I. Marches et Coinhafs, t. I'^, p
?. (îoiivion-Saiiil-Cyr, Mémoires sur fn campagne Ov 1813.
) Sspt ans, et iToyaat retrouver dans la cavalerie prussienne & eecadrons de Zietlieu el de Seydiitz, rôpètiùt sans cesse à ses eutenanls : ■ Préparez-vous à des batailles d'Egypte. » Or Da- >ut, Priant et Morund i^taient tons trois des soldats d'Ëg\-pie ; il rt dpnc permis de penser qu'ils se le rappelèrent sur le champ de Btaille d'Auersl;i>dt, lorsque la division Friant, au ààhvit de la Jourée, fut atisaillie par les nombreux escadrons de Blucher, et quand lus lanl, Morand vit fondre sur hû les 10,000 cavaliers du prince fnillauuie; ni l'nn ni l'ainre de ces deux divisionnaires, ni leur llDStre chef n'hôelièieot alors à faire former les carrés. Plus tard ncoro, lorsque allait commencer la campagne de 1813, Napoléon frrÎTait de Mayenco, le 17 avril, à Marmont, en lui recommanhnt l'inslruction de 6ks jeunes conscrits : ^ La formation en carré psr bataillon est la hiaurpuvre la plus importante, c'est le seul moyen de se mettre â l'abri il es charges de cavalerie et de sauver tout un régiment. > EJnlln, plus récemment, à la bataille d'isly, I maréctml Bugeaud ne disposa-t-il pas les bataillons de sou armée e manière à les former rapidement en carrés si les attaques de la Kralerie devenaient trop pressantes ? Mais les cavaliers marocains e valaient pas les Mameluks, et bien que > l'armée ressemblât à m lion entouré de cent mille chacals » , disaient ks Ai-abes, Lamoicîère ol Bedeau purent les repousser sans former les can-és. Et Dur Uiul résumer dans un dernier exemple, que serait devenue ière-gai'de du maréchal Clauzel à la l'Ptraite de Constantine, ma le fameux carré du 2* léger? D'ailleurs, Waterloo a prouvé lie les généraux français n'étaient pas les seuls qui fussent parsans des carats. Enfin, l'infanterie prussienne n'a-l-ellc pas rii celte formation pour résister aux attaques de la cavalerie itricbienni.' à la iln de la bataille de Sadowa, et aux charges eaMpérties de la cavalerie française dans la journée de Sedan ? On cile toujours comme extraordinaires Ifs circonstances dans laqaelles nue infiinterie débordée sur ses ailes par la cavalerie pu tenir bon , sans se former en carrés. Tel e?t le cas de la S* demi -brigade de la division Monnier à Marengo. Formée e» Haille dnns cette plaine entièrement unie, chargée par im gros irpa de cavalerie et complètement enveloppée , elle ne montra U la moindre crain(t' ; 1rs deux première rangs llreiit feu sur
90 LES TRANSFORMATIONS DE l'aRVÉE FRANÇAISE.
le front, tandis que le troisième ût demi-tour et feu en arrièrei et la cavalerie ennemie se retira sans avoir pu entamer la 72*. Nous avons été témoin nous-même, à Balaklava, du sang-froid avec lequel les Highlanders attendirent la charge de la cavalerie russe. De la hauteur où les Français étaient prêts à descendre dans la plaine, cette cavalerie nous semblait déjà arrivée sur les baïonnettes écossaises, quand nous vîmes les fusils s'abaisser, et soudain la masse de cavalerie tourner bride et se disperser comme une volée de perdreaux, avant même que le feu commençât. Certes, c*était un beau spectacle après lequel nous aurions juré, pour notre compte, que la cavalerie ne peut pas aborder Tinfanterie.
Ce qui est vrai, et Ta été de tout temps, c'est qu'une infanterie qui ne peut pas être tournée et dont le mond est intact peut arrêter par son feu la meilleure cavalerie. Et si Ton interroge l'histoire de la guerre, on verra combien rares sont les circonstances où, môme avec l'ancien armement, les charges de la cavalerie contre l'infanterie ont réussi sans avoir été préparées par l'action de l'ailillerie ou favorisées par le désordre du combat, par la surprise et la démoralisation.
Qu'on se rappelle la bataille de Leipzig, en 1631, où l'infanterie de Gustave-Adolphe repoussa les charges réitérées des cuirassiers de l'Empereur, si redoutés jusque-là; celle de Fleurus, en 1690, où, pour résistera la cavalerie française, les Hollandais n'avaient certes pas de fusil à tir rapide; de Fontenoy où, jusqu'à l'arrivée des quatre canons qui firent brèche dans la colonne infernale, cette colonne resta inébranlable ; de Mohvitz où trente escadrons autrichi(Mis échouèrent contre l'infanterie prussienne ; de Kunersdorf où la cavalerie de Seydlitz fut repoussée par l'infanterie
nisse; les Pyramides, Auerstaidt, Lutzen Au premier combat
de Krasnoé en 1812, la Grande-Armée, marchant sur Moscou, fut arrêtée par la division russe NeverofFskoi qui, forte de 8,000 hommes à peine, résista toute la journée aux 15,000 cavaliers de Murât. En vain ces nombreux escadrons, « resplendissants d'acier, « si brillants d'ardeur et d'audace », a dit le général Morand, privés ce jour-là, par l'imprévoyance de leur chef, de leur artillerie légère, chargèrent à quarante reprises la division russe ; elle put
CAVALEniE. 91
' MDtintler la route après avoir perdu seulemeul 2,000 hommes el huit canons. A Solfériuo, la brillante cliai'^'e de la division Desvaux n'eut aucun euctès, parce que eon chef u'avait pas eu le temps ou avait dédaigné de la faire préparer par l'action de l'arlillerie. A Boiiebach, siSeydlitï n^ussit avec ses escadrons à renver- »ur du premier coup l'infanterie fi-anraise et à gagner îa bataille dés le dijhut, c'est grâce à son artillerie légère ' , brusquement démasquée, tirant à mitraille, et à une heureuse attaque de Qauc favorisée par la fuite de la cavalerie autrichienne. Au combat d'Arlon, en 171)2, les carrés autrichiens furent enfoncés et sabrée par 400 carabiniers, mais seulement quand le colonel Sorbier y eut fait broche avec son artillerie â cheval, tirant à mitraille à cin<iuanle pas. A Werlingen, en 1805, une troupe de 2,000 hommes formée en carrés est enfoncée et prise par les dragons du la division Deauniont; c'était la suite de l'effet moral produit sur l'armée autrichienne par l'apparition subite de la cavalerie fran- ■ çaise en arrière do ses lignes. A Eylau, les dragons de Grouchy, les cnirasfiierB de d'HautpouI et la cavalerie de la garde, en tout 70 escadrons entraînés par Muiat, traversent les trois lignes de Tinfanlcde russe et la foulent sous les pieds de h'urs chevaux ; mais cette infanterie était battue par le feu convergent de quarante
' boacbea à feu de l'artillerie de la garde, et d'ailleurs celte chaîne célèbre, sur laquelle les détails nous manqueut, ne Qt que euspundre les progrès de l'armée russe el donner le temps à Davont S'arriver sur le champ de bataille. A Tudela, c'est une batterie de 60 pièces qui ouvre dans le centre de l'armée espagnole une trouée par laquelle pénètrent les escadrons de Golbert el de LefehvreiJufinoaetlcs pour prendre ensuite les dtnx ailes à revers. A Mede!lin , c'est l'audacieux Sénarmout qui , avec son artillerie , fraie le chetnin aux dragons de Lalour-Maubourg, puis aux hussards de Lasalle. A la fin de la journée d'Eckniiihl, deux carrés aulricUlens qui soutenaient la retraite, démoralisés par la déroute de la cavalerie qui les couvrait, sont enfoncés par nos cuirassiers vainqueurs.
L A Esslîng, il est vrai, pendant la journée du 21 mai 1809, :ilors
I qae Lannes triomphant chassait devant lui le corps de llAhenzol-