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TRAIN DES ÉQUIPAGES MILITAIRES

Le train des èquipwjes militaires est de création moderne. Dans l'ancienne armée, les voitures et les chevaux nécessaires au transport des convois de vivres et des ambulances étaient foiu*nis par des entrepreneurs. Tant que les armées ne s'éloignèrent pas ou ne s'éloignèrent que peu de leurs magasins, cette disposition n'eut qu'une importance secondaire. Dans les guerres de la Révolution, ral)seiicc de moyens réguliers de transport se lit cruellement sentir. Les correspondances de l'armée d'Italie, avant qu'elle fflt sous le commandement de Bonaparte, sont remplies de plaintes au sujet des entreprises de transport. Dans un rapport daté du 28 décembre 1795, RiMer, commissaire du Directoire auprès de cette armi'e, insistait sur la nécessité de lui procurer les transports dont une armée active ne j^eiit se passer.

« Nous sonunes toujours », dit-il, « à la merci de la compagnie « Lanchère, qui a si l)i(»n réussi jusqu'ici à affamer nos ai*mées.» « Los transports par terre ou charrois », dit-il encore, « sont « presque réduits à zéro. Le marché pompeux de Lanchère et C* « n'a jamais eu d'exécution à cette armée. »

Lorsque commencèrent avec les brillantes campagnes de l'Empire, les grands niouvenients stratégiques, l'absence de moyens de transport faillit arrêter plusieurs fois l'armée, et le mécontente-

ABTILLKttlK, liÉSlE, TllAIN DES EQUIPAMES. Ili5

leal (le N3]tiiléon contre les entrepreneurs, ou plnlôl coiitru le

Bfslèfiie de l'eiUrepriae, resËort il'uiie foule de ses lettrée. La

terre coiiu-e la t'russe et la Russie, eu 1806 ol 1807, est parlicu-

meut intéressaotu à étudier à ce poiat de vue.

I La niat)(]iii.' de moyens de transport avait été uue des causer prln-

UuB du niouïL'ioeiit en arrière de l'armée quelques jours après la

ïilled'Kyliiu, et dès le 6 mars 1807, l'Empereur écrivait au géué-

l Sejeau, mimstra de l'administratiou de la guerre, une lettre

at U([uulle étaieuL développés des projets formés depuis loug-

i déjà daiib sa pensée :

l« Rien n'est vicieux », dit-il, • comme l'organisation des trans-

Iporte do la compaguie Breidt. Elle fait un mauvais sen'ice... Je

I voudrais que vous commençassiez à organiser économiquement

|-CB& équipages. A cet effet, jo voudrais former des iiataillons de

Iptrausport deti équipages militaires. Ctiaque bataillon serait

IcMHnmandé par un homme ayant rang de capitaine dans la ligne.

■Tl y surail dans une compagnie 32 caissons, 128 clievaux de

lit et 04 hommes. On y ajouterait une forge de campagne, une

ivoilure de reclianges de harnais et d'approvisionnements de

réparations pour les caissons. Six compagnies pouiTaient former

an bataillon, qui se trouverait ainsi composé de 192 voitures,

^768 chevaux et 384 hommes.

t Parce moyen, uous n'aurions plus d'intérêt â opposer à l'in- (térdtde l'armée, ce qui n'est pas à préseut, car, par exemple, Kinque j'ai intérêt û ce que les caissons arrivent vile, l'enirejiraneur a un inlérôl opposé. D'ailleurs, rien n'est absurde Bcotntiiti ces marchés où l'entrepreneur joue à la loterie et où il »al élre ruiné sans qu'il y ait de sa faute, ou gagner un million

lattanuson 11 serait utile qu'il y eilt im chef de bataillon,

trgé du comuiandeinent du régiment, tt un directeur général 1 Uauspurts des équipages militaires ayant rang de chef de [brigade (colonel). Notre udministration est dans une grande

ubarîe

■ Jo veux, par la nouvelle organisation, faire des transports dcis

Béqaj]>ages militaires comme du train d'ai'Lillerie, qui m'a rendu

très importants services. Sans la manière dont le train

it orgauUé, jo n'aurais pas pu tii'cr mou artillerie des mauvais

« chemins, et jamais une pièce n'est restée en route. Ces résultats « dédommagent bien de la dépense que cette organisation occa- « sionne en temps de paix ! Nous n'avons fait qu'un pas en admi-

« nistration, c'est celui-là On donnem au train des équi-

« pages un uniforme différent de celui du train d'artillerie. Ses « cliarretiers doivent être appelés soldats des équipages ; ils sont « exposés, quoique ce ne soit pas de la même manière que le train ; « mais chacun l'est dans une armée, et ce n'est pas un modique « salaire, mais l'esprit du métier qui porte à faire son devoir « malgré le danger. »

En conséquence, 9 bataillons furent créés par décret du 26 mars 1807. Le coi'ps du train prit dès lors un accroissement rapide. En 1812, il comprenait 22 bataillons.

Quoi qu'en eilt dit Napoléon, l'armée s'habitua difQcilement à voir en eux des soldats. Le général Roguet, qui commandait dans la Grande-Armée une division de la garde impériale , dit , en parlant des officiers du train : « On donne l'épaulette à ces « employés. L'avancement était presque nul dans ce corps de non- « (combattants sans émulation. Aussi vit-on des équipages mili- « taires, malgré les nombreux secours qui leur furent donnés, « perdre chevaux et voitures sur les routes avant d'arriver au « Niémen. »

11 a fallu les longues guerres de l'Algérie, les preuves incessantes do dévouemt^nt données par le train des équipages et les dangers courus par lui dans un pays où l'attaque et la défense des convois faisaient la moitié de la guerre, pour mettre fin à ces préventions et donner au train, dans la grande famille militaire, la place que lui ont value tant de services rendus.

Réduit outre mesure sous la Restauration, le train des équipages ne put suffire aux exigences do cette campagne de 1823, où la tache de l'administration militaire fut si mal remplie. Depuis lors, il fut augmenté à i)lusieurs reprises.

Kn 1848, il existait -1 escadrons du train à 4 compagnies chaque; — 4 compagnies d'ouvriers constnicteurs du

matériel.

En 1870, au moment de la guerre, le train des équipages compronait, outre les ouvriers, 3 régiments de 8 compagnies chaque.

AnTILt-RIIIE, GÉNIE, THMN DEC ÉQUIPAGES. 1G7

Cotait alors une troupe d'adiumistratlon entiermatitU HOitiî les

I ordres des foncliounaîres de l'mteDdaacc ot » leur disposition,

) même j>eDdant la paix, pour les transports administra tirs. Le train

I était, en outre, chargé de l'enlèvement dos blessés sur le champ de

I bataille, miesion diivolue aujourd'hui aux brancardiers. Aussilôl

' aprtiit lit guerre et miîuie avaut'le vote de la loi d'organisation de

rinnée,le train des équipages fut soustrait à l'autoritiî de l'inten-

danre pour être rattaché aux commandements d'artillerie. Les

oorriers conslnicteurs furent dès lors supprimés. Enfin, la loi du

13 marg 1875 organisa le train des égiilpages ainsi qu'il suit :

' 30 escadrons à 3 compagnies, devant, en cas de mobilisation, en

|âonaer 6 par dédoublement.

Chacun de ces escadrons correspond à un corps d'année : le 2(y st affecté au gouvernement de Paris.

TJii certain nombre de généraux étaient favorables à l'unilication les Imins, c'esl-à-dire à la fusion des trains de l'artillerie et du génie et des équipages en un seul corps chargé de tous les transports. Idée théorique, dont l'application n'aurait présenté que des iacoDTénieots, chaque service, surtout celui de l'arlillerie, développant dans son train propre des habitudes spéciales qui constituent ans expérience précieuse. Cette question ne présente plus aujourd'hui qu'uQ iutéi'ét rétrospectif, le train d'artillerie ayant été supprimé et remplacé par des sections de canonnière-conducteurs. Le génie lui-même a des sapeurs -conducteurs et n'a recours au train des équipages que pour atteler ses parcs de réserve.

L« service de l'Algérie, si important pour le train des équipages, a été assuré jusqu'à présent par 12 compagnies, ponant le u* 7, rattachées à 12 des 20 escadi'on^. Ces 12 comp.ignies seront, en vertu de la loi sur l'armée coloniale, remplacées par 4 escadrons faisant partie des troupes d'Algéiie.

Le train dos équipages n'est plus aujourd'hui qualilié de troupe d'administration et il a été classé, par la loi de 187Ô, parmi les troupes de l'armée. Il n'est plus, en France, à la disposition des fonctiouu.iires administratifs, et les effectifs des escadi-ons sont lelltiiaeut réduits qu'ils suHisent à peine aux besoins de l'instruction, compliqués la plus grande partie de l'année parla présence des n^serrialcs et des territoriaux; ils ne peuvent donc plus fournir

pour le service de riiitenJance, avec l'autorisation ou sur l'ordre des commandants de corps d'armée, qu'un très petit nouibre d'attelages.

En campagne, les compagnies et détachements qui attellent des convois administratifs sont entièrement sous les ordres des fonctionnaires de l'intendance chargés dé ces convois.

De tous les corps de troupe qui entrent dans la composition de Tarmée, le train des équipages est celui qui, au moment de la mobilisation, doit recevoir les accroissements d'effectifs les -plus considérables ; c(î qui en existe on temps de paix, n'est en réalité qu'un cadre destiné à former le train des équipages pour le moment de la guerre. Le nombre des liommes s'augmente alors dans le rapport de 1 à 8, celui des chevaux ot mulets de 1 à 10. On a été jusqu'à émettre Tavis que ce cadre pourrait être supprimé. C'est encore une de ces idées théoriques dont la réalisation aurait pour conséquence l'impossibilité de mobiliser l'armée avec la rapidité qu'exigent les conditions modernes de la guerre.

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