‹ Les transformations de l'armée françaiseChapitre 57 sur 174 · Cours de Législation militaire · texte numérisé non relu

Cours de Législation militaire

AIlTILLEillB, GÉMIE, TRAIN DES ÉQUIPAOF-S. 1^5

a presse i-l de la Iribuue. • L'arLilleriB », liiL Lcpendaniriiuteurdu Wta Frati» ttl-elle prfw? • a toujours éi6 l'enfant gàlé de k nation l« frauçaiee. <> — Lee cunoiii> peut-ûtre, les caiiojiiiiers iioti. • Vo»

■ eanoii& ont une Iiistaire >, disait un historien à l'un de nos amis, ■ • Toe arlillutirg n'en ont pas. ■

11 y^ a longtemps que cette injustice-là dui-e. Lrirsqu'on enlend

K])ari«r, par exemple, 'le ce fammix pnssage du Rhin, chantti par

fioiloan, fit exécuté eons 1l>b yeux de Louis XIV pa,r le grand

pCondé, il semble voir les ruli-assiers du Roi se jeter dans le fleuve,

large et rapide, mir l>?e pas du comte de Guiche, et tous ces hrïl-

Ifttlls genlilstiommeE, le duc dn Longueville, le duc do la Rocliefou-

Ebauld, le prince de CondO lui-m*Jnie, eacadronner contre les eniie-

■iDis. Nul ne s'avise de penser que c'est à l'artillerie qu'est àti ce

fcélbbre exploit, ftqui est-ce qui lui rend celte justice?... Louis XIV

len purHouue, qui, tandis que sa grandeur i'mcliaînait au rivage,

■comme dit si Iiien Boileau, ne dédaignait pas de diriger l'artillerie.

» J'avais moi-nitjme », dit-il dans un préf ieux mémoirij conservù'

[pkux archives de la guerre , « posttl une batterie un peu au-

* dessous de rendrait où se faisait le passage qui se voyait à revers.

■ A peine l'escadron fut entre dans l'eau que je ils tirer dessuc. t'Le grand feu du canon ébranla si fort les eouemis qu'ils se reti-

■ ràrent en désordre et porlèreut à Moiitbas la triste nouvelle

• du passage forcé '. >

Eu vain, dans tous les temps, ies. généraux, dans leurs oitlres Bu jour, leurs rapports et leur eorrospoudance, ont rendu justice à rBrlilleriu, comine Bonaparte après Arcole, comme Mural après la priae des reiloutes de la Moscowa, comme Napolc5ou .iprès Baui- , comme Ganrobert après lul^crmann , Pi-lissier après Traiter, Ducrut dans sou récit de la journée de Sedan, d'Aurelle Bo Paladines après Coulmiers, Chanzy après le combat do Vilpiou ot tous les combats qui ont été livrés par la deuxième mêe de la Loire, les récits des historiens ont bien rarement ill ressortir le rôle de l'artillerie. Thiers dit à peine quelques s du l'action, de Sénacmont à la bataille de Frïedland ; 11 faut edu métier pour bien apprécier le service émioent rendu par cet

loO LES TRANSFORMATIONS DE l'aRMÉE FRANÇAISE.

niidncieux et hnbile artilleur, lanrant ses batteries à demi-portée de canon de rennemi au moment où Tinfanterie du 6* corps reculait en désordre. Los officiers de Tarme môme ne gardent pas pour la mémoire de Sénarmont, tué en 1810 au siège de Cadix, à Tâge de 43 ans, le culte qu*il mériterait dans Tartillerie à Tégal d'un Saint- Hilaire ou d'un Gudin dans Tinfanterie , d'un Lasalle ou d'un Montbrun dans la cavalerie. Quelle carrière brillante et rapide, depuis qu'à Austerlitz il commandait sur la hauteur du Santon cette batterie de 18 pièces contre laquelle venaient se heurter les attaques réitérées do la droite des Russes! S'illustrant à Friedland comme nous venons de le voir, se faisant citer à Somosierra pour sa valeur, puis à Uclès se plaçant au milieu môme de l'aimée espagnole, y disposant ses pièces en carré et livrant cette armée brisée aux coups de notre infanterie; à Ocaiîa pratiquant une brèche par où se précipitent nos cavaliers; à Medellin frayant tour à tour le chemin aux dragons de Latour-Maubourg et aux hussards de Lasalle.

Dans les histoires de la Révolution, on a cité le courage de nos jeunes bataillons à Valmy. Pour comprendre l'action prépondérante de l'artillerie dans cette affaire, que Ton appelle la canonnade de Valmy, il faut lire le récit d'un poète allemand (la campagne de France, racontée par Gœtho *) ot s'en rapporter au témoignage de Dumouriez dans ses Mémoires. A Marengo, c'est Desaix avec son infanterie pour les uns, Kellormann avec ses cavaliers pour les autres, qui a décidé la victoire. Los historiens parlent à peine des 18 canons que, sur la demande do Desaix lui-même, Marmont disposa pour accueillir la colonne des Autrichiens victorieux et qui livrèrent cette colonne, démoralisée par lo tir à mitraille, à l'heureuse charge de notre cavalerie*. A Auerstœdt, riiistorien du Consulat et de l'Empire, ne parlant que do l'artillerie ennemie dont le feu n'arrêta pas nos vaillantes troupes, n'a pas l'air de soupçonner que la retraite défmitivc des divis?ions prussiennes fut causée par le tir de notre artillerie à nous, marchant audacieusement en avant pour prendre ces divisions d'écbarpe et placée par lo maréchal Davout lui-même à droite, dans lo village do Spilberg, par le

!. (îœUi«', la Canipiujne tic France, tMlition HaclieUo, p. 16. 2. Mémoires de Marmont, t. II.

ADTILLBntE, QËME, TRAIN OFS ËQUlPAriKS, 137

K^aéral Morand, à gauclm, nu moiiliii d'Einsen.'. Lit-on qiu-'lqiie Iput i|u'à U bataillo tJ'Kylau rartillerie de la division 8aiutlililaire tinl h elle seule les Russes en respect à la droite de l'ar- Ein^tt jusqu'à l'entrée en ligne du 3' corps? Du côté des Rugees euxknjmefi les historiens diseut-ils que l'écrasement du coitis d'Augelre»uful dû à Boisante pièces d'artillerie légère, sagement tenues len réSîTve par Brnuiagseu et lancC-es à propos? A Essling ou l-NapoltoD, oubliant une fois dans sa vie militaire la prudence qui I présidait toujours i^ Res opt^rations les pins amiaeieuBes, engagea lune lotie inégale, ayant un Heuve à dos, Massi^na, Lannes, Bes- B'BJèreH, Bondet, Molitor, Espagne, Laealle, Heille et vingt autres, iBontoitéK parThiers, et à juste titre, comme des héros. Il les exalte ■.pour avoir rësislé pendant deux jours, n'ayant qne 144 canons M opposer à 300. Quant aux artilleurs, qui, privés de munitions Ipar suite de la rupture du pont, tiennent bnn bohh le feu converl£CQt d« ut-s trois eents houches à fen et, rêscrvanl leurs dernières ehargt'6, amHenl les Autrichiens parla mitraille dés qu'ils deviennant irop enii-eprenanis; quant au général Navelol, qui dirigeait Mfl artilleurs; quant au commandant Seruzier, resté avec Masst^na lie dernier sur la rive gauche du Danube pour tirer le dernier coup I du canon ', leurs noms ne sont mCme pas prononcé? par l'historien ■ prolixe qui, n'ayant aucun sentiment delà pertî^iective, grossit outre l-mcsore certains détails et Bupprime les autres. A Wagram, on ne 1 parle que de la gritnde hatterie de 100 pièces couvrant au centre Iles JonnaiiouE de Macdonatd,et l'on ne dit rien des 75 touches ù I fea qiii, le mi'nie jour, assurent à droite le succès décisif des atta- H de Davout', ni des douze piètses de la division Nausouty, l'dmgées par Napoléon lui-m^e sur le flanc des colonnes autii- ■frbleoiiesdiï Hohenzolk'in, ni surtout de lalialterie à cheval de la VtBimide cnirasfiiers An-ighi qui, se portant rapidement et auda-

I, Xathifid (lumiUi PrtcU ilei. éa^tumfinl» mUitatm. [ f. PnKHint II' Winilrmuin du la balnillr; (l(<vant l'nrlillcrîe Ae la dlvisinn Silinl- ', NniinlÊnn iltl aux latnonnicrs rang^ im lialnille dovant lim» plïceï :

* Bnivi'H oMilli-urs, vous avez Élu hior los rumimrta vivants iIm luou aniié»,

• soj-Ki-t— ■.'iii'Mri' lit' l'ili' Lobau. cl complPï sur luu «i-utiluilp. » H nomma lo •umiinaiiilHiii SoruzJef uiujDr, «l aut^urila i kcs batterins pluajuurs craiX <lo lu

|li<i>ip(in il'luiiiin'iii-. {Mémaireu mititatra du boroa Struticrf.

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