I. L'Armée (l'nitjourd'Uai cl Vitrméc de demain
« (les (lilTéreates armes en temps ordinaire, Tentente s'établit natu-
< Tellement aussitôt que les circonstances les rapprochent dans un « service commun. L'organisation par corps d'armée et les grandes
< manœuvres ont beaucoup fait pour cela y et l'on ne saurait trop « applaudir aux progrès qui ont été faits dans ce sens *. »
Les officiers d'artillerie et du génie, chargés d'un service spécial, ont besoin de posséder des connaissances spéciales, dont il e8tpa^ faitement inutile de charger l'intelligence et la mémoire des ciers d'infanterie et de cavalerie , mais il ne s'ensuit pas que Auis soient ou se croient supérieurs aux autres. A chacun ses aptitudes. Dans une grande usine, l'ajpsteur fait ce que le forgeron ne saurait pas faire, et le forgeron fait à son tour ce que ne pourrait faire l'ajusteur. S'onsuit-il que l'imsoitfiupérieur à l'autre et qu'ils ne vivent pas en bons camarades ?
Si vous voulez que toutes les intelligences soient égales et également développées, pourquoi ne pas exiger qu'il en soit de même pour l'adresse et les forces physiques et ne pas demander aux officiers de toutes armes de savoir monter à cheval comme Seydlitt qui passait, dit-on, au galop entre les ailes d'un moulin à vent en mouvement ?
A moins de faire de vos officiers des encyclopédies vivantes, il faut donc que l'instruction varie pour eux avec la destination qui leur est réservée.
Quant à dire que les anciens sous-officiers, nulles aux élèves des écoles, formaient un ensemble sans harmonie, parce que lesunsen savaient trop et les autres pas assez, c'est nier la nature humaine et sa diversité. Dans une lettre que nous venons de reproduire, Napoléon, qui avait conquis Berlin, Vienne, Madrid et Moscou avec des officiers de toute origine, disait à son ministre de la guerre, en parlant de deux cents sous-lieutenants sortant de Saint-Cyret de cent caporaux destinés à êlre nommés sous-lieutentints : « Ces « cent caporaux ayant tous au moins dix années de ser\dce, ont ce « que n'ont pas ces jeunes gens, et ce mélange sera fort avantageux « auservice. » — « L'accession de sous-officiers au grade d'officier», lisons-nous encore dans un rapport inédit, « est non seulementchex
l. Extrait d'un rapport inédit.
OFFICIERS, SOl'S-OFnciEBS, AVANCEMENT. 405
DUS une U-adition et (ïuns noti-e socItJté dômocraliqua ime niïcecitd; *lk' 3 pour résultat de mettre dans nos rangs des servitent'B 'un dévouement absohi, rt'nne solidité à toute épreuve, connaisintl« «olilat et sachant le condnite, respectueux de leurs cbefg , qui rachètent par leuva iinalilt^s, on pourrait dire par leurs îrtii9 militaires, ce qu'il y a d'incomplet dans leui" instruction înérale. >
loua avons, quant à nous, passé nne grande partie de nos tjua^ tfl-six ans de service dans dos régiments où les deux catégories Bciers étaient en contact et nous avons vu, sauf de très rares jpUoQs, l'harmonie ta plus complète préaider à leur ensemble, jeunes gens prenaient volontiers conseil des anciens pour tes kllfi du service, et ceux-ci, à leur toui', ne rougissaient pas de tulter les premiers sur ce qu'ils ne savaient pas eux-m^mes. ifiste uneohjectionquenousuvonsgardée pour la dernière, parce tux yeux de bien des gens, c'est la plus Torte: l'armée prusnt n'a pas d'flcole polytechnique, les ofBciers prussiens se reent dans des écoles communes à toutes les armes, et les officiers ml de ces écoles re(;oivenl une instruction spéciale dans des «s d'application.
[dus répondrons à cela que la Prusse et la France sont deux S différents. Eu France, l'aristocratie n'est plus qu'un souvenir, tefoÏB, avant 1789, l'artillerie et le génie étaient deux armes fières, et c'est en pai-Ue pour cela que la France a été sauvée à uypar l'artillerie dont les officiers n'avaient pas iJmigpé. Aud'huî, en suppos.int qu'il y ait encore des classes diverses dans DCJélé française, elles sont mêlées, à très peu de chose près, I des proportions égales d'une arme à uuti autre. Ce ne sérail } pas une raison de caste qui ferait choisir telle ou telle arme Mrtie de l'école commune, mais des motifs plus pratiques: thunters sortants prendraient l'infauieric et la cavalerie, parce n f arrive plus si^rement amc commandements supérieurs et hjt parce que leursétudes seraient ainsi terminées, tandis qu'oFre d'artillerie, ils se verraient encore forcés de passer deux ans I une école.
y aurait donc beaucoup de chance pour voir l'artillerie et le B recrutas dans les derniers rangs, c'est-a-dire que les jeunes
oliiciers désignés pour recevoir rinstruction la plus avancée seraient précisément ceux qxii auraient montré le moins de goût ou d'aptitude pour le travail.
En Allemagne, ce n'est plus cela : il y a encore des castes; il y a des nobles et des roturiers. Or, en 1882, l'armée allemande comprenait, sur 100 officiers : dans la cavalerie, 20 roturiers; dans l'infanterie, 50; dans l'artillerie de campagne, 78; dans le train, 82; dans le génie, 83; dans l'artillerie à pied, 91 *.
Ces chiffres nous dispensent d'en dire davantage.
On n'a pas d'ailleurs donné suite, jusqu'à présent, à cette idée de communauté d'origine et Ton n'a pas encore détruit l'École polytechnique, ni celle de Saint-Cyr. Un grave changement a été néanmoins apporté au mode de recrutement des officiers.
Est-ce pour le bien? Est-ce pour le mal ? C'est ce que nous allons voir :
Sous le prétexte, ou, si l'on veut, par ce motif que les sous-offlciew présents au régiment sont trop absorbés par le sei-vice pour travailler à leur propre instruction, on a imaginé d'installer, dès 1872, une école de sous-officiers au camp d' Avor, près de Bourges, avec l'intentiond'en établir plusieurs autres, puis, en 1874, on a décidé qu'aucun sous-officier d'infanterie ne pourrait être nommé officier s'il n'était passé par une école militaire. En 1882, l'école du camp d'Avoraété reportée à Saint-Maixent, et le mode de nomination des sous-lieutenants sortant de la troupe a été réglementé dans les conditions suivantes : tous les ans, les inspecteurs généraux désignent les sousofficiers susct^ptibles d'être admis à l'école de Saint-Maixent; des jurys régionaux les examinent, les classent; la liste d'admission est formée d'après ce classement et jusqu'à concurrence du nombre fixé x)ar le ministre. Après un an passé à l'école, nouveaux examens et nouveau classement, à la suite duquel les élèves sortants sont nommés sous-lieutenants et répartis dans les régiments. Le même système est appliqué à la cavalerie par le passage des sous-offlciers à l'école de Saumur. Enfin, un décret daté de 1883 a établi à Versailles pour le génie, l'artillerie et le train des équipages mili-