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Duc d'Aumalc, les Institutions militaires de la France

OAOA.MSATIUN (iÉNÉBAtE. 509

âôii congé non pas dans les réf^imentB ou ils avaient reçu

r éducation militaire, mais, pourôpai-gner le temps et ia dépense

Il voyage, d;ins le régiment qui se trouvait le plus rapproché. La

^bilisalion de l'armée eu 1870 démontra, de la façon la plus ôvi-

iQle el la plus désastreuse, la juslesse de cette idée en donnant

bu pendant pluGieurs Jours à uue complication inextricable de

Kiisports de petits détachements de réservistes se croisant dans

8 les sens, rejoignant d'abord les dépôts de leurs régiments pour

|étre armés et équipés et aller easuite retrouver les l>alailloDs

Bli/s, Chose qui paraît incroyable au premier abord, mais qui s'ex-

lique tout naturellement pour peu que l'on entre dans te détail des

kts, pluBieiTre de ces détacbements, dont le nombre s'éleva à près

k 4,000, n'arrivèrent jamais à destination et firent la guerre dans

patres régiments que ceux auxquels ils appartenaient '. Il fallait

I tout prix éviter le retour d'un pareil état de cboses, et l'on décida

|l coDtiéquence que chaque régiment d'infanterie serait complété,

bcasde mobilisation, parles réservistes domiciliés dans la subdivi-

Ion de région. On est tombé ainsi dans un inconvénient bien plus

rave à uos yeux que ceux du recrutement franchement régional . Les

■eervietes ne sont pas rappelés dans le régiment où ils ont passé

■ura quatre années de service actif, et un régiment complété au

Uod de guerre comprend des hommes formés à ia vie militaire

] ou 25 régiments âiHérents ! L'armée ainsi constituée est

iBUt>£trQ homogène, en ce sens que tous les régiments se res-

iblent et présentent tous le même défaut, mais chaque régiment

faneidéré à part est un assemblage hétérogène d'hommes qui n'ont

i reçu la même éducation. Gomme, d'ailleurs, les rései-vistes

jrœeiit près des deux tiers du régiment mobilisé, ce régiment est

rasque autant un régiment provincial que e'U avait été primitive-

inl recruté dans la région, et l'on a pris ainsi les inconvénients

a système régional eans en avoir tous les avantages,

, Pour nous, le recrulement régional est la conséquence et le

lémenl nécessaire de l'organisation des corps d'armée per-

I I. Voir ta Qatrre moderne, par te colgnal Dorrôcagaii, p. W4, i, !•'. Noua ROM biA personuellemi-Dt iulii» ii plus de tll^i l'ails anaJogiiea ù couv qui suai "' dans Ou livre Joni lys wnseiBuemenla sont d'ailleurs des plus prûut» Brolr iko cliujiliro de lit Mabilini(ioii).

manents, et notre système actuel est un système bâtard qu'il faut se hâter de' réformer. Le danger signalé dans le rapport de 1873 n'existe plus aujourd'hui, et il est à souhaiter que Ton puisse dire de notre organisation ce que M. l'intendant Lehaussois disait de celle d'Allemagne dans une conférence faite le 16 février 1872 à la Réunion des officiers :

« Depuis l'âge de raison, la plupart des jeunes gens savent le « numéro du régiment dans lequel ils serviront. Beaucoup même « connaissent leurs officiers. Dans la province, chacun connaît le « nom, le caractère et les qualités du général commandant le corps « d'armée, des généraux de division et de brigade. . . . Les généraux « allemands, les commandants et les offlciers des régiments ne sont « pas seulement portés à s'occuper des soldats sous les armes. « L'éducation donnée aux conscrits futurs, l'état des esprits et des « mœurs dans la contrée sont pour eux l'objet d'une sollicitude « constante, car toutes ces choses les touchent directement \ »

Depuis 1873, d'ailleurs, le ministre de la guerre a marché lentement mais d'un pas sûr dans cette voie. Dès 1873, le recrutement régional a été appliqué à l'artillerie et au génie. On a été ainsi à même de constater les avantages réels de ce mode qui simplifie toutes les opérations de l'afTectation, de l'incorporation, de la réunion, de l'instruction et de la mobilisation. Aussi, une décision ministérielle du 2 juillet 1877, signée Berthaut, en étendit-elle l'application aux régiments de cavalerie, au train des équipages, aux sections d'administration et aux bataillons de chasseurs à pied, en se bornant à ne pas laisser les recrues dans leurs subdivisions d'origine. En outre, les hommes de la 2® portion durent être toujours versés dans le régiment de leur subdivision.

L'infanterie seule, et pour la première portion du contingent, se recrute encore conformément à la loi du 15 juillet 1873. Nous le répétons, il faut en finir avec ce système bâtard. Une décision ministérielle qui vient d'être prise au moment même où ces pages sont sous presse semble annoncer que telle est l'intention de nos gouvernants.

Il est cependant une objection qui ne manque pas de justesse et

l. Vittré, Cavalerie française j cavalerie allemande , p. 36.

ORfiANISATlUN lïÉNERALE. 511

ni il [audm U-nir compte dans l'applicalioii du système du reitement régional. C'est la dîHiciiltii du rfcriitemenl des cadres as certaines régions. Le remède à cet ia(!onvénient est bien nple î il a déjà été employa pour les chasseurs à pied et, croyonsus aussi, pour la cavalerie. Il consiste à verser dans les corps

I moins favoriHÔs à ce point de vue des détachemeDts prélevés r leB régions voisines, plus riches en sujets instruits.

EMPLOI DES nBssounceB OB l'ahuëb TEttnrTaniALE.

II Dous reste à discuter le mode d'emploi des ressources coasi- Irables fournies par l'armée territoriale. Ce mode d'emploi est iterminé jusqu'à présent par l'article 34 de la loi d'organisation, u termes duquel il ne semble pas légal d'utiliser les soldats teritoriaux pour combler les vides qui pourraient se produire dans li rOgimanls actifs, ni nit'me, à la rigueur, a-l-on prétendu à tort, 'amalgamer des unités de l'armée territoriale avec celles do l'arlée active, de manière à former des régiments mixtes. Et cepennnt, ces deux mesures sont indispensables, si nous voulons mettre lOs forces militaires au niveau de celles de l'Allemagne dont les

irauUons de 2' ligne nous sont assez connues pour nous permettre . le nous en faire une idée.

La création de notre armée territoriale étant venue compenser . peu près l'existence delà landwehr; les Allemands ont voulu epi-endre la supénorité qui leur écliappail, en donnant à la landvehr un force nouvelle et, pai' la loi militaire du 4 mai 1874, iU lut posé en principe que tous les hommes de la laudwehr pour- 'aient être piiremimt et simplement versés dans l'armée active »mme s'ils appai'tenaienl encore à la réserve.

A cet effet, tous les hommes non présents sous les drapeaux et l'ayant pas atteint la limite d'âge fixée pour te service dans la landeontnJunis dans une seule et même catégorie, le Beurlanhien-

laïui, et aux termes de l'article 63 de la loi de 1874, en cas d'une augmentation d'effectifs ou d'une mobilisation, les hommes de cette catégorie sont rappelés sous les drapeaux, suivant les besoins et, autant que l'iniérf^t mililaire le comporte, dans l'ordre des classes, la plus jeune devant être appelée la première. Hln outre, les

officiers de la landwehr peuvent, en cas de mobilisation, être employés dans Farmée active pour y remplacer par réciprocité les officiers pourvus d'un commandement dans la landwehr.

Si nous sommes bien renseigné \ les Allemands obtiendraient de cette façon, pour l'infanterie, les imités suivantes :

1^ Bataillons de Tannée active, complétés avec les hommes des plus jeunes classes de la réserve, des officiers de réserve et de la landwehr 504, dont 18 de chasseurs.

2^ Bataillons de campagne (correspondant à nos quatrièmes bataillons) complétés avec une partie du reste des réservistes et les plus jeunes classes de la landwehr . 166, dont 5 de chasseurs.

3° Bataillons de réserve de campagne, formés exclusivement de landwehriens avec un certain nombre de cadres et d^offîciers de Tannée active 240

4° Bataillons de garnison ou bataillons de dépôt, formés avec les classes les plus anciennes de la landwehr et un certain nombre de réservistes (non compris les dépôts) 129 bataillons de garnison.

Total des formations de 2* ligne (non compris

les dépôts) 535

Les bataillons de campagne paraissent devoir être employés partie dans les garnisons (40 environ), partie à former des régiments mixtes par leur amalgame avec les bataillons de réserve de campagne. Le surplus des troupes de seconde ligne formerait des brigades, des divisions et peut-être môme des corps d'armée.

Les ressources que nous avons à y opposer , en ne comptant ni celles des troupes spéciales d'Algérie qui n'entrent pas dans la composition du 19® corps mobilisé, ni les compagnies de dépôt des bataillons de chasseurs, ni l'appoint fourni par l'infanterie

l. Renseignements particuliers joints à ceux que donne M. le commandant Hau dans son État militaire des principales puissances.

noN aËNÉiiALE. 513

e , ni les baUilloiiB de douaniers tt de foreotier»), toin-

Balailloua actifs 487, dont BO Ji^ chuHsoiit

■ Quatriûme» bataillons U4

* UataillonB d« défit du l'armée active. , . 144

BatailloDS du dépôt de rarmée teriitoiiaJe , 145

f Batftillooa de l'iafaDCcTiL' territoriale . . , 43â

!'«tal des balailloos i

te» dépôt»). . ,

' ligne (y comprit

L'auteur de la France esl-clle prête? ajoute à ces forcée de 1" et de 2* ligne : 32 bataillons cl 2 compagnies de douaniers, 65 compa- [nies el 25 eections de (oresliers. La Frauce aurait donc, mi^me en enaul compte des dépôts de l'ai-mëe allemaade qui, n'existant pas ta tetnpE deiiiiiï, n'ont pu enirerdans le calcul ci-deseus, uue cer- Kine 6upéi-iorilé numérique, mais en réulité cette supériorité détendra du mode d'emploi des unités dont ou dispose.

Nos forteresses exigeront, pour leur garde, un grand nombre de [uatriëmes liatailluns ou de bataillons territoriaux. Le surplus des Quatrièmes bataillons pourra sans doute former des régiments, des brigades ou des divisionti mixtes pur l'aïualgame avec les bataiUons . tcrnioriaux. A cet éyarJ nous nt; savons ni /le dcvona rien saiwr, Lous raitonnouB uniquement d'après ce qui est public. L'ai'ticle 34 le la loi du 15 juillet 1873 porte, en effet, que les corps de troupe e l'armée territoriale peuvent être détachés pour faire partie de l'armée activu, et l'expérience de 1794 a démontré que la meilleure lanière de fondre les deux armées était d'amalgamer les balaillonB pour fonner des régiments.

En ce qui coucerne la cavalerie, nous avons vu plus haut (chapitre ni) que les formations de seconde ligne s'élèveraient, pour l'année allemimde, à 241, savoir: 93 escadrons de dépôt el 148 es- Sadrons de réserve, formant 37 régiments de 4 escadrons mobiles îOiutitués avec l'excédant des réservistes non employés dans les MCadi'ODs de 1" ligne, et les landwebrieus de la cavalerie '. A cela,

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