GÉNIE
Dans le génie, plus encore que dans l'artillerie, rétat-major particulier joue un rôle important; les troupes ne sont même ici que l'accessoire. Originairement, les travaux de siège étaient exécutés par rinfanlerie, qui était chargée aussi de la construction des retranchemenls de campagne et de l'établissement des voies de communication. Fabert, capitaine aux gardes, ayant rang d'officier général et futur maréchal de France, ne dédaigna pas, en 1641, au siège de Bapaume, de s'occuper des sapes, des mines, des ponts et autres travaux. Les ingénieurs eux-mêmes, et parmi eux le plus
ARTILLBBIK, liÈNIE, TRAIN DKH ÉQUIPABES. 1Ô7
[célèbre du tous, Vauban, capitaine au régiment de Picardie, D'Oiaient que des olTR-iers d'iafanlerie. L'histoire a consacré le Ksoureair du dévonemeut et du Ëavoir de ces iiommes modestes i|llus que celui de leurs noms. Exposés dans les sièges aux plus Rfirands dangers, chargés des travaux les plus imporlaots, ils ue ■dâpaasaient pas, sauf les exceptions glorieuses que nous veuous de Bt)ier,Ie grade de capitaine et ne Irouvaientguère quemauvals voulloir i-l jalousie dans les régiments où ils comptaient. Faberl, dont I non» venons de parler, avait rcju de ses camarades uue sorte de blâme Ipftrce qu'il avilissait sa dignité eu s'occupant des travaux du siège, e auquel il avait répondu d'ailleurs avec uue noble Herlé. Vau- I ban, le premier parmi les ingénieurs biirevetés, et certes il méritait I bien cette glorieuse exception, fut nommé brigadier, puis maréchal f de camp; la dignité Je mai'échal de France fut enfin la récompense ac- I cordée à l'homme qui avait le plus contribuée la gloire de Louis XIV I par la prise de tant de places fortes et à la défense du pajs par la f construction de ce réseau de forLeresses , dont plusieurs sont encore I debout pour perpétuer la mémoire de lem- auteur. Mais c'est en vain I que ce grand homme s'épuisa eu efforts pour obtenir de Louvoie la 1 création d'un régiment de tranchée ou d'un certain nombre de com- ' pagaies de sapeurs, auxquelles il aurait voulu rattacher les ingéuieurs pour assui'er leur indépendance, et faciliter leur besogne ', il n'obtint jamais de ce ministre oinuipoteul et despote, prototype des administrateurs faisant la loi aux hommes de guerre, que des paroles dilatoires et des promesses vagues*. liln fait, Vauban avait raison et l'on ne comprend guère pourquoi, les ingénieurs n'appartenant pas à l'artillerie, les troupes dont ils devaient se uervir dépendaient de cettti arme. Passe encore pour les mineur» , qui taisaient emploi de la poudre , mais les sapeurs n'auraient dû évidemment être rattachés à l'artillerie que s'il y avait eu un seul et même état-major pour l'artillerie et le génie. (Jnoi qu'il eu soit, la première compagnie de sapeurs fut créée en 1671 en même temps que le régiment des fusiliers du Roi dont elle faisait partie ; depuis lors il y eut toujoui-s un certain nombre de
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compagnies de sapeurs dans les bataillons et régiments de l'artillerie 5 la première compagnie de mineurs avait été créée en 1684*. Ce ne fut que longtemps après la mort de Vauban que les ingénieurs, pendant la guerre de Sept ans, formèrent un corps à part et en 1776 qu'ils furent définitivement séparés du corps de Tartillerie, auquel on les avait annexés pour un moment. De même, les compagnies de mineurs et de sapeurs, successivement créées, tirent longtemps partie des troupes de Tartillerie; outre la manœuvre du canon, on les exerçait dans les polygones à la sape et aux travaux de mine et on les prétait accidentellement au génie ; un décret de la Convention en date du 23 octobre 1793, dû à Tinlluence de Carnot, officier du génie, plaça dans les attributions des ingénieurs les 6 compagnies de mineurs existantes et créa 12 bataillons de sapeurs. (Les anciennes compagnies de sapeurs avaient été supprimées au début de la Révolution.) « Ces bataillons », dit le général Foy, « se firent bientôt un renom propor- « lionne au degré d'intelligence et d'audace que nécessite Texer- « cicc de leur profession. »
Nous n'examinerons pas pour le moment le bien ou mal fondé de la séparation du génie et de Tartillerie -, nous ne rechercherons pas davantage les modifications subies parles troupes du génie de 1793 à 1854 ; disons seulement qu'elles aussi ont dans leur histoire bien des pages glorieuses. Les ingénieurs du temps de Vauban et leurs successeurs pouvaient citer avec orgueil les sièges de Lille, Douai, Namur, Valenciennes, Saint-Omer, Philipsbourg, Maëstricht, Bergop-Zoom... Les officiers du génie, et avec eux les sapeurs et les mineurs, se sont illustrés à Gaëte, Dantzick, Saragosse, Tortose, Almeïda, Badajoz, Saint-Sébastien, Tarragone, Lérida, Alger, An-
l. La '2« compagnie da régiment de fusiliers était une compagnie de sapeurs; les compagnies de mineurs, successivement portées au nombre de 4, étaient à part. Dans l'organisation de 17*20, chaque compagnie du régiment royal de lartillerio comprenait une escouade de sapeurs et do mineurs. En 1729, les compagnies de mineurs furent rétablies au nombre do 5. Dans l'organisation de 1759, chaque brigade d'artillerie dut comprendre l compagnie de sapeurs, en tout 5. Les 7 régiments d»» 1705 comprenaient chacun 2 compagnies de sapeurs, en tout 14; uni' compagnie de mineurs était rattachée par ordre à chaque régiment. Au moment do la Uévolution, il existait li compagnies de sapeurs, réparties dans les régiments et 6 de mineurs. Le décret de 1790, par lequel l'Assemblée constituante réorganisa Tarniéo, supprima les sapeurs, qui ne furent rétablis qu'en 1793 comme troupes du génie.
. CIÉNIK, TilAlN
i ËOUIPAI',1
rers, Sébiislopol, etc.. < Dsvunt DaiiUick», ililM.Thiers, •■ était unu
■ Iroitiie incomparable : les 500 sapeurs de Ghasseloup-Laubat. » Après II! siègiMleTortose, le général SiichftjLi lis son TJpiJort, s'oxpi-i-
»i: ' Il i'sl impoBsihlû de déployer plus d'iiiteUigence, de » courage el d'activité qu'en onC monlré lesofTiciers et les Iroiipeii
■ du génie. > Cette appréci.iûou pourrait être appliquée à tous les ht&ges Taits mi Espugae : à la défense de Saint-Sébastien, en 1813,
IloDB tes oQicierâ du géaii?, sauf un, fureut tuéii, la compaguie de
wure, qui complaît 107 hommes, fut réduite à 20 ; à Taiiagone,
I officiers du génie furent tués. A Sébastopol , des bataillons
plua nombreux ont arr.iché â un autre bisiorien ce cri d'admiration :
I N'avons-nuus pas vu devant Sébastopol »,dit l'amintlJuriendela
POrarîère ', ■ des létes de sape emportées deux ou trois Toi» avec les
I intrépides travailleurs qui essayaient d'y assujettir leurs ga-
■ bions? Le dernier mot n'en restait pas moins aux martyrs du • devoir pi'oressionnel. Il se reoL'outniit toujours quelque sapeur
»• dévoué, pour venir prendre la place du tiérod sans nom que le • boalet venait d'enlever. Le joiu- où l'on cesserait d'avoir de tels « hommes, il faudrait se résigner» obéir aux peuples qui eu auraient « conservé, car il ne serait plus possible de lutter contre eux. > LesergentBobiltot et son escouade de sapeurs viennent de prou- Ter, par la défense pied à pied de Toyen-Quan, que des bommes de celte trempe existent encore chez nous. Les troupes du génie comprenaient en 1854 : 1 compagnie d'ouvriers,
3 régiments de 2 bataillons, chaque bataillon comptant 1 compagnie de mineurs et 7 compagnies de sapeurs. De 1854 â 1870, les compagnies spéciales de mineurs furent supprimées, et les mineurs furent répai-lis entre h?s 9 compagnies de chaque bataillon, dénommées depuis lors compagnies de sapenrs-niineurs.
La loi du 13 mais 1875 a donné au génie comme à L'infanterie et à rarlillerie un accroissement considérable ; elle a, en outre, plié l'organisation de celle arme au sytème général de la répartition eo cortis d'armée. Toutefois, pour le génie, cette répartition est largemeui modifiée en temps de paix. En principe, il y a par