Souvenus de Fezensac, p
3. La Grande-Armée de 1813, ]mv G. Rousse l p. 259. i. Id., p. 50.
de Laiiriston écrivait, de son côté, au ministre de la guerre : c Votre « Excellence me permettra de lui faire observer que, malgré le reii- « voi de vingt-cinq officiers, Tun portant Tautre, par régiment, il « faudra encore en renvoyer vingt-cinq*. » Enfin l'Empereur luimême écrivait : « Si votre bureau avait pris à tâche de nommer les € officiers les plus ineptes de France, il n'aurait pas mieux réussi : « je vais être obligé de destituer et de renvoyer tous ces officiers. » Rien de tout cela a'est applicable aux circonstances actuelles, car jamais peut-être la composition de notre corps d'officiers laissa moins à désirer, et nous n'avons réveillé ces souvenirs de nos anciens revers que pour en rappeler aussi la cause : des troupes trop jeunes et des officiers qui ne donnaient pas tous l'exemple.
€ Les Allemands », dit Marmont, « ont eu souvent des succès « avec des chefs médiocres ; les Français valent dix fois leur € nombre avec un chef qu'ils estiment et qu'ils aiment*. »
Sous l'ancien régime les officiers d'infanterie marchaient rarement avec leur troupe, comme le prouve l'ordre du maréchal de Belle-Isle au départ de Prague ; ils avaient tous des chevaux ou des voitures. La grande force de l'infanterie des armées de la République et du commencement de l'Empire est venue en partie des habitudes contraires, prises par des officiers pauvres qu'animaient d'abord le plus pur patriotisme et ensuite l'amour de la gloire. « Sobres et durs à la fatigue », a dit d'eux le général Foy, « ils mar- « chaient à pied à la tête des compagnies et couraient les premiers « au combat et sur la brèche. »
Nous admettrons cependant que l'importance donnée au rôle des capitaines justifie, jusqu'à un certain point, la mesure prise à leur égard, et que pour le plein développement des qualités exigées d'eux sui' un champ de bataille '*, il est bon de leur épargner la fatigue de la roule ; mais, dans les circonstances où l'exemple sera nécessaire pour soutenir le moral du soldat, il sera de leur devoir