én«'îral Susane, Histoire de l'infanterie, t
Onr.ANISATlON OÈN-ÊllAI.E, ii07
B conséquence? d'une calamilé pareille, frappaut un régiment ^ cloparlemenuil, un corps d'armée recrulé dans une eeulc région ' !...
Uarmont, donl nous finirons par citer presque en entier le livre î EUb6tantiel,.juge la question tout dillépeinment en résumant les yiiguments pour et contre:
« Il resterait >, dit-il, «à déterminer lequel est préférable de ces i deux syetèmes : placer dans les mêmes régiments les recrues d'un môme pays ou les répartir dans différents corps. Gliacun d'eux a avantages et ses inconvénients. Mais mon opinion est en fairdu premier systftme. Pour commencer par les inconvénients, ce Byetème donne aux soldats un esprit de localité et de province qui, après les nombreuses rémlutions que nous avons éprouvies tu tirait pas sans danger itann trIUs circonstimeti à prévoir; peutêtre aussi diraimie-t-il en lemps de paix l'esprit militaire et tend-il à faire une réunion de paysans plutôt que de soldats; 'mais ces inconvénients sont d'un remède facile si l'on veut mul- 'tïplier les rassemblements et prolonger la durée des Mmps d'instruction.
• Quant aux avantages, ils sont grands et incontestables. Sons le rapport de l'adminielration, le recrutement est plus facile: le 'ptœtge du pied de pais au pied di- guerre est merveilleusement simple. Sous le rapport moral, on ^oute aux sentiments d'honneur 'ijni rendent tous les soldats solidaires de la gloire de leur régi- 'luent, en leur donnant en même temps la tâche de défendre la réputation de la province oit ils sont nés, C'est uu mobile de plus. Un nouVfel encouragement. Ensuite un soldat distingué est ré- 'compensé de sa bonne conduite par ta considération dont il jouit B son corps. Or le système suivi en France le prive de cet avantage ; quand il est retiré du service, rentré chez lui, il n'est ^lus ronuu, il perd le plus digne pris de sa vie, la bonne renommée qu'il a acquise. Elle le suivrait au contraire dans ses foyers 'e'îl y trouvait les compagnons de sa jeunesse et il y resterait entouré jusqu'à sa mort de l'aun'ole qu'il aurait méritée etobtenue'. »
C'est dans ce même ordre d'idées que l'officier allemand, auteur de Tétude intitulée la France est-elle prête? a pu dire :
« L'esprit militaire n'est pas inné chez les Français, il ne 6*est « pas transmis chez eux de génération en génération, et les efforts « que fait maintenant le Gouvernement pour le leur inculquer dès « l'enfance ne peuvent pas avoir le même effet que chez nous la « tradition. Chez nous, le grand-père, le père et le fils ont appartenu « au même régiment et l'enfant écoute les récits tantôt gais, tan- « tôt graves que lui fait son père du service de soldat \ »
C'est, paraît-il, une des considérations exposées par Marmont, celle-là môme que nous avons soulignée, qui décida en 1873 le vote de l'Assemblée en faveur du recrutement national. En dehors de là, toute l'argumentation du rapporteur consistait à reproduire et à combattre les opinions que nous venons de citer. Mais le nœud de la question se trouvait dans ce passage du rapport :
« Après les révélations de l'enquête ouverte sur les actes du « gouvernement du Quatre-Septembre et les tendances séparatistes « qu'elle avait mises en lumière, on devait redouter, pourlemain- « tien de l'unité française, les dangers de l'esprit provincial, et les « douloureux événements qui s'étaient accomplis sous nos yeux en « 1871 n'étaient pas de nature à atténuer cette crainte. Il n'était « pas possible, dans de pareilles conditions, de songer à constituer « chacun de nos corps d'armée avec des éléments exclusivement « tirés de la même région, et le système national s'imposait de « lui-même à votre commission, au moins pour le recrutement de « l'armée active, comme une nécessité de notre situation présente « et comme lia conséquence de notre constitution politique et de « notre unité nationale qu'il fallait à tout prix sauvegarder. »
Le système national fut donc adopté, mais avec une modification considérable relative au passage du pied de paix au pied de guerre. Déjà en 1828, le général d'Ambrugeac, rapporteur du conseil supérieur de la guerre, avait proposé un système de réserves fondé sur le principe régional ' ; de son côté, le général Morand dans son projet d'organisation générale de l'armée, renvoyait en cas de rappel les