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OFFICIERS, SOUS-OFFICIERS, AVANCEMENT

colonels, et le titre de major fut affecté à Tofflcier supérieur chargé de diriger Tadministration du régiment.

Les compagnies de cavalerie furent supprimées, ou plutôt deux compagnies furent fondues en une pour devenir l'escadron- compagnie^ unité administrative commandée par un des capitaines, Tau- Ire devenant le capitaine en second ; alors les chefs d'escadron devinrent des chefs d'escadrons, commandant deux escadrons au lieu de deux compagnies.

Les anciennes dénominations furent reprises pour les officiers généraux, mais avec trois grades seulement, maréchal de France, lieutenant-général et maréchal de camp; ces dénominations furent enûn remplacées, après la Révolution de 1848, par celles de la République et de TEmpire. Les grades d'officiers sont donc actuellement :

Maréchal de France.

Officiers généraux \ Général de division.

Général de brigade.

Colonel.

Lieutenant-Colonel.

i Chef de bataillon ou d'escadrons (y compris l'emploi de major).

Capitaines.

Officiers inférieurs { Lieutenants.

Sous-lieutenants.

Tous ces grades sont-ils nécessaires? Quelques auteurs militaires sont d'avis que la multiplicité des grades entraîne avec elle une foule d'abus : elle excite les désirs ambitieux des officiers qui, à peine parvenus à un grade, s'occupent déjà de solliciter le suivant. D'autres pensent, au contraire, qu'une échelle de grades successifs permet de pondérer l'avancement en donnant lieu de revenir sur des choix qui n'auraient pas été justifiés par le résultat, ou inversement de réparer envers certains officiers des erreurs passagères.

Le général Morand veut qu'on établisse un certain nombre « d'échelons pour monter d'un grade à l'autre, alin de réprimer « les ambitions impatientes et poui* que le Gouvernement ait le « temps de s'assurer de la capacité de chacun. 1/ esprit de l'homme», dit-il, « est ainsi fait qu'il n'envisage en s'élevant que ce qui est

« iminédialemeiit au-dessus de lui et qu'il franchit chaque obstacle « avec une égale salisfaction ^ » C'est pourquoi le général Morand voudrait voir établir deux classes dans la plupart des grades. L'esprit de rhomiue a fait bien des progrès depuis 1829, époque à laquelle Morand écrivait son beau livre de V Armée selon la Charte. Nous connaissons plus d'un jeune capitaine dont les regards s'élèvent bien au delà du grade de chef de bataillon ou d'escadrons. Il n'en est pas moins vrai que le partage des grades de capitaine et de lieutenant en deux classes, surtout avec cette clause que les capitaines et les lieutenants de deuxième classe ne pourront pas être promus au grade supérieur, ainsi que cela a lieu dans l'artillerie et dans le génie, est absolument nécessaire.

Quant à la suppression de certains grades dans le but de diminuer le nombre des échelons qui conduisent au commandement supérieur, on ne voit guère que ceux de lieutenant-colonel et de sous-lieutenant sur lesquels la mesure puisse porter. A tout prendre, le lieutenant-colonel n'est pas un rouage indispensable dans le régiment, c'est un intermédiaire par lequel le colonel pénètre dans les détails sans se prodiguer et sans diminuer son prestige par un contact trop fréquent avec la troupe : à ce point de vue, ce grade est avantageux, mais on peut dire, d'un autre côté, que l'exercice des fonctions d'un lieutenant-colonel, dont le principal mérite consistée fnire abstraction de toute volonté et de toute initiative pour se plier vingt-quatre heures par jour à la volonté d'un autre, n'est pas une bonne préparation au commandement supérieur. Dans la moitié des régiments d'artillerie, il n'y a pas de lieutenant-colonel ; ces régiments marchent tout aussi bien que les autres... Il n'y aurait donc pas inconvénient à supprimer ce gi^ade passif dans lequel les hommes de valeur rongent leur frein, si d'autres considérations ne militaient en faveur de son maintien. Notre organisation de guerre comporte un grand nombre de formations ou, pour mieux dire, de groupements, qui n'existent pas en temps de paix et dont lecommandement exige des officiers d'un grade élevé, jeunes et actifs. C'est la place toute marquée des lieutenants-colonels en temps de guerre, car on ne saurait songer à y appeler des officiers supérieurs

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