‹ Les transformations de l'armée françaiseChapitre 30 sur 174 · Voir chapitre X · texte numérisé non relu

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Un adjudant a été ajouté au cadre de la compagnie ; il doit être, en permanence, l'agent direct du capitaine en matière de discipline et de service ; le sergent-major à qui revenait autrefois ce rôle, demeure exclusivement chargé de tout ce qui concerne Tadministration. Par suite de cette création , les adjudants d'état-major ou de bataillon ont été supprimés. Leur service est fait par deux adjudants de compagnie, désignés chaque année à Tlnspection générale.

L'ancienne; compagnie hors rang a été remplacée par une section hors rang d'un effectif beaucoup plus faible, dont la composition ne comporte plus guère que des secrétaires, des conducteurs d'équipages, des maréchaux, des bourreliers. Les corps de troupe n'ayant plus d'ateliers de confection, les ouvriers tailleurs et cordonniers sont répartis dans les compagnies, mais comme, le plus généralement, ils en sont détachés pour travailler dans les ateliers de réparations du corps et sont souvent même logés ensemble dans un même local, sous la discipline de la section hors rang, beaucoup d'officiers pensent qu'on aurait bien pu, en temps de paix, les laisser dans cette section.

Il im[iOrte, en effet, de remarquer que la suppression de la compagnie hors rang a été, dans l'esprit des législateurs de 1875, la conséquence de prévisions qui ne se sont pas précisément réalisées, quoiqu'elles fussent textuellement insérées dans la loi elle-même. Aux magasins des (*orps et aux dépôts chargés de recevoir les effets de toute nature pour les envoyer aux bataillons actifs, devaient être sul)stitués des magasins de subdivision, alimentés par des magasins généraux. « L'administration intérieure des corps », disait le rapporteur de la loi de 1873, « se trouvera ainsi complètement moditiée. »

Pour bien comprendre jusqu'à quel point cette assertion était une illusion, il suffit d'avoir vu de près un corps de troupe, la besogne écrasanle qui incombe à l'officier d'habillement et les complications toujours croissantes dans lesquelles s'égare l'administration des corps, sans cesse contrôlée, jamais aidée d'une manière efficace. L'armée française étouffe sous le xjarasitisme des noncombattants, dont tous les efforts semblent dirigés vers l'accumulation des i)aperasses.

Une des plus vives critiques adressées à la loi du 13 mars 1875

porte sur la faiblesse des effectifs de rinfanterie. La compagnie compte 85 hommes sur le pied de paix, 250 sur le pied de guerre : différence, 165.

Le bataillon compte 340 hommes sur le pied de paix, 1,000 sur le pied de guerre : différence, 660.

Le régiment compte 1,642 hommes sur le pied de paix, 5,500 sur le pied de guen*e : différence, 3,958.

La compagnie allemande, forte comme la nôtre de 250 hommes sur le pied de guerre, en compte 135 sur le pied de paix; elle n'a donc à recevoir, en cas démobilisation, que 1 15 réservistes au lieu de 165.

Cette infériorité relative de notre infanterie présente deux inconvénients graves -, elle rend la mobilisation plus difficile et crée un obstacle sérieux à Tinstruction des compagnies. L'auteur allemand que nous avons déjà cité plusieurs fois, s'exprime ainsi à ce sujet :

« Les colnpagnies et les bataillons dont l'effectif est trop faible « perdent leur autonomie ; il faut alors recourir à un détestable « moyen, qui consiste à en réunir plusieurs et à en confier le com- « mandement à un seul chef. C'est ce qui a lieu en France. Si cela « se faisait chez nous, la base même de l'instruction, de l'ordre « et de la discipline disparaîtrait avec le principe qui veut que « tout supérieur soit personnellement responsable de l'état de sa « troupe*. »

Un autre écrivain allemand, ou du moins se disant tel, l'auteur de : la France est-elle prête * ? s'exprime ainsi de son côté : « Il est « évident qu'un pareil état de choses ne peut que nuire à l'ins- « truction des officiers. Ils ne peuvent pas se dresser à juger d'un « coup d'œil l'espace nécessaire pour développer leurs troupes « dans les formations de front. Le soldat, de son côté, ne peut « pas, en temps de paix, se faire une idée juste de l'effet que peut « avoir une salve et ne prend pas confiance dans son arme. »

Une expérience, fournie par les faits, montre bien l'influence des effectifs sur les progrès de l'instruction. Certains bataillons de forteresse, sinon tous , ont un excédent d'effectif d'environ 30

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