‹ Les transformations de l'armée françaiseChapitre 27 sur 174 · V Armée selon la Charte, p · texte numérisé non relu

V Armée selon la Charte, p

52 LES THANSFORMATIONS DE L*AR]iÉE FRANÇAISE.

date français. Parti d'Ulrecht pour se rendre à Wurlzbourg en une marche de vingt jours, ce corps d'armée comptait en tout neuf absents à son arrivée à Wurlzbourg'.

Malgré nous, toutes les fois que nous rencontrons sur une route un bataillon en colonne, flanqué de ses capitaines à cheval , nous nous demandons ce que pouvait bien être cette infanterie de la Grande-Armée, marchant, sans laisser un traînard, de Boulogne à Austerlitz, de Tilsitt à Soma-SieiTa, des bords du Guadalquivir à ceux de la Moskowa. Ce qu'elle était, le général Morand nous le dit : d'une part, elle avait acquis Thabitude des fatigues que le soldat doit supporter en campagne, tandis que, dans les trois joui*s de la retraite de Leipsick, Tarmée qui ne comptait que des jeunes soldats et peu de bons sous-officiers, perdit plus de monde que Tannée de Moscou dans quinze jours d'une retraite à travers un pays sans ressources. Le duc de Fezensac nous apprend, d'autre part, que cette infanterie avait des officiers qui lui donnaient l'exemple. « Un jour », dit-il, « un soldat murmurait ; son capitaine lui dit : « De quoi le plains-tu? tu es fatigué, je le suis aussi ; tu n'as pas « mangé, ni moi non plus ; tu as les jambes dans la neige : regarde- « moi. » J'eus l'occasion de remarquer alors combien il importe que les officiers dlnfanterie soient à pied et s'exposent aux fatigues aussi bien qu'aux dangers *. »

Nous citions tout à l'heure les paroles du général Morand relatives à la retraite qui suivit Leipsick ; cette retraite fut affreuse, à ne s'en rapporter qu'aux témoignages des chefs de l'armée. « Il me faut des « hommes et non des enfants », écrivait l'Empereur lui-même à cette occasion, « on n'est pas plus brave que cette jeunesse mais, sans « force, elle peuple les hôpitaux et meurt'. » Ajoutons que les bons officiers faisaient défaut dans cette infanterie ; les anciens dormaient sous les neiges de la Russie et pour les remplacer on en avait nommé de toute sorte. « Il faut », écrivait le maréchal Lefel)vre, « que les officiers de ces corps » (il parlait des cohortes récemment formées) « soient bien mauvais x)Our laisser régner un « pareil désordre dans la marche de leurs soldats*. » Et le généml

1. Tliiers, Histoire du Consulat et de l'Empire, t. VI, p. 08.

Page 1