ien se pénétrer dé ces vérités.
Le projet de loi présenté par le ministre de la guerre pour la ^organisation de l'armée (malheureuse armée ressemblant à un lalade qui changerait de médecin tous les Jours !) ne pouvait manner de contenir des disposilions nouvelles relativement au rengainent des Bouii-ofDciers. Nous empruntons à un article de journal I réGumé de ces dispositions ' :
1" Fixation de la durée des rengagements à 2, 3 ou Ô ans, ces mgagemenls étant renouvelables jusqu'à une durée totale de 15 bnées de service ;
2* Autorisation pour le sous-oDicier de contracter im rengagement radanl les' trois amiOes qui suiveut son renvoi dans ses foyers; 3^ Faculté donnée aux aous-officiers de rester au service comme
missionnés dés qu'ils ont accompli 8 ans de service ; 4" Modifications concernant les avantages pécuniaires :
- Pour un premier rengagement de cinq ans, prime de
âorlia
is Je juin 1.
390 LES TRANSFOnBfATIONS DE l' ARMÉE FRANÇAISE.
1,500 fr. payable immédiatement et goatification amiuelle de 200 fr. payable à rexpiration de chaque année de service supplémentaire ;
b — Les rengagements ultérieurs ne donnent droit qu'à la gratification annuelle de 200 fr. ;
c — Pour un premier rengagement de 2 ou de 3 ans, la prime est réduite à 400 ou à 600 fr. ; mais la gratification annuelle reste acquise ;
d — Principe consacré par la loi d'une solde spéciale pour les sous-ofliciers rengagés ou commissionnés;
e — Haute-paie mensuelle de 9 fr., portée à 15 fr. après cinq années de rengagement et à 21 fr. après dix années ;
f — Paiement mensuel de la solde spéciale et de la haute-paie;
5° Obligation pour les sous-ofliciers retraités de rester pendant cinq ans à la disposition du ministre de la guerre pour le service de rinstruction militaire préparatoire ;
6** Emplois civils ou militaires réservés aux sous-offlciers :
a , — Affirmation du droit à remploi ;
b — Division des emplois réservés en quatre catégories, suivant les aptitudes exigées ;
c — Acte de rengagement spécifiant le droit du sous-ofilcieràun emploi de la catégorie pour laquelle il est reconnu apte, sous la léserve du passage à une catégorie supérieure par suite de preuves dûment faites de capacité au cours du service supplémentaire ;
d — Classement annuel des candidatt?, tel qu'il est prescrit par la loi du 24 juillet 1873, mais avec publication au Journal of^cUl;
e — Nominations faites au fur et à mesure des vacances et dans Tordre de classement ;
f — A défaut de vacances, droit pour les candidats d'être pourvus d'emplois de surnuméraires rétribués, à moins qu'ils ne préfèrent attendre au corps, en qualité de commissionnés, qu'une vacance se produise ;
(j — A l'avenir, aucune entreprise industrielle ou commerciale ne pourra obtenir un monopole ou une subvention de l'État, du département ou de la commune, qu'à la condition de réserver aux anciens sous-officiers un certain nombre d'emplois à déterminer par le cahier des charges;
OFFICIEB», SOUS-OFnCIBRS, AVaNCRMBST, 391
7° Pour les Iroupeâ coloniales et l'armée de mer, la prime est xée à 200 fr. \ la gratillcJilioa annuelle à 2ô0 fc. ; les hautes-paies ieaBuellei> à 12, 18 et 24 fr., suivant la durée du service ; *
Les eou6-otIicii.>r& des troupes coloniales, qui se retirent après mit ans de semce au moins, peuvent olitenir des coucessious de arrainaux colonies, suivant les ressources disponibles.
L'économie giînérale des nouvelles dispositions peut doni: se Seumer ainsi :
Pour conserver les sous-otQciers dans l'armée pendant 15 ans, k réduction de la durée du service obligatoire à 3 ans entraîne 2 ans de rengagement, qui donnent lieu par homme aux dépenses uivanles :
1" Prime de rengagement, 1,500 fr. ;
2* 12 gratifications annuelles de 200 fr., soit 2,400 Ir. ;
3" Haute-paie mensuelle de 9 ir. pendant 5 ans, soit 540 fr. ;
4' Haute-paie mensuelle de 15 fr. pendant 5 ans, soit 900 fr. ;
5" Haute-paie mensuelle de 21 fr. pendant 2 ans, soit 504 fr.;
Chaque sous-officier servant 16 ans coûtera donc à l'Ëlat 5,S44 fr. eodant 12 ans, outre sa solde et ses prestations normales, ce gui sspond à une augmentalion de dépense de 487 fr. par rengagé Ipar an.
Sans le système actuel, les 10 ans de Ux dépenses suivantes:
3 fr. de première mise d'entretien ;
2,000 fr. d'indemnité ;
1,000 fr. d'intérêts;
600 fr. (le seconde mise d'entretien ;
81 fr. de haute-paie par anticipation, fparl de la classe ;
547 fr. 50 c. de haute-paie pendant l
rvîce supplémentaire ;
'dl2fr. ÔO c. do liaute-paie pendant les cinq autres années; .6,641 fr. de dépenses au total, ce qui correspond à une dépense idgétaire de 564 fr. 10 u. par homme et par année.
Le nouveau système serait donc plus économique et cependant lUft pratique peut-être.
Le nombre des sous-officiers rengagés étant actuellement do
;agemeot donnent Heu
pendant 9 mois après le s 5 premières années de
392 LES TRANSFORMATIONS DE L*ARIfÂB FRANÇAISE.
11,31G, réconomie annuelle de 77 fr. par an se traduirait par nue réduction totale de 871,322 fr. sur le budget de la guerre.
Cependant, en donnant 1,500 fr. aux sous-officiers pour les retenir sous les drapeaux par un rengagement, on a plus de chances pour les amener à y rester que si on leur promet 2,000 fr. à toucher seulement quand ils quitteront Tarmée, car une semblable promesse ne peut que les pousser à partir aussitôt qu'ils ont accompli la durée de service supplémentaire spécifiée par leur rengagement, et cela pour toucher leur prime *.
On voit que, dans le projet de loi, le principe des fonctions civiles réservées aux sous-officiers est affirmé plus largement. Toutefois, ce principe n'a pas encore toute Tampleur que nous lui voudrions voir et Ton demande beaucoup plus aux administrations privées qu'à celles de TÉtat, ce qui est une anomalie; on paraît en outre compter beaucoup sur la disposition en vertu de laquelle les sous-officiers toucheraient 1,500 fr. inunédiatement, au lieu d'en recevoir 2,000 après la durée de leur rengagement. Si la solution de la question des sous-officiers pouvait dépendre d'un changement de si peu d'importance, on serait bien coupable de n'avoir pas eu plus tôt l'idée de ce changem^ent, mais l'expérience dupasse avait justement inspiré l'idée contraire, et l'on avait reconnu des inconvénients de plusieurs sortes à remettre l'argent aux sousofficiers pendant leur présence au corps. Aujourd'hui, l'expérience n'est plus rien et à quoi bon l'invoquer auprès de gens qui ont précisément accepté la mission de supprimer dans l'armée, comme dans la société, tout vestige du passé?...