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On voit qu'il s'écoula en moyenne une dizaine de jours entre Farrivée des corps d'armée à destination et le moment où ils furent à peu près au complet, ayant reçu leurs réserves et leurs services administratifs. La garde impériale, seule organisée à l'avance, peut être considérée comme ayant été transportée dans des conditions normales. Encore, ne reçut-elle ses services administratifs qu'après le 30 juillet.
Mais tous ces chiffres ne donneraient qu'une idée imparfaite de la situation, si l'on ne tenait compte du désordre qui se produisit sur les points de concentration, désordre qui tenait à ce que les corps d'armée ne complétaient leur mobilisation qu'xme fois arrivés sur ces points. Metz fut alors le centre do cette incroyable confusion dont quelques détails, empruntés encore au livre de M. Jacqmin, suffiront à donner une idée : « Lorsque les pre- « miers trains d'infanterie », dit M. Jacqmin, « arrivèrent à Metz, « aucun ordre n'était donné pour leur lieu de destination, et c la troupe dut attendre plusieurs heures à la gare, les wagons « chargés des voitures régimenlaires ou des bagages d'officiers « n'étant pas déchargés. Les trains se succédant avec la rapidité « que nous avons fait connaître, il fallut garer les trains avec des « wagons non déchargés. Vinrent ensuite les trains de matériel « et de vivres. L'intendance territoriale n'avait reçu aucune ins- « truction pour la réception des vivres qui avaient Metz pour des- « tination , c'étaient les intendances divisionnaires qui devaient « disposer de ces marchandises, mais, ne sachant pas si les corps « s'arrêteraient à Metz ou iraient plus loin, elles n'osaient pas faire « décharger les wagons. La plus grande confusion ne tarda pas « à régner dans la gare.... Souvent, les camions de la compagnie •■< portaient à de très grandes distances de la gare des marchan- « dises qui, mises à terre, étaient rechargées et reconduites à la « garo pour être réexpédiées par chemin de fer à une gare au « dch'i. On déchargeait en garo du foin pour le conduire aux mi- « gasins de la ville, et à la mtme heure, les mêmes magasins
« envoyaient du foin en gare pour faire des expéditions Chaque
« service considérait la gare comme sa chose \ »