‹ Les transformations de l'armée françaiseChapitre 45 sur 174 · D«' Bra<'k, j · texte numérisé non relu

D«' Bra<'k, j

2. M'» rJc Colbert, Traditions et Sourenir.s, t. III. — M. le marquis de Colbort, tiU (lu générul de cavalerie tué en Espagne, neveu du général Edouard Oolberl et du g«'Miéral Alphonse Colberl qui commandait aux Quatre-Bras la bripide de lanciers, dit tenir le lait du i;én«'*rîil \ivinn lui-môme.

lorsque Pondonby, à la tête de 1,200 dragons d'élite, se précipite Piir la colonne française, qui ne peut se former en carrés. En un instant, nos bataillons sont renversés et deux drapeaux pris; deux batteries en marche, embourbées dans les terres fangeuses, sont ensuite enlevées par les dragons, qui sabrent les soldats du train sur leurs chevaux. Le désastre semblait complet. C'est alors que le 4" régiment de lanciers, à la voix du généralJacquinot, tombe comme une avalanche sur le flanc des dragons, soutenu par une brigade de cuirassiers à qui TEmpereur lui-môme vient de donner Tordre décharger. En un instant les dragons sont jetés à terre, Pondonby reste inanimé, le corps troué de sept coups de lance, entouré de 800 de ses soldats tués ou blessés, deux des trois commandants de régiment sont mis hors de combat. Pendant ce temps, le 5® de lanciers et le 3* de hussards mettaient en déroute une division anglaise, et notre infanterie ralliée, applaudissait aux exploits de la cavalerie*. Ail- Jeurs et ce même jour, la bataille étant déjà perdue, la brigade Colbert, l*' et 2* dechevau-légers-lanciers, se jette têto baissée sur les dragons de Cumberland et les écrase : Napoléon accourt au galop et félicite les survivants de cet acte de courage héroïque*.

Nous avons bien souvent entendu raconter Tépisode, fort connu d'ailleurs, du 4* de lanciers, par un officier supérieur qui s'était trouvé à Waterloo dans* un des régiments de Drouet d'Erlon. Il lui semblait toujours, disait-il, voir les lanciers entrer comme dans du beurre (c'élait son expression) dans le flanc de ces maudits dragons, et c'était un des souvenirs de ses longues campagnes auxquels il se complaisait le plus. Un jour qu'il V(?nait de raconter l'affaire dans un salon de Lille, le général Bro, qui commandait la division, lui saisit le bras, Tenlraîne à part et entr ouvrant son habit lui montre, fermant sa chemise, un petit bouton d'uniforme du 4* de lanciers: « C'était mon régiment », s'écriet-il avec émotion, « je le commandais à Waterloo, et en souvenir « de la charge dont vous parlez, ce bouton ne me quitte plus ; on « l'enterrera avec moi. »

Voilà le sentiment que de nos jours on a tourné en ridicule sous

Page 1