KsprU des fttstihUions militaires, 3« partie, cliap. l
ÉTATS-SlAIOnS. 175
Ùfour commaiiilcr une armée dont les grandes portions étaient I0U8 les ordres des maréchaux'. > La Tante de cette insubordifction venait peut-être de l'Empereur lui-m^me qui, comme tous B maîtres aisohis, se plaisait insUnctivement h. être le seul mattre. brès la campagne de Portugal où ses dissonsions avec Masâéna, G refus absolus d'obéissance, avaient failli perdre l'armée et où il [kU fallu lui retirer sou commande ment, Ney ne rerut aucun roche, et Masséna, malgré les souvenirs de Zurich, de Rivoli [ d'Essting, fut mis en disgrâce'.
I La priifience de l'Empereur n'empôcUa pas Mural et Ney d'ôcla-
a violentes altercations soue les murs d'Ulm ; Bernadotte d'ex-
ler Davout à être écrasé à Âuer»tœdt, au lieu de remporter une
8 victoires les plus étonnantes du siècle; Lannos et Bessières,
■m venir presque aux mains sûus les yeux de Napoléon lui-même
^ veille d'Essling ; Davout, à son tour, de se prendre de querelle
; Mural dans la marche sur Moscou. On eût dit que ces ma-
taux se dédommageaient entre eux de leur soumission sans
bnies ans volontés do l'Empereur qui, de son côté, certain
Vêtro toujours obéi, ne leur imposait pas assez l'union néces-
lire à la réussite de ses plans. Un génie tel que le sien devait
) cependant au-dessus de la maxime : Diviser pour régner, mais
put despote qu'il filt, il avait des ménagements qui étonnent.
^ une époque où son caractère aurait pu être aigri par les évé-
[senls, à kl lui de la guerre de 1813, son attitude vis-à-vis de
s lieutenants a inspiré au duc de Fezensac, dont les appréciations
! Bont pas en général celles d'un admirateur quand même du
tt el lies actes de Napoléon, les observations suivantes : « Si
Bdea querelles survenaient entre les généraux, son autorité inter-
Ivenaitpaternellement sans blesser leurs susceptibilités récipro-
Equee. Il calmait l'irritation de l'un, ranimait le courage de l'autre.
■l, Eipril drt liiMilittiom mUllairet, 3» partie, chnp. I"
^. tl fkut Kvouer que pour bipn des motirt trop longsàdévelopper ici, Masséna, 1 avait mérité le nom d'Unlïnl ^ittù de la Victuire, et que Louis XVIII nppe- It plu* tardai) plaisanlunl l'Eufanl pourri de^ In Victoire, s'ùtait singulièreknt JMconsiil^n'i amx yeux du l'armée, miiia le maréchnl Ney qui. au poliil krtui de tift tuloQts lailiUiro» et de se» services rendus, âutit aloi's iuuonlestamont rbtnrieur de Hassénu, avait eu lo tort tncxcusobb do su faire le uhei
« rappelait à celui-ci les principes de la subordination^ à celui-là « les égards que nous devons à nos inférieurs*... »
On ne peut pas dire, cependant, que ce défaut d'accord entre les généraux qui s'est manifesté jusque dans la guerre de 1870 et ce mauvais vouloir des maréchaux à obéir à un des leurs, datent de TEmpire, car Thistoire du règne de Louis XIV nous en présente un exemple bien remarquable. Pour nous, postérité, il semblerait que toutes les rivalités dussent baisser pavillon devant le génie militaire de Turonno, ses éclatants services et son titre de maréchal général ; il semble surtout que le plus absolu de tous les rois n'ait jamais dû rencontrer de résistance à ses volontés nettement déclarées. Nous sommes donc profondément étonnés, quand nous voyons trois maréchaux, dont deux fort inconnus aujourd'hui, MM. de Bellefonds, de Créquy et d'Humières, moins anciens de grade que Turennc, refuser d'obéir au Maréchal général lorsqu'au début de la campagne de Hollande, en 1672, Louis XIV voulut régler ainsi qu'il suit la hiérarchie des commandements : Le roi, M. le prince do Condé, Tnrenne, les autres maréchaux de France. Il va sans dire que le grand Roi eut raison de ces singulières prétentions, mais comme pour compléter la ressemblance avec ce qui se passa sous le premier Empire, Lonvois, ministre de la guerre, qui n'aimait pas Tnrenne, ne blâma que 1res peu les autres maréchaux pour leur désobéissance '\ Le ministre n'était pas fâché de voir battre en brèche un général qui refusait de se faire le courtisan de son omnipotence et qui dominait de toute la hauteur d'un incomparable génie militaire ses prétentions de bureaucrate à la direction des opérations do la guerre.
Tout le monde connaît les dissensions des maréchaux deBroglie et de Belle-Isle, dans la guerre de la succession d'Autriche, et si dans les armées de la République, Gouvion Saint-Cyr, un des meilleurs généraux qui aient jamais paru à la tête de nos aimées, s'était fait la réputation incontestée d'être un mauvais camarade^ il ne perdit pas celte réputation comme maréchal, car, à propos de la campagne de 1813, le duc de Fezeiisac s'exprime ainsi sur