‹ Les transformations de l'armée françaiseChapitre 144 sur 174 · Colonel Oorréragaix^ la Guerre moderne · texte numérisé non relu

Colonel Oorréragaix^ la Guerre moderne

3. Cette prôcautiun peut paraître superlliu*, le général en chef disposant de toiitos.les parties de son armée, mais les commandants do corps d'armée et de division se dessaisissent toujours difliciloment de rartillerie attachée à leurs troupes. La bataille de Friciiland en fournit un exemple remarquable ; il a fallu toute rinsistance du général Sénarmont et les ordres réitérés du général Victor, commandant le i<^'' corps, pour former la grande batterie qui contribua si puissamment au gain de la bataill'^

ORGANISATION GÈNÉBALE. 487

)orp8 (l'arméi!, les règlementti sur le service eu campfigne et sur le service d'état- major ilonnent la composilioii du ncs états-majors f>t

B tous les élÙFaeuts qui f,'v rattachent (état-major gênera.!, états-

ujors de l'artillerie et du géuie, direction des services de l'inton- Hauce, administration du quartier général, dîi'ection du service nédical, eervice vétérinaire, trésoreries, postes, imprimerie, direcion tâlégraphique, justice militaire, force publique et prévoté,

Kllon tâlégraphique de réserve, escorte composée d'un escadroQ, nt&u équipa>,'es ne comprenant pas moins de Gti voitures).

Au-dessus des élats-majors généraux d'arraOe, le règlement pré- 'oit encore la formation d'un grand quartier général, corrélative

B la Qominatiou d'un généralissime, réunissant plusieurs armées lotis 6on commandement. Ce groupement est la conséquence de 'accroissement énorme donné aux armées. Par les motifs semblalies à ceux qui ont déteiminé la formation des corps d'armée, s'estrà-dire pour diminuer le nombre des imités auxquelles le commandement supérieur doit donner ses ordres, il a fallu, lorsque tltie de 6 ou 7 corps d'armée devaient coopérer à un même ensemlla de faits, les grouper par 3 ou 4. Ainsi les petites armées d'aurefoie étaient sous les onlres directs de leurs généraux en chef , par l'intermédiaire des états-majors d'alors (maréchaux des Dgis et majors géni-raux), correspondaient avec tous les éléments.

lis est venu, vers 1777, le groupement par division ; puis, vers 794, les commandements permanents du centre Bt des ailes ; puis,

1 1800, la formation des corps d'armé<^, enQn, pendant la camagne de 1813, la réuoinu de plusieurs armées sous un même OnuQan dément, ou plutôt la division d'une armée trop considérable i plusieurs ;irmées distinctes, du côté des alliés comme du côté es Franrais.

Noufi avons vu également que, dans la guerre de 1859, le goueruement autrichien avait formé deux armées, celles des généiax Wimpfeu et Schlick, placées sous le commandement supérieur î l'Empereur Krançois- Joseph et la direction effective du feldlaréohal baron Hess. M. de MoUke, dans le r^cit qu'il a fait de la impagne d'Iwhe, blAme cette disposition en des termes qu'il est

1 de retenir:

« Le quartier général correspondait avec sept commandements

488 LES TRANSiFORMATIONS DE l'aRMÊE FRANÇAISE.

« supérieurs ou, les réserves de cavalerie et d'artillerie comprises, « avec neuf ! et en effet, il n'en était pas surchargé de travail. « Mais maintenant, on y interposa encore deux commandements « d'armées. D'abord, l'échelle de la communication des ordres « en fut prolongée d'un échelon encore, et on a de la peine à s'i- « maginer qu'une résolution prise la veille au soir sur les nou- « velles arrivées dans la journée, puisse arriver le lendemain matin, <c ayant passé par les intermédiaires des commandements des ar- « mées et des commandements des corps jusqu'aux commandements «des divisions, et ensuite jusqu'aux troupes. De même, cha- « que rapport venant des troupes doit être retardé avant d'arriver « au quartier général. Et ce n'est pas seulement la rapidité de la « communication qui y perd, l'intensité de l'ordre en souffre aussi « d'autant plus qu'il y a d'échelles à parcourir... Le quartier géné- « rai, voulait-il laisser aux commandements des armées la liberté « nécessaire, ne pouvait que fixer pour le mouvement en avant la « direction générale, limiter pour chaque armée les routes dont « elle pouvait disposer et indiquer les points de terme du mouve- « ment. Mais cela ne se faisait nullement. Les ordres du quartier « général prescrivaient à chaque corps la direction à prendre, et « les commandements des armées n'y étaient qu'un simple obstacle. .« Ils n'étaient pas seulement superflus, ils devenaient très dan- « gereux... Cette pesanteur de l'organisation de l'armée devenait " bien sensible, particulièrement sur le point de contact des « deux armées, et malheureusement c'était justement le point « décisif. »

•D'un autre côté, nous lisons dans la Nation armée de von der Goltz : « La deuxième armée allemande, au début de la guerre, com- « prenait sept corps d'armée, et le général en chef eut quelque « difficulté à faire agir une si lourde machine. Il l'éprouva surtout « la journée du 8 août, alors qu'il se rendit à une de ses ailes et « quo l'autre ne sentit plus sa présence ni son action. Devant Meti, « à certains moments, jusqu'à huit corps se trouvaient réunis sous « un seul commandement; là, cela était possible, parce que l'on « restait sur place... En tenant compte des expériences faites pen-

Page 1