Capitaine (juinleau : la Guerre de surprises, t. l«f
fanterie à la guerre par le séjour du camp, la maladie s'abat sur nos soldats, trop jeunes et surtout trop mollement élevés. Au premier accès de fièvre qui se déclare, Topinion publique est en émoi ; il faut lever le camp et renvoyer les régiments dans leurs garnisons, c Tel peuple telle armée », dit M. de Freycinet dans la conclusion de son livre intitulé la Guerre en province, et après des considérations politiques, dans lesqualles nous nous garderons bien de le suivre, il ajoute : « La nation doit donc se rele- « ver elle-même si elle veut posséder une armée capable de la « défendre et de lui rendre le rang qui lui a été assigné dans le «monde*. » Pour descendi'e de considérations trop générales au point spécial que nous traitons pour le moment, il est bien difficile qu'une nation énervée par Tamour du bien-être fournisse des soldats capables de supporter la fatigue. Le premier devoir des officiers est donc de réagir contre le mal, par tous les moyens en leur pouvoir et surtout par Texemple.
Lisez ce que le général de Fezensac, dans ses intéressants Souvenirs, dit à propos de cette marche de Boulogne vers le Rhin et le Danube, car nous aimons à nous appuyer du dire de ces auteurs qui racontent ce qu'ils ont vu (la guerre seule apprend la guerre, dit le général de Brack).
« Nous marchâmes », dit le duc de Fezensac, « dans le plus grand « ordre par le flanc sur trois rangs ; les officiers constamment avec « leurs compagnies. Quand les officiers donnent un pareil exemple, « on peut être sûr que tout va bien *. »
Et qu'on ne suppose pas que cette armée se composât exclusivement de vieux soldats^ car Fezensac ajoute : « Il y avait dans nos c régiments beaucoup de conscrits, qui supportèrent admirablement € cette longue marche. Il y eut peu de malades, point de trai- « nards. »
Et le général Morand dit de son côté : « L'armée de Boulogne « parvint aux confins de la Moravie, sans avoir fait presque d'autres « pertes que celles occasionnées par le feu de l'ennemi '. » Le 2* corps d'armée, commandé par Marmont, comprenait 15,000 sol-