Von (lor Gollz, la dation armée
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11 est certain qu'en supprimant les compagnies de dépôt, on pourrait à volonté, ou réaliser une économie considérable, ou augmenter Teffectif des compagnies actives. Ces compagnies de dépôt comptent, en effet, plus de 1,000 officiers, 6,000 hommes de cadre et 25,000 soldats. En répartissant ceux-ci dans les compagnies actives et prolitant de la suppression des cadres pour entretenir, à égale dépense, un plus grand nombre d'hommes, on pourrait augmenter de 10 hommes l'effectif de chacune des compagnies actives. A ce point de vue, la suppression des compagnies de dépôt présenterait donc des avantages réels, mais ces compagnies ont à jouer un rôle trop important en cas de mobilisation, pour qu'il soit prudent d'en ajourner la formation Jusqu'au moment du besoin. L'armée allemande a été familiarisée, par les grandes opérations de 1813, de 1866 et de 1870, avec les détails de la mobilibation, dont nous ne connaissons guère que la théorie, et peut-être ne serait-il pas sage d'espérer nous tirer des difficultés qu'elle présente, aussi bien que le feraient nos voisins. Efforçons-nous donc de la simplifier, en préparant à l'avance tout ce qui peut ne pas être ajourné. D'ailleurs, les cadres des deux compagnies de dépôt permettront facilement de former par dédoublement un cinquième bataillon de quatre compagnies, ressource qui n'est pas à dédaigner.
Enfin, à l'exemple de l'Allemagne, on peut opposer ceux de l'armée anglaise qui a deux compagnies de dépôt par bataillon, nécessitées, il est vrai, par le mode de recrutement et le service d'outremer; de l'armée autrichienne, dans laquelle chaque régiment d'infanterie possède un dépôt de quatre compagnies ; de l'Italie et de la Russie, où il existe un dépôt par régiment.
Une des questions qui ont été le plus controversées lors de la discussion de la loi des cadres, est la division du bataillon en 4 compagnies, au lieu de 8 dont 6 pour le bataillon de guerre. Beaucoup d'officiers étaient et sont encore partisans des 6 compagnies. On sait, d'aille\u*s, que dans le projet de loi présenté en 1875 aux délibérations de l'Assemblée nationale, l'organisation de • l'infanterie était conçue d'après cet ordre d'idées et que, par un amendement adopté au cours de la discussion, les 3 bataillons à 6 compagnies ont été remplacés par 4 bataillons à 4 compagnies et 2 compagnies de dépôt, ce qui ne changeait pas le nombre des com-
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pagnies. Pour juger la question, il importe tout d'abord de déterminer reffectif du bataillon de guerre. Le régiment n'est pour ainsi dire qu'une formation administrative et disciiilinaire. « Il se « rattache », dit Mai*mont, < à une sorte de constitution sociale, « animée d'un esprit patriotique et de famille. » Le bataillon, au contraire, est considéré partout comme Tunité tactique. Son nombre, d'après le général Morand, ne doit pas dépasser « 1,000 « hommes, soit parce qu'au delta de l'élendue que comporte ce « nombre, la voix du chef ne pourrait plus se faire entendre, soit « parce que ce nombre suffit pour former la quantité de feux néces- < saires pour repousser la cavalerie, soit parce qu'enfin il convient « pour la régularité des subdivisions et pour la précision des « manœuvres *. » Marmont dit de son côté : « Deux conditions sont « à observer dans la composition numérique du bataillon : il faut « qu'il soit mobile et que, déployé, il puisse entendre des deux « extrémités la voix qui le commande. Je poserai 1,000 hommes « par bataillon, et cela parce que ce nombre ne se conserve pas « en entier, quand on passe de l'état do paix à l'état de guerre*. » Ce que dit là Marmont est tellement vrai que, malgré le soin toujours pris d'élever au début d'une campagne l'effectif des bataillons, jamais, au bout do quelques jours d'action, cet eflectif n'a dépassé 800 hommes.
A ce témoignage de deux illustres généraux, mais qui date peutêtre de trop loin aux yeux des officiers qui affectent de mépriser le passé, nous ajouterons celui d'un auteur moderne et, qui plus est, Allemand. « Pour l'infanterie », suivant von der Goltz, « on est con- « venu que la juste mesure est celle qui permet à un seul homme « de diriger sa troupe de la voix et cela en tout état de cause \ il « en résulte comme unité minima le bataillon de 1,000 hommes *. »
Il nous paraît difficile, soit dit en passant, de diriger de la voix et en tout état de cause, une troupe qui, dans la formation de corn- . bat, peut présenter un front de 260 mètres sur une profondeur de 500 mètres *.
t. L'Armée xelon la Charte, p. 129.