‹ Les transformations de l'armée françaiseChapitre 157 sur 174 · Souvenirs militaires, p l · texte numérisé non relu

Souvenirs militaires, p l

MOBILISATION ET CONCENTRATION. Ôîil

listoire de toulCB nos guerres?.... fi ne faut pas confotidre précitalion uvep vilesxe, nous ri>pétait toujours un vieux capitaine eoub BBonlreB duquel nouE avons servi pendant quatre ans. S'il avait iifion, on peut en juger pur l'histoirB de l'arniée d'Orient. La composition de i:t'tte armée était réglée le 15 mars, et déjà 9 19 partaient de Marsoilliï les généraux Canri>bert et Bosquet, ammBudaut lus deu-x premières divisions, le chef d'ôlat-major inéral, les commandants de l'artillerie et du génie, avec un bâillon d'infanterie. On avait reculé longtemps devant l'envoi d'un rpB expéditionnaire, et l'on s'y décidait brusquement. Ce corps ^éditionnaire comprenait 13 régiments d'infanterie, ayant chacun bataillons de 1,000 hommes, 4 bataillons de chasseurs s. pied de ,100 hommes chacun, 14 batteries d'artillerie, 1 compagnie de DOtonniers, 4 compagnies de sapeurs, 1 brigade de cavalerie mpOBée de 2 régiments de chasseurs d'Afrique. L'iafaDterie ait 3 divisions, dont la 3* était commandée par le prince Na- Dléon. On ne larda pas à en ajouter une 4' aux ordres du général orey, ainsi qu'une certaine quantité d'artillerie et de cavalerie, soit ' nSgiments (l'infantene, 1 bataillon de chasseui's, 4 batteries "artillerie, 1 régiment de dragons et 1 régiment de cuirassiers. > Il y eut à Marseille >, dit M, Camille Roussel, ■ comme un coniluent de choses désordonnées; les détachements expédiés des t corps et des dépôts arrivaient péle-mèle, le matériel, les approvisionnements, un joui' pai' fragments, le lendemain par masses. C'était le chaos accumulé; la marine radouba de vieillescoques; on arma tont ce qui pouvait encore tenir la mer. De son côté, ( l'administration de la guerre s'adressa aux grandes compagnies ■ maritimes, aux armateurs, aux capitaines du commerce, ennoliteant ou affrétant de toutes parts et de toutes mains, àl'aveni lure. »

Quelle vérité dans ce tableau que bien des officiers ont pu con- «mplet comme nous! .Sur quols navires, quels ?'a//lio(s, disions-nous, tirent embarquées, non pas l'infanterie que l'on tr.insportait sur leB bâtiments à vapeur, mais la cavalerie et i'artillt.'rie. Payés à la >timée et nullement pressés d'arriver, certains 'capitaines de ces lavirfs s'i-mbunquaienl dans les criqut's de l'archipel ou rie la lAte de r.\ sic -Mineure, où il j'allul envoyer des avisos de guerre

pour les relancer, d'autres, plus consciencieux, étaient rete au» par les vents contraires à l'entrée des Dardanelles, et l'on dut employer des vapeurs de guerre à les amener à la remorque ; aussi ni Tartillerie ni la cavalerie n'arrivaient à Gallipoli, et le maréchal Saint- Arnaud écrivait encore le 26 mai : « Nous n'avons que 24 pièces « d'artillerie attelées prêtes à faire feu, le reste, personnel et ma- « tériel, est arrêté par les vents du Nord et arrivera Dieu sait « quand !... La cavalerie n'est pas mieux partagée, sur 4 régiments « elle ne compte encore que 500 chevaux'. »

Quant au désordre qui régnait à Marseille dans les premiers jours d'avril, il faut en avoir été le témoin pour en avoir l'idée ; tout le monde semblait piqué de la tarentule, on n'y marchait pas, on y courait ; on n'y parlait pas, on criait; on ne se fâchait pas, on entrait en fureur. Et le désordre ne s'arrêtait pas au point d'embai'quement ; plus d'une ville de garnison y participa, à un moindre degré, il est vrai. Il ne s'agissait cependant que de mettre sur pied un corps de 35,000 à 40,000 hommes, dont une grande partie même venait de l'Algérie, car sur dix-sept régiments d'infanterie, sept étaient fournis par l'armée d'Afrique, ainsi que deux bataillons de chasseurs à pied, les deux régiments de chasseurs d'Afrique et trois batteries d'artillerie, sans compter une bonne partie du train et les ambulances.

Les dix régiments de Franco, ou plutôt les neuf, car l'infanterie de marine en fournissait un, étaient complétés par les régiments qui ne partaient pas; de là ce mouvement général de troupes. Mais la formation la plus laborieuse fut celle de l'artillerie ; les préparatifs de la guen^e avaient surpris cette arme en pleine transformation du personnel et du matériel. D'une part la création de régiments spéciaux, comprenant les uns des batteries montées, d'autres des batteries à cheval, et les autres des batteries à pied, création qui entraînait la désorganisation des anciens régiments mixtes, venait d'être décrétée, et la mise sur pied de guerre se compliquait de cette double opération ; d'autre part, les canons et les obusiers de divers calibres du système Gribeauval, eu service depuis 1165, étaient remplacés par une seule pièce, le canon-olm-

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