‹ Les transformations de l'armée françaiseChapitre 155 sur 174 · Les Institutions militaires de la France, page · texte numérisé non relu

Les Institutions militaires de la France, page

2. Nous avons ucccplé les cliiirres dunocs pur M. le duc d'xVumale et parle colonel Charrus. Daprts M. Thiers, il aurait existé au 20 mars sculeinonl 180,000 hommes, dont 30,000 à peine susceptibles d'ôlre mis en ligne; cela ne nous paraît pus vraisemblable.

MODILIisATION ET CONI^ENTHATION. 527

éou, elle ae saurait être comparée à celle de Camot et du comité

Salut public peadant les quatre derniers mois de l'aauée 1703. La coDtentratioa Je l'armée de Belgicpje peut, au contraire, ^tre iBimilée aux plus belles concepttouG des campagnes de l'Empire. i& cinq corpK dont l'Empereur voulait, en y joigaaut la garde et la ivalerie, composer son armée, étaient répartis Kur la frontière, le t*' à Lille, le 2' à Valeiicieunes, le 3' à Méïîèros, le 4° à Mete, le.

à Laon, la garde impériale à Paris. Trompant l'ennemi sur ses iDlentionsen fuiguaut, par de fortes démonstrations, de vouloir couper l'armée auglaise do ses communications avec la mer, Napoléon dirige d'aborJ sur Maubeuge le 6° corps et la garde ; puis le jjuin (Gérard) avec le 4* corps, quitte Metz en grand secret pour

diriger sur PhiUppevilIe; le 9 juin, le 1" coi-ps (Ditiuet d'Erlon) xi de Lille pour Valenciennes, tandis (jue le 2° corps (Reille) ipiiie de Valenciennes 6ur Maubeuge, où Vaudaoune, avec le

corps, se rend également depuis Mézières. Le 14 juin, Napoléon, rivé à Beaumont, avait ses cinq corps d'armée sous la main, ocipunt un Iront de 30 kilomètrt^is et séparés de l'ennemi par la forél [i avait masqué leurs deruiere mouvements. Le 15 au matiu, trmée s'ébranlait et surprenait les Prussiens sur la Sambre.

Depuis 1815 jusqu'en 1870, nous ne voyons guère que la forma- )n do l'armée d'Italie, en 1859, qui mérite de Oser notre attention, ais avant d'en venir là, nous croyons pouvoir trouver le sujet une comparaison instructive dans l'exposé des préparatifs de Irois çpâditions lointaines, celles d'Egypte eu 1798, d'Alger eu 1830, I Crimée en 1854. On verra par là ci le progrés suit toujours la arche du temps.

C'est au commencement de 1798 que fut décidée l'expédiliou Egypte. Tout semblait se préparer pour une descente en Angle-

TË, lorsque enfin le Direcloii'e céda, le 5 mars, aux iastances de

inuparle et lui donna la direction supérieure de tans les prépatifs de terre et de mer. Il se mit aussitôt à l'œuvre, el sous étexte d'organiser la défeuse des côtes de la Méditerranée, uq généraux fuient désignés poui' exécuter ses instructions dans g cinq ports de Toulon (CaB'arelli), Marseille (Uoyuier), G6ues iaraguey d'Hilliers), Clvita-VeccMa (Desaix), Bastia (Vaubois). out était prêt le 15 avril, c'est-à-dire au bout de 40 jours. Tous

Ô28 LES TRANSFORMATIONS DE l'aRMÉE FRANÇAISE*

les navires, comprenant 13 vaisseaux de ligue, 9 frégates, 11 co^ vettes, 232 bâtiments armés en flûte, étaient prêts à partir, ayant à bord toutes les troupes, à Teffectif de 32,300 honunes et 300 chevaux ; ces troupes consistaient en lô demi-brigades d'infanterie à 3 bataillons chaque , 7 régiments de cavalerie, emportant leurs selles et leurs brides, 28 compagnies d'artillerie, d'ouvriers etdfi sapeurs.

Le matériel se composait de : 16 batteries de campagne avec un triple approvisionnement, un équipage de siège, auquel était joint des canons pour l'armement des côtes, 12,000 fusils de rechange, des harnais pour 6,000 chevaux, des vivres, de la poudre et des boulets en grande quantité.

Retardée par les événements qui se passaient en Europe et qui firent un instant suspendre le départ de l'expédition, la flotte mit à la voile de Toulon le 19 mai, après avoir été rejointe par le convoi de Marseille , rallia successivement les convois de Gênes, de Corse et de Civita-Vecchia, et marcha, dans le plus bel ordre, jusqu'à Malte d'abord, ensuite de Malte aux côtes de l'Egypte*.

L'expédition d'Alger demanda une préparation un peu plus longue, sans doute parce que la flotte, comme l'armée, était en 1830 sur le pied de paix le plus absolu, peut-être aussi parce que l'énergique volonté et la dévorante activité d'un Bonaparte n'étaient plus là pour s'imposer à tout le monde. L'expédition fut décidée le 31 janvier, trois mois étaient accordés à la marine pour tout disposer. Autre cause de relard et peut-être même la principale : il n'y avait plus dans la direc lion et le commandement cette unité qui avait élé si profitable aux préparatifs de 1798. L'amiral Duperré, choisi pour commander la flotte, était même opposé à l'expédition; ce qui ne Tempêcha pas du reste d'y apporter tout son zèle. Les commandants de 1 artillerie et du génie, généraux de Lahitte et Valazé, ainsi que l'administrateur en chef, l'intendant Deuuiée, furent désignés en même temps qu'était arrêtée la composition de l'armée : 18 régiments d'infanterie formaient 3 divisions de 3 brigades, chaque régiment comprenait 2 bataillons , chaque bataillon 8 compagnies, dont 2 d'élite à 120 hommes et 6 à 94, soit

l. Mémoires de yapoléon, l. l«^

MOBIL tSATlOK ET CONCENTRATION. 529

1 loul 812 hommes de Iroupu ou 1,624 lioaimus par régimeul, I qui poi-tail les divisions à environ 10,000 hommes, un riigimenl I cavalei-ie à 3 esciulrone ul à l'effectif de 500 chevaux, 4 batte-

> montées ei uue batterie de montagne, réiiuies en un seul

roupe au lieu d'ôtre reparties dans li;s divisions, un équipage de

82 bouclies à feu, approvisiounées à 500 coups, avct;

D batteries à pii^il, une compagnie de poutonniere, une demi-coin*

[nie d'ouvriiTS et un escadron ilu train des parce, effectif total

,270 hommes, 1,IÎ80 chevaux i-t 356 voilures d'artillerie; pour le

.1 Qombri'ux étal-major dans la prtîvision du siège d'Alger,

compagnies de sapeurs, 2 de mineurs, une demi-compagnie de

iducleurs et un matériel ('norme, comprenant 27,000 outils et

3,000 sacs à terre. Tous les régiments, batteries et compagnies AÎeDt été complétés au pied de guerre avec des hommes en congé

a an, appartenant à toute l'armée et rappelés à l'activité non 18 dans leurs anciens régiments, mais dans k's corps qui devaient Bmbarquer. Ajoutons à (.-ela deux mois de subsigtances, sur une loyemie de 40,000 rations do vivi-es et 4,000 rations de fourr;ige, allé bœufs, des hangars mobiles pour servir d'ambulances, 270 ficiers de «anté en dehors des corps de troupe, d'abondants aprovi&ionnemon ts de médicaments, 257 voitures du train avec 625 DUlelB et 654 chevaux de trait. Un effectif de 37,000 hommes, ont 34,184 combattants et 3,.^00 chevaux, uue Hotte de combat I de transport de 100 bAUmerlls de guerre, dont 11 vaisseaux du gne, 347 voiles du commerce et 156 caboteurs, barques, etc., IStiaée à former la Hotte de débarquement; tout cela était prift h i fia d'avril, le général Bourmont était nommé commandant en bef; l'embarquement, commencé le 11 mat, se terminait le 18, t la Hotte appareillait le 26.

< Jamais corps expéditionnaire embarqué sur mer », fait obser* )r M. Camille Rousset, 4 qui nous empruntons ces détails', ■ ne

fui formé avec tant de soiu et pourvu à un si haut degré de tout

ce gui pouvait assurer le succès. »

A ree deux expéditions si bien combinées, le délml de la gueiTe 'Orleat, en 1854, ressemble peu. On peut en juger par cet extrait

Page 1