Traditions et Souvenirs du marquis de Colbert, chap. II
UmciBllK, 801S-0FF1CIKUS, AVANCBMENT, -101
luùme temps le méCiiuiBcne de rélection : pour nommer un noasitenoiit, les sous-Iieutenaote du régiment déeiguaientaii scrutin 16 candidats parmi les BOus-oiricierg et les lieutenants clioisie- Qt entru cos trois candidats ; [lour un lieutenant, les lieutenants liguaient les trois candidats, parmi lesquels les capitaines en laienl un. Le jeune Fezensac élait très protégé par le colonel ;uée, ami de sa famille, qui s'était chai'gé de son avancement et irait beaucoup le faire arriver au grade de sous-lieutenant par iection, mode regardé à bon di-oit comme le plus honorable... lais comment l'obtenir >, dit le duc de Fezensac dans ses .Soul'ît mitilaires, * d'officiers déjà jaloux d'un avancement que je l'avaiE pas trop bien justitlé, et quand ces ofQciers avaient parmi les B0U8 officiers des amis, d'anciens camarades qui atteudaiejit iepuis longtemps cette distinction si importante pour leuraveoir, tt que tous le méritaient mieux que moiV Cependant, l'autorité du coiouel, lu désir de lui être agréable, surtout la crainte de ui déplaire dans uu temps oii la puissance des chefs de corps Alait immense, tous ces motifs vainquii'ent l'opposition, et je fus lOlomé. Cette nomination fut généralement miens accueillie l'od n'aurait pu le croire... on s'y était toujours attendu. Mou rrvice de soldat et de sergent était un jeu, et l'on savait très bien je n'étais entré au régiment que pour devenir officier. Cette LOmination faisait plaisir au colonel que l'on voulait se rendre ivorable. >
Hâtons-nous d'observer : 1° que le coiouel Lacuée était aimé, limé et honoré daus son régiment, et qu'il lui fut facile d'obit ce que d'autres colonels n'auraient peut-^tre pas obtenu ; qaeleduc de FezeusacajustiQé le choix dont il avait été l'objet qu'il a été un des héros les plus admirables de la retraite de iKSie. Son récit véridique et modeste n'en montre pas moins le a de ce mode d'élection. Les votes ne sont pas toujours absoluml libres.
VerH la fin de l'Empire, il n'était plus question d'élection depuis g|«mp& : élèves de l'école et sous-otUciers étaient tous nommés ' l'Empereur. La correspondance de Napoléon, en 1813, montre n à quelles mesures il fut obligé de recourir pour compléter les Ire:^. Dans cetle réorganisation de la 6rande-.\nnée ou plutôt
dans celte création d'une nouvelle armée, la plus grande difficulté à vaincre, nous l'avons déjà dit, fut le manque d'officiers et de sousofficiers. Huit régiments du corps de Davout avaient ensemble 42 officiers et seulement 27 sous-officiers et caporaux. Et l'Empereur écrivait au ministre de la guerre, le 18 février : « Les 200 « sous-lieutenants de Saint-Cyr qui ont été envoyés aux 22 régi- « ments de cohortes, ne doivent pas empêcher d'utiliser leslOOca- « poraux que j'ai envoyés pour être sous-lieutenants; ces lOOcapo- « raux, ayant tous au moins dix ans de service, ont ce que n'ont pas « ces jeunes gens, et ce mélange sera fort avantageux au servie**.» Et le 27 avril, il écrivait encore : « La plupart des capitaines « n'ont pas vu le feu... je vais être obligé de destituer et de ren- « voyer tous ces officiers. Vous m'envoyez aussi des jeunes gens « qui sortent des collèges et qui n'ont pas été à l'école de Saint- « Cyr, de manière qu'ils ne savent rien, etc.. '. »
Nous avons vu la Restauration, à son début, mettre de côté les sous-officiers pour placer dans l'armée les anciens Vendéens ou émigi'és. La loi de 1818, élaborée par Gouvion Saint-Cyr dans le but de remédier aux abus qui menaçaient de tout désorganiser, réserva aux sous-officiers de chaque corps de troupe le tiers des emplois de sous-lieutenant vacants dans ce corps. La loi de 1832 et l'ordonnance de 1838 appuyèrent cette garantie de dispositions encore plus libérales. Un tiers des emplois vacants revenait aui élèves des écoles; le troisième tiers était laissé au choix du Roi. L'usage prévalut, dans l'infanterie et la cavalerie de donner ce troisième tiers aux sous-officiers; dans les armes spéciales (artillerie et génie) on suivit la proportion inverse.
Telle était, en 1870, la situation de l'armée au point de vue de l'origine des officiers :
P Infanterie, deux tiers des places vacantes aux sous-officiers,
— un tiers des places vacantes aux élèves de Saint-Cyr,
2** Cavalerie, deux tiers aux sous-officiers,
— un tiers aux élèves ayant passé un an à l'école de
Saumur en sortant de Saint-Cyr;
I. Oamillo Housset, !a Grande-Armée de 1813, chap. III. •2. Jd., ibid.