Mémoires de SainU^imon, t, VI
ETATS- M*iORS.
yÔFgehél'al parait avoir ÔW, pour l'enseinbte derarméi!,
B qu'était dans chaque régiment le major, cliargé principalement
t disposer les troupes pour le comiat. Il était, en outre, l'inter-
iaire investi de la confiance du général en chef pour tous les
(étaîU. Catinat, qui avait été en Flandre le major général de
Kumée commandée par Louis XIV, a déûni ainsi ces lonctions :
■ Le major générai est on distributeur d'ordres, le porte-voix du L général, sans aucune autorité que celle qu'il emprunte de son leBlime ou de son amitié. 11 ordonne alors souvent ce qu'il juge
■ i propos, et les troupes supposent qu'il en a reru l'ordre. Si le ft Eoajor général est réduit à sa charge, et que t'estime, l'amitié, f l'amour de la patrie et de la gloire ne l'unissent point avec le I général, la maclilne ne se meut que lourdement, et la présence t ci'tme seule personne étant impossible en tous lieux dans le f même instant, on ne peut remédier aux accidents parce qu'on I ignore l'intention du général '. »
I II en est encore à peu près de même aujourd'hui, témolu le laéralJarras et le maréchal Bazaine qui, en restant étrangers n à l'autre à Metz, contribuèrent beaucoup à la fuueste iaaction Be l'armée.
Feuquières dit à propos des aides de camp de son temps : <■ Ce ne
i SODt que des jeunes gène sans aucune expérience, souvent inca-
I pables de rendre un ordre comme il leur a été oi'donné et presque
k toujoui's de rendre un bon compte à leur général de ce qu'il les
I aura chargés de voir. ■
Le lieutenant-général mai'quis de Vallons, qui, dans sa longue
rière militaii-e (1727-1780), Qt presque constamment le service
K'ûfficîâr d'élat-major, nous donne dans ses Souvenirs d'intéres-
BQts renseignements sur ce service. Le titre de major général
l'avait pas, de son temps, l'importance qu'il a prise depuis Napo-
l et Berthier. Dès qu'un corps d'armée était détaché pour
ret séparément, l'ofTicier chargé du détail de ce coi-ps, ordinai-
inl uu des aides-majors généraux de l'armée, en devenait le
9jor général, et ces fonctions n'impliquaient pas un grade bien
. En 1757, à l'armée du maréchal d'Estrées, un capitaine de
1 1. SuiDle-Beuve, Cauierits Utt Ivmti, l. VIII. p. 3%. Kxtrail des Mémoires tlu
190 LES TRANSFORMATIONS DE l'aRBCÉE FRANÇAISE.
cavalerie était maréchal général des logis de cette arme^ avec une commission de mestre de camp. M. de Valfons, lui-même, fut aide-major général à Tarmée de Bohême, en 1741, quoique simple capitaine au régiment de Piémont. Il fut détaché, au mois de mai 1743, conmae major général d'un corps d'armée de 35 bataillons et 22 escadrons, destiné à faire le siège de Menin, sous les ordres du comte de Clermont, ce qui lui valut le grade de colonel. Aide de camp favori du maréchal de Saxe, il prit, en cette qualité, la part la plus active aux batailles de Fontenoy, de Raucoux et de Lawfeld ; dans cette dernière, il chargea successivement avec le régiment d'infanterie Royal- Vaisseaux, qui eut, à l'attaque du village de Lawfeld, 22 ofïiciers tués et 38 blessés, puis à la tête de deux régiments de cavalerie qui enlevèrent le village. Il eut, ce jour-là, cinq chevaux tués sous lui, dont un appartenait au maréchal de Saxe et un autre venait de lui être donné par le Roi. On peut voir par là que le rôle des ofïiciers d'état-major était alors des plus actifs. Plus tard, M. de Valfons eut le titre de major général dans le corps commandé par Chevert, quoique ce corps fît partie de l'armée du maréchal d'Estrées, dont il décida la victoire à Hastenbeck.
Dans la même armée, le maréchîil général des logis était M. de Maillebois, lieutenant général, célèbre par la triste conduite qu'il tint envers son général eu chef et par le jugement qui fut prononcé contre lui à colle occasion par le tribunal des maréchaux de France; M. de Cornillon était major général de l'infanterie, et le maréchal des logis de la cavalerie était, comme nous l'avons dit plus haut, un simple capitaine. Ces trois états-majors comprenaient quarante aides et vingt surnuméraires *.
Los états-majors avaient pris à cette époque un tel dévelopement que le maréchal de Belle-Isle, récemment appelé au ministère de la guerre, crut devoir prendre des mesures sévères poui* arrêter le mal. Il iil décider, par l'ordonnance du 29 avril 1758, qu'il ne serait plus nommé de colonels que pour remplacer les vacances d'emploi dans les régiments.
D'après le général Billot,' le persomiel d'état-major comprenait