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La Cavalerie française en

« la cuirasse, disait-on, n*étant bouiie depuis les inventions mo- « dénies qu'à orner le musée d'un antiquaire. Le contraire s'est « produit, et il faudra en tenir compte dansTavenir pour la compo- ^ si t ion de la cavalerie. »

Cependant les cavaleries étrangères, qui ont conservé la lance pendant que nous TaLandonnions, ont au contraire renoncé presque toutes à la cuirasse ; les Russes n'ont que quatre régiments cuirassés, les Anglais deux, qui sont comme ceux des Russes, les gardes du corps du souverain. Les Allemands en ont neuf, dont un de la garde. Plusieurs de leurs officiers de cavalerie protestaient avant la guerre de 1870 contre la cuirasse, comme un très vieil onienient dont Futilité est au-dessous des inconvénients de sa pesanteur, qui charge le cheval. Mais ces critiques n'ayant pas été suivies d'effets, il est probable que Texpérience de 1870 a milité en faveur de la cuirasse, car en Allemagne on ne fait pas attendre les réformes que l'on juge nécessaires.

Quant à la supériorité des cuirassiers dans les engagements de cavalerie, elle est prouvée par plus d'un exemple. Le général anglais Wilson, attaché à l'état-major du généralissime russe Kutusof dans la guerre de 1812, raconte ainsi qu'il suit un épisode du combat de Taroutino,'oii, comme on le sait, l'avant-garde de l'armée française, commandée par Murât, fut surprise par une attaque combinée de plusieurs divisions russes. « Les Cosaques », dit-il, « chargèrent réso- « lument même les cuirassiers, et dans aucun combat de cavalerie, « les partis ne montrèrent autant d'acharnement.' Sans les cuirasses « (fui les protégeaient devant et derrière, les cavaliers français « eussent été transpercés par la lance des Cosaques*. »

A Uldecona, dans le Bas-Aragon, au mois de janvier 1811, 57 cuirassiers du 13' régiment, poursuivant un escadron espagnol, se trouvèrent tout à coup en présence de quatre escadrons de ti^oupes fi'aîches, qui ralliant l'escadron poursuivi, se portèrent au-devant d'eux ; au lieu de reculer, nos 57 cuirassiers engagèrent vivement la lutte qui dura une demi-lieure, au bout de laquelle les ennemis s'enfuireut, laissant 40 morts et 100 prisonniers *. La cuirasse seule, semble-t-il, pouvait assurer la supériorité avec une telle différence

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