Mf^moin-n de Ma r m ouf, t. H, livre
'\. Na|)ol«''un, Campa(jnv tV Halte, «'hapitr»? ii. article 7.
CAViLEaiE. 103
aiur arrtter le mouvement du 6* corps de l'armâe fraur;aûe, De com[>tait pas 800 chevaux.
Pourquoi vouloirqiielesprosrèBderarrnementaieDt tout ctiangé? Pounpioi, comme Latoitr-Mauboui-g ii Dresde, un général de cava- It^rie ne trouverait-il plus l'occasion de lomher sur une infanterie privée de ses feux, non plus par le mauvais temps, mais |ar une cooHommatioii trop rapide ou trop prolongée de ses munitions ? ■ 11 y a des circonstances », dit Marmonl, • où avec le risque de
• perdre un petit nombre d'iiommes, on a la chance de faire un mal
* irréparable à l'ennemi'. ■ Dans dos cas semblables, comme daus , toute» les attaques inopinées, on nu saurait nier la supériorité au
inoliiB morale des lanciers. Aik Qualre-Bras, le 16 juin 1815, une
hrigade de la division de Pire, composée du 5" régiment de lanciers
ni du 3' de chasseurs, aborde les carrés de la division Picton arec
aae impétuosité et une bravoure égales dans les deux régiments,
I leR lanciers pénètrent dans les carrés des 42' et 44" régiments an-
IfUift, les chasseurs sont repoussés par le 92' et renonçant à lutter
I Moire t'infanterie, culbutent et poursuivent les hussards de Bruns-
' wick jusque sur les derrières de l'armée anglaise'.
Nous mettons eu fait giie des lanciers seuls ont pu produire l'ef- I fui moral nécessaire pour réussir à l'attaque de Somo-Sierraetdans I h charge de Custoxza, exécutée par 100 cavaliers contre une bri- I giuifi d'intanterie. L.i lance est d'ailleurs l'arme par excellence pour I la poursuite. Ce n'est pas avec elle qu'on serait exposé à la déconl-Vennfi dont parle quelque part le prince do Ligne : « Un officier*, riUt-U, • tmuva trente dragons prussiens dans un village : il s'ima-
■ gina Taire dos prisonniers; ilsseriitirttreat Iraiiquillemenl devant I • dePï cents hussards qu'il avait avec lui; les coups de sabre qu'ils
■ essayaient df> donner allaient à peine uu derrière de la selle '. »
Eafli],daDs les engagements de cavalerie contre cavalerie, la lance
IklsQ maniée est loin d'être inlêrieure au sabre. Mdme dans le corn-
rliat corps â corps, tes Cosaques luttaient avantageusement contre nos
ttneiDeurs cavaliers. Témoin l'aventure arrivée au général Bi'o, alors
apitaine, qui croyant tenir un cosaque par sa gauche eut brusque-
L Waialrei.t. I". p. îîl.
^JU.Omrtt», H'iloirr lie In W/f niflUairet, ]■.
menl Tépaiilc coupée commo d'un coup de sabre par une voile rapide do la lance, nous raconte le général de Brack \ Le 14 octobre 1813, c'est-à-dire deux jours avant la bataille de Leipzig, il y eulà Lieberkowitz une véritable bataille de cavalerie, dans laquelle les 4* et 5* corps, commandés par Latour-Maubourg et Sebastiani, luttèrent toute la journée contre des forces un peu inférieures et, sans (Hre battus, n'eurent cependant pas le dessus ; les auteurs allemands n'hésitent pas à attribuer ce résultat aux lances dont étaient armés les Cosaques, ainsi que les cavaliers du premier rang, dans les hussards et les uhlans. Un détachement de 150 Cosaques de la garde impériale russe, débouchant à Timproviste sur le flanc de la cavalerie française, sufiit pour TarriHer.
C'est, en effet, surtout dans les attaques de flanc que la lance s'est montrée supérieure au sabre. Nous avons parlé de la charge que les lanciers de la garde impériale exécutèrent le IG août 1870 contre les dragons prussiens, mais rien n'approche en ce genre des engagements du 17 et du 18 jnin 1815. Près de Jemmapes, le 17, la brigade Alphonse Colbert composée de deux régiments de lanciers, culbnta complètement, en la prenant en flanc, la brigade anglaise de husscirds du général Vivian; la plupart des officiers anglais furent tués et la brigade fort maltraitée. -Le général Vivian, un des meilleurs officiers de cavalerie de l'Angleterre, n'hésitait pas à attribuer sa défaite aux Innces dont était armée la brigade française. Cette atTaire et ci'lle dont nous allons parler ont grandement influé sur le parti, que prirent après la guerre les Anglais, de former des régiments d(^ lanciers*.
Nous ne pouvons mieux terminer ce long plaidoyer en faveur de la lance, que par le récit d'un des épisodes les plus remarquables de la bataille de Waterloo. L'inftuUerie de Di'ouet d'Erlon, marchant en colonne de bataillons en lignes serrées à distance de pelotons, disposition défectueuse s'il en fut, attaquait la position de la Haie-Sainte, défendue par Picton, le meilleur des lieutenants de Wellington ; Picton est tué, l'attaque semblait réussir