I. La Campagne d'Halte en 1850. p
f>n(i\vis,vTiov r.É>f6inr-E. 4^9
^08 demière6 guerres, oû arrive h ce niRultat que le mieux
[est (le couiposftr une armée avec trois corps au moins, six au plus.
Six corps, lel «itatt l'elTectif île la troisième armée allemande,
1 i87U, pHi-mettant encore au chef d'embrasser tous ses services
pljt d'avoir tout le monde eous la main '. >
I La giiestiou noue semble suffisamment élucidée par ces deux
(atioRB. C'est ainsi du leste qu'elle a été, croyons-nous, comprise
ine notre orgauisalion. Le génér-ilissime doit avoir auprès de hii,
(on grand quartier général, non pas des commandants de l'artil-
rio et du génie, ni des dii-ecteui-s des services administratife, do
jatë, eir.., mais des inspecteurs généranx de l'artillerio des armées,
I gétût) dofi années, des services administratifs, du service de
Btâ, du Bervice vétérinaire, des prévôtés des armées. Cela indique
a qu'il n'y a pas d'oniros â donner, mais une surveillance géné-
|le exercée de haut sur tous les services. Il n'est fait d'exception
t pour la dii'ectioo générale de la télôgrapliie militaire et du
Q de& cbemius de Ter et des étapes. Exception nécessaire et
Igemeot prévue, car le grand quartier général, régulateur suprême
i tous les mouvements, doit avoir complètement dans sa main la
Llégraphie, â l'aide de laquelle se' transmettent les ordres ainsi
B les cbemins de fer et le service des étapes qui sont les instru-
^nts de leur esécutiou. L'expérience a démontré combien était
Braicieux l'emploi défectueux de ces agents si puissants, les
bmcmnications lélégrapliiques et les voiea ferrées, lorsque cha-
a croyait pouvoir eii disposer à sa guise. Le soin de limiter les
mes affectées k chaque armée et bien plus encore de relier ces
pies entre elles par une direction d'ensemble, ne peut être coudé
ll'ao grand quartier général. Hors de là, le major général et au-
[gaauB de lui le généralissime, tout en indiquant nettement le but à
leindre par chaque armée, devi-out bien st- garder d'intervenir
tns lefl détails. Les oliKervatious de M. de Moltke, dont nous
rons reproduit ci-dessus les passages les plus importants, sont â
ftl égard d'une justesse incontestable.
1 DiiHins cependant que ce litre d'iitspeitteur général a paru, â militaires et â nous-même , nous l'avouons, iiupliqiier
490 LBS TRANSFORMATIONS DE l'aRMÉB FRANÇAISE.
pour les officiers généraux investis de ces fonctions une sorte d'infériorité.
En fait, ces officiers généraux, pas plus que ceux qui commanderont Tartillerie d'une armée, n'auront, comme le fait observer M. le général Pierron dans ses Méthodes de guerre, à escadrotmer avec quelques pièces. Ni Songis, ni Lariboisière, ni Sorbier, qui ont commandé dans les guerres de Napoléon Tartillerie de. la Grande- Armée et qui possédaient à un haut degré la confiance de l'Empereur, n'ont joué ce rôle, mais Sénarmont à Friedland et à Ocaûa, Lauriston à Wagram, Sorbier à la Moskowa , Drouot à Hanau et Lutzen , Charbonnel à cette même bataille de Lutzen, ont, en dirigeant de nombreuses batteries, exercé plus d'influence sur la victoire que si l'artillerie fût restée morcelée entre les divisions et les corps d'armée. A la bataille d'Eylau, le 8 février 1807, s'il est permis de citer un fait aussi ancien à propos de nouvelles méthodes de guerre, Benningsen envoya un général d'artillerie russe, raconte Jomini, escadronner avec 60 pièces d'artillerie légère, contre le corps d'Augereau formé en colonnes d'attaque, et le corps d'Augereau fut anéanti. Toute l'artillerie du quatrième corps d'armée, réunie sous le commandement du général de Lariboisière, précéda, le 14 octobre 1806 sur le plateau d'Iéna, les troupes de ce corps d'armée et contribua puissamment au succès des attaques de Lannes. Si à la bataille d'Albuera, en 1811, le général Rnty n'avait pas réuni sous son commandement les 42 bouches à feu du maréchal Soult, ou plutôt si le maréchal lui-môme n'avait pas prescrit la réunion de toutes les bouches à feu de l'armée sous les ordres du général commandant l'artillerie, ces 42 pièces disséminées entre les mains de généraux de division qui ne savaient pas les employer, n'auraient pas préservé l'armée d'une déroute imminente et infligé à l'ennemi des pertes telles qu'il fut dans l'impossibilité absolue de suivre le mouvement de retraite du mai*échal Soult.
Marniont, commandant l'artillerie de l'armée de réserve, n a abandonné à personne le soin de disposer les 18 canons dont le tir arrrta net, le soir do la bataille de Marengo, la colonne victorieuse dos grenadiers autrichiens. Quelques mois plus tard, à l'armée d'Italie, il plaça lui-même toutes les batteries pour le passage du
OBS.VNISATION QËXÈHALR. 491
tincio. Ce qui ae l'empêcha pas d'écrire dans ses Mémoire* ; Quelle que frtt pour moi la séduciion du sei-vice de l'artillerie, de la direclion de ses grands travaux, pour laquelle j'ai un si vjf attrait, la gloire du champ de balaille avait toujours à mes yeux la préférence, et l'on ne l'obtient qu'en commandant des soldats. Le Bervice de rartillurie, si important, maifi toujours secondaire, it pour les chefs terne et sans éclat. Et cependant que de soucis, de tourments, d'angoisses l'accompagneut à cause des dilDciiltés de son administration!.. ' >
Les choses ont un peu changé depuis le temps où écrivait Mai'- • lont; l'artillerie no devant plus guère agir qiie par groupes, les tieffi d'escadron et môino les colonels vont prendre l'importance a'avaiant les capitaines. Quant aux généraux, il n'est que trop li que leurs fonctions sont ternes et ingrates, et que l'adrainisration dont ils ont la responsabilité est de nature à leur causer bien es soucis. La consoinmation des munitions est essentlellemenl Ignlière ; en cas de désastre, le ravitaillement présente les plus raades dinicultés, et tandis qu'on ne sait pas beaucoup de gré à (lui qui les suimoute, on prend l'artillerit; pour bouc-émissaire B la défaite si les munitions viennent à manquer. Bien plus, lors iflme qu'elles ne nianquoai pas, on ledit: c'est si commode et c'est bien dans le caractère français de s'en prendre à tout, excepté à i-môme'. Après la bataille deMontereau, Napoléon a écrit': « Un Btcier d'anillwle qui manque de munitions au milieu d'une ba-
l.Méinoiiei, 1. Il, p. 2|N.
!. A Porcs, lors de rnfTulri^ di- Chillîlloa, le 19 septembre ISTO, dUB ruyardu iinUeBl on disant qu'ils n'avaient plus de cnrtoucbes ; on touillu h la m&lrio T* UTOodi aïeul eut qucl<]ues-uns du ces hommes ; on Irouvn sur t^ux Jusqu'ï nnoiiches; nous li^nuns ce Htil du malro lui-même. U'aulres Jei<<renL loiir^ 1ou0hL-s riins lu Seino pour pouvoir dire qu'ils n'en avaii'ul pas. Noua avons , vi^rs le 15 août, témoin d'une vivn l'molïan populaire excilùo pur If rècii n Roporal du 16° râgiment d'infituterie qui, acoom|mgné de quelqui'^ houimes son rp'Kimenl avec armus et bogagi-s, ntliiil nu bureftu di> l'intt'nilance ; il "iii ..i .1 ■ ;',M .'Il la liaulllo de FrœsKhwiller, on son régiuianl n'avuU pSa : ; iiiiaonuit au 3< eorp» d'urmée. i Nous nous aumiucs (l<^r«n- 11 |j dprni^rccïIréntilA, ?t iiousn«niinin«s retirés que quand
" '" -. |< ..~ i|.' nnrioucbcs, B Iiâ-il<!S9ns, lu Toule qui s'était nmossAo au-
i -i^ i.:n .|,i,,Li.' uu cinq suMuls, s'écria avec indignotiun : < On laisse l'armée ntjuur de muuilions... 'Trahison 1... » Et il y ont cotninn unii énicuto que 13 pftmc» lleu^t^uspmenl apaiser l'ii rofnnt la caporal il fliirn Taveu qu'il tail encore Atsistù n aucuuuliatnille.
an major g<ân<^ral. CbAtcau du Survilld, 19 Nvrinr IBI4.
492 LES TRANSFORMATIONS DE l'aRIIÉE FRANÇAISE.
taille mérite la mort. » Qu'on y fasse attention! si l'on réduit le rôle (le général d'artillerie à ces détails administratifs, les ofBciers généraux les plus capables fuiront ces fonctions si utiles et si importantes et rechercheront des commandements plus profitables et plus glorieux. Marmont, Lauriston, Foy, Schérer, Vaubois, Bosquet, ont prouvé qu'il était bon de quitter ainsi le service de l'artillerie. Heureusement des exemples plus récents que ceux des guerres du premier Empire, montrent que, sans escadrormer, des généraux d'artillerie peuvent encore jouer un rôle sur le champ de bataille. Les généraux de la Hitte à Sidi-Ferruch, Forgeot à Inkermann et à Traktir, Auger à Magenta, Soleille à Solférino, sans commander d'aussi grandes batteries que celles de Wagi*am et de Lutzen, ont été glorieusement cités dans les rapports ou dans les ordres du jour. Si le maréchal Bazaine eût exercé réellement le commandement de l'armée de Metz, le 18 août 1870, et s'il eût envoyé le général Canu escadronner avec sa belle réserve générale de 96 bouches à feu du côté de Saint-Privat, le dévouement du maréchal Ganrobert et de son héroïque infanterie eût peut-être assuré la victoire à l'armée française. Les 60 bouches à feu de la garde impériale à Wagram n'étaient autre chose que la réserve générale d'artillerie de l'armée, à la tête de laquelle Napoléon, envoya escadronner le général de Lauriston. L'idée qui a inspiré le savant auteur des Nouvelles méthodes de guerre, est évidemment que les généraux commandant l'artillerie n'ont pas à diriger les batteries sur le champ de bataille. Cette id<^e, qui semble prévaloir pour le moment dans les hauts rangs de l'armée, est absolument contraire aux traditions les plus glorieuses du premier Empire. Nous reviendrons là-dessus en traitant de la tactique de l'arme, nous bornant pour le moment à afQrmer qu'il se présentera dans les batailles futures cent occasions où l'artillerie devra être groupée sous la direction de ses chefs naturels et compétents. Nous avouerons cependant que plus on s'élèvera dans l'échelle des conmiandenients, plus ces occasions deviendront rares et que pour l'officier général chef du service de l'artillerie auprès du généralissime, il n'y en aura peut-être qu'une dans toute la guerre. Ce n'est pas un motif suffisant pour lui laisser le titre d'inspecteur général. A l'armée, en temps de guerre, on n'inspecte pas : on commande , et il est
(JH(i\NISAriO.N liÈVÉllALE. 4ti.'î
si abEOlu aient indispeU8ïble de faire coiumiiiider une balleriv (ÎO bouches à feu par un arlilteiir que de mettre uu cavalier â lûle d'unu ligne de 24 escmlrons.
tilVISlON DL TEHBITOIUE.
Jusqu'en 1870 Ips cifconscriptions miliUùi-eB du territoire fraii- Ug n'ont eu iUECQii rapport avec l'organisaLion de l'armée; le coinlandGDieDt des divisions territoriales et des subdivisions avait our objet de veiller à la discipline des troupes, de commander sur service dans les placées et de diriger les opérations dn recrulelenC Maie les uuitéf« de combat, au-dessus du régiment, écliapaient même à ce commandement là ou il en existiiit, puisque les Ivieions et les brigades actives avaient leur couimandemeut parteulior. Les autres nations nous ont devancés dans celte voie, et r ne parler que de la Pi-usse, on avait tenté, dés l'année 1795, de iftrlager le royaume en circouscriptions correspondant aux divisions t aux corps d'armée. Ce ne fut toutefois qu'en 1813 que cette Hviston du territoire fut défmitive,
En France, l'organisation du territoire date de la loi du 15 juillet B73; elle diffère encore de l'organisùliou prussienne sur uq point êsentiel, comme nous allons le voir.
Chacun des 18 corps d'armée occupe une région qni forme à l;i bis sa circonscription de réservi.' pour les troupes actives et sa cironecription de recrulenumt pour les troupes territoriales. Notre ystème militaire est eu effet fondé jusqu'à présent sur le recrutotienl national et sur la réserve régionale. Il résulte de l'article 11 le la loi que nous venons de rappeler, ai'ticlo ainsi conçu: * L'aritnée active se recru le sur l'ensemble du territoire de la France. En I cas de mohilisation, les effectifs des divers corps de troupes et des t divers semces qui entrent dans la composition du coi-ps d'ariAée r eonl complétés avec les militaii'es de la disponibilité et de la I réserve domiciliés dans la région. » L'ai-tillerie, la cavalerie, le [tinie, le train des équipages et les autres services se recrutent sur .'«nsomble de la région du i^orps d'armée, mais pour l'infanterie, iha^e région est partagée eu huit subdivisions respectivement tifectét's AUX liuit réginienls du coips d'armée. Lee divisions de
cavalerie indépendantes, les bataillons de chasseurs à pied ne faisant pas partie des corps d'armée et rartillerie de forteresse, ont leurs circonscriptions spéciales de réserve.
Pour Tarmée territoriale, les circonscriptions de réserve deviennent, comme nous l'avons dit, des circonscriptions de recrutement. Les corps autres que Tinfanlerie se recrutent sur l'ensemble du territoire du corps d'armée, mais chaque régiment d'infanterie (voir le chapitre VII), chaque bataillon, chaque compagnie, a sa circonscription de recrutement qui pour le régiment est la subdivision. Chacune des 144 subdivisions a son bureau de recrutement et les huil; bureaux de la région sont centralisés par une des sections, de Tétat-major général du corps d'armée.
Ces bureaux sont la cheville ouvrière de la mobilisation de l'armée ; ils ne doivent jamais perdre de vue, dans les positions qui résultent successivement de leurs âges, les hommes légalement domiciliés dans la subdivision jusqu'au jour où, ayant accompli la diirée totale de leurs vingt ans de service, ils échappent à toute obligation militaire.
Les départements de la Seine, de Seine-et-Oise et du Rhône, placés en dehors des régions de corps d'armée, sont l'objet de dispositions spéciales qui les rattachent par fractions déterminées aux régions voisines.
Le tracé des circonscriptions a été étaJ3li d'après plusieurs règles fondamentales :
1** Nécessité de répartir aussi également que possible les ressources du recrutement ;
2"* Utilisation des ressources en casernement existantes ou à créer ]
3"" Obligation, posée en principe, de ne toucher à aucun département ni à aucun canton, c'est-à-dire de ne scinder aucun département entre deux ou plusieurs régions, ni aucun canton entre deux ou plusieurs subdivisions.
Chaque corps d'armée est commandé par un général de division,
nommé en conseil des minibtres pour une période de trois ans et
dont les pouvoirs ne peuvent être renouvelés à l'expiration de ces trois années qu'en vertu d'un décret spécial, rendu également en conseil des ministres* Un otïicier général estdésigné d'avance pour
ÙKaAMSATION UËNËHALIi. 405
fendj'O lo comiUiiiidemenl du chaque régioa apréi? lit départ du Irps mobilUt^.
1 n'indique dans la loi que les coi'iis d'armôe soiaiit altacliéb
ine manière imiuuabli; am régioBB qui leur ont lîté affectées daûs
^principe, non plus que les vêgiiuents aux subdivisions. I.esdivî-
ton» de cavalei'ii; peuvent égalcmenL ^Ire chaugées de ^'aniifiOn
I tact DU eu partie.
ÉQutmtù l'iinnée temloriale, l'article ^4 de la loi du 24 Juillet
■78 porte que les corps de Iraupe qui en font partie peuvent ôlre
■ectès en temps de guei're à la garde des places fortes, auK postes
I aux ligues d'étapes, à la diM'ense des côtes et des poiuts etralé-
iU peuvent aussi être lormés en brigades, divisions et corps
mée, destinés à tenir campagne. Enfin ils peuvent être détachas
r faire partie de l'armée active.
I Telle est, daus ses ligues principales, l'organisation actuelle de
mée. Quoiqu'elle constitue dans son ensemble im progrès re-
■quable vis-à-vis du passé, cette organisation a donné lieu à
uses nombreuses critiques, dontaous allons examiner successive-
mt Itis principales. Outre les questions que nous avons déjà dis-
Btées, telles que la permanence et la composition du corps d'armée,
juoue reste à étudier : ^
11' La désignation faite dès le temps de paix des généraux com-
jit les corps d'armée et les divisions de cavalerie indépen-
'*Ia ilxatiou à trois ans de la durée du commandement des 6 d'armée ;
13* Le tracé des circonscriptions actuelles, critiqué au double bitit de vue do l'inégale répartition des ressources du casernelent et des difËcullés de la concentration;
I 4" Le système de recrutement national auquel on demande de ibstituer le remuement régional;
I 6' Le mode d'emploi du personnel de l'armée teniloriule. 1 Nous avons vu par quels motifs ou s'est décidé, en 1873, â con- ICrer pat la loi la permanence des coips d'armée et pourquoi l'on ■cru devoir passer outre aux inconvénients que pouvait présenter ^te permanence. Ces motifs sont prépondérants, mais ils ne déiitseul pas les défauts de l'organisation en vigueur. Nous trou-
vons un de ces défauts, celui qui résulte de la désignation des coin> mandants de corps d'armée dès le temps de paix, développé par un homme dont on ne contestera certes pas la compétence, mais qu'on ne s'attendait pas précisément à voir soutenir une telle opinion.
« Par cette organisation » (l'organisation ou plutôt le défaut d'organisation de Tarmée française an moment de la guerre d'Italie de 1859), « par cette organisation», dit M. de Moltke, « il devient « possible de rendre pleine justice aux qualités personnelles des ofK- « ciers, on n'est pas dans la triste nécessité de mortifier les vieux « généraux de mérite qui ne sont pas capables de servir en leur c otant les troupes, et on a cependant une liberté entière de placer « à la tête des grands coi-ps de troupes des généraux d'une apti- « tude militaire particulière ; on n'est pas gêné par la date de leur « brevet \ . . . »
Nous comprenons cependant tout l'avantage qu'il peut y avoir à faire commander par un général dès le temps de paix, le corps d'armée qu'il doit conduire à l'ennemi. Outre qu'il apprend ainsi à connaître son personnel, il apporte à la préparation de tous les détails un soin et une ardeur qu'on ne saurait attendre d'un chef moins intéressé aux résultats de ce travail préliminaire. Mais si l'on examine la question de près, on verra que dans l'armée franraise la moitié à peine des commandants de corps d'armée du temps de paix consei-vera son commandement après la mobilisation, car sur 19 commandants de corps d'armée, il faudra prendre à ce moment les chefs de 7 ou 8 armées de première ligne ou de réserve, peut-être le major général, peut-être même le ministre de la guerre. 11 faut donc être logique et se décider entre deux systèmes opposés l'un à l'autre, mais différant tous les deux du système actuel, qui est d'ailleurs plein d'inconvénients.
Certes, la décentralisation a son bon côté, elle permet la prompte expédition de bien des détails que l'intervention d'une autorité centrale retarde forcément. L'administration de l'armée est une machine compliquée, et plus le nombre des rouages à mettre en mouvement sera diminué, plus le mouvement sera facile à régler. Autrement dit, il est plus simple i)Our un ministre de correspondre
l. Jtécit de la yiicrrc 0' Halte eu I8ôî>, p, li.
onG*Ma.vTioK qén6halb. 497
c 19 ou 20 commaddauts do corps d'aimée qu'avec 39 gônôraux division et 20 inlendants laîliUiireg, 20 commandanta de l'ar- Uopîe ou du géuie, elc, mai» plus la décentralisation est grande, aBl'autorilé centrale doit âtrepuissamiuenl année contre tout écart liBant à l'unité de l'action. Or, dans le système actuel, chaijue trps d'armée tend à former, si l'on n'y prend garde, une sorte de Oconsulat ou de pachalick se gouvernant à sa guise, du moins 3 certaino limite. Le commandenient d'un coi-ps d'armée > confère pas le grade supérieur, mais il entraîne pour celui qui i est revêtu des privilèges d'un autre genre. En rendant les mandants de corps maîtres presque absolus de l'avancement !B officiers, on en a fait des puissances vis-à-vis desquelles le liolstre de la guerre est presque désarmé. Comment, en etfet, poui- Ût-il agir? Par ses bureaux 'i" Quel est celui des directeurs du miistère qui soit assez assuré du lendemain pour tenii- tôte à un tanmandaut do corps d'armée dont dépend peut-être ce lendemain? (âr le corps du contrôle? Il n'intervient ni dans le commandement, [ dan» l'instruction, ni dans la discipline, ni dans rien de ce qui lit la force de l'armée. Par les inspections générales? Elles sont bsolument illusoires. Les commandauts de corps d'armée s'inspecmt eux-mêmes.
On méprise aujourd'hui beaucoup le passé. Il est bon cependant
e recourir parfois aux lerons qu'il nous donne. C'est par les iiis-
Ktions, et uniquement par ellea, que l'unité de l'armée a été créée
DUS Louie XIV et Louvois, c'est par elles qu'elle a été maintenue ;
iB inspections bien laites, c'est le ministre qui plonge dans tous
e détails, qui voit tout, qui sait tout et peutremédieràtout. Plus
'inspections ou du moins rien que des semblants d'inspection,
'eet le ministre responsable qui est à la merci de tous. M. le comte
S Saint-Germain avait, au nombre de ses réformes, mis la sup-
reegion des inspections. < Il réforma les inspecteuis >, dit â ce
iljet un militaût; du temps, ■ bons partout et dont ou ne peut se
■ passer en France '. •
n faut donc, ou supprimer en temps de paix, non pas la perma-
mce des coi'ps d'armée, mais la désignation de leui's c