‹ Les transformations de l'armée françaiseChapitre 50 sur 174 · Souvenirs du colonel de Gonnccille · texte numérisé non relu

Souvenirs du colonel de Gonnccille

de nombre. A la bataille de Sagonte, un beul escadron du 13* régimenl de cuirassiers décida lavictoii*e en culbutant la cavalerie espagnole forte de 1,500 chevaux * ^

La manière de combattre de nos adversaires habiiuels accentue cette supériorité. On a vu qu'à Rezonville, la brigade allemande Bredow avait été détruite par la division de Forton ; « le combat « fut des plus brillants », dit à ce sujet le colonel Bonie, « et nos « pertes furent insignifiantes comparativement à celles de l'ennemi, c parce que nos cavaliers, frappant avec la pointe, trouvaient un « passage aux entournures des cuirasses et aux couvre-nuque € des casques, tandis que les Prussiens se servant du tranchant « ou du pistolet, blessaient les chevaux mais peu les hommes, pro- € tégés par les cuirasses*. »

Voici enfin ce que raconte le général Pelet dans ses mémoires sur la campagne de 1809, à propos du combat de cavalerie qui termina la bataille d'Eckmûhl. Ce qu'il dit de la supériorité des troupes complètement cuirassées sur celles qui ne le sont qu'à demi, s'appliquerait à fortiori auxtroupes non cuirass ées.

« Après quelques charges où la cavalerie légère des deux partis « montra beaucoup de courage, de bravom^e et d'animosilé, les « cuirassiers autrichiens attaquèrent en se lançant sur notre ligne « avec xin courage qui approchait de la fureur. Nos cuirassiers cou- « rurent au-devant de Tennemi. Les deux masses se choquèrent « avec violence ; il en résulta une des phis épaisses mêlées qu'on « eût vues depuis longtemps... Là fut décidée sans appel une ques- « tion débattue dans la cavalerie, celle de la nécessité des cuirasses « doubles. Le nombre des morts se trouva dans le rapport de 13 « Autrichiens et celui des blessés de 8 Autrichiens pour 1 Français. »

Du reste, si l'on distingue en France plusieurs sortes de cavalerie, c'est surtout à cause de la variété de nos races de chevaux. Nos grands chevaux normands demandent de grands et forts cavaliers, et puisque ces chevaux, les meilleurs que nous ayons, peuvent supporter le poids du cavalier avec sa cuirasse, nous aurions grand tort de ne pas en profiter, surtout tant que les Allemands conserveroat leurs régiments de cuirassiers.

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