‹ Les transformations de l'armée françaiseChapitre 147 sur 174 · Général Susane, Histoire de l'infanterie, t · texte numérisé non relu

Général Susane, Histoire de l'infanterie, t

ORflANIBATION aÉNÉRALC. 501

HQseil supérieur de la guerre en renouvelant chaque année leurs itlres de rommiiodemenl. En principe, ils seront iodéûnimenl lainteoue; à titre exceptionnel, ils seront changés. Le niL^conteniment d'un homme, si respectable qa'ii soit, ne saurait entrer en llance avec le salut du pays.

Pour le commandement des divisions de cavalerie indôpendan- !B, la question ne nous semble pas faire doute, et nous n'avons ie besoin d'ajoulerque cette question, comme celles des commandais d'armée, nous la Irai tons en dehors de toulee les personnalités [istantes. Nous ralgounons comme si nos 19 corps d'armée et [>3 G divisions de cavalerie indépendantes étaient commandés par fi généraux X., Y., Z., ou plutôt nous ne parlons pas pour ijourd'hui, nous ne pensons qu'à demain. Le commandement ipérîeur d'une forée importanle de cavalerie exige, de l'avis de lUB les généraux qui ont écrit sur la guerre, des qualités exceponnelles, et les citations que nous pourrions faire à cet égard, ml pour ainsi dire classiques. Qu'on nous les pardonne cepeninl; tout le monde ne Ifs sait pas par cœur. C'est Marraonl abord qui nous dit: « Ces qualités se rencontrent si rarement dans la mi'me personne qu'elles semblent presque s'exclure. 11 faut d'abord un coup d'œil prompt et sflr, une di^cision rapide, qui n'exclut cependant pas la prudence, c»r une erreur, une faute commise en commençant un mouvement sont irréparables. Quand il s'agit de masses considérables, il faut des qualités supérieures et un mérite particulier. Rien de plus raie qu'un homme sachant les conduin"' et s'en servir à propos. Dans les armées franraises, on en a compté'trois ppndant vingt années de guerre : Kellermann, Monthrun et Lasalle ' » ; on peut sans crainte ajouter Murât, pour .champ de bataille. C'est encore le général de Brack, que nous I pouvons que résumer ici : ■ Le sentiment juste, l'appréciation froide, mathématique, la rapidité et la sflrelé du coup d'œil, la promptitude de détermination et d'action, l'élan qui enlève toul, ii fermeté qui ne désespère de rien, le snug-froid, la bravoure qui donne l'exemple, vous avez l'homme d'élite qui, en toutes

I. Eipril des liullliifiont mlUinéret, î« parlii?, chap. 1". Les ii tnAi ont BOiivnnl reprorlim cps passoges.

« circonstances, lient dans sa main cent escadrons comme un, les « arrête comme un seul homme, enlève ou arrache la victoire, lui < impose comme à une maîtresse ^ »

C'est surtout le général Foy qui s*élève jusqu'à la plus haute éloquence, en faisant le portrait du général de cavalerie :

« Eussiez- vous im coup d'œil plus rapide, et un éclair de déter- « mination plus soudain que le coursier emporté au galop, ce n'est « rien si vous n'y joignez la vigueur de la jeunesse, de bons yeux, « une voix retentissante, l'adresse d'un athlète et l'agilité du cen- « taure. Avant tout, il faudra que le ciel vous ait réparti avec pro- « digalité cette qualité précieuse qu'aucune ne remplace, et dont

« le ciel est plus avare qu'on ne le croit communément : la

« bravoure. »

L'histoire fournit mille exemples d'actions extraordinaires de cavalerie, uniquement dues à l'entraînement d'un chef ; nous en avons déjà cité plusieurs, en voici un de plus, emprunté aux Mémoires de Saint-Cyr sur la campagne de 1812 : à la deuxième bataille de Polotsk, le chef d'escadrons Curely s'élança sur la cavalerie russe à la tête d'un escadron de chasseurs et d'un escadron de lanciers polonais avec tant d'à-propos et d'élan, qu'il enleva 200 prisonniers, 12 canons et le général en chef de l'armée ennemie. Au combat d'AltafuUa, en Espagne, le même officier culbuta l'armée espagnole avec deux escadrons de chasseurs, la poursuivit et lui fit plusieurs centaines de prisonniers. Par contre, on pourrait citer vingt exemples où l'inertie de la cavalerie, causée par l'hésitation de son chef, a perdu l'armée ou diminué ses succès ; témoin, la cavalerie autrichienne , à la fin de la bataille de Marengo. Si Murât eût commandé la cavalerie française à Wagram, la victoire eût été bien autrement décisive, et pour en revenir toujours à l'histoire contemporaine, si un Kellermann, un Lasalle, un Montbrun ou un Curely eût commandé les 14 régiments de cavalerie qui formaient à Coulmiers la droite de l'armée du général d'Aurelle, le corps bavarois eût certainement été détruit ou fait prisonnier tout entier.

Ainsi, le commandement d'une division de cavalerie exige non

. I. Avant-postes de cavalerie légère, chap. TI.

OnCANlSATlON OfiNÉR*LB. 503

int den qiialitéB marales, mais des aptitudes physiques que

temps ou la fatigue peuvent altérer et même complètement mular.

CertttS, il suffit d'avoir la vigueur de la jeunesse, et non pas la iinesse elle-m^me, ce qui n'est pas toujours la mâme chose, liicher, né en 1742, avait plus de 50 aus quand il se montrait mire notre urmée du Bhln, un des commandants de cavalerie igère les plus hardis et les plus inTatigables. Stengel, ancien Joael des hussards, les uns disent Berchiny, les autres Chamiraad, au début de la Révolution n'était plus jeune, lorsqu'en 1796 méritait dans les Mémoires de Napoléon une page qui suffirait à iuiîtrer un homme. Mais Seydlitz, né en 1731, avait 36 ans à la ^taille deRossbach, Murât avait 27 ans à Aboukir et 42 ans seulekent à Dresde, la dernière des victoires dues à ses brillants esca- Kellermann, né en 1770, avait 30 ans quand il décida par le charge audacieuse le gain de la bataille de Marengo. Moutavait 3S ans à Somo-Sierra, Lasalle en avait 23 quand il inversa l'infanterie autrichienne à Rivoli. Auguste Colbert, qui fmmandait, à Elchiogen, à léna et à Guttstadt, la cavalerie de ey, fut Lue à 29 ans, Montbrun à 42 ans, Lasalle à 35 ans

Stuart, le brillant cavalier des Confédérés, â 30 ans. * Jeune, ainhitieu): , brave comme ëo» épi^e, joyeux, riant et plaisantant sans cesse», dit im auteur améiicain, « il était l'idéal du beau cavalier et se fit adorer de ses soldats '. » La jeunesse esf inc pour un général de cavalerie une qualité de premier .ordre;

n'est pas jusqu'à sou aspect extérieur de brillant cavalier qui 'ait Eoii influence. Nous ne prétendons certes pas qu'en pleine :tXf avec noire avancement régulier, il sorte des rangs de nos Igiments de cavalerie quelque Stuart ou quelque Montbrun, ais supposons qu'un mérite éclatant se produise, pourquoi lui ,er d'avauce le chemin du commandement? Les Allemands, sont bien convaincus et ne se gt'nent pas pour dire que la rDchaiue guerre débutera par un grand combat de cavalerie dont

résultat influera d'une manière décisive sur la suite des opéraiM, ne désignent pas d'avance les généraux commandant leurs

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