Sapulfou, PrécU rfei juriTs.t de Fr^dMv
92 LES TRANSFORMATIONS DE i/aRMÉË FRANÇAISE.
lern, Bessières se précipite avec les cuirassiers de la division Espagne sur cette infanterie ébranlée qui reculait déjà, enfonce plusieurs carrés, prend des canons et des drapeaux. Le lendemain, à Tinstant critique, lorsque, faute de munitions, il lui faut reculer à son tour et disputer le terrain pied à pied, Lannes lance les 5,000 cuirassiers de Bessières, qui dans une charge désespérée, soutenus par les chasseurs de Lasalle et de Marulaz, brisent la ligne de Tinfanterie autrichienne, et l'arrêtent au prix de pertes énormes. Le terrain est déblayé, la garde impériale peut arriver, Tarmée est sauvée d*une défaite qui semblait inévitable et d'une destruction complète, mais cette action de notre cavalerie est citée comme une des plus extraordinaires des guerres de TEmpire.
A La Fère-Champenoise, en 1814, la division Pacthod, composée de gardes nationales , se forme en carrés dans la plaine et tient tête à la cavalerie de la garde impériale russe, jusqu'à ce que Tartillerie arrivant, elle soit rompue, dispersée "et prise. A Waterloo, les dragons anglais de Pondonby tombent sur Tinfanterie de Di'ouet d'Erlon, engagée dans un violent combat avec celle des Anglais et marchant en colonne dans Tordre le plus défectueux. A quoi aurait servi à cette infanterie d'avoir des fusils à tir rapide puisqu'elle ne put faire feu? Le même jour, les cuirassiers de Kellermann et Milhaud, nous y reviendrons tout à l'heure, renversent plusieurs carrés, mais outre que ces charges sont restées dans l'histoire comme un modèle impérissable d'héroïsme et d'acharnement, elles furent préparées par les batteries à cheval qui s'avancèrent si près de l'ennemi que TEmpereur s'écria en parlant du colonel qui les commandait : « Duchand déserte ! » ABalaklava, la charge insensée de la cavalerie de Lord Cardigan traversa deux ou trois lignes de cavalerie russe, mais que restait-il de ces superbes escadrons, quand ils revinrent sous la protection de nos cliasseurs d'Afrique? Nous qui accompagnions ces chasseurs, nous avons vu vingt lanciers, représentant les restes d'un régiment *.
Parmi les batailles de ces dernières années, Custozza, dans la campagne de 1866, est peut-être celle où la cavalerie a joué le plus beju rôle. Le succès de l'armée autrichienne commença, en
I. Les régiments anglais à Baluklava ne comptaient guère i\\ni 150 clievaux.
CAVALKItlË. 'J'i
tel, par ta rÔiiBBite de tleux cliarges audacieuBCe tur les deuit ailes ;
\ droite, troU iielotnns de uhlans, à g.iuche, une brigade Iraverseut
neiU les ligues de Urailleufs et tomLeiU 6ur l'iiifunleiie ilii-
^enue nu luonient où elle paesait de l'ordre eu colonne â l'ordre
a bataille; à droile une brigade d'inranlerje, à gancbe trois divi-
Irions sont airôiées par ccl heureux moiivemenl et ne reparaissent
plue (le lajournf^e'. La charge de droite fui particulièrement ri'mar-
lable. ■ Ti'uis pelotons du régiment de lancierg de Sicile *, dit le
nmmandant Canonge, ■ énergiguipment conduits, se préi-ipitent
» avec autant d'audace que d'â-propos, sur la brigade Forli, qui,
«conHante, s'avance sans avant-garde et en colonne de roule.
I LVtat-major gui lieut la léle est bousculé l'I se vejctie sur la
• eoloone, qui elle-même reflue. Le général-major Dho et le génti-
W» ni Cerale sont blessée ;deiiK pièces sont prises, la confusion e^t à
B eou comble. Un seul bataillon, surles cinq présents, ne se laisse pas
B« entraîner par le lorreut des fuyards : il se jette dans les fossés à
K« droite et à gaucbe, et fusille à bout portant, au moment où ils
K« iwiennent, les lanciers autrichiens. Ceux-ci en un cliu d'œil
1« ont 86 hommes, dont 2 olficîers, hors de combat; île sont réduits
■ à 17 hommes parmi lesnuels figure leur chef, le capitaine Bech-
■ loldsheim, mais leur dévouement n'est pas stérile > La dtvi-
^ftioa Corale n'sta tellement démoralisée, qu'on ne parvint pas à
i reconstituer de la journée ', L'infanterie îLalienne, il est vrai, n'avait pas de fusils à tir ralipidef mais qu'au rai l-l-ello fait de plus, si elle en avait eu? et quand Ibien même nu seul des cc-iit trois uhlans de Sicile ne serait pas resté Idflbout, la d^lroiile de la brigade Forli n'ertt-elle pas été un fait |accorapli? A Sadowa, lieux divisions de cavalerie autrichienne se liacrîlikrent, comme les cuirassiers d'Essling, pour le salut de l'ar- |<inée, en tombant sur l'infanterie prussienne victorieuse et armée
1. Ces dâlnlls sont tirés d*iin ouvrat;c ul|i<tnnn<J, i\ù à In plinne d'uR auteur luuiDyine. iloni lu U'iului^lion a ËtÛ publiiïi.- pur la Ntitae de cavnlerie. Cetautour ■ luraU un cavalier ixiasionoi! en nx^mu lem|is qu'un grunil conlempleur ili; In IttVttlerie rronvuisi^. Suivant lui. tous tius généraux <ii: cuvitlerk*. sanf Mumi, Wae valent pm h- iJialle. i?l pai-mi les plus uiuuvaia, il oil« K'-llcrmann.le hùros mite JIftmigu. Eu rovanctic. il ae luil ni à Lasallo, ni à Monllii'un l'tionneur de §flm uonuiioi'.
1 i.CunQnge, lllilnire niUilnire toatempora'ue, Ll, |i.;lHJ Le cripiUincBccli- EluMahaim *^ui son chuvul tiiij cl ïaulu sur celui d'un major ituliea qui venait l'ifAln blessé uiurlL-lIemtiil.
cette fois de fusils à aiguille. Ces deux divisions furent décimées; elles perdirent 72 officiers, 1,250 hommes et 1,000 chevaux, mais elles arrêtèrent la poursuite et sauvèrent Tinfanterie autrichienne d'une destruction complète.
Pourquoi cette longue énumération? nous dira-t-on. — Pour montrer que tout se passait à peu près autrefois comme à présent, répondrons-nous. Les deux compagnies de voltigeurs qui, enveloppées de toutes parts au combat de Witepsk, en 1812, firent Tadmiration de Tarmée en résistant seules à la cavalerie russe, ne trouveraient aujourd'hui aucune infanterie pour les surpasser.
Le maréchal Gouvion-Saint-Cyr se plaignait de ce que, dans les dernières années de TEmpire, on employât presque toujours la cavalerie à un servit^e « pour lequel elle n'est pas faite », disait-il, « et qui amène promptement sa destruction ; je veux parler de ces « charges multipliées sur des carrés d'infanterie, dont une seule, « en supposant qu'elle réussisse, n'en est pas moins la ruine du « régiment qui l'exécute ».
Arrivons maintenant à la dernière guerre, où des deux côtés Finfanterie était pourvue d'armes à tir rapide, et passons en revue toutes les actions où la cavalerie a lutté contre l'infanterie ; rappelons-en tout au moins les plus remarquables.
C'est d'abord Morsbronn, où la brigade Michel, S*" et 9* de cuirassiers, G*' de lanciers, part au galop pour traverser des houblonnières, des rangées d'arbres, des souches coupées à ras de terre, de nombreux fossés et pénétrer jusque dans les rues d'un village, défendu par deux régiments d'infanterie ; puis à Reichshoffen, la division Bonnemains, 1", 2', 3** et 4'' de cuirassiers, se dévouant comme la brigade Michel et se précipitant comme elle à travers les vignes, les enclos, les houblonnières, contre l'infanterie de deux corps d'armée prussiens appuyés par le feu de sept batteries, tirant à obus et à mitraille. — L'une et l'autre de ces deux charges n'eussent-cUes pas eu le même sort en face des anciennes armes ?
A Sedan, c'est une tentative désespérée, c'est l'honneur et rien que l'honneur de l'armée, qu'il s'agit de sauver, car de l'aveu du général Ducrot', l'infanterie est hors de combat : les escadrons.
t. La Journée de Scdaut cdilion in-12, p. 39.
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[ conduits par GalHffet, arrachent au vieus i-oi Guillaume uu cri (fadinirulion et un ^loge dans le bullclîn de sa victoire. Mais que {lOQval^nl-ilg r'oiitrmmeinranterie victorieuse, formée enoari'és sur (68 aik'8? Le fait seul d'avoir renouvelé plusieurs fois la charge, démontre que la cavalerie, si témOraire qu'elle soit, n'est pas complètement anéantie par les nouveaux feux de l'iiiranlerie.
Di!ijà quel'pies jours plus lot, à Beaumont, le 5" ri^giment de cuirasfticre, cherchant à couvrir la retraite du b' corps, s'était lancé à fond contre le 27' rOgimeat prussien ; desservi par le terrain, il est brisé à emtrie distance par les feus d'une infanterie bien postée, lAoa commandée, et ses dt^bris doivent rebrousser chemin, dit le commandant Canonge' ; 3 ofilciers supérieurs, 7 ofGciers, 11 BOUS-oDJciL-rB et 90 hommes restent sur le lerrain. Ici, la rapidité da tir a dû augmenter les pertes de la cavalerie, mais la dislance élaîl courte, le terrain mauvais, l'infanterie victorieuse et bien
I commandée. C'est encore presque de l'histoire ancienne !
La bataille de Rezonville est certainement de toutes les alTaires de la guerre de 1870, celle dans laquelle la cavalerie a joué le plus grand rôle. Noua n'y voyons pas moins de sept circonstances dans l«6(TU»lles la cavalerie a chargé siu-l'infanlerie sans succès apparent'. 1* Du côté des Allemands, les di'agons de la garde royale et les hiiflsards de Brunswick chargent dès le matin sur deux brigades dn 2' corps de l'année rranraise eu retraite : ils sontrepoussée avec perle. Ici, on peut admettre l'effet du nouvel ai-mement.
2" Le 2' régiment de lanciers et les cuirassiers de la garde impériale sont lancés par le maréchal Bazaine sur l'infanterie prus-
t ei«nne. Aucune artillerie ne les soutient malgré la demande du B^éral Du Preuil qui les commande', le terrain n'a pas été re-
I connu, des obstacles imprévus forcent les escadrous à se désunir, les lanciers s'arrêtent ; quant aux cnirassiers, fusillés à revers par ime brigade d'infanterie qu'ils ont traversée, puis de liane par une
[ autre, ils se retirent, laissant sur le terrain Sâofliciers, 244 hommes