‹ Les transformations de l'armée françaiseChapitre 15 sur 174 · Susane, Histoire de la cavalerie, t. II, p · texte numérisé non relu

Susane, Histoire de la cavalerie, t. II, p

« faites par une poignée d'hommes nous montre assez le danger « de placer sa confiance dans les levées en masse. Tout un peuple « debout n'est redoutable qu'à la condition d'avoir gardé le goût « et l'habitude des armes'. »

Et dans un livre tout récemment publié, un auteur allemand a complété cette pensée en la traduisant dans un sens prophétique: « Si du regard on plonge dans l'avenir, on apercevra le temps où les « millions armés du temps présent auront fini de jouer leur rôle. « Un nouvel Alexandre surgira qui, à la tête d'une petite troupe « d'hommes parfaitement armés et exercés, poussera devant lui « les masses énervées qui, dans leur tendance à toujours s'accroî- « tre; auront franchi les limites prescrites par la logique ^ »

L'auteur allemand ajoute, il est vrai, que le moment où s'opérera celte transformation est éloigné encore, mais qui sait avec quelle rapidité la décadence peut marcher, malgré les progrès de l'organisation matérielle des armées ?

Quoi qu'il en soit, retenons ces paroles par lesquelles se sont rencontrés deux écrivains aussi différents d'esprit que de nationalité, tant pour ne pas accorder une confiance exagérée à nos gros bataillons que pour ne pas Irop croire à la puissance de ceux de nos adversaires. Tout en nous pliant à la nécessité d'opposer le nombre au nombre, cherchons ailleurs la condition de nos succès futurs. Écoutez donc, dirons-nous aux jeunes ofiiciers, les conseils que l'auteur d'un ouvrage tout récemment publié a mis dans la bouche de Napoléon :

« Pour apprendre à vaincre, faites en sorte de raff'ermir en vous « les qualités qui de tout temps furent le gage du succès : l'instruc- « tion unie au courage et à la discipline'. »

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