CHAPITRE IX
Absence d'organisation générale sous Tancien régime. — Les inspecteurs. — Le tour du tableau. — Observations de Saint-Simon. — L3S divisions à la retraite de Prague. — Le comte de Saint-Germain. — Ordonnance de 1788.
— Division du royaume. — Les grands commandements. — Préambule de l'ordonnance. — Organisation divisionnaire. — Corps d'armée. — Le centre et les ailes. — Opinions de Marmontet de M. de Moltke. — L'armée duHbin et l'urmée d'Italie en 1800. — La Grande-Armée en 1805, 1806 et 1807. — Armée d'Allemagne en 1809. — Armée autrichienne sous l'archiduc Charles.
— Armée d'Espagne en 1808. — Grande-Armée de Russie en 1812 ; Grande- Armée de 1813. — Armée du Nord en 1815. — Grands corps de cavalerie. — Opinions du général Foy, du maréchal Marmont, du-générdl Morand, de Gouvion Saint-Cyr. — - Réunion de plusieurs armées sous un seul commandement en 1813. — Années anglaise et prussienne en 1815. — La Restauration.
— Suppression des corps d'armée et des divisions en permanence. — Armée d'Espagne en 1823. — Armée d'Italie en 1859. — Le maréchal Niel. — Organisation sur le papier. — Armée du Rhin en 1870. — Armée de Mac-Mahon. Armée de Bazaine. — Armées allemandes. — 1" et 2« armées de la Loire.
Principes de l'organisation générale de Varmée. — Unités permanentes. — La brigade, la division, le corps d'armée. — Permanence du corps d'armée. — Combinaisons ternaire et binaire. — Motifs qui ont fait adopter le corps d'armée à 2 divisions. — La cavalerie divisionnaire. — Marmont, Saint-Cyr, le prince de Hohenlohe. — Gueisenau. — Mélange de l'infanterie et de la cavalerie. — Avis du général de Brack. — 7« léger et 7« de hussards. — Proportion de l'artillerie. — Armée d'Italie en 179C et 1797. -- Armée de Rhin-et- Moselle en 1796. — Armée de réserve en 1800. — Armée d'Italie en 1801. — La Grande-Armée de 1805 n'avait pas assez d'artillerie, au dire de Napoléon. — L'armée de 1809. — La Grande-Armée de 1813. — Les armées française, anglaise et prussienne en 1815. — Les armées française, italienne, autrichienne et prussienne en 1859 et 1866. — - Les armées fédérales pendant la guerre de Sécession. Mac-Clellan en 1862. Hooker en 1863. — Idées de Napoléon sur la proportion d'artillerie, génie, train des équipages, services accessoires. — Composition du corps d'armée.
Troupes en dehors des corps d'armée : Bataillons de réserve. — Divisions do cavalerie indépendantes. — Réserves générales d'artillerie ; sont-elles nécessaires ? — Sous l'Empire, l'artillerie de la garde servait de réserve générale.
— Elle a été toujours en augmentant. — Inutilité de la réserve générale d'artillerie en 1859 et 1870. — Fausse interprétation du mot réserve. — Étatsmajors généraux d'armée ou de plusieurs armées réunies. — Opinion de M. de Moltke sur la réunion de plusieurs armées sous un seul commandement. — Inspecteurs et directeurs généraux auprès du généralissime. — Importance réelle et rôle effacé en apparence du commandant de l'artillerie d'une ou de plusieurs armées.
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Division du territoire. — Régions de corps d*armée. — Subdivisions. — Circonscriptions de recrutement et de réserve pour Tannée active et pour l'urmce territoriale. — Départements de la Seine, de Seine-et-Oise et du Rhône.
— Mesures spéciales.
Examen de l'organisation actuelle, — Avantages et inconvénients de la permanence des corps d*armée. — Le commandement des corps d'armée s'exerce sans contrôle. — Inefficacité des inspections. — Défaut d'unité dans l'armée.
— La permanence des corps d'armée n'entraîne pas celle des commandants. — Système des inspecteurs généraux d'armées. — Pourquoi le commandement d'un corps d'armée n'est conféré que pour trois ans. — Inconvénients de changements trop fréquents d'une part, et d'autre part danger d'avoir aa moment de la guerre des commandants de corps d'armée vieillis ou fktigués.
— Système à adopter. — Lettres de service annuelles. — Désignation Ikite par le Conseil supérieur de la guerre. —Divisions de cavalerie indépendantes.
— Leurs chefs ne devraient pas être d'avance désignés publiquement. — Les généraux de cavalerie doivent être jeunes. — Murât, Lasalle, Montbruo, Golbert, Stuart. — Exceptions glorieuses.
Il n'y a pas lieu de modiiier la répartition actuelle des réglons de corps d'armée.
— Système des bandes parallèles aux lignes de chemins de fer.
Système de recrutement : Recrutement national ou régional, — Motifs qui ont fait adopter le prerilier système. — Reproches adressés au recrotement régional pur Latour-Maubourg, le duc d'Aumale, etc. — Comparaison des deui systèmes par Marmont ; ses préférences pour le système régional. — Opinion des Allemands. — Le système de la loi de 1872 est mixte : national pour les recrues, régional pour les réserves. — En fait, le système régional est en vigueur pour toutes les armes, sauf pour l'inranterie ; il doit prévaloir.
Emploi des ressources de l'armée territoriale : Loi allemande de 1874, le Burbeistand. — Unités formées en Allemagne avec les hommes de l'armée active et ceux du Burbeistand; 504 bataillons de U* ligne; 835 bataillons de 2« ligne; bataillons de campagne; bataillons do réserve de campagne; bataillons du garnison. — Ressources de Ja France. — Formations de seconde ligne de la cavalerie alh^maude. — Ressources de la France. — Artillerie allemaudo de l»rcmière et de «leuxièmo formation. — Effectifs allemands et franrais.- Pour tirer le meilleur parti possible des ressources de l'armée territoriale, il faut imiter la loi militaire allemande et n'avoir en réalité qu'une seule réserve en dehors de l'armée active.
L'organisation générale de l'armée est d'une telle importance pour la sécurité et pour l'indépendance du pays, qu'on s'étonne à bon droit de l'avoii' vu ajourner pendant des siècles. Sous l'ancienne monarchie, cette organisation n'exista pour ainsi dire pas. L'autorité du roi s'exerça d'abord sur les compagnies et sur les régiments, par l'intermédiaire du connétable et des colonels généraux \ après la suppression de ces grandes charges, ce fut le ministre de la guerre qui devint vis-à-vis de l'armée le représentant de la couronne, et Faction du ministre lui-même se fit sentir sur les colonels de régiment et les capitaines de compagnie : 1** au point
oroanisation gémëhalb. 447
ïfl TadnUnislration eL des revues, par la voie des intendaats ^tl ptovinces et des commissaires des gueiTcs : 2* pour ce qui connaît raraiL^raonl, ia discipline, les niaûœuvres, par l'intervention I inspecteurs purtnaneuts, dont les promiers furent; pour l'iafanie, Martiiitît, tué en 1672, au dt^bul de la campagne de lloUande ; ar la cavalerii', M, de Fournies, tué à à Seneffc. Lgb inspecteurs riorenl plu» tard des directeurs généraux, assistée pardtieinsiteitrs. Maie pendant la paix aucun lien ne rattachait entre eux
divers régiments qui, pour la police et la discipline, dôpenient uniijuement de l'élat-major des places, soumis lui-miïme t autorités civiles dans les provinces.
Dans les armées destinées à tenir la campagne, l'élément le plus isidérable était la iiriijnde, réunion de deux régiments de même ne, accouplés pour marcher ensemble et prenant le nom du plus Bien de ces deux régiments. C'est ainsi, par exemple, que dans Qfanterie, le régiment de Piémont formait, avec le régiment Snghien, une brigade dénommée brigade de Piémont. Dans le ucipe, la brigade était commandée par le plus ancien des deux «très de camp ou colonels, ou par un mestre de camp pourvu me commission temporaire. Nous avons vu qu'en 16G7, Louvois ia pour la cavalerie le grade do brigadier, et qu'il étendit celle ititutton à l'infanterie en 1668. Chaque brigade avait, dans rdre de bataille, sa place marquée par l'ancienneté de son pruer régimeat. Au-dessus des brigadiers, une armée comptait un rlain nombre de lieutenanls-généraus et de maréchaux de camp 1 avaient leurs postes fixés sur la ligue tiuivant leur ancienneté qui, en outre, exerçaient à toui- de rôle et par joui- mie sorte de Dimandemï'nt supérieur. L'armée ne formait ainsi qu'un seul Jupe ; mais le jour d'une bataille, chacun des lieuteuants-géné- :, assisté par un maréchal de camp, commandait une des lignes
uno des ailes. S'il y avait à envoyer sur quelque point un gros lachemt'nt, on le formait d'un plus ou moine grand nombre de igftdeB désignées à tour de râle. Le lieutenant-général de jour en guait le commandement.
Saiot-Simon, en nous faisant connaître cette orgauisalion, nous
eignala les inconvénients. ■ Si ungéuéral >, dit-il, < aun détaibement délicat à faire, il est forcé de le donner au ibalourd qui
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« est à marcher, et s'il s'en trouve plusieurs de suite, comme cela « n'arrive que trop souvent, il faut qu'il en assure le hasard oa « qu'il fatigue ses troupes d'autant de détachements inutiles qu'il « y a de balourds à marcher, jusqu'à celui qu'il veut charger du « détachement important... A force d'ofiiciers généraux, c'est mer- « veille s'ils marchent chacun trois ou quatre fois dans une cam- « pagne, et ce n'en est pas une s'ils ne marchent qu'une fois ou « deux... *. »
Quelques auteurs attribuent au maréchal de Saxe, dans l'armée française, au duc de Brunsvyick, chez les Allemands, l'idée première de la formation de divisions permanentes. .Ce qu'il y a de plus certain, c'est l'organisation donnée par le maréchal de Belle- Isle à la petite armée avec laquelle il sortit de Prague au mois de décembre 1742, pour opérer sa retraite jusqu'à Egra à travers les montagnes de la Bohême. Celte organisation lui avait été, paraîtil, conseillée parle chevalier de Folard, le savant commentateur de Polybe ; sans faire mention de cette circonstance, le maréchal de Belle-Isle a donné dans son rapport adressé au roi, le détail de la répartition de ses troupes en cinq divisions , une avant-garde el une arrière-garde (la seconde avant-garde dont il fait mention, n'était que la réunion des grand'gardes et des campements des divers corps de troupe).
Chacune de ces divisions comprenait :
Une brigade d'infanlerie de 2,300 hommes environ, Deux brigades de cavalerie de 500 à 600 chevaux environ, Une brigade d'artillerie de 6 canons à la suédoise ;
Soit en tout : 11,500 hommes d'infanterie, 3,000 de cavalerieel 30 canons.
Les équipages, formant un total de 300 voitures et 600 chevaux de bât, étaient répartis par fractions égales entre les cinq divisions. L'avant-garde et l'arrière-garde étaient prélevées sur ces divisions '\
A l'intérieur, la première organisation des troupes en divisions date du ministère du comte de Saint-Germain. Un certain nom-