‹ Les transformations de l'armée françaiseChapitre 24 sur 174 · La i\ation armée, p. iO · texte numérisé non relu

La i\ation armée, p. iO

4. Berlhaut, Marches et Combats, l«r vol... p. 106 et suivaulcîj.

Quoi qull en soit, le chiffre de 1,000 iiomines est adopté en France, en Allemagne et en Angleterre, celui de 900 en Autriche, en Russie et en Italie.

1 bataillon de 1,000 hommes à 8 compagnies donne pour rcffectif d'une compagnie : 125 hommes.

Le môme à 4 compagnies donne pour reffcctifd^une compagnie : 250 hommes.

Le même à 6 compagnies donne pour Teffectif d'une compagnie: 165 hommes.

On a dit à ce sujet, et avec raison, que la compagnie devenait trop forte pour être bien commandée sur le terrain, que dans le nombre considérable des officiers du grade de capitaine, où Ton reste de longues années, il y en aurait beaucoup qui, trop jeunes, manqueraient d'aplomb et d'expérience pour un coramandemonl de cette importance et beaucoup d'autres trop âgés et trop fatigués, ne possédant plus la vigueur physique rendue plus indispensable que jamais par la nouvelle tactique, qui a consacré peut-être h l'excès l'ordre à la fois dispersé et allongé *.

Avec des effectifs aussi forts et les dispositifs usités, l'unité de combat n'est pour ainsi dire plus le bataillon, mais la compagnie.

« Chaque compagnie de première ligne », dit le général Berthaut, « agira avec une certaine indépendance. Sou chef devra lui faire « prendre, sans attendre d'ordres, toutes les dispositions néccs- « saires pour faire face aux circonstances imprévues qui se présen- € tant si souvent dans le cours de l'action ; elle deviendra donc une « véritable unité de combat*. »

« Quel est le corps de troupe », écrit de son côté von der Goltz, « qui peut en colonne serrée, se présenter sur le champ de bataille « sans courir risque d'être immédiatement détruit par le feu cn- « nemi? On admet généralement que le bataillon présente une sur- « face trop grande et qu'il doit, dès qu'il arrive à portée des pro- « jectiles ennemis, se fractionner en ses quatre compagnies. Cela « prouve qu'on ne peut pas le considérer au pied de la lettre comme

I. Oq Qn est quelque peu revenu dans le nouveau règlement, mais nous reproduisons ici les raisonnemenls fails depuis 1875 Jusqu'à ces lemps derniers^ î. Marches et Combats ^ t. l»"", p. 1 18.

< Tunité minima d'infanterie. C'est la compagnie de 250 hommes c qui est devenue cette unité. Une compagnie de 123 hommes se- « rait à ce point de vue peut-être trop faible. »

D'un autre côté, il y a longtemps que le général Morand écrivait : € Il n'est rien de ce qu'un bon général peut imaginer qui, proporc tionnellement à ses moyens, ne dût être pensé et fait par uu ca- € pitaine d'éclaireurs *. »

Toutes, les compagnies sont appelées aujourd'hui à remplir le rôle que Morand réservait à ses éclaireurs. On peut juger par là combien il est important d'avoir de bons capitaines d'infanterie. Sous ce rapport, il est donc avantageux d'en réduire le nombre; or, avec les bataillons à quatre compagnies, le nombre de ces officiers est, pour toute notre infanterie, d'environ 3,200: il serait de 6,400 avec les bataillons à 8 compagnies, et de 4,800 avec les bataillons à six compagnies.

L'augmentation d'eilectifdes compagnies et surtout les méthodes nouvelles de combat ont entraîné l'obligation de monter les capitaines d'infanterie et de distraire de nos remontes, dans ce but, plus de 3,000 chevaux qui font défaut k la cavalerie, nous le verrons plus loin. Il est de fait que le commandement d'une compagnie de 250 hommes, sur le terrain et avec la tactique en usage, exige un développement de forces physiques dilïicile à atteindre de la part d'un officier fatigué par la marche, tandis que celui qui aura fait la route à cheval arrivera plus frais et plus dispos sur le lieu de l'action, car nous ne supposons pas, et il n'est pas admis d'ailleurs, qu'une fois l'affaire engagée, les capitaines restent à cheval.

Cette question des capitaines d'infanterie montés est une des plus délicates parmi celles que soulève notre nouvelle organisation. « Je ne présume pas », écrivait le général Morand en 1829, « que « jamais on puisse tolérer que les ofRciers d'infanterie, autres que « les officiers supérieurs et quelques vieux capitaines, aient un che- « val et d'autres bagages que les plus indispensables et qu'ils soient « dispensés de marcher à la tête de leurs pelotons. Celte tolérance « serait des plus funestes ^» Mais, dira-t-on, l'expérience du général Morand, si respectable qu'elle soit, s'appliquait aux guerres

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