Récit de la vompagnv d'Italie en 18.VJ. p
3. Dorrôcagaix, la Guerre moderne, t. I, p. 110 et suivantes.
■ Qne le leotenr ne se plaigne pas de ces longues cilalions. Elles Ikavaicnt pour olijet, et elles auront sans douLe pour résultat, âc ■bien préciser le rôle de l'état- major, dont les auteurs de son orgalation actuelle eembleut avoir un peu oublié la naturo exacte. Un coup (l'œil pétroepectiT sur les origines et les vicisHitudes du leeirice de l'élat-inajor daos les armées nous semble maintenaat I nécefisaire pour mieux C-clairer la discussion.
Lo général Bronsart prétend qu'autrefois les mouvements des
I uméee peu nombreuses, leur manière de camper et de combattre,
I £tftnt déterininês pour ainsi dire par voie de règlements, le besoin
d'avoir des officiers d'élit-major instruits et expérimentés se faisait
moins sentir qu'aujoiu-d'liui. Nous croyons cette assertion un peu
exagétée. Certes, l'énorme extension donnée à la (orce numérique
e armées, la nécessité, en miîme temps que la difficulté de com-
I liloer les mouvements de masses aussi considérables, ont grandi le
I râle aussi bien que la force numérique!- des états-majors. Mats déjà,
I êOiXs l'ancien régime, ce rôle avait son importance, d'autant plus
I grande que, l'armée n'étant pas divisée en unités permanentes, le
1. commandement cliangnail chaque jour. Saus remonter jusqu'aux
I sergents de bataille, chargés dans les armées du moyen ilge d'as-
leraux troupes leurs places pour le combat, Turenne et Condé
ont certainement Au une partie de leurs succès aux dispositions de
Ctumlity qui, sous le titre de mnréchal-ginèral des logis, était
chargé de tout le détail des mouvements «avec un grand sens», dit
Saîut-Simon, « et un talent unique à connaître le pays et n'oublier
■ jamais la position des moindres lieux, ni le cours et la nature des
• plus petits ruisseaux. Il avait longtemps servi de maréchal des
• logis des armées... Un grand éloge pour lui est que M. de Tu-
• renne ne put et ne voulut jamais s'en passer jusqu'à sa mort, et
• qneM. deLouvois le mit dans toute sa confiance. M. de Turenne, l>qni r.ivait fort vanté au Roi, l'en avait fait connaître. Il était
■ déjà entré dans tous les secrets militaires; M. de LouvoU ne lui
■ cacha rien, et y trouva un grand soulagement pour les disposi-
■ lions et les marches de troupes qu'il destinait secrètement aux
■ projets qu'il voulait exécuter'. » N'est-ce pas là le rôle dévolu
^ , itiiKOtitt de Saint-Simon,
1 Hachette, In-lti, t. XII, p. 30.
aujourd'hui au chef d'état-major général du ministre? « Je vous prie », écrivait Condé à Louvois, lorsqu'il fut appelé à l'arinée du Rhin après la mort de Turenne, « d'ordonner à Chamlay de venir « me trouver; il me soulage tout à fait^ » Déjà Luxembourg disait de lui en 1672, au début de la guerre de Hollande : « C'est une carte « vivante ] il en fait une juste de ce qu'il n'a vu qu'une fois*. »
Chamlay n'est pas d'ailleurs le seul chef d'état-major dont parle Saint-Simon. « Le Roi », dit-il à propos de la guerre de la succession d'Espagne, « résolut d'y envoyer un corps d'armée et choisit « le duc de Berwick pour y commander et Puységur* pour y ser- « vir sous lui d'une façon principale et y être le directeur unique « de l'infanterie, de la cavalerie et des dragons... Il avait été l'âme « de tout ce que M. de Luxembourg avait fait de bien en see der- « nières campagnes en Flandre, où il était maréchal des logis de « l'armée dont il était le chef et le maître pour tous les détails de « marches, de campements, de fourrages, de vivres, très ordinaire- « ment de plans. M. de Luxembourg se reposait de tout sur lui avec « une conûauce à laquelle M. de Puységur répondit toujours avec « une capacité supérieure, une activité et une vigilance surprc- « nantes... Il sut très bien résister au maréchal de Villeroy et à « M. de Vendôme, malgré leur faveur, et montrer qu'il avait raî- « son... *. » Saint-Simon, si avare de louanges, ne fait-il pas là le portrait d'un excellent chef d'état-major?
D'après Feuquières , l'état-major d'une armée comprenait, du temps de Louis XIV :
1° Le maréchal général des logis, véritable chef d'état-major général, ayant pour aides un certain nombre d'officiers ;
2° Le viajor général de Vinfanleric, avec deux ou plusieurs aidestnajors généraux et des officiers adjoints ;
3° Le maréchal généi^al des logis de la cavalerie ;
4° Le maréchal général des logis des dragons ;
Ces deux derniers ayant leurs aides et remplissant pour leurs armes respectives le rôle que le major général avait dans l'infanterie.