‹ Les transformations de l'armée françaiseChapitre 138 sur 174 · Mémoires du duc de Lutjnes^ année · texte numérisé non relu

Mémoires du duc de Lutjnes^ année

TION liËNËIIALI

Uvisioutt, composées de brigades d'iulaoterie et de brigades » cavalerie, devaient occuper autant de circoascripliouH lerritolaies stir lesquellee les lieutenanls-géuéraux commandaat les dîvilous exerceraient une autorité supérieure ; les ofQciers des corps ft troupe devaient commander liaus les garnisons, à l'exclusion de ètat-majoi' des places, supprimé. Cette dernière partie de la râtnne Tut écartée par les réclamations de la partie civUe que le linielru trouva eu son chemin, dit le baron de Besenval dans ses wirei, et devant laquelle il fut forcé de reculer. Comme il y avait plus, et ialioimeut plus, de lieiitenauts-généxgue de diviEione, ceux qui ne rc<;ureut pas de commandement Mjûllirent le ministre et même le roi de leurs réclamations, ^uocmeot, Saîul-Germain fit-U décider que les officiers généraux Braieat souvent changés pour (Hre mis successivement en acti- Ué, el par là ^tre formés et tenus eu haleine. Cette disposition ,'eul d'aulri! résultat que de les mécontenter tous. Le ministre mbA et avec lui son système '. Ce système fut repris et développa 'apràs le travail du conseil de la guerre, par l'ordonnance dir ,7 mars 1788.

, Aux termes de cette ovdonnauce, le territoire du royaume était Arlagé eu 17 commandements en chef: 1" la Flandre et le Hai- But; 2" les Évêchés; 3° l'Alsace; 4° la Lorraine; 5* la Fraucheiomté; 6" leDauphiué; 7" la Provence ;&' la Corse; 9° le Langueflc; 10° le Houssillon; H'ia Guyenne; IS'le Poitou, laSainlonge it l'A unis; 13° la Bretagne; 14° la Normandie; 15° la Picardie, le loulonoftie, l' Artois; 16° la Bourgogne; 17° le cours de la Loire et e provinces de l'intérieur (sauf Paris) non comprises dans les IG remiers commandements. On reinari|uera combien cette division a territoire se rapproche de la division actuelle en 18 régions de Drpe d'armée.

I^es trois premiers commandements, Lille, Metz et Strasbourg, talent a^ctés à des maréchaux de France, les autres à des lieu- UiaDts-généraux.

, Les troupes étaient embrigadées en pernuinence et lorniaieul ■1 tUvisions mixtes fort inégales entre elles, placées sous les

\. MimoiTfi lit Uficueul

450 LES TRAN8F0RIIATI0NS DE L'ARMâS FRANÇAISE.

ordres supérieurs des commandants en chef... Le corps royal de Tartillerie continuait à être inspecté par les officiers généraux du corps, sous la direction du premier de ces inspecteurs, mais tous les régiments d'artillerie étaient placés sous les ordres des lieutenants-généraux, chefs des divisions pour la police, la discipline et le service.

Cette ordonnance ne rerut qu'un commencement d'exécution. Les commandants en chef furent cependant nommés et nous voyons, au début de la Révolution, le maréchal de Broglie pourvu, à Metz, du grand commandement des Ëvéchés (le marquis de Bouille était le commandant en second), le baron de Besenval, à Paris, de celui des provinces de l'intérieur... Mais il ne resta de cette division du territoire, jusqu'en 1873, qu'une organisation de pure police, celle de la division territoriale comprenant plusieurs départements *.

Quant aux troupes actives , on laissa tomber dans l'oubli ces recommandations si précises, placées au préambule de l'ordonnance de 1788, et desquelles il aurait suffi de retrancher les deux premiers mots pour en faire le préambule de la loi de 1873, sur l'organisation générale de l'armée :

« Sa Majesté veut que ses troupes soient toujours disposées à entrer « en action et qu'elles soient à cet effet organisées, équipées et pourvites « de tous les effets de campement comme elles doivent être à la guerre, « en sorte que la paix soit pour elles une école constante de discipline et « d^ instruction, en même temps quelle sera pour les généraux une « école de commandement. »

Les étrangers et notamment la Prusse, dès 1813, ont appliqué ce principe à leur organisation militaire; il a fallu à la France vingt-trois années de guerre continue, les réflexions faites pendaal cinquante-cinq ans de paix générale et l'épreuve cruelle de 1870 pour le lui faire eniin accepter.

Quant à la division active, analogue à la légion romaine et inspirée par cette anticjue institution, elle ne devint l'unité tactique de marche et de combat qu'à partir de 1793; elle était, dans les premières guerres do la Révolution, composée de troupes de toutes armes. Les divisions comi)renaient généralement deux brigades

l. Dictionnaire militaire do Bardin.

OnflAMBATION GËNËUALE.

mldTio, une hrigado de càvakTie et deux bntlenes d'artillerie. Wetl ainei qu'à l'armée du Rhin, en 1794, la division dn gtînéral hiuviou SaïQt-CjT comprenait quatre demi -brigades d'infanterie, inq régiments de cavalerie d'un effoctit très faible, et deus batteies d'artillerie Xégeve. A l'armée de Rhiu-et-Mogelle , en 1706, icune des sis divifiions comprenait en moyenne trois demi-brî- ^deA d'infanterie et trois régiments de cavalerie, mais seulement IBobatt(.'m d'artillerie légère.

' Peu à peu, cependant, on tendit à séparer l'infaQlerie de la cava-

, Hoche, à l'arnuîe de Sambre-et-Meiise, fonna en divisions

ietinctes bm bussards, les chasseurs, les dragons et la grosse cava-

« Ce système bizaiTe ■, dit Gouvîon Saint-Cyr, < occasionna

► des embarras dés le premier jour de la campagne. Là où l'on

^ avait besoin de troupes légères on se trouvait en présence de

i grosse cavalerie, et rétiproguement. » Bonaparte avait trouvé en

[Ï96 à l'armée d'Italie, les quatre divisions d'infanterie, comman-

I par Masséna, Augereau, Sérurier, La Harpe, comprenant

lUie un ou deux régiments de cavalerie, et la division de cava-

rie de Steingel. U ne changea rien d'abord à cette organiea-

n, mais peu à peu il groupa ta cavalerie de manière A rester

a maître de l'ensemble des opérations et en forma deus diri-

kons; il ût son idéal de cette séparation pour tontes les armées

B'il commanda plus tard. Toutes les guerres de l'Empire furent

lltas avec des divisions d'une seule arme : infanterie ou cavalerie,

uquelles on ajouta une' ou deux batlerîes d'artillerie.

i Les corps d'armée sontd'origineencore plus récente; les guerres

! Louis XV en avaient offert plusieurs exemples, mais c'était la

Rupart du tempe des corps destinés à opérer isolément, tout en

Ittacliant li;urs opérations à celles de l'année principale, comme

B corps du comte de Clermont à l'armée du maréchal de Saxe, en

[?Ï44, et celuideCheverlârarméedu maréchal d'Estrées, cnl7ô7,

it décida du gain île la bataille d'Hastenbeck '. Frédéric II confla

emëme le commandement de corps détachés à plusieurs généraux

) que Bevern, Keith et Zietlieu. Tous ces corps français ou

LeoB étaient, à proprement parler, de petites armées.

ir.|iiis do Vairons

452 LES THANSFORMATIONS DE l'aRMËE FRANÇAISE.

Quoique les années de la République aient souvent présenté des effectifs considérables (armée de Sambre-et-Meuse, en janvier 1795, 77,792 combattants; armée du Rhin, en 1796, 62,689), il n'y fut pas créé de corps d'armée permanents ; des généraux furent désignés pour commander soit une aile, soit le centre, mais ces commandements étaient donnés au gré du général en chef, dont dépendait la répartition des troupes. On peut en voir un exemple significatif dans Tannée d'Italie de 1799, à laquelle ses chefs successifs, Schérer, Moreau, Joubert, Championnet, donnèrent dans Tespace de cinq mois quatre organisations différentes *. Quelquefois même les commandants d'aile conservaient le commandement de leur propre division, comme Lefebvre à l'armée de Sambreet-Meuse, en 1794. Ces désignations de centre, aile droite et aile gauche, n'étaient pas d'ailleurs sans présenter de grands inconvénients, que fait très bien ressortir Gouvion Saint-Cyr :

« L'organisation de l'armée en trois corps était bonne», dit-il, « mais il n'était pas nécessaire que chacun d'eux occupât constam- « ment la même place dans l'ordre de bataille. Il était au contraire « convenable qu'ils en changeassent quelquefois et que, selon la cir- « constance, la gauche devînt le centre et celui-ci la gauche ou la « droite; cela eût donné des chances de plus pour tromper l'ennemi « et lui cacher plus longtemps le» manœuvres opérées dans l'ar- « raée. Eu ne tenant point à un ordre de bataille qui fut toujours « le même, le général en chef aurait eu la faculté de placer ses « généraux selon leur caractère, leur manière de voir et le genre « de guerre auquel ils étaient les plus propres dans les diverses « circonstances où l'armée devait se trouver. »

La première organisatiou de corps d'armée permanents date de l'année 1800, d'abord dans l'armée du Rhin confiée par le premier Consul à Moreau, et un peu plus tard dans celle d'Italie sous les ordres de Brune.

Marmont expose en quelques lignes quels sont à cet égard les véritables principes :

« L'organisation des armées », dit-il, « doit consacrer des divi- « sions et des réserves par arme, j'entends des armées d'une force

I. Saint-Cyr, Mémoires sur le Directoire, ic Consxiîat et l'Empire, t. I*'.

moyenne, rar dans les gramlus armôes, il faut encore uo échelon de plus comme élément d'ordre et d'action. On y parvient en constituant les troupes en corps d'armée, c'est-à-dire qu'il faut établir des commandements Uses, intermédiaires entre le chef fiupréme et les géni-raux commandant les divisions. Une armée de 100,000 hommes, composée de 10 ou 12 divisions, serait difGcile à manier si elle n'était pas organisée en corps d'armée, car la confusion naîtrait bientôt du nombre trop considérable d'anitég indépendantes, pouvant manceun-er librement d'après une direction générale donnée par le chef suprême. On a donc : promptement senti le besoin de former des agrégations avec les dirieions pour simplifier les dispositions du commandement eu chef, et l'on en a réuni ^, 3 ou 4. Ainsi une armée composée camnte nous venons de l'indiquer, se trouve alors répartie en quatre fracUons, le général en chef peut les mouvoir avec facilité, il a sous la main quatre corps, dont trois fonnent sa ligne de bataille et le quatrième sa réserve '. •

De son côté, le général de Moltke , à propos de l'armée aiitrillîenne d'Italie en 1859,'B'esprime ainsi : € Vouloir diriger par des ordres Immédiate émanant du ml^me quartier général 14 divisions d'infanterie et 2 divisions de cavalerie, donc 16 unités tactiques différentes, est une t;lche difficile qui suppose des moyens extraordinaires et nue grande activité mfline pom- les marches et pour les opérations seulement. Dans la hataille, cee 16 unitêe occupent une étendue de front de plus ddS kilomètres, et rarement on pourra les embrasser du regard. Une armée de telle force esige nécessairement des commaadeuieuts intermédiaires entre le quai-lier général et les divisions '. » En l'année 1800, l'armée du Rhin présentait un effectif d'enroB 108,000 hommes, dont 82,000 d'infanterie et 13,000 de cavarie, formant 16 divisions, Moreau répartit ces 16 divisions en lalre corps d'armée. La droite, sous Lecomhe, forte de 35,000 imnies, comprenait 3 divisions mixtes et une brigade de cavalerie, t tout 29 bataillous d'infanterie et 33 escadrons de cavalerie -, le

1, Btfirit des Imliluliom mtlllalra. Ilv. II, cbap. l"

^. XkU rfp la ijuerre it'tlalle, pur la graml étaL-uiujor prussian. p. 13S,

centre, commandé par Gouvion Saint-Cyr, fort de 30,000 hommes, 3 divisions mixtes et une de cavalerie, 27 I)atailloii8 d'infanterie,

28 escadrons de cavalerie ; la gauche, aux ordres de Sainte-Suzanne, 20,000 hommes en 4 divisions mixtes, 18 bataillons d'infanterie,

29 escadrons de cavalerie; enfin le corps de réserve, sous les ordres directs de Moreau, 4 divisions dont une de grosse cavalerie, 32 bataillons d'infanterie et 39 escadrons de cavalerie, donnant un total de près de 30,000 hommes \ On voit que chacun de ces quatre corps d'armée pouvait se suffire à lui-même, disposition qui, jointe à la singulière idée de mettre un des corps d'armée sous les ordres directs du général en chef, n'était pas sans inconvénient comme on ne tarda pas à le voir, à Mœskirch et à Biberach, les commandants de corps d'armée étant ainsi encouragés dans leur tendance à s'isoler '. Telle ne fut pas l'organisation de l'armée d'Italie où dominèrent les idées de Bonaparte ; forte d'environ 80,000 hommes, elle fut partagée en quatre corps, commandés par Dupont, Suchet, Moncey et Michaud, dont chacun était composé de deux divisions d'infanterie assez faibles, d'une brigade de cavalerie et d'une batterie d'artillerie à cheval comme réserve; il y avait en outre une réserve de cavalerie composée des deux divisions Kellermann et Rivaud, sous les ordres supérieurs de Davout, et une réserve d'artillerie de 54 bouches à feu, dont 24 servies par l'artillerie à pied et 30 par l'artillerie à cheval. On voit que la plus grande partie de l'artillerie et de la cavalerie restait dans la main du général en chef. C'est sur ce principe, en ce qui concerne du moins la cavalerie, que furent constituées toutes les armées actives du premier Empire.

Celle qui servit de type pour toutes, la Grande-Arméç de 1805 avait la composition suivante, bien généralement connue : 7 corps d'armée, la réserve de cavalerie de Murât et la garde impériale,

savoir ' :

l"*" corps : maréchal Bernadette, 3 div. d'inf., 1 de caval., 18,000 hommes.

1. Thiers, Histoire du Consulat et de l'Empire, t. I»^ p. 288. — Mémoires de Gouvion Saint-Cyr sur le Directoire, le Consulat et l'Empire, 1. 111, pièce n° III.

2. Thiers^ t. !•', p. 320 el 325. On sait qu'apW's être resté inactif pendant la bataille de Maëstricht, le 5 mai, Saint-Cyr fut au contraire abandonné à ses seules ressources le 9, à Biberach.

3. Mathieu Dumas, Précis des événements militaires, t. XII, Documents.

onr.

^jisATros

GÉxÉn

-VLË.

géaéral Miimiont

S div

d'inf.,

1 rie c«v.

— Davout,

1 br. CAV

— Soiilt,

— LaiineB,

— Ney.

- Auçereau

La réserve de cavalerie de Murât rompreaait 1 brigade de cavairie légère, 2 divisions de cuirassiers, 4 de dragons et 1 de drains à pifd, qui devait se monter avec les ressource» du pays lOquis; soit en tout 22,000 cavaliers, dont 6,000 à pied,

La garde représentait la valenr d'une division d'infanterie et 'une brigade de cavalerie, en tout 7,000 hommes ; son artillerie, ilalivemeut considôrahle, comprenail 24 houclies à feu.

Telle fut la première armée de l'Empire, colle qui fit l'immor- (Ue campagne d'Ulm et d'Austerlitz et qui, 1res légèrement mofiée dans sou personnel, tout en ayant conservé la mOme organition, gagna ea 1806 et 1807 les batiiilles d'Iéna et de Friedland.

Au début de la campagne de 1806 contre la Prusse, l'armée tait ainsi composée :

1*' corps: Bemadotte, 3 diviiioas, Dupont, Droner d'Erlon, EivBnd;

1 brigade de cavalerie légère de 3 régimenta, Watier, S* — Davout, 3 diviriona, Gudiii, Friant, Morand; 1 brigade de

cnvnlerie libère de 3 régiment», ViiUannes. 4" — Sûiilt, 3 divisions, Saint-Hïlaire, Levai, Legrnnd; 1 brigade

de cavalerie de 4 régiments, Margnron.

!j* — Luones, 2 divisions, Sui:het, Gazan; 1 brigade de cavalerie

de 3 régimentfl, Treilbard.

6* — Ney, 2 divisiona, Oardanne, Loisun; 1 brignde de cavalerie

de 3 régiments, Colbcrt.

7* — Aiigereaii, 3 division!', Heiidelet, DesjardinB; 1 brigade de

cavalerie, Dureanei, 2 régiments.

La garde impériale et les grenadiers d'Oudinot formaient la

I-a réserve de cavalerie, sous les ordres de Murât, comprenait: 3 brigades indépendantes de cavalerie légère de cliacune deux :iments(Lasalle et Milhaud);

6 divisions de dragons, Klein, Gronchy, Beamuont, Sahuc, Ler, dont une de 'six régiments ;

3 divisions de carabiniers et cuirassiers, Nansouty (6 régiments), d'Hautpoul et Espagne, chacune 4 régiments.

Pendant le cours de la guerre, plusieurs modifications furent apportées à cette composition :

Le ?• corps, décimé à Eylau, fut dissous ; un 8* corps fut créé sous les ordres de Mortier, comprenant :

2 divisions d'infanterie (Grandjean et Dupas) et une brigade de cavalerie; un 9* avec les troupes bavaroises et wurtembergeoises commandées en Silésie par le prince Jérôme ; un 10* aux ordres de Lefebvre sous Dantzick, et dissous après la prise de cette ville ; un corps de réserve, composé des divisions Verdier et Oudinot (grenadiers et voltigeurs réunis), passé soifs le commandement de Lannes, remplacé lui-même à la tête du 5* corps par Masséna. Le 5* corps avait été renforcé d'une division bavaroise et d'une division polonaise. Toute la cavalerie légère de la réserve de Murât, comprenant alors quatre brigades, avait été réunie en une seule division, en sorte que la composition de Tarmée au moment de la reprise des hostilités, à la fin de mai 1807, était la suivante :

1" corps : Bernadotte, 3 divisions d'infanterie, Dupont, Lapisse, Villate ;

1 division de cavalerie légère, Beaumont; 1 division de dragons, Lahoussaje.

3* — Davout, 3 divisions d'infanterie, Gudin, Priant, Morand ;

1 division de cavalerie légère, Marulaz. 4* — Soult, 3 divisions d'infanterie, Saînt-Hilaire, Carré-Saint-

Cyr, Legrand ; 1 division de cavalerie légère, Gujot ; 1 division de dragons, Becker.

5* — Masséna, 3 divisions d'infanterie, Sachet, Gazan, Zayon-

sclieck ; 1 brigade de cavalerie légère, Montbrun. G® — Ney, 2 divisions d'infanterie. Marchand, Bîsson ; 1 brigade

de cavalerie légère, Colbert.

8* — Mortier, 2 divisions d'infanterie, Dupas, Grandjean; 1 brigade

de cavalerie hollandaise.

Réserve, Lannes, 2 divisions d'infanterie, Verdier, Oudinot ; 1 brigade de

cavalerie saxonne.

Réserve de cavalerie de Murât, 1 division de cavalerie légère, Lasalle ; 3 divisions de cuirassiers, Nansouty, Espagne, Saint- Sulpice ; 3 divisions de dragons, Latour-Maubourg, Tlrouchy, Milhaud. La garde impériale, formant le 9® corps, comprenait : 3 régiments de cavalerie (chasseurs, grenadiers et gendarmes) et 4 régiments d'infanterie (grenadiers, chasseurs et 2 do fusiliers).

En 1809, Tannée d'Allemagne comprenait au début, et avant Tadjonction de Tannée d'Italie : 6 corps d'armée, la garde impériale et ime réseiTe de cavalerie, savoir :

2* corps : maréchal Lannes, 4 divisions d'infanterie, 1 brigade de cavalerie légère, 1 division de cuirassiers.

3^ — maréchal Davout, 4 divisions d'infanterie, 1 brigade de

cavalerie légère, 1 division de cuirassiers.

4* — Masséna, 4 divisions d'infanterie, 1 brigade de cavalerie

légère, 1 division de cuirassiers.

Réserve de cavalerie Bessières, 2 divisions de cavalerie légère, 2 divisions de cuirassiers.

La garde impériale.

7* corps : Bavarois , maréchal Lefèvre , 3 divisions d'infanterie, dans

chacune d'elles 1 brigade de cavalerie.

8* — Wurtembergeois, Vandamme, 3 divisions d'infanterie (française, wurtembcrgeoise, ducale), 1 division de cavalerie.

9^ — Saxons, Bernadotte, 2 divisions d'infanterie, 1 division de cavalerie.

Dans cette môme guerre, Tarmée autrichienne, commandée par Tarchiduc Charles, était divisée en 7 corps d'armée et 2 coi'ps de réserve, savoir :

l*' corps : Bellegarde, 3 divisions, 27 bataillons, 16 escadrons.

Kolowrath,

Hohenzollern,

Rosenberg,

Archiduc Louis,

HiUer,

1«^ corps de réserve : Lichtenstein, 12 bat. gren., 24 esc. cuir., 12 de drag. 2» — Kienmeyer, 5 — 12 — 12 —

Total: 185 bataillons, 164 escadrons.

L'armée d'Espagne, lorsque l'Empereur vint en prendre le commandement à la fm de 1808, fut constituée ainsi qu'il suit par un décret en date du 7 septembre :

1*' corps : maréchal Victor , 3 divisions d'infanterie , Ruffin , Villate , Lapisse ; une division de cavalerie de ligne, Beaumont.

2* — maréchal Bessières, remplacé ensuite par Soult, 3 divisions

d'infanterie, Mouton, Merle, Bonnet ; division de cavalerie, Lasalle.

3* corps : maréchal Moncej, 3 diybionB d'infanterie^ Marmier, Morlot, Frère ; division de cavalerie, Lasalle.

4* — maréchal Lefebvre, 4 divisions d'infÎEuiterie , Sébastiani, Valence, une hollandaise, une polonaise ; brigade de cavalerie.

5* — Gouvion Saint- Cyr, 4 divisions d'infanterie, Chabran, Souham, Lecchi, Pino ; brigade de cavalerie.

6' — maréchal Ney, 4 divisions d 'infanterie, Marchand, BisscOf Mermet, une division polonaise; brigade de cavalerie, Colbert.

Késer\'e : une division d'infanterie, une division de là garde, la garde royale espagnole, grenadiers, chasseurs à cheval de la garde impériale, garde royale du prince Eugène, dragons et lancien polonais, quatre divisions de dragons (Milhaud, Latour- Maubourg^ Lahoussaye), artillerie de la garde impériale servant de réserve générale d'artillerie et comprenant 60 bouches à feu.

La Grande- Année de Russie, la plus grande agglomération de troupes qui ait été jusque-là réunie dans la main d'un seul homme, présentait au passage du Niémen, le 23 juin, la composition suivante :

1*' corps : maréchal Davout, 5 divisions d'infanterie, Morand, Friant, Gudin, Dessaix, Com-

pans 65,000

2 brigades de cavalerie légère, Pajol, Ber-

desoulle 2,40<)

2* — maréchal Oudinot, 3 divisions d'infanterie,

Legrand, Merle, Verdier 32,000

2 brigades légères, Castel,Corbineau. . . 2,400

3* — maréchal Ney, 3 divisions d'infanterie , Ledru,

Razout, Marchand 35,000

2 brigades légères, Mortier, Bcurman . . 2,400

4* — prince Eugène, 4 divisions, Delzous, Brous*

sicr, Pino, garde royale italienne. . . . 38,000

2 brigades de cavalerie, garde et brigade

légère italienne 2,400

5* — Poniatowski, 3 divisions polonaises, Dom-

browski, Zayonscheck, Fischer .... 36,000 cavalerie légère 2,400

6® — Gouvion Saint-Cyr, 2 divisions bavaroises,

Deroy et Wrède 25,000

2 brigades légères 2,400

J* corps : ^ejnier , 2 diviBÎons saxonnes, Lecocq et

Zeschan 24,000

2 brigades légères . 2,400

)* — Janot , 2 divisions westphaliennes, de Ochs,

Damas 18,000

Cavalerie. . .' 1,200

)• — maréchal Victor (pour mémoire, le corps ayant été laissé en Prusse et n'ayant rejoint que plus tard).

LO* — maréchal Macdonald, 3 divisions, Grandjean,

Kleistet Grawert (corps prussien d'York) , 26,000 Cavalerie prussienne, Massenbach. . . . 3,000

jlarde impériale, Lefebvre et Mortier, 3 divisions d'infanterie, Curial, Dumoustier et Roguet. 32,000 Cavalerie, maréchal Bessières 3 , 800

Réserve de cavalerie. Murât.

l" corps, Nansouty, 3 divisions : cavalerie légère. Bruyère ; cuirassiers , Saint-Germain et Valence 7,200

2* — Montbrun, 3 divisions : cavalerie légère, Sébastîani; dragons, Watier; cuirassiers, Defrance 7,200

Je et 4* — Grouchy et Latour-Maubourg : 5 divisions ; Kellermann, Lahoussaye, Chastel, une division polonaise, une saxonne .... 12,000

Division de cavalerie Doumerc, détachée au 2* corps

d'armée 2,300

Corps autrichien de Schwartzenberg 2,400

Cavalerie de remonte G, 000

Infanterie. Cavalerie.

Totaux 355,000 59,500

ivec lesquels marchaient 1,200 canons.

La Grande-Armée de 1813, après rarmistice de Pleswitz, fut Drganîsée en quatorze corps d'infanterie, cinq corps de cavalerie et la garde, savoir :

]*' corps : Vandamme, 4 divisons d'infanterie, une

brigade de cavalerie 66 pièces.

2* — Victor, 4 divisions d'infanterie, une brigade de cavalerie 60 —

3* — Ney, 4 divisions d'infanterie, une brigade

de cavalerie ........... 84 —

4* corps : Bertrand, 3 divisions d'infanterie, une bri- ^

gadc de cavalerie 60 pièces.

5* — Lauriston, 3 divisions d*infanterie, une —

brigade de cavalerie 60 —

G* — Marmout, 3 divisions d'infanterie, une

brigade de cavalerie 72 —

7® — Reynier, 3 divisions d'infanterie, une

brigade de cavalerie 54 —

8* — Ponîatowski, 2 divisions d'infanterie, une

brigade de cavalerie 33 —

9* — Augercau, 2 divisions d'infanterie, une •

brigade de cavalerie 36 —

10' — (pour mémoire) Rapp à Dautzick.

11® — Macdonald, 4 divisions d'infanterie, une

brigade de cavalerie 72 —

12" — Oudinot, 3 divisions d'infanterie, une division de cavalerie légère 54 —

13* — Davout, 4 divisions d'infanterie, une

brigade de cavalerie 42 —

14* — Gouvion Saint-Cyr, 4 divisions d'infanterie, une division de cavalerie ... 72 —

Réserve de cavalerie. Murât, six corps, 18 divisions. 96 —

Garde impériale, 4 divisions d'infanterie, 1 division

de cavalerie 174

Total : 51 divisions d'infanterie, 21 divisions de

cavalerie, 10 brigades 995 bouches à feu.

Enfin Tarmée du Nord en 1815 avait la composition suivante: (Le 5" coi^s, qui manque au tableau, formait sous les ordres de Rapp Tarmée de Strasbourg.)

l**" corps: Drouct-d'Erlon, 4 divisions d'infanterie, 1 division de câTaleric légère 46 bouches à feu, 17,000*

2*^ — Keille, 4 divisions d'infanterie, 1 division de chasseurs et lanciers 46 — 20,000

3* — Vandamme, 3 divisions d'infanterie, 1 division de chasseurs. 38 — 17,000

4*" — Gérard, 3 divisions d'infanterie, 1 division de cavalerie légère 38 — 13,000

6*^ — Lobau, 2 divisions d'infanterie. 32 — 9,000

OnOAMK.VTFUN (}fNÉH

tinpdrinic, 3 divisions d'Iufantcriu, 3 (livisiona de uavalerîc . . .

I" corps de vavalerie i Fajol, 3 divisions de (Cavalerie lùgire, 2* — Exi'lmans , 2 divi-

sions de dragons.

3' — Kellermaiin, 2 divi-

MilliHud, '2 divisions

9G liouiiliofcà i'cii. 13,000"

Tolnl : 13 divisioua il' infanterie, H division» de cavalerie 3ii bouclies à fi'U.

On voit que toutes les armées commandées par l'Empereur ont i consUluf^es eiirla même base. La dernière, cellu do 1815, ue Iféra de la première que par une plus forte proporlion d'artillerie par la formation do quatre corps de cavalerie à côliï de ses cinq rpg d'année d'iufuutci-ie et de cavalerie légère. La création de B grands corps de cavalerie, qui remontait à la campagne de R»8- !, est, de toutes les iuslltulions militaires dues à Napoléon I" Ue qui a été le plus critiquée. « 11 est arrivé», dit le générai Foy, [ue 3,000 chevaux réunis n'ont pas fait ce ipi'oii aurait obtenu .vec 300, part'e que le chef a voulu garder ses 3,000 chevaux en- BeinHe pour le momfitit et le lorrain qui permettraient de les ittre en action tous à la fois. >

Napoléon dans ses demiôrcB campagnes », dit Marmonl, « orinisa des corps de cavalerie composés de 3 divisions, comptant au moins 12,000 chevaux. Cette idée était monstrueuse, sans .pplication utile sur les champs de bataille; elle fui la cause do wrtes immenses sauK combattre, ces grands coi-pe n'ayant jamais eervi à rien qu'à présenter un spectacle extraordinaire, propre à étonner la vue. •

Le général Morand noue a, dans une page admirable, (ait con- ItreBon impression douloureuse au souvenir de ■ celte cavalerie :ui présentait un magnilique spectacle, lorsqu'aux rayons d'un Boleil du mois de juin elle étalait ses ligues sur les tlancs des coteaux du Niémen, brillante d'ardeur et d'audace, et qui s'él^aiea bieulôt et ee consuma devant des hommes qu'elle jugeait

indignes de sa valeur. » L'impossibilité de nourrir un aussi grand nombre de chevaux ^ et les attaques incessantes des Cosaques q[ui ne lui laissaient aucun répit, fit en effet périr promptement celte belle cavalerie qui, moins de deux mois après le passage du Niémen, était réduite de 43,000 à 18,000 chevaux, dont 1,900 seulement étaient encore debout lors du retour de Tarmée à Smolensk, le 9 novembre. Le corps de Latour-Maubourg comptait 5 régiments de cuirassiers et 6 de lanciers, avec 4 batteries à cheval, au total de 8,000 chevaux; il était réduit à 3,000 le jour de la bataille delà Moskowa. Le général prussien de Borstell, qui a fait la campagne de Russie dans ce corps, attribue la perte d'un si grand nombre de chevaux au manque absolu de foin et d'avoine et à des marches forcées incroyables *.

La seconde campagne de 1 813 vit une autre innovation : le groupement de plusieurs armées sous un même commandement. Napoléon avait commis en 1812 la faute de garder sous ses ordres directs, les 11 corps qui composaient la Grande- Armée et dont quelquesuns avaient des effectifs comparables à ceux d'une véritable armée; il tomba en 1813 dans la faute contraire. Menacé par trois armées coalisées, celle de Silésie commandée par Blùcher, celle du Nord venant de Berlin sous les ordres de Bernadotte et la grande année de Bohême commandée par Schwartzenberg, il voulut opposera Bliicher, Macdonald avec son armée de Silésie, à Bernadotte, Ondinot bientôt remplacé par Ney, et garder le gros de ses forces pour combattre Schwartzenberg. Mais, comme il occupait le centre de la circonférence sur laquelle se développaient les trois armées alliées, il est^jormis de penser qu'il aurait eu plus d'avantages à concentrer dans ses mains la totalité de son armée. Telle est du moins l'opinion de Marmont, exprimée dans deux lettres remarquables qu'il ne craignit pas d'adresser à l'Empereur les 15 et 16 août 1813.

« Je voudrais » , lui dit-il, « que toute l'armée fût établie sur la Sprée « et sur l'Elbe...., les mouvements de l'armée ennemie ne peuvent

1. Au dire do M. de Ségur, dans soa Histoire de V expédition de Russie, les chevaux furent nourris d»» seigle vert.

2. K<L'hler, la Cavalerie prussienne, de 1806 à 1876 ; rapport du général Borstell.

onoAMiiA'rioN riëxfiHALe. 463

BÔlre combinée avec anumil de précision (|ue ceus de l'aioiée

pançaisif, parce que celle-ci esl placée au cuntre daos un pays

avcrt, taii'Us que les dilTtSreiites parties do l'autni occupent un

c de cercle d'un grand dtiveloppeinent et sont séparées par des

iQBtagnes Enlia, je le répète, Sire, par la division de ses

ircâB, par la créatlou de trois armées distinctes ot séparées par e grandes distaoces, Votre Majesté renonce aux avantages que sa réeence sur le champ de batnille lui assure,, et je crnius bien ae le jour où elle aura roinporlé une victoire et cru gagner une lille décisive, elle n'appreuue qu'elle en a perdu deux. ...» Ue prophétie qui devait bientôt se réaliser '. l'exemple de la France avait d'ailleurs été Euivi dans les armées Uigèree, et partout l'agrégation des divisions en corps d'armée admise aujourd'hui, lorsque le nombre des divisious d'une e armée dépasse le chitfre de sept. Au-dessous de ce cliiffre, gaaisatiou par corps d'armée est fuueste, < attendu > , dit encore • qu'elle met trop de dislance entre le général en cbef ; les troupes, ralentit l'exécution des ordres généraux par la iperfétalion des grades et des emplois qu'elle consacre ' ». LUS l'organisation des armées étrangères, noue pouvons prendre r types celles de Blûciter et de Wellington en 1815. L'armée [sienne se composait de 4 corps d'armée, dont chacun compre- > 4 divisions d'infanterie, une division de cavalerie de 3 brigades ne artillerie variant de 48 à 9lJ bouches à feu; en tout 113,000 les et 320 canons. L'année anglo-hollandaise comprenait : Uu premier uorps dti 4 divieions d'iufun-

tcriect imc de cavalerie Gl buitchL'ti ù (k».

Uo tleusiviiju corps de 3 divIsioDs et demie

d'Iafanterlo, 1 brigade de cavulerïe. . 40 ^

Une réuerve do 3 divi«ïone d'infauterie,

I brignile de caralerie . î>2 —

Un corps du caval^e de 3 brigades de grosse cavalerie et 2 de cavalerie lé-

gire. . . 30

Une réserve d'artillerie de 51 —

En tout 100,000 bommesul. , , 240 tauuii».

■M de Miiniionl, L. V. p. Wi 01 JOM.

Total gëiK^ral de l'armée alliée : 220,000 hommea et 560 canons. L'armée française comptait: 120,000 — 346 —

Après la chute de TEmpire, toutes les divisions et brigades actives furent supprimées.

« L'usage en France », écrivait à ce sujet le général Morand en 1829, c est de disperser et d'isoler les régiments au momenl delà « paix. Cet usage est encore un reste du régime féodal; il rap- « pelle les craintes que les grands vassaux inspirèrent à nos rois « et quelques-unes des mesures que ceux-ci prirent pour se rassurer « et se garantir de leurs violences. Aujourd'hui, Tarmée pourrait, * sans danger pour le Gouvernement, demeurer formée en corps, « en divisions et en brigades en temps de paix comme en temps « de guerre. Les Russes et les Prussiens, dont Torganisation poli- « tique est récente, nous en donnent Texemple, que nous pourrions « suivi'e*. »

Écrivant en 1841, le maréchal Marmont disait, à propos de la mort du czar Alexandre : « Sa puissance était fondée sur ses nom- « breuses armées organisées eu divisions, corps d'armée et munies « de toutes choses comme si elles devaient combattre le lendemain*.» Mais, en supposant qu'on eût, après les guerres de l'Empire, songé à imiter la Prusse et la Russie, des motifs impérieux d'économie s'y seraient opposés à cette époque.

Comme nous Tavons déjà dit, l'organisation des divisions territoriales, indépendantes du commandement des troupes actives, subsista seule de toutes les réformes tentées à la fin du dix-huitième siècle. •

La Restauration ne forma qu'une seule armée active, celle destinée à intervenir en Espagne pendant l'année 1823, car l'expédition d'Alger n'exigea en 1830 qu'un simple corps d'armée.

L'armée d'Espagne, en raison du genre de guerre auquel elle était destinée et (jui devait entraîner l'action isolée non pas seulement des corps d'armée, mais même des divisions, était organisée sur des bases différentes de celles qui avaient prévalu sous l'Empire. On avait, avec raison, reproché au système des divisions mixtes

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