‹ Les transformations de l'armée françaiseChapitre 13 sur 174 · Vittré, Cavalerie française. Cavalerie allemande, p. 14C · texte numérisé non relu

Vittré, Cavalerie française. Cavalerie allemande, p. 14C

€ défensive la puissance offensive dont autrement il aurait tiré les « plus grands avantages *. »

L'armée de 1870 n'était plus d'ailleurs à aucun point de vue l'armée de 1854. Nous n'avions plus notre vieil et solide instrument; nous n'avions pas encore rouLillage puissant sur lequel nous fondons aujourd'hui notre salut, et même l'armée incomplète qui devait naître de la législation de 18G8 élaitàpeine ébauchée.

Si nous nous étendons aussi longuement sur la nécessité des études rétrospectives, c'est qu'il est de mode chez certains ofTiciers, qui prennent les Allemands pour des oracles, de ne faire dater la science militaire que de l'année 1870, ou tout au plus de 1866 : mais ces officiers sont eux-mêmes bien arriérés, car voici un écrivain allemand qui leur dit : « Chaque époque a sa façon de faire « la guerre, et la méthode qui nous donna la victoire en 1870 ne « peut plus aprè^ dix ans sei*vir, telle quelle, de modèle pour l'ave- « nir. Le présent a d'autres conditions qui nous contraignent à cher- « cher d'autres moyens*. » Pour n'en citer qu'un exemple, la tactiijue constante des Prussiens dans les batailles de 1870 a été de masquer leur infanterie au début, pendant qu'une artillerie plus nombreuse et plus puissante que la nôtre écrasait en détail nos batteries et portait le trouble dans nos bataillons ; alors l'infanterie ennemie arrivait en masse sur la position à enlever. Mais même avant la fin de la guerre, cette tactique était déjouée à Coulmiers et dans tous les combats livi'és par Chanzy. Avec une artillerie d'égale force et manœuvrant hardiment, elle serait impossible aujourd'hui. D'ailleurs il y a longtemps que Napoléon a dit : « Il faut changer de tactique tous les dix ans. »

Tous ces officiers sont donc dans le vrai, les Français comme les Allemands, mais ils ne tiennent pas un compte suffisant du côté moral de la guerre.

Napoléon, qu'ils se plaisent à faire parler, n*a-t-il pas dit*: « Achille était fils d'une déesse «t d'un mortel : c'est l'image du « génie de la guerre. La partie divine c'est tout ce qui dérive des « considérations morales, du caractère, du talent, etc.. »

1. (lénéral de Brack, Avant-postes de cavalerie légère^ p. 31.

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