Camille Roussel^ l'Expédi/ton de Crimée
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MOBILISAT! ON ET COSCEMTRATION.
dit: If canon de i'Einperrur, et li-s batteries destinées
'armt^e d'Oriint s'emhurquiiieot avec, un maléfiel que la plupart l'entre ellen ne tonnaissaienl que de nom, avec des pièces qu'elles l'avaient jamaie vu tirer! Ce matériel n'était pas acheva; il réiilta de là des cûmplications de toute eorte, dont nous n'étions*
as L'ocore sortis après doux mois de séjour en Turquie.
Lorsqui' Napoléon (Napolilou I"!) décidait de faire des rassemilsmentÊ de trou()es sur des points déterminés, il commençait, «marque M. Tliiers, par y former des parcs d'artillerie, précaulon qu'il [ireuait ordinairement avant toute autre, dit'ant que c'était Dujours ce qu'il y avait de plus difficile â organiser'.
Mis hors de la vraie voie par les fausses habitudes de lagueiTe l'Afrique, qu'ils prenaient voloultt-rs pour ta grande guerre, nos [éiléraux et nos ministres envoyaient à Gallipoli les bataillons l'infanterie sur des bâtiments à vapeur et conûaient l'artillerie aux Latuirde de la navigation â voiles sur des coquilles de noix, puis, iTpivés en Tm-çuie, ils s'avisaient un peu tard qu'on ne pouvait narcher contre les Russes avec des régiments d<; Kouaves, si întrélides qu'ils fussent, sans les appuyer par du canon, et ils se rélandaient L'n plaintes continueIK's sur le manque d'artillerie, tl. Camille Rausset, racontant l'histoire de la campagne d'Alger, ait observer qas, pour arriver à la presque perfection qu'il signale lans les préparatifs de l'expédition de 1830 « où rien ne manquait, : il n'avait pas fallu moins de trois mois d'une activité de jour et
de nuit, prévoyante et réglée ». Nous ferons observera notre tour lu'après trois mois d'une activité de jour et de nuit, mais impréoyaiite et mat rét'tée, on n'était arrivé pour l'ariute de 1854 qu'aux ésultals les plus médiocr<?fi (eu uieitant â part bien entendu la :ualtté des troupes, qui était de premier ordre, et le talent de cerlins généraux). Sans doute, les nécessités de la situation avaient ïrcé le gouvernement de l'Empereur à jeter â la h3te sur les ôles de Turiiuie un corps de débarquement, et le temps avait lanqué pour faire aucun préparatif sérieux, mais, depuis plus de ix mois, on pouvait s'attendre à celle nécessité. Certes, l'Empe-
;ur ne voulait iia> la gui'iTo, mais elle était possible, -elle était
I auUiire ilu Ca\
■ rt ilr IT-mpirr, l. IV. liv, XVIl. page Ki.
534 LES TRANSFOBIfATIONS DE l'aRBIÉB FRANÇAISE.
même probable. Depuis le mois d'août 1853, tout le monde en parlait à Paris ; dans les cercles politiques, on espérait l'écarter, ce. qui signifie qu'on la craignait*; dans les cercles militaires, on discutait la composition du corps expéditionnaire, et les ambitions en éveil s'y disputaient les postes. L'envahissement des principautés danubiennes par l'armée russe datait du 3 juillet, l'appel des frégates anglaises et françaises à Gonstantinople du commencement de septembre, les hostilités avaient commencéje 25 octobre sur le Danube, le 28 en Asie sur les bords de la mer Noire; enfin, l'incendie de la fiotte turque dans la rade de Sinope avait lieu le 30 novembre, et le ministre des affaires étrangères de la France disait à ce sujet: « Le* coup de Sinope n'a pas atteint la Turquie « seule*. » La prévoyance la plus élémentaire commandait tout au moins dès lors de réunir à Marseille quelques approvisionnements, de préparer dans les arsenaux le matériel d'artillerie que nous attendîmes plus tard pendant quinze jours avant de pouvoir nons embarquer, enfin de rechercher des moyens de transport moins rudimentaires que ceux qui nous retinrent pendant un mois au milieu de la Méditerranée... Mais^ pour agir, si peu que ce soit, il faut vouloir et savoir ce que l'on veut.
L'expédition de Chine, entreprise six ans plus tard sur une plus petite échelle, présenta, dans ses préparatifs, un heureux contraste avec celle de Crimée, et le général Montauban, qui fut chargé de la diriger, se montra, il faut bien le dire, meilleur organisateur que le maréchal de Saint-Arnaud. La composition du corps expéditionnaire fut arrêtée le 13 novembre 1859; elle comprenait, sous les ordres du général Montauban, nommé commandant en chef des forces de terre et de mer, 2 brigades d'infanterie, 4 batteries d'artillerie et un détachement do 50 cavaliers, formant un total de 7,953 hommes, auxquels on adjoignit, après le débarquement, 6 compagnies de marins. Des approvisionnements considérables de munitions, de vivres et d'effets d'habillement furent réunis à Toulon et em-
.1. Au mois d'août 1853, après un grand dîner donné au maréchal Magaaa et à son état-major occupés à faire la petite guerre, le maître de la maison, un des premiers financiers de l'époque, disait à un groupe d'ofliciers dont nous faisions partie : Vous n'aurez pas la guerre, l'Empereur sait que nous ne la voiUons pas.
2. Camille Housset, Histoire de ht guerre de Crimée. Introduction, page 70.
MOBlLISATinS ET CONCENTRATION.
c ]es troupes. Celles-ci furenl, grAce à l'ingistance du ilea chef, réparties â bord plus largement que le compor- Rîenl les vèglemi^nls. Trtul le corps expéditionnaire, transporté sur 6 Mlimunle de guerre, quitta la France du 5 décembre 1859 au 1 janvier 180(J, passant par le cap de Bonne-Espéiance, tandis |UB plus do cent navires marchands niellaient à la voile, emportant
s approvisionnements de tonte sorte. Le général Montaubao, irenant la roule de Sueï, le 12 janvier, précéda en Chine sa petite e et disposa tout pour son organisation complète, faisant acheter au Japon, en Chine et à Manille 1 ,200 bêtes de selle et d'alteage, formant un corps indigène poui' les transports, etc., en un Dût méritaut qu'on ait dit plus lard de cette petite et merveilleuse ixpédilion : modèle de préparation comme d'exécution '..
Nous ne dirons rien de l'expédition du Mexique qui présenta ilutieurs phases, toutesremarquablesparla mauvaise organisation. 1 euflira, pour en donner une idée, de rappeler que lors de la pre- ÎDière expédition commandée par l'amiral Jurien de la Gravière, e matériel d'artillerie arriva au Mexique vingt jours après le petit lorpa expéditionnaire.
11 uouB reste, avant d'arriver â la guerre de 1870, à opposer la bobjlisalion et la concentration des armées prussiennes en 18G6 à 1 rormation de l'armén framjaise d'Italie en 18Ô9.
La 1" Janvier 1859, à la réception du corps diplomatique, l'eraereur NapoléoulII ditâTambassadeurd' Autriche, M.deHùbner:
Je regrette de voir que mes relations avec votre Gouvernement
ne 80ril plus aussi bonnes que par le passé. »
Ces paroles étaient la conséquence de h position que la France vait prise vis-à-vis des différeuds politiques survenus euti-e Autriche et la Sardaigne;ellee décidèrent leGouvernementautrilien k augmenter ses troupes en Italie et à y mobiliser son
née dès le 1" mars. Dans le courant de ce même mois, l'armée B fut également mise sm- le pied de guerre. Quant à la France, lie se prépara aussi, mais d'une manière bien imparfaite, comme Q va le voir. Saus doute, il était à craindre que devant des mesu- IB trop apparentes, l'année autrichienne ne se décidât â prendre