I. Cinongo, Ilisfoh'e militaire conf emparai ne
OltGAMlSATION' GiN^nALB. 471
Martiueau-Deschesnei, 18% Billot, 20", Gliachamp, et 24%
Le là* (d'Argeot), rattaché plus im-d à la 2' afinOe de la Loire, >ccupait leti ligues de Carenlan.
Les 22' ot 23" (Lecointo et Paulze d'Yvoy) formaient l'/inTiée du Nord, commandée par Faidherbe.
Le 25' corps (général Pourcel) et lo 26' (général Billot) furent 'oltachéB à la 2' armée de la Loire peu do temps avant l'armietice.
Quoi qu'il en soit, l'espérience a snraliondamment prouvé :
1' Que l'organÏBation dos arméce actives ue doit pas âtre ajournée usqu'à la dècîaralioii de guerre;
2' Que le nombre des corps d'armée ne doit pas, dans une seule irmée, dépasser cinq ou six ;
3° Qu'au deli de ce nombre il faut former plusieurs armées grou-
6 sous un mdme commandement supérieur;
4° Que la constitution militaire d'un pays comporte la permatence des unités destinées à entrer dans la composition des armées lOtives.
Mais quelles seront ces unités? Telle est la question qu'il y va.il tout d'abord lieud'enaminer. Or, il semble évident que, pour iciUter l'organisation de l'armée active, l'unité conservée en peroanence doit former à elle seule un tout qui soit capable de souteir la lutte pendant un certain temps et qui , dans les marches comme ins les stationnements, trouve dans sa constitution propre tous • moyens d'existence et de fonctionnement. Si dès le temps de dx les unités de cet ordre ont leurs cadres de commandement et 'administration complets, si elles ont sous la main tout le matéiel et tous les approvisionnements qui leur sont nécessaires, il uSlra, au moment de la guerre, d'y verser les réserves et d'en rouperparla concentration un certain nombre sous la direction '\m état-major désigné à l'avance, pour être on étal do commencer » opérations.
L'hésitaiion ne pouvait donc fitre permise qu'eutrj la division l le corps d'armée, car la brigade ue comprend le plus générnlelent que dos li-oupes à'imn seule arme et ne comporte pas de siTicee administra) tifs. La division présentait l'avantage d'i)tre depuis 791 l'unité tactique, d'avoir un effei-tif constant, déposséder tous
472 LES TRANSFORMATIONS DE l'aRSIÊB FRANÇAISE.
les services accessoires et de comprendre toutes les armes, car jusqu'à Napoléon les divisions ont été composées d'infanterie, de cavalerie et d'artillerie et il aurait été facile, peut-ôtre même avantageux, de revenir à cette organisation, que nous aurons lieu d'examiner tout à l'heure.
On s'est cependant décidé pour le corps d'armée et cela parles considérations suivantes :
Les divisions ne comprennent ni toute l'artillerie ni toute la cavalerie qui entrent dans la composition d'un coips d'armée; des réserves ou, pour mieux dire, des fractions indépendantes de ces deux armes doivent être placées directement sous la main du commandement supérieur.
Les divisions ne sauraient avoir ni équipages de pont, ni parcs d'artillerie et du génie.
Enfin, si l'on s'en rapporte à ce principe si juste posé dans le préambule de l'ordonnance de 1788, et si peu mis en pratique depuis lors, la paix doit être pour les généraux une école de comniandenienty il faut former des généraux, non seulement pour commander les divisions mais encore pour commander les corps d'armée.
Fallait-il aller plus loin et constituer en temps de paix les élatsmajors d'armée et même désigner le généralissime avec son grand état-major général? On ne l'a point pensé; sans doute, ces élatsmajors doivent être formés d'avance sur le papier , il est bon même que leurs chefs soient prévenus de cette désignation et du rôle général qu'ils auront à remplir afin de pouvoir s'y préparer par l'étude, car dans la. guerre moderne les résolutions doivent être promptes, et elles le seront d'autant plus qu'elles auront été à l'avance l'objet de méditations plus approfondies, mais la force dos armées n'est pas constante comme celle des divisions et des corps d'armée; leur composition rendue publique serait un indice précieux pour l'ennemi ; il serait donc dangereux de la divulguer. En outre, un général d'armée est un personnage avec lequel il faut compter, et qui en temps de paix aurait une autorité pleine d'inconvénients i)Our l'unité si essentielle de l'armée, à plus forte raison un généralissime dont le pouvoir irresponsable balancerait celui du ministre qui seul devant le Gouvernement et les Chambres a la responsabilité comme le commandement de l'armée.
On a donc sagement fait de s'en tenir à la permanence du corps d'armée.
Cela posé, on a dû se demander quelle devait être sa composition; or, la tradition française et les exemples de l'étranger ont consacré à cet égard les principes suivants : 1" deux ou trois divisions d'infanterie, car les corps à plus de trois divisions ont été bien rares ; nous n'en trouverons guère dans les armées françaises depuis 1800, que les exemples suivants : 4" corps de la Grande- Aimée, maréchal Soult, en 1805, 1806 et 1807 ; 2% 3* et 4* corps de l'armée d'Allemagne, en 1809, maréchaux Lannes, Davout, Masséna ; l'"', 2* , 3* et 4* corps de l'armée de Russie , Davout, Oudinot, prince Eugène, Ney; V% 3% 13" et 14* corps de la Grande-Armée de 1813, Vandamme, Ney, Davout, Saint-Cyr; 2"* un demi-régiment de cavalerie par brigade d'infanterie ; 3° l'artillerie dans une proportion qui a varié mais qui en est arrivée à près de 4 pièces par 1,000 hommes, la moitié avec les divisions, l'autre moitié formant, sous les ordres directs du commandant de corps d'armée, ce qu'on appelle l'artillerie de corps ; 4° le génie, partagé également par moitié entre les divisions et la réserve ; 5* un équipage de pont, un parc d'artillerie, un escadron du train des équipages pour atteler les ambulances, les convois de subsistances, les voitures de la trésorerie, des postes et télégraphes.
Il importait avant tout de déterminer le nombre des divisions d'infanterie du corps d'armée. Le Gouvernement proposait trois ; l'Assemblée, en votant l'organisation, a préféré deux. La polémique dure encore, à l'étranger et en France, entre les partisans de ces deux systèmes.
La combinaison ternaire, dit-on d'un côté, permet d'obtenir dans l'ordre de combat un centre et deux ailes ou d'engager deux divisions en réservant l'action de la troisième ; enfin elle se prête mieux à l'emploi d'une division détachée. D'après Marmont, « un corps « d'armée doit se composer : 1"* de 3 divisions où les armes sont « combinées; 2* d'une réserve de cavalerie soutenue par de l'artil- « lerie à cheval; 3" d'une réserve d'artillerie * ». D'après le général
l. Esprit des Institutions miWaires, Édition Dumaine, p. 126.
474 LES TRANSFORMATIONS DE l'aRICÉB FRANÇAISE.
Chareton, rapporteur de la loi à T Assemblée nationale, le maréchal Bugeaud était aussi partisan du corps d'armée à 3 divisions.
En fait, les arguments donnés à l'appui du système ternaire n'ont pas une valeur déterminante. Si l'on ne pouvait combattre qu'en formant un centre et deux ailes, il faudrait appliquer le groupement ternaire à tous les éléments et mettre trois brigades dans la division. Mais combien de batailles où il serait difficile de distinguer bien nettement un centre et deux ailes?... Prenons Marengo, par exemple, nous verrons Victor fonmer la gauche de l'armée avec les deux divisions Gardane et Chambarlhac et la cavalerie de Kellermann en arrière, tandis que la droite est occupée par Lannes avec les divisions Watrin et Monnier, et la cavalerie de Ghampeaux également en arrière : rien du système ternaire. L'armée d'Italie en 1799, commandée par Joubert, avait une aile gauche sous les ordres de Pérignon et une aile droite sous ceux de Gouvion Saint- Cyr; dans le récit de la bataille de Novi, fait par ce dernier, il n'est jamais question du centre de l'armée*. S'il faut des exemples plus modernes, lisons l'ordre de mouvement du général d'Aurelle pour la bataille de Coulmiers et le rapport du môme général après la bataille, deux documents très nets et très bien rédigés ; il y est bien question de droite et de gauche, d'avant et d'arrière, pour indiquer le sens des mouvements ou les positions respectives des troupes, mais jamais d'ailes, ni surtout de centre. D'ailleurs, pour être logique, il faudrait au lieu de 3 divisions en avoir 4, une pour le centre et pour chacune des deux ailes, et la 4* à tenir en réserve.
Quant à l'argument tiré des détachements, on peut y répondre que les détachements d'une division présentent plus d'inconvénients que d'avantages. Pour n'en citer que quelques exemples, Gouvioo Saint-Cyr attribue la perte de la bataille de Novi au détachement temporaire de la division Colli. Bonaparte faillit perdre la bataille de Marengo pour avoir détaché avec Desaix la division Boudet; Jourdan perdit tout à fait celle de Wurtzbourg pour s'être privé de la division Lefebvre, en la détachant la veille de la bataille, et si d'Aurelle ne tira pas de la victoire de Coulmiers tout le parti que
I . Mémoires sur iv Direcfoirc, par Gouvion Saint-Cyr, t. I*"", p. 2i5.
OBOAMISATION GÉNÉHALE. 475
3 en attandait, c'esi bien un peu iioiir avoir détaché ilu 15* coriis IdiviEionMarliiKlesPalIièieâ. Un exemple pins concltiaiit encore i celui lie k bataille de la KaUhacli, dans laL|uel1e la dimioii bthod, di^tanliée par Macdnnald pour tourner Tenaerni, fut oWs- Hme enveloppée et détriiitp ou piùse.
iMaiit le motif qui parait avoir le plus lortemeat miUlé en laveui-
I systûme ternaire pour ie faire déSnitivemont adopter, est une
tnsidéi-atiori d'effectif. D'après l'efTectif total de l'arméti active,
i M b.i6!Uit sur l'etfectif du bataillon flxé û 1,000 liommeG, qui
nnait pour une divieion de 12 bataillons le chiffre de 12,000
mes, on était d'accord pour porter le nombre des divisions
, ce qui donnait 12 corps d'armée à 3 divisions ou 18 à 2 dlvi-
ins. Un corps d» 3 divisions, ayant en sus un bataillon de chas-
s à pied, aiu-ait donc compté 37,000 fusils; à, quoi il aurait
|lu ajouter 3 régiments de cavalerie, soit 1,800 hommes, envi-
i 4,000 hommes d'artillerie (pour 24 batteries, un équipage de
fnt, un parc), plus le génie, les équipages, etc., on arrivait ainsi
a effectif total de 46,000 hommes ; avec deux divisioaii ce chiffre
«d à 32,000 bommos.
iOr, la maivhe d'un corps d'armée de plus de 30,000 hommes
Dlble difficile il régler, suivant M. le colonel Derrécagaix, qui a
tH6 cette question m extenso et avec beaucoup de clarté '. Napo-
bn admettait qu'on ne peut faire écouler sur une simule route plus
1 30,000 hommes en un jour, et des calculs faciles 4 établir déraon-
tnt qu'un corps de plus de 30,000 hommes, en colonne sur une
aie route, ne poun-ait se déployer eu un seul jour sur la tète de
^colonne.
6î noua voulons chercher des exemples dans le passé, nous
rons qu'en 1806, par exemple, l'effectif des corpa de la Graude-
néfl, li-ès récemment renforcés, étaient ; 1" corps, 23,600;
tcorpe, 33,000; 4' corps, 41,000; 5* corps, 22,700; 6' corps,
|,&00; T corps, 19,800. A l'étranger, l'effectif normal du corps
) est de 37,170 pour l'Allemagne ; 42,74ô pour la Russie ;
3 pour l'Autriche; 28,570 pour l'Italie'.
Enfin, comme dernier renseignement, il est bon de savoir que, depuis 1796 jusqu'en 1870, il a été organisé en France 170 corps d'armée, dont 67 à 2 divisions, 73 à 3 divisions, le reste variant de 1 à 5 divisions ^ A l'étranger, les corps d'armée allemands, italiens, espagnols et belges sont -à 2 divisions, les corps anglais et autrichiens à 3, les corps russes sont les uns de 2, les autres de 3'.
Encore actuellement, beaucoup de militaires en Allemagne se prononcent pour le système ternaire , tout en convenant qu'avec le mode de recrutement et de réserve en usage il ne serait pas facile de modifier la composition actuelle du corps d'armée; mais si l'on s'en rapporte à certains écrits, il ne serait pas impossible qu'une troisième division vînt en cas de mobilisation s'ajouter chez eux aux deux divisions de la formation du temps de paix.
En France, le corps d'armée reste composé de deux divisions d'infanterie ; il comprend en conséquence deux régiments de cavalerie. On a réuni ces deux régiments en une brigade au lieu d'en attacher un à chaque division d'infanterie comme font les Allemands. Cette organisation, conforme aux principes constamment appliqués par Napoléon depuis la campagne d'Italie en 1796 jusqu'à celle de Belgique en 1815, est cependant contraire à l'opinion de plusieurs militaires éminents, parmi lesquels nous nous contenterons de citer Gouvion Saint-Cyr et Mamiont. « Une division « de cavalerie », a dit Saint-Cyr, «pourra, dans une campagne, « trouver une occasion de donner ensemble, tandis que la cavalerie « répartie dans les divisions d'infanterie trouve tous les jours l'oc- « rasion de combattre soit isolément, soit en éclairant ou protégeant « les attaques de l'infanterie... Selon moi », dit-il encore, « toutes « les fractions d'une armée, grandes ou petites, devraient être « composées de troupes de toutes armes. Car le teri'ain où elles « ont à opérer varie continuellement. Un pays découvert et uni « succède à un pays couvert et coupé ; pour que la fraction d'armée « ne soit pas arrêtée par aucun de ces incidents, il faut qu'elle se « compose de troupes de toutes armes ^ » Gouvion Saint-Cyr a voulu parler sans doute des fractions isolées, sans quoi ces obser-