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Duc d*Aumale, les InsUlutions mililairei

U4 LES TnANSFORMÂTIONS DE l'aRMÉE FRANÇAISE.

guerres d'alors, on est étonné de voir combien peu Tinfanterie de cette vieille garde a eu occasion de donner.

Tout le monde sait que la victoire de la Moskowa n'a été qu'un demi-succès, par suite du refus persistant de l'Empereur de faire marcher la garde malgré les instances réitérées du maréchal Ney et du général BcUiard, envoyé par Murât. Chacun sait également qu'à Waterloo, où elle se montra si magnifiquement héroïque, la garde impériale fut engagée trop tard. Si elle avait immédiatement suivi sur le plateau où Wellington s'acharnait à se maintenir avec une invincible ténacité, la charge victorieuse des cuirassiers de Kellermann, Blùcher en débouchant sur le champ de bataille, n'aurait sans doute plus trouvé, au lieu de ses alliés, que notre armée triomphante qui l'aurait écrasé à son tour.

L'exemple de la bataille de Fuentès-de-Oiioro,en 1810, est toujours cité, avec raison, pour démontrer les inconvénients ou l'inutilité d'une garde. Masséna venait d'être rejoint par une partie de la garde, mais colle-ci ne pouvait recevoir d'ordres que de son chef particulier. Au moment décisif où la garde aurait dû donner, on ne trouva lias ce chef; l'artillerie de la garde ne put tirer, la cavalerie ne put charger, les fourgons ne purent aller chercher des cartouches et la victoire resta aux Anglais*.

Dans la Grande-Armée, commandée par l'Empereur en personne, la garde impériale ne recevait d'ordres que du colonel général de service (ordinairement le maréchal Bessières) qui lui-même n'en recevait que de l'Empereur; elle avait son état-major particulier, indépendant du major général.

Sous la Restauration, la garde royale comprit 6 régiments d'infanterie française, 2 régiments d'infanterie suisse, 6 régiments de cavalerie et 2 régiments d'artillerie. Ce fut une troupe d'élite dans toute la force du terme, mais elle eut naturellement peu d'occasions de donner. Cependant, quoiqu'elle ne fît partie de l'armée d'Espagne en 1823 qu'à titre de rései-ve, on eut soin de lui procurer rhonneur du seul combat un peu sérieux de cette campagne, et elle enleva très prestement, sous les yeux du Dauphin, la posi-

t. Le duc d^Auuiale, les Itisdtutfons milituires de la France.

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indaTrôeatlâro dont la prise til tomber Ctdîx. L'honneur de la

ie royale aurait dû être, eu 1830, de rester fldète jusqu'au

ir moment à sou vîïux roi- Elle laissa oet honneur aux

mpagniefi des gardes du corps et à quelijues régiments, réduits

la rtôsertion à une poignée d'hommes.

ifoiui avons déjà donné la composition de la garde de Napotn III. Créée en 1854 et 1855, elle lut, â peine formée, envoyée Crimée, tant pour recevoir le baptême du feu que pour se oom- *ler fin écrémant les régiments de la ligne. Elle u'y réussit que ip )ilAn pour ces régiments, mais sa qualité, t'i elle, se ressentit ajours de cette origine, et ce fut une troupe excellente, comme prouvèrent Ips grenadiers â BtitTalora ol à Poute-di-Magenta le Jnin 1SÔ9, les voltigeurs à Cavriana le 24 juin suivant, enQn les aseeurs à pied el les volLigeurs au combat de Ludonchamps, arraant an cvi d'admiration au prince Frédéric-Charles. Mais de Imuquela rieille garde n'avait pas sauvé Napoléon I" â Warloo, la garde de Napoléon lU laissa consommer, le 18 août i70, la perte de laliataiUe du Saint-Prival eu ne venant pas, par itB de la coupalde inertie de Bazaine, soutenir à temps l'héroï- 10 et opiniâtre résiglacice du maréchal Canroberl. Les hommes Btés ù Paris dans les dépôts montrèrent, à la suite de la journée 1 4 septembre, leurs unifonnes dans les groupes populaires acharis oonlre les insignes du pouvoir lombé.

L'inconvénient des gardes royales ou impériales et en général • r^6en*es d'élits est de placer le général en chef dans cette Lcmati%'e : Ou les pi-odiguer, ce qui épuise l'armée qu'elles énernt en se renouvelant sans cesso au prix du plus pur de son sang, l Ivs ccHlservor inutiles, comme on le Qt à la Moskowa et à Saintriv»t, et changer alors une victoire certaine en une affaii-e indém 00 une défaite irrépai-able.

Ooorion-Sainl-Cyr, qui no paraît pas absolument opposé aux d'élite el qui, pour des motifs de sage politique, consentit regret à la création de la garde royale, dit â ce sujet; « 11 imporlo peu que ces troupes donnent au commencement, au milieu no vers la lin d'une journée, l'essentiel étant surtout qu'elles dotmonl toutes. J'admets donc les réserves, mais à la condition qu'on b'o» serve autrement qu'en parade et qu'elles don-

« nent sérieusement dans le moment que Ton jugera le plus opc portun. Je tombe d*accord que des réserves bien disposées et « surtout emfdoyées à propos fassent gagner les batailles; je pense « aussi que, bien plus sûrement, elles les font perdre lorsqu*on se « contente de les exposer aux lunettes de Tennemiy comme cela « n*est que trop arrivé au grand détriment des armées françaises'. »

On a remarrjué d'ailleurs, avec raison, que ces troupes, imaginées pour sauver les dynasties, avaient bien rarement rempli ce but. « Trois corps seulement parmi ceux qui composaient alors Tinfan- « terie > , dit le général Susane, à propos de Tattitude de Tannée en 1789, « méconnurent leur devoir en faisant usage, au profit de « leurs propres passions, des annes que le pays leur avaitconfiées, « et, chose remarquable, ces trois corps étaient les gardes fran- « raises, le régiment du Roi et le régiment suisse de Château- « vieux. Mémorable exemple pour les princes qui comptent trop « sur les troupes privilégiées*. » Ajoutons que la fidélité de ces troupes a été plus souvent encore fatale aux dynasties que leiur trahison. Témoin le fameux banquet du 2 octobre 1789, suivi des manifestations royalistes de la garnison de Versailles, dans la salle du théâtre du palais, qui amenèrent les terribles représailles du 5. Témoin aussi la conduite des troupes de ligne, dans les journées de juillet 1830, motivée par la jalousie qu'inspirait la garde et par les préférences dont elle était l'objet.

Actuellement, trois des principales armées de TEui'ope out encore des gardes, qui, pour ne parler que de Tinfanterie, sont composées : en Allemagne de 8 régiments d'infanterie, 1 de fusiliers et 2 bataillons de chasseurs; en Angleterre de 3 régiments: grenadiers-gardes, gardes écossais, Coldstream-Guards ; en Russie de 3 divisions de 4 régiments, auxquelles il convient d'ajouter 16 régiments de grenadiers, formant 4 divisions. On peut citer aussi comme troupes d'élite: en Autriche, le régiment decliasseurs tyroliens de rEmpereur, qui compte 10 kitaillons -, en Italie, la brigade des grenadiers de Sardaigne.

La coustilutiou démocratique de la France ) à défaut d'autre

l. Mémoires, t. IV.

U. Histoire ùfi VinJ'aïUerie française, éditiou de 1876, p. 313, t. !•'«

INFANTEniE. G7

ittf, tatail sulli ])our faire Biipprimer tous les corps d'élite. Peut-être cependant pourrait -on considérer comme tels, en Talson du soin qui [irùside à leur reerulemeul, de leurs effectifs plus forts permettant une instruction plus solide, du choix des offlciers, enOn de l'esprit particulier qui les anime et leur inspire ■nn (unoiir-propre dont on peut tirer pai'tî, les trente halaillons de l'iusseurs n pied. Il est probable qu'à la guerre cliariue commandât de corps d'armtïe garderait le sien bous la raain pour parer à ua accident. Il pourrait y joindre les compagnies du génie qui, mVlant pas occupées pondant la bataille à leur service spécial, constitueraient une force d'environ 500 hommes, soldats de choix s'il un fût, comrao ils l'ont prouvé en maintes cireonstances pendant la dernière guerre. Une compagnie du génie couvrit la retraite de l'ar- ■m«Se avec un dévouement au-dessus de tout éloge le 0 aortl 1870, lorsijQâ les Allemands furent entrés dans Frœschwiller'. Une nuire compagnie rendit le môme sei-vicoau 16* corps de l'armée de la Loii'e, le 16 décembre 1870, dans la retraite de Vendôme*, et le ill JAQvier 1871, le soir de la bataille du KJans*. Les soldats du giinie se montrèrent ainsi les dignes héritiers des cinq cents Mpeurs qui, au siège de Dantzig, dans la guerre de 1807 avaient mérité do l'histoire l'épithéte de troupe incomparnbie'.

1,000 ctiasseui's à pied, ôOO hommes du génie, sans former un lOOrps privilégié de natureàéveiller la susceptibilité dos autres troupes, constitueraient une i-éserve précieuse, peu nombreuse, il est -vrai; mais dans combien de circonstances des réserves d'une imifortance numérique aussi faible n'ont-elles pas rétabli dos affaires anupromises? C'est iivec un seul bataillon de grenadiei-s do la 'neilie gardi! qu'à la liataîUe d'Eylau, le général Dorsenne arrêta la ■marche de l'inTanterie ntsse, déjà proche du cimetière où se tenait l'Encreur. Ce sont deux bataillons de cette même vieille gatde i]Ul décidèrent de la victoire de Uauau eu 1813. Les batailles de

1. Oo dialiis, Whitnibourg et FrœschwIlUr. ' S. Dkiw cet enijit^meiil, ipit (bit grntiil lionueur nii irnpiuinB July • L ù SL>a MpRitrs, 40 Aa nus soldats uvaient lullé contre 300 Prussiptis, Ifur avaii^nt tuâ ■On blassâ nuu (^itiquuultiJnDilas leurs et lUit IS prûsonnicrd. (ClmiKy, la Deaj^iimt Armée rfe la Loire, |). 111)

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