HIÉRARCHIE
La hiérarchie est résultée avec le temps de la succession des emplois. Pour ne parler d'abord que de l'infanterie, quand elle était formée par compagnies, chacune d'elles avait son eapUainif son lieutenant et son enseigne. Le colonel-général commandait à toute l'infanterie et y nommait les officiers. Le grade essentiel, presque unique, était celui du capitaine, propriétaire de sa compagnie, qu'il était chargé de recruter et d'entretenir. Pendant longtemps tous les officiers supérieurs ont été par le fait des capitaines, ayant chacun sa compagnie en propre et n'exerçant qu'une action très limitée sur les compagnies des autres capitaines. Lorsque les compagnies vinrent à être groupées par régiment, chaque régiment futcommandé, au nom du colonel-général par un mestre de camp, et parmi les compagnies, Tune d'elles, connue sous le nom de compagniecolonelle, reî?ta la propriété particulière du colonel-général, qui la lit commander par un lieutenant-colonel ; le mestre de camp eut également sa compagnie, qu'il commanda directement. En 1661, Louis XIV supprima la charge do colonel-général et donna auxmestres de camp d'infanterie le titre de colonels : ils continuèrent à avoir dans le régiment leur compagnie à eux et lorsqu'on 1665, furent créés les lif;atenants-colonels, il y eut aussi la compagnie du lieutenant-colonel. Les bataillons furent commandés, le premier, parle colonel, le deuxième par le lieutenant-colonel, le troisième par
OFflcmna, ROUS-flFriCIEIll:', WANXEMKXT. 409
iluB ciiiinen capituiae. En sorte qu'il [l'y avait réelleiuent dans un tm(?nt qMn des oapilaiiieSjdontquelipies-unsexHn'aisnt, en outre
comiiiaudenient de It'ur compagHie, les fonctions supérieures. aat AUX majors créés en 1668, ils up commaudaienl jamais ni npagniu ni buUtiUon, leurs aitribations n'étaient pas senlemenl ninJstratives, ils étAÎenl nhargés du di'lail ainsi quedel'inBti'uc- I H iHaient assistés dans leurs fonctions compliquées par des ciere, nommés aides -majors (origine des adjudanls-majors), La
aJenâGuivil, à quelques années de distance, l'exemple de l'interie, l'enseigne étant remplacé par le corneile. Elle avait deicê l'infautorie, au contraire, par l'institulion des brigaïUtra, de interni<^dtaire entre celui de colonel et dégénérai, ou plu)i5t [Tô inférieur de l'échelle hiérarchique des officiers généraux. ( maréchaux de France étaient les dignitaires du royaume, irgés de commander les armées en l'absence du roi on sons l'au-. Ité supérieure du roi. Les lieulenanls-ijinèraux commandaient
troupes à tour de rôle ; les vmréchaiix de camp étaient en prin- B des sortes de chefs d'état-major, on comme les adjoints des itenonts-généraux. Louis XIV eti.Louvoie insiiluèrent, en 1657, IH la cavalerie, et pour des rai son sparticuli ères à cette arme, des ^diers qui commandaient en temps do guerre de deux à quatre tmenls réunis en une brigade, qiu'lquefois même sans quitter ïOQunaïKlement de leur propre régimonl ; dix ans plus tard, le ild Roi et sou ministre nommf'rent aussi des brigadiers dans llantorie; la liiérarchie des grades fut délinitivemcnt ainsi él.i-
biréchal de Franrie, lieutenant-général, maréchal do camp, mal, lieuti-'iiaut-coîonBl, major, capitaine, lieutenant, sousttenanl (remplaraiit pour l'infanterie t'enseigne, pour la cavalerie ornstte, qui existaient dans les anciennes compagnies). L'ariille-
OQ le sait, faisait partie de l'infanterie; les grades dans cetii?
) furent compliqués pendant im certain temps, comme nous ) vu, par l'assimilutiou des lieutenants de l'artitlerie, com-
Mres ordinaires et extraordinaires, avec les colonelit, capitaines ieutonaiits...
(ai» aucune arme la hiérarchie n'était continue, c'est-à-dire
les^i'odes n'étaient pas tons obligatoires. Beaucoup de cadets
et de volontaires étaient nommés directement capitaines. Les capitaines riches et de grande noblesse achetaient un régiment et passaient colonels, sans avoir été lieutenants-colonels. Ce dernier grade était généralement réservé aux officiers de mérite qui ne pouvaient acheter de régiment et que le ix)i ou le ministre voulait faire avancer. Tels furent Vauban, Catinat, Martinet, l'inspecteur général de Tinfanterie. Ces mêmes officiers et bien d'autres passèrent de lieutenants-colonels brigadiers sans avoir été colonels. Les lieutenants-colonels devinrent au xviii* siècle les véritables commandants des régiments, soit pendant que les colonels vivaient à Versailles, soit lorsque le régiment était la propriété d'un prince ou d'un enfant.
L'ordonnance du 17 mars 1788, en posant les règles de l'avancement, détermina aussi la hiérarchie des grades. Celui de lieutenant-colonel fut supprimé, mais bientôt rétabli dans des conditions anormales pour les bataillons de volontaires, qui furent commandés par des lieutenants-colonels. Après Tamalgame des volontaires et des troupes de ligne, les bataillons furent commandés dans les demi-brigades par des officiers de ce même grade, qui devinrent bientôt des chefs de bataillon. Les colonels prirent un instant le titre de chef de brigade. Le premier Consul institua, sous le nom de majors, dont l'emploi avait été supprimé à la lin de l'ancien régime, de véritables colonels en second qui durèrent jusqu'en 1815. En sorte qu'tà la fm de l'Empire, la hiérarchie comprenait les grades suivants :
Tnfantcrie | . ( Chef de bataillon ( Capitaines, Lieutenants,
[ Colonel, Major { ..,„,, i , .
Cavalerie ) ( Chef d escadron ( bous-lieuteuants.
Le chef d'escadron dans la cavalerie commandait un escadron, composé de plusieurs compagnies (doux); ce grade était de création récente, chaque escadron, sous l'ancien régime, étant commandé par le plus ancien capitaine de compagnie.
Pour les officiers généraux, le grade de lieutenant-général avait été remplacé en 1790 par celui de général de division, le grade de brigadier avait été supprimé par l'ordonnance de 1788, les maréchaux de camp devinrent généraux de brigade. En 1815, les majors, colonels en second, furent remplacés par les lieutenants-