‹ Les transformations de l'armée françaiseChapitre 133 sur 174 · L'Armée scion in iharle, p · texte numérisé non relu

L'Armée scion in iharle, p

KJCIEIIE, A'

: et son zèle. .

L place sur le

alTaire a'esl p;i» son savoir coutrûlt' d'aïuienaeté. »

On DOUB dira que cette peintui'e c'est plus vi-ale. D'accoi'd : <;lle ii'eet phis vraie du moins dans sa généralité, mais te le redeviendrait le lendemain du jour où aurait été adopté l'avanolGOt ù rancteiinetii. Aussi, personne ne demande plus ce mode KClusif, mais plusieiirB officiera et écrivains militaires réclament ltTancemei]( par sCdectioii, c'est-à-dire l'ordre du tableau en exuant, lorsque leur tour arrive, les oIRcicrs qui, soumis à certaines preuves, a'aiirool pas montré l'aptitude voulue pour passer au mde supérieur. Ce syâtëme a pour lui un argument presque sans

i{>lique aus yeux do certains oQiciei-s. Il est allemand Kn

ÏBt, quoiqu'il n'y ait pas dans l'année allemande de loi sur ftV&DCemeul, c'est à peu près ainsi que lus choses s'y passent en tahté, mais avec quelques conectiCs. L'état-niajori'onrnit le moyeu H faire parvenir rapidement aux grades supérieurs les ofBeîers qui n> fait prenve d'une capacité incontestable; l'autorité absolue du ^i lai peimel de laisser décote les otliciers jugés incapables d'être nmus et cela ::^aiis examen, mais d'après leurs notes; d'auu-e kit, c'est là un gi'and point, l'emploi ne correspond pas forcément â grade, en sorte qu'un colonel de grand mérite peut, eu restant ans son grade, étiv investi régulièrement du coinmaudemenl d'une tigade, et loisqu'il passe général-major, il peut de môme lître placé •la iflte d'une division. Enfin, l'avancement des officiers dépend >uo souverain qui est le chef immuable de l'armée et nou pas d'un ifiietre soumis à toutes les péripéties du gouvernement parlesntaire, qui s'appelle aujourd'hui X et qai se nommera demain Y : I n'y a donc pas à s'appuyer de l'exemple de l'Allemagne. Coneidôré en lui-même et relativement à l'ai-mée française, le tde d'avancement â l'ancienneté par sélection serait le triomphe b la médiocrité. Autre chose est d'examiner un officier pour juger I est digne d'être promu au choix ou de constater s'il i^st capable u non d'exercer les fonctions du grade supérieur. Autre chose est B dire â un officier : MM. tels ou tels sont plus dignes que vous, ou e lui dirifc Vous êtes indigne. Les conséquences de l'exclusion itaol graves, *ette mesure ne sera jamais appliquée à un officior lonorable, ayant du zèle, de l'e-iactitude dans l'accomplissement

430 LES TRANSFORMATIONS DE l'aRIIÉE FRANÇAISE.

de SCS dévoilas, mais une intelligence bornée et, par suite, une instruction faible, au demeurant, très médiocre, et si cet officier se trouve sur le tableau d'ancienneté devant un autre très intelligent, très instruit, en un mot très bien doué, il le primera, le commandera à Toccasion et fera peut-être perdre une bataille ; c'est bien le cas de dire : Périssent les principes plutôt que l'armée.

Notons d'ailleurs qu'avec ce système nous aurions forcément une tête d'armée trop vieille : des gens qui, comme le disait Gouvion Saint- Gyr, seraient incapables non seulement de conmiander, mais même de faire aucun service actif. En outre, avec le mode actuel de nomination des sous-lieutenants, qui seront tous à peu près du même âge, l'ancienneté serait proportionnelle à Tâge, d'un bout à l'autre de la liste des officiers, et l'avancement aurait lieu par périodes intermittentes, c'est-à-dire, par exemple, que les sous- lieutenants nommés en 1885 et 1886 fermeraient la route des grades supérieurs aux sous-lieutenants de 1887, 1888, 1889, peutêtre même 1890, tandis que les sous-lieutenants de 1891 arriveraient à ces mêmes grades avec une extrême rapidité, le vide s'étant fait devant eux. Enfin, l'Annuaire à la main, chaque officier connaîtrait ses promotions à venir à quelques jours près, sous la seule condition d'une épreuve qui n'aurait rien d'efiTrayant ; on retomberait dans tous les inconvénients de ravancement à l'ancienneté.

Si l'avancement à l'ancienneté assure le règne de la médiocrité, le choix ouvre la porte aux abus et transforme la carrière de ce^ tains officiers en une véritable course aux grades, dans laquelle le hasard, quand ce n'est pas l'intrigue, joue nécessairement un grand rôle. Nous avons vu, pour notre part, dans le cours d'une carrière de quarante-six ans, tant et tant d'abus et de si gros et de si scandaleux, et nous avons vu le mal progresser avec une rapidité si effrayante, que nous serions tenté de dire : Pas de choix ! mais l'intérêt de l'armée est supérieur à tout; il lui faut des chefs vigoureux et actifs ; elle ne peut les avoir que par l'avancement au choix. Le mode d'avancement est donc un mal nécessaire, il faut s'efforcera tout prix de le contenir dans des bornes où il ne risque pas d'être funeste à l'armée. Car, encore quelques années d'un régime pareil à celui dont nous sommes témoins depuis quinze |ans, et elle mourrait de la gangrène.

OFFICIIiltâ, SOL'S-OFFli;iGn», WANCEUliNT. 431

[ On a'HSt liemandé s'il ne conviendrait pas de réserver le choix Uor les grades d'ofScier eupérieur et de donner à l'ancienuelé IScIueiTcmetit It's griides de lieuloaant et de capil;tine. Les sousleuteuautH ttont trop fraîchement Eortis des écoles de première et 6 deitxiënie qualité pour que leurs aptitudes puissent eucore se îBsinvr, et surtout pour qu'eu temps de pais ils aient trouvé Hiyen de se distinguer réellement. Il n'y a pas, d'ailleurs, de lotirs fiérieux pour laisser aux sous- lieu tenants des armes spéciales, I privilège qui n'a plus sa raison d'être. On pourrait donc adleltre que le grade de sous-lieu tenant est un stage dont la durée tat uniforméiuent fixée à deux ans, à condition toutefois que l'ap- ((uâe soit constatée par les inspecteurs généraux. 'y Pour les lieutenants, l'émulation devient déjà indispensable; Wun nuire côté, c'est le grade où l'on apprend son métier. Le UeiitHont apprend, le ctipilnine applique. C'est donc au fond rendre } mauvais service aux jeunes officiers que de leur faire francliir np rapi'lemcnl cette période essentielle d'instruction pratique : 1 meilleure de toutes les écoles d'application est sans contredit I: régiment. Il semble donc qui* la proportion accoriléo au choix • les lois de 1818 et de 1832 doive âtre maiutenue pour ce s; pour celui de chef de bataillon ou d'escadron, l'expérience Ml prononcée- contre la loi de 1818, et le partage égal entre l'anleté et le choix parait être la proportion la plus satisfaisante. MDt au grade do lieutenant-colonel, faut-il revenir à la loi de JBIS, qui admettait pour ce grade comme pour toua les préctidents, UX tiers à l'ancienneté? Beaucoup de bons esprits sont de cet mats notre organisation actuelle réserve aux lieutenantsjoloDels des positions d'une haute importante eu temps de gueire il des commandements d'autant plus dif&ciles qu'ils ont à s'exercer r des groupes formés au moment du besoin, n'ayant pas la cohélon des régiments permanents. Pour ce motif, nous nous' en tieu- |pions H la loi de 1832. Les conditions de durée de service dans taque grade sont également à maintenir. En somme, noue ne s pas de raison sérieuse pour apporter à la loi de 1832 de indes modilii'ations. Les seules dispositions nouvelles à insérer LUS la loi que l'on prépare depuis si longtemps seraient : ' l* L'expression explicite de ce principe déjà reconnu, mais bien

432 LES TRANSFORMATIONS DE l'aRMÉB FRANÇAISE.

rarement appliqué : nul ne peut obtenir un grade supérieur si son aptitude à ce grade n*a été préalablement constatée.

2^" L'application générale de la mesure limitée actuellement aux armes spéciales pour les sous-lieutenants, qui passeraient tous lieutenants après deux ans de gi*ade, sous la réserve ci-dessus formulée.

3° L'interdiction absolue de tout choix hors tour.

Enlin, la réglementation relative à la formation des tableaux d'avancement devrait être insérée dans la loi et ne plus dépendre du bon plaisir ou, si Ton veut, de l'opinion d'un ministre. Mais la première condition à remplir pour avoir des tableaux conçus dans un esprit de justice et en connaissance de cause, c'est d'en confier l'établissement à un personnel qui donne toute garantie à ce double point de vue. Les inspecteurs généraux présentent seuls ce caractère.

Si nous mettons pour un instant de côté ce qui serait relatif au service d'état-major, le nombre des officiers soustraits à la juridiction des inspecteurs généraux réunis en comité devrait être aussi restreint que possible ; aucun officier inspecté ne devrait en tout cas faire partie de ces catégories, si dangereuses pour les officiers des corps de troupe, parmi lesquels nous comprenons pour les armes spéciales les établissements de l'arme.

Pour nous, nous excepterions seulement les officiers attachés à la personne du chef de l'État et à celle du ministre, ainsi qpie les attachés militaires auprès des ambassades ou légations. Encore voudrions-nous, pour ces officiers, des clauses restrictives -destinées à prévenir le retour de faits aussi exorbitants que ceux dont toute l'armée a été le témoin et la victime.

Dans tous les temps et sous tous les régimes, les ministres sortants ont, pour leurs adieux, pro-ligué les faveurs à leur entourage: des officiers d'ordonnance et des aides de camp ont reçu à celle occasion des avancements scandaleux, portant le découragemenl dans l'armée. Mais, comme les ministres n'étaient ijas changés trop souvent, c'était là un mal passager. Depuis quinze ans, les ministres se sont succédé avec une telle rapidité que le mal est devenu permanent. Il y a eu de tels scandales cependant qu'on n a plus osé donner ces sortes d'avancement ; il a été posé en principe qu'une fois démissionnaire un ministre ne pourrait plus cou-

OFFICtBllS, SOL'S-OFt'IClERf^, \VA\CEM(£>T. 433

rer rte grude. Mais il est avec la faveur dos accoiiimodemciit!^ ; on e nomme plus au grade supiii-ieur I05 otEciers .qu'un minislri; veut iTOrUer à son départ; on les ajoute au tableau d'avancement. Cela Bl moins de bmil ol reviunt à peu près au même. C'est toujoufs titlraire. Or « l'ai'ljitraire pour l'avauceiuent », a dît Gourion jil-Cyr, - une fois établi dans l'armée, peul y produire égale- Il ment, suivanl les circonstances, l'ûiertio ou la ûévrc;il peut, au rgré de celui qui en dispose, détruire l'émulation ou lui donner

me activité qui ne reconnaisse plus de freiu... » I Un ministre de la guen-e devrait avoir sans cesse présentes à la aisée ces paroles de Royer-Collard ; < Un gi'ade militaire n'est ppas une sv&iiK, c'est un emploi, et il y a des journées où celui fcqui le remplit répond de la vie de ses frères d'ai-mes et deThoo- ■neur du pays. >

I Que l'on réJlécliisse d'ailleurs à ceci, c'est que l'abus de l'avaanent a une limite : le nombre des emplois vacants ; la mise au ^leau n'en a pas; elle est sans bornes comme l'ambition de tous s jeunes officiers qui voudraient eu quelque sorte débuter dans ^ carrière militaire par les grades supérieurs.

Les lableauz d'avancement devraient donc être établis chaque

IDnée avant le 31 décembre. Le ministre y ajouterait ceux des

EBcieie non inspectés qu'il jugerait à propos "d'y admettre, sous la

bndiUon qu'aucun d'eus n'ait plus d'une année d(! grade en moins

ps le plus jeune des oUicîers inscrits sur le tableau régulier de

t arme '. Ce tableau serait enguile approuvé tic vdrieiur. Aucun

j ne pourrait y dtre ajouté, dans le courant de l'année, sauf pour

tàl de guerre «t sur rapport spécial. Les tatdeaux seraient dressés

r ordre d'ani:ienneté, celui de cbaque année prenant la suite des

tbloaus précédents, sans qu'aucune mesure exceptionnelle puisse

lire reporter un officier quelconque sur un tjbleau antérieur a ce-

hi de l'année coui-ante, comme nous l'avons vu faire.

P Quant à l'avaucemenl des officiers des difTérentes armes afTec-

. Nous voudrions mi^mc qu'il (\U jinssibli! il'uppluiuer h lous lus aides de inp A HlIlciBra d'ordonnani^e du gOnrtriiux, y enmpris ol siirlout ceuï du miji'aiir» plus r<-striclive. Ne pourrait-on pus inscdru dons la loi que, •!■■ i'iLTiLQuouieni, ils devront svoir quiuâ ces fonctions et servi mvw diipoi» au moiiia ileux ans? Ct- sprUL aux ffinémui « rhoiiir « olllcloi's ji.'iiii'.â do grad« fi qui ooliu ulausu no cuuse pasde prèjudioo. Nous Iv*!Uon» l'i'peiid.inl qiin ci-U .ii-t bion diIUflilo.

tées au service d'état-major, nous ne saurions enindiquer, même approximativement, les règles, parce que nous avons la conyiction intime et profonde que ces règles seraient impossibles à trouver. Nous Tavons déjà dit et nous le répétons, si Ton veut répartir ravancement éqiiitablement entre tous les officiers du service d'état-major, on arrive forcément à être injuste pom' chaque arme en particulier, et réciproquement, pour être équitable dans chaque arme, il faut être inj.uste dans le service d'état-major. Pour nous, il n'y a qu'une solution : revenir au corps d'état-major.

Nous n'avons jusqu'ici envisagé les écoles militaires qu'au point de vue de l'origine des officiers. Il nous parait essentiel, pour donner une idée complète des institutions qui se rattachent à l'armée, de récapituler ici, d'après l'article 28 de la loi des cadres, toutes les écoles militaires, en indiquant leur objet. Nous suivrons à cet égard une classification peut-être un peu arbitraire, mais qui nous paraît tracer assez bien la ligne de démarcation entre les écoles des diverses natures.

1° Écoles d'instruction préparatoire.

Prytanèe de la Flèche, véritable lycée sous le régime militaire, dans lequel l'insti'uction est donnée toutefois par des professeurs de l'Université.

Écoles militaires préparatoires, destinées, comme nous l'avons vu, à recevoir et instruire les enfants de troupe, au lieu de les laisser dans les régiments, comme on le faisait précédemment. Aujourd'hui, les enfants de troupe sont jusqu'à 13 ans laissés dans leur famille, qui reçoivent pour leur entretien de 2 à 13 ans, une somme annuelle et progressive (100, 150 et 180 fr.). A 13 ans, c'est-àdire entwi 13 et 14 ans, ils sont admis dans une école dite École militaire préparatoire, y restent 4 à 5 ans, et à l'âge de 18 ans contractent un engagement pour cinq ans, d'après une convention acceptée par leurs parents. Il y a six de ces écoles, savoir: %

fxoles de Rambouillet, Mareuil-sur-Mer, ks Andelys, Saintllippolyte-du-Gard. — Infanterie et troupes d'administration.

Page 1