Correspondance militaire de Napoléon, t. V
l, Marmoiil soi'Uiit de rarLillerie : aussi doniie-l-il toujours dans ses situations le chiffre de ses canons.
OHliA VISAT tlJX OËNÈKALH. ^Sl
jJataiUe (AusterUte), je n'avais pas ussez d'arlillerio. • Ku 1809, I corps d'armée do Lanoes, Davoul, Maaséna, Ijefebvre (bavarois), igereau (saxon), la garde eL la cavalerie de Beesièi'ea avaient Uleinout 3(J0 boucher ;'t îeu pour 230,000 hommes, doo i.;onipri6, 68t vrai, les pièces tie Iialaillon. La Grande-Armée de I813avait, ms la première parlÎB de la campagne, 630 bouches à Teu pour 19,OUO hommes; après l'armislice, il y eut près de 1,100 boudies ifeu pour 425,000 hommes, soit prés de 3 par 1 ,000 hommes. A la fime époque, les armées alliées avaient 1 ,381 canoDEpourun elTec- ' total de 505,000 hommes.
L'annêo de Belgique en 1815 avait 34C canons pour 120,000 jnunes, c'est à peu près la même proportion qu'en 1813. L'nrtî!tHfl des srmiJes alliées était proportionnellement un peu moins rie, 560 canons pour 220,000, soit 2 bouches a feu et demie par ,000 hommes.
En 1859, la proportion de l'artillerie était dans l'armée iranco- ^îeDl)e, 2,8 pour 1,000 hommes et dans l'année autrichienne, pour 1,000 hommes. Kn 1866, l'ensemble des trois armées prusennes opérant contre les Autrichiens avait 792 bouches à feu snr 254,000 hommes, soit un peu moins de 3 pièces par 1,000
mutes'. Dans lu guerre de la Sécession, la proportion d'artillerie it généralement très Torte, surtout dans l'armée fédérale. C'est insi que, pour la campagne de Chancellorsville, Hooker comptait
ins BOu armée 120,000 hommes d'infanterie et d'artillerie, un irpB de 12,000 cavaliers et 400 canons. L'accroissement cousidé- Lble donné à l'artillerie est regardé par heaucoup de militaires onuQe lin sigiie ou comme une conséquence de ta décadence de '«rt loUilaire et de la valeur des troupes, Gouvion Sainl-Cyr est e ceux qui se saut prononcés le plus nettement à cet égai'd.
Réduite à de justes proportions*, rlit-il, > l'artillerie est du plus
grand secours pour une armée ; augmentée outre mesure, elle
ïOnlribue plutôt à l'affaiblir par la géue qu'elle apporte dans ses
* mouvemenls; l'abus qu'on en a fait dans les dernières campagnes
it un signe de décadence '. » Lui-même a donné â Valls, en Cala-
482 LES TRANSFORBIATIONS DE l'aRMÉE FRANÇAISE.
logne, l'exemple d'une bataille gagnée par Taudace et le talent militaire sans le secours de rartillerie, mais dans des circonstances toutes particulières. Napoléon, au contraire, nous Tavons vu, prétendait que de bonnes troupes avaient besoin d'être appuyées par une artillerie supérieure et tout le monde a lu cette conversation, rapportée dans le Mémorial de Sainte-Hélène^ dans laquelle il pose le principe récemment découvert par nos tacticiens : l'art consiste à présent à faire converger wi grand nombre de feux sur wi même point, « L'artillerie», disait-il, «fait aujourd'hui la véritable destinée « des armées et des peuples, et la môlée une fois établie, celui qui « a l'adresse de faire arriver subitement et à l'insu de Tennemi « sur un de ses points une masse inopinée d'artillerie est sûr de « l'emporter. Voilà quel avait été », ajoutait-il, « son grand secret « et sa grande tactique \ »
Napoléon se vantait ou se calomniait im peu en se targuant de cette tactique qui n'avait été ni celle d'Austerlitz ni celle d'Iéna, mais qui datait seulement de Wagram. L'importance du rôle de l'artillerie a tenu à ses progrès en mobilité, en portée et en justesse, à la facilité des moyens de commimication, à l'augmeutation de l'efTectif des armées, aux progrès môme de l'armement de l'infanterie, car avec les fusils actuels comment aborder une position qui n'aura pas été au préalable balayée par l'artillerie? C'est un peu, si l'on veut, la force brutale qui l'emporte sur la bravoure individuelle et les manœuvres savantes, mais cette importance de l'artillerie est un fait qu'il faut bien accepter.
Étant donné le chiffre de 96 bouches à feu par corps d'armée, il y en aurait 48 pour les deux divisions, soit 4 batteries par division et 48 à l'artillerie de corps, en tout 8 batteries divisionnîiii'es et 8 batteries de corps d'armée, dont 2 à cheval.
Le bataillon du génie attaché à un corps d'armée compte 4 compagnies. On pensait primitivement affecter une compagnie à chaque division et deux compagnies à la réserve, mais on s'est contenté en fait d'une demi-compagnie par division et d'une compagnie avec le parc de réserve, les deux autres compagnies reçoivent des destinations diverses en dehors du corps d'armée.
l. Mémorial de Sainte-llèlène,
HH&ANISATHiS (lÉNÉHALB. 48.1
iii dus équipageB, pour siiUire aux bL'soins du corps rl'arlée, esig^, comme nous te veiTOiie plaa tard, imaomtin! considéblo d'attelages. L'organisation y pourvoit en affectant à chaque DrpG d'armée un escadron de 3 compagnies, susceptibles d'en foiirlif 6 par dédoublement au moment de la mobilîeatioD.
Les services accessoires sont réglés de même d'après les exi* ence» prévues et calculées.
En somme, chacun des IS corps d'armée mobilisés comprend, en Dtre des états-majors et des services accessoires, 2 divisions d'iniDt«rie, ayant chacune 2 brigades de 2 râgiments à 3 bataillons,
B brigade de cavalerie de 2 régiments k 4 escadrons, 1 bataillon é chasseurs, 8 batteries d'artillarie divisionnaires en un premier Sgiment, 8 batteries de corps d'ai'mée on un second régiment, compagnies du génie avec un parc île rései-ve, un équipage de ont, un parc d'artillerie, 5 compagnies du train des équipages. es 18 corps d'armée continentaux sont tous égaux entre eux. La Qmposition du 19° corps, qui doit être formé en vertu du décret du 8 septembre 1873, n'est pas déterminée officiellement, mais il est lus que probiihli; qu'elle est analogue à celle des 18 premiers, la rigade d'arlilli'rie et l'escadron du train qui lui sont destinés sont 'ailleurs en France.
Si maintenaut on veut bleu se rappeler les chiffres que noos irons douués à propos de U loi des cadres, on verra qu'en dehors es Id coi'ps d'armée mobilisés, il reste disponible :
144 bataillons d'infanterie de ligne ;
12 balaillous de chasseurs à pied;
36 régiments de cavalerie à 4 escadrons, y compris les quatre de baseeurs d'Afrique et 74 escadrons de dépôt;
16 bataillooE ou 90 batteries d'artillerie de forteresse ;
19 batteries à cheval ;
114 bateries montées ;
19 compagnies du train des équipages ;
Un certain nombre de bataillons et d'escadrons des troupee spélales d'Afrique.
Ces troupes sont destinées les unes à 1h défense des forteresses, s autres à des formations indéterminées nu du moins réservées, ont les seules connues officiellement et existant dès le temps de
paix sont les divisions de cavalerie indépendantes au nombre de 6. L'expérience a condamné les grands corps de cavalerie; tels qu'ils étaient formés dans les dernières guerres de Napoléon. Ces masses d'escadrons seraient dans les batailles modernes exposées à un tir trop meurtrier ; mais le rôle actuel de la cavalerie exige des division qui, ne faisant pas partie des corps d'armée^ puissent se perler assez loin de Tannée pour la couvrir sur son front et sur ses ailes et en même temps pour la renseigner sur les mouvements et la force de l'ennemi. Le rôle de ces divisions est parfaitement défini, dans le projet d'instruction de 8 décembre 1879, par M. le général de Galliffet, dont nous ne pouvons que résumer les indications aussi nettes que brèves : « Elles doivent non seulement attirer sur elles « l'effort de la cavalerie ennemie pom* l'éloigner de l'armée en « marche ou en formation, mais triompher d'elle soit en manœu- « vrant, soit en combattant pourpénétrerjusqu' aux lignes del'ennemi c afin d'apprécier ses forces, de deviner ses projets, de les contrarier « et de les faire échouer s'il est possible \ » Dans ce but, on les compose de trois brigades dont une de réserve destinée surtout à soutenir le choc de la cavalerie ennemie, et d'une artillerie légère dont l'objet est non seulement d'appuyer les mouvements des escadrons, mais encore de porter sous leur protection Faction de son feu sur les flancs ou même sur les derrières de l'ennemi pendant la cours de la bataille. Le nombre de ces batteries a été porté à 3, une par brigade, mais elles sont attachées, par groupe, à l'ensemble de la division et non réparties entre les trois brigades. 18 batteries à cheval disponibles trouvent ainsi leur emploi. Restent 114 batteries montées et 1 batterie à cheval, destinées, dit-on, à former l'artillerie d'un certain nombre de corps d'armée ainsi que les réseiTes générales d'artillerie des armées. L'utilité de -ces réserves générales est toutefois fort contestée. Elles ont existé, plus ou moins considérables, dans presque toutes les armées dont nous avons trouvé la composition détaillée. Nous avons vu qu'à l'armée d'Italie, eu 1800, la réserve générale d'artillerie comptait 54 bouches à feu sur un total de 160, c'est-à-dire environ le tiers de toute l'artillerie de l'armée. Cette proportion inusitée tenait à ce que Marmont,
l. Projet d' instruction, p. 15.
OlIfiAXIRM'ION GÉSÉnANK, 485
immandaiit l'arlUlcrie, avait eoiib un gtinérat eu ciieT faible de aractère, \ù général Bniue, arrangé les choses à ga guise. Dans ee armâes cûmmamlées par lEiupereur, la réserve giinOralo lîlait B par rai'liUerie Je la gui-de impériale, augmentée à cet etl'et l'un certatu nombriï rte batteries. Aijiei en 1805, la garde avait 24 loucbes à feu pour G,000 hommes, en 1^09, elle en eut 60 pour 9,000 hommes et au commencement de la guerre de 1813, 80 pour D effectirde 1S,000 hommes. Au mois d'août après l'armistice, lie comptait 174 pièces pour un effectif de 68,000 hommes. Ces ilèces se décomposaient ainsi : 78 avec les quatre divisions d'intnterie, 24 avec les deux divisions de cavalerie, 72 formant la éeerve générale de l'armée ; à ce même moment, les corps d'armée Valent une moyenne de 24 à 36 pièces de réserve.
En 1815, l'arLiUerîe de la garde comptait pour 13,000 hommes W bouches à feu, dont 60 servaient de réserve générale pour l'ai'- Bée. Dans la m^rae gueiTe, l'armée anglo-hollandaise, forte de 0,000 hommes, avait sur un total de 240 bouches à feu, une réserve énérale de 54 bouches à feu.
Bans la guerre de 1859, la réserve générale d'artillerie de l'armée RtQçaise comprenait 90 bouches â feu, sur un total de 432 pour
I effectir de 128,000 hommes; celle de l'année autrichienne lontait à 116 bouches à feu, sur un total de 688 pour un effectif B 163,000 hommes.
EnBn, l'armée du Rliin, en 1870, avait une réserve générale 'artillerie de 96 bouches â feu, sur un total de 912 pour un effectif e 275,000 hommes,
La réserve générale de l'armée d'Italie, en 1859, n'avait pas tiré 1 coup de canon. Perdue au milieu des longs convois qui suiïient l'armée, elle n'avait pas approché du champ de bataille -, la a générale de l'armée du Rhin, eu 1870, quoique ayant sa î sur le terrain des batailles, les 16 et 18 août, ne rendit pas [ub de services, du moins d.ins la bataille du 18. Ou en a conclu Us les réserves générales d'artillerie étaient inutiles et qu'il fallait B sujiprimer. Les uns ont donné pour motifs à l'appui de. cette pinion, l'inconvénient qu'il y aurait â eutombrer le quartier Snéral d'une armée d'une troupe aussi nombreuse, et la place Kâment reculée de cette troupe dans les colonnes, qui la ferait
486 LES TRANSFORMATIONS DE L'aRBCÉE FRANÇAISE.
arriver trop tard sur le champ de bataille, quand elle ne serait pas complètement oubliée ^ ; les autres ont allégué l'expérience de h dernière guerre qui, en démontrant l'avantage qu'il y a évidemment à employer toute l'artillerie par masses dès le début de la bataille, a condamné formellement les réserves ou tout au moins diminué leur utilité ^
Il y a ici un malentendu résultant du mot réserve et du sens qu'on lui attribue. En général, une réserve est une troupe que le chef d'une armée ou d'un corps d'armée garde sous la main pour la faire agir au moment du besoin ; mais par réserve générale d'artillerie il faut entendre un groupe plus ou moins nombreux de batteries dont le chef de l'armée dispose directement, pour renforcer l'artillerie sur telle ou telle partie de sa ligne. A ce point de vue, une réserve générale d'artillerie n'est donc pas inutile, mais il reste un inconvénient, celui d'encombrer le quartier général d'une armée par une troupe aussi considérable, et qui en la supposant de 8 batteries, occuperait en colonne sur une seule route, une longueur de 3 kilomètres environ, sans compter ses trains régimentaires et le convoi administratif qu'elle exigerait.
Nous estimons qu'il ne faut pas laisser à un état-major général le soin des détails d'une troupe quelle qu'elle soit, et que si l'on veut augmenter l'artillerie d'une armée, il est préférable de répartir les batteries de celte réserve générale entre les corps d'armée. Il devra être seulement bien établi, afin d'éviter toute difficulté au moment de Texécutiou, qu'elles sont destinées à être réunies, le cas échéant, pour frapper un grand coup '. On peut remarquer d'ailleurs que Napoléon n'a jamais eu l'idée de faire de la réserve générale d'artillerie une troupe séparée, mais qu'il l'avait rattachée à la garde impériale.
Si la loi ne prévoit pas de formation permanente au-dessus du