Mémoires de Marmont, t. VI 11, p
rinconvéïiient d'amoindrir les résultats de la giien'e en substituant aux actions générales une foule de combats particuliers sans conséquences décisives ; aussi TEmpereur, qui visait aux grandes choses, avait pour ce motif repoussé les corps analogues à ceux de Tannée du Rhin, petites armées dans une grande. Les mêmes ^ motifs n'existaient plus en 1823, les divisions de Tarmée d'Espagne, à l'exception du corps de réserve, furent composées chacune de deux brigades d'infanterie et d'une brigade de cavalerie, conformément au tableau suivant :
1*^ corps : maréchal Oudinot, 3 divisions mixtes, d'Autîchamp, Bourcke, Obert, à 5 régiments
d^infanterie et 8 escadrons.
1 division de dragons, général Castex . . IG —
2* — général Molitor, 2 divisions mixtes, Loverdo et Pamphilo Lacroix, 5 régiments d'infanterie, et 8 —
1 division de dragons, Domont 16 —
3* — Hohenlohe, 2 divisions mixtes, Conchy et Canuel , ayant ensemble 8 régiments d'infanterie et 12 —
1 division de réfugiés espagnols.
Corps de réserve: général BordessouUe, 1 division d'infanterie de la garde, général de Bourmont, 8 bataillons.
1 dînsion de cavalerie de la garde,
général Latour-Foissac 12 —
1 division de cuirassiers, Roussel d'Ur-
bal 16 —
Gardes du corps 3
Il y avait en outre un 4^ corps, sous le maréchal Moncey, destiné à agir eu Catalogne, de 3 divisions à 3 brigades, Curîal, de Damas et Donuadleu, ayant ensemble 6 régiments de cavalerie et 11 d'infanterie, et un corps de réserve sous le général de Lauriston, destiné à faire le siège de Pampeluue et composé de deux divisions d'infanterie, Ricard et Pécheux.
Effectif total : 95,000.
Sous le règne de Louis-Philippe, il ne fut formé d'autre armée active que celle qui fit le siège de la citadelle d'Anvers. Quelques divisions furent conservées en permanence à Paris pour les travaux
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de fortifications, à Bâyonne et à Perpignan pour garder la frontière pendant la guerre civile espagnole.
Sous la 2* République, les événements d'Italie donnèrent lieu, pendant Tété de 1848, à la formation de l'armée des Alpes sous les ordres du maréchal Bugeaud, comprenant seulement trois divisions d'infanterie et une division de cavalerie.
Sous le règne de Napoléon III, il y eut des divisions organisées en permanence, d'abord au fameux camp de Satory, dans un but politique bien connu, ensuite à Paris (3 divisions d'infanterie), à Versailles (une division de cavalerie), à Lyon (3 division d'infanterie et une de cavalerie), à Lunéville (une division de cavalerie), à Paris et aux environs les trois divisions de la garde impériale, enfin pendant la saison des manœuvres, au camp de Châlons, trois divisions d'infanterie et une de cavalerie, mais ces divisions, sauf celles du camp de Chàlons, n'avaient ni artillerie, ni équipages d'aucune sorte ; celles même de Châlons n'étaient pas formées et approvisionnées pour faire campagne, de sorte que ces 11 divisions d'infanterie et ces 5 divisions de cavalerie, envoyées à la frontière au début de la guerre de 1870, s'y trouvèrent réduites à l'impuissance. Il a été en outre créé pendant le second Empire, sous la dénomination de corps d'armée, six grands commandements, dont les chefs-lieux étaient Paris, Lille, Nancy, Lyon, Toulouse et Tours, mais c'étaient là des commandements purement honorifiques, sans relation avec l'organisation de l'armée.
Malgré la célèbre assertion du discours de Bordeaux, V Empire c^est la paix, le règne de Napoléon III fut marqué par les guerres de Crimée et d'Italie, les expéditions de Chine et du Mexique. L'armée d'Orient, composée dans le principe do trois divisions d'infanterie et d'une de cavalerie, fut peu à peu grossie jusqu'à comprendre au mois de mai 1855 : trois corps d'armée, ayant au total 12 divisions et demie d'infanterie et 2 divisions et demie de cavalerie.
L'armée d'Italie, formée au contraire d'ensemble et avec une précipitation qui alla jusqu'au désordre, comprenait 6 corps d'armée (dont la garde impériale) présentant ensemble 13 divisions d'infanterie, 2 divisions et 3 brigades de cavalerie, faisant toutes partie des corps d'armée, ainsi qu'une réserve générale d'artillerie, conformément au tableau suivant :
!•' corps, commandant : maréchal Baraguey-d'Hillîers,
3 divisions d'infanterie, Forej , Ladmirault, Bazaine ; Idivision de cavalerie, Desvaux 66 bouches à feu.
2* — général de Mac-Mahon, 2 divisions d'infanterie , La Motteronge, Ëspinasse ; 1 brigade de cavalerie, Gandin de Vilaine 48 —
3* — maréchal Canrobert, 3 divi-
sions d'infanterie, Trochu, Picard, Bourbaki; 1 division de cavalerie, Partouneauz .66 —
4* — général Niel, 3 divisions d'in-
fanterie, Vinoy, de Failly, de Luzy-Péiissac ; 1 brigade de cavalerie, Rochefort. . GO —
5* — Prince Napoléon, 2 divisions
d'infanterie, Uhrich, d'Autcmarre ; 1 brigade de cavalerie, Lapeyrouse ... 54 —
Garde impériale, général Regnault de Saint-
Joan-d'Angély, 2 divisions d'infanterie, Mellinet, Camou ; 1 division de cavalerie, Morris 48 —
Plus une réserve générale d'artillerie de 90 —
L'armée sarde ajoutait à cette force 5 divisions d'infanterie et une de cavalerie.
Les forces autrichiennes opposées à Tannée alliée étaient réparties entre deux armées, comprenant, Tune trois corps d'armée et une division de cavalerie , l'autre quatre corps d'armée et une division de cavalerie. Ces corps d'armée autrichiens étaient des corps permanents formés dès le temps de paix.
L'expérience de la guerre de 1859 démontra jusqu'à l'évidence tous les inconvénients que présentait pour la France l'absence d'une organisation analogue, mais le succès aveugla tout le monde et l'on ne fit rien pour modifier cet état de choses. Le maréchal Niel avait cependant gardé le souvenir du désordre présenté par l'armée
dltalie au début de la campagne de 1859, et lorsque, dans les premiers jours de Tannée 1867 (20 janvier), il fut appelé comme mîuistre de la guerre à reconstituer les forces défensives du pays, son attention fut attirée tout d'abord sur la nécessité de la permanence des grandes unités de Tarmée. Ne voulant pas trahir les inquiétudes qu'il éprouvait au sujet de l'éventualité d'une guerre inuninente à ses yeux, en ébauchant une organisation que les événements ne lui auraient peut-être pas laissé le temps d'achever, il essaya du moins de remédier autant que possible aux diflScultés de la situation. La formation des armées fut arrêtée d'avance et fixée sur le papier. Tous les ordres de préparation et de concentration, toutes les lettres de
service furent établis , et quelques heures auraient suffi , le cas
échéant, pour les expédier partout. Le matériel d'artillerie (batteries, parcs et équipages de pont) fut préparé et mis sur roues dans les arsenaux au prix d'un travail énorme, car au 1" janvier 1867, il n'existait à cet égard rien, absolument rien. D'après M. le général Lewal et M. le colonel Derrécagaix , se référant à un projet imprimé en 1868, il devait y avoir, à Metz, une première armée de trois corps d'armée, en Alsace une deuxième armée semblable, à Châlons une troisième armée de deux corps d'armée seulement, enfin trois corps de réserve, un à Belfort, un à Paris et le troisième composé de la garde impériale. Nos souvenirs personnels, qui sont très précis à cet égard et qui se rapportent à un projet manuscrit, s'écartent peu de ces données : Ce projet comportait:
V L'armée d'Alsace :
2 corps à 3 divisions d'infanterie et 1 division de cavalerie de 3 brip.idcs.
1 corps à 2 diyisions d'infanterie et 1 division de cavalerie à 2 brigades.
2 divisions de cavalerie de ré8er\'e et une forte réserve générale d'artillerie.
2° L'armée de Lorraine :
Môme composition, 1 division de réserve de cavalerie au lieu de deux. 3° L'armée du camp de Châlons :
1 corps à 3 divisions d'infanterie et 1 division de cavalerie de 3 brigades.
1 cori)s à 2 divisions d'infanterie et 1 division de cavalerie de 2 brigades.
La garde impériale : 2 divisions d'infanterie, 1 division de cavalerie de 3 brigades.
OnUAMSATIrtS riÈSÉIlALE. 4C9
S'il y eut, en outre, îles corps de réserve, ce qui est probable, U étaiûiU sans artillerie ou du moins leur artillerie devait ûtre réêe au momeat de la gUL'ire, car les trois années absorbaient i les batteries de campaguo existant alors. Pou impoitont 'ailleurs les diffùrciices de détail, puisque malheureusement, dit I. 1d colonel Derrécag:aix et avous-aous dît bien plus d'une Cois,
au moment do la guerre celle répartition ne fut pas maintenue.
Effectuée à temps puis omployéu avec bal)ilelé, elle aurait peut-
(?tre modiSë le ri^siiltat des preiniières reucoutres '. »
Nous irons plus loin pour ce qui nous concerne, et nous aHir- ■erons que l'exécution du plan arrêté par le maréchal Niel, s'il 'efH pas chaugé du tout au tout le résultat définitif de la guerre,
ait certainement renversé celui des premières opérations. Faute 'avoir adopté ce plan, huit jours ont été perdus en ordres, coutrerdres et tiraillements de toute espèce. Pour tous ceux qui se Kmvèrent initiés à cette acLivité désordonnée, à ce piétinement sur lace qui caractérisa, à partir de la déclaration de M. de Grammont, i travail du ministère de la guerre , l'avenir ne faisait plus de DUte. Nous étions battus d';tvauce...
En déOaitive, l'armée du Bliin se composa de 8 corps d'armde j compris celui de la gai'de impériale). Les 1", 3' et 6" corps, immandês par les maréchaux de Mac-Mahon, Gazaine et Can- JTI, compreuaient chacun 4 divisions d'infanterie et une divi- OQ de cavalerie à 3 brigades ; 4 autres, les 2* , 4" , 5' et 7' , >mmaadé& par les généraux Frossard, Ladmirault, de Failly et âoai, ne complaienl que chacun 3 divisions d'infanterie et miu ÎTÎfiton de cavalerie â 2 brigades. La garde avait 2 divisions 'inranterie et une division de cavalerie â 3 brigades. La réserve i cavalerie se composait de 3 divisions à 2 brigades, la réserve ânérale d'artillerie comptait 96 pièces. Une telle masse de trou-
, 275,000 hommes et 912 pièces, disséminées sur un front de a do 250 kilomètres, était d'an maniement diSicile; aussi dès
diëbut des opérations on reconnut la nécessité de grouper en
8 les 1", 5' et 7° corps ainsi que la 2' division do cavalerie
lus les ordres du maréchal de Mac-Mahon, les 2", 3" et 4', à la
[. Oerrâca^nU, la Cutne mndcrne, p. iu:i.
frontière de Lorraine, sous le commandement du maréchal Bazaine, la garde impériale, le 6' corps et les réserves à Metz restant dans la main de l'Empereur, mais aucun état-major général ne fut constitué en dehors du grand quartier général, et le conmiandement confié aux maréchaux Mac-Mahon et Bazaine fut restreint aux mouvements et aux opérations militaires.
Pendant ce temps, les Allemands envahissaient la France avec trois armées obéissant aux ordres suprêmes du roi de Prusse et à la haute direction du major général de Moltke.
La 1" armée, général Steinmetz, comptait 3 corps d'armée, 2 divisions de cavalerie, 270 pièces.
La 2* armée, prince Frédéric-Charles, comptait 7 corps d'armée, 2 divisions de cavalerie, 630 pièces- La 3* armée, prince Royal, comprenait 6 corps d'armée, 2 divisions de cavalerie, 576 pièces *.
Les événements de la guerre ne tardèrent pas à modifier ces compositions et à faire créer, sous le commandement du prince royal de Saxe, une quatrième armée dite armée de la Meuse. Quant à Tarmée française, dans la 2* partie de la guerre : La 1" armée de la Loire comprenait, sous le commandement du général d'Aurelle :
15® corps d'armée : Martin des Pallières, 3 très fortes divisions d'infanterie, Martineau-Deschesnez , d'Aries, Peytavin, 51 bataillons ; 1 division de cavalerie et 2 brigades indépendantes, 3G escadrons, 17 batteries.
16® — Chanzy, 3 divisions d'infanterie, amiral Jaurégui-
berry, Barry, Maurandy, 39 bataillons ; 1 division de cavalerie, 24 escadrons, IG batteries. Le 17® corps, de Sonis , le 18% Billot, puis Bourbaki, et le 20% Croa-
zat, étaient semblables au 16®.
La 2*^ armée de la Loire, sous les ordres de Chanzy, comprenait le 16^ corps, amiral Jauréguiberry, le 17% général de Colomb, le 21% général Jaurès, tous à peu près égaux.
L^armée de TEst, sous les ordres de Bourbaki, fut composée des