Général Billot, Rapporta l'Assemblée nationalo
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Des ordonnances rendues en 1823, 1826, 1831 et 1833 atteslent la fluctuation qui ne cessa de régner dans les meilleurs esprits nu sujet de la spécialité plus ou moins absolue de l'état-major. Le général Préval se montra avec persistance partisan du corps ouvert. Un corps fenné, disait-il, enlève à Tarmée rémulation, les droits, Tespérance qu'on obtiendiait d'un concours annuel. On lui répondit qu'en isolant les ofliciers dans chaque arme ou dans un corps spécial, on opposait une barrière aux ambitions déréglées. Enfin, l*ordonnance de 1838 consacra déliuitivement le système que nous avons vu fonctionner jusqu'après la guerre de 1870, savoir :
Une école d'application recevant, après concours, des sous-lieutenants élèves, sortant de Técole de Saint-Cyr dans les premiei's rangs de leur promotion, de rares sous-liculenants des régiments admis à ce même concours et un petit nombre (ordinairement trois) d'élèves sortant de l'Kcole polytechnique admis sans concours. Durée des cours do l'école, deux ans. — Examens de sortie à la suite desquels les élèvns de l'École d'apijlication étaient nonunés déliuitivement et pour toujours, ofliciers d'état-major, avec le grade de lieutenant. — Stage de quelques années dans les régiments d'infanterie, de cavalerie et d'artillerie (ordinairement deux ans dans chaque arme); après quoi, les officiers étaient employés, soit dans les états-majors de division, soit comme aides de camp auprès des généraux, soit au dépôt de la guerre ou cà la carte de Frauf.'o, depuis que le corps dos ingénieurs géographes avait été fondu dans celui de l'état-major.
Tel était le coi'ps d'état-major, corps ess(întiellement fermé, comme on le voit, composé d'officiers instruits ou tout au moins ayant reçu une instruction spéciale, peu familiers avec le service dos troupes et formant onx-nn'mos deux catégori(^Lî assez tranchées: d'une part, les officiers lu'illants et honmies du monde, recherchés comme aides de camp; d'autre part, les ofliciers travailleurs, ferrés sur l(»s règlements, occupés dans les bureaux à un métier peu fait pour développer les aptitudes militaires, forcés en tous cas de persévérer jusqu'au bout dans une carrière qu'ils avaient choisie à un moment où leurs idées n'étaient pas encore bien arrêtées et où, pour ainsi dire, ils ne se connaissaient pas eux-mêmes. On avait donc, en créant le corps d'état-major, coupé court à de graves abus
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f'i^ nméàlé h un mal pvofoDd ; mais bî le principe était bon, l'applî- ' cation ûii laiseiiil forl à tlésirer. Atisiîi, de nombreuses plaintes e'élevèrenl-elles contre les olficiers d'élat-major, jalousés par les ofllciure de troupe pour des avaittages souveal plut> apparents que réels, pour l'avancement rapide donué aux plus Ijrillants d'entre fiux et dont le plus grand nombre était loin de profiter, pour le ton lit! supériorité cl les aira di.» commandement que certaius puisaient dans le commerce journalier des généraux.
Lk guerre de 1870, dont il n'était pourtaut pas coupable, mais [ (laiiB laquelle ses vices d'organisation se firenl sentir au milieu de nos défaites, porta le dernier coup au corps d'élal-major. Les reproclieH qu'on lui adressait auraient ét<; pour la plupart plus justement formulés contre le commandement, mais en ne lui laissant I qiu! ce qui lui revenait Bans contestation, la part était déjà belle. I Le service des renseignements et des reronaaissances ue fut pas teulâment mauvais, il fut nul et donna lieu à des surprises telles [ que celle de Beaumout, où des batteries alleniandes purent venir I en pleiu midi, sans être aperçues ni soupçonnées, s'installer à quelf qties centaines de mètres de nos camps formés au hasard, comme >. si l'ou eût été a cinquante lieues de l'enoi-mi. Les Prussiens eux- I Dtëmes donnent comme une des causes des désastres de l'armée de ! Metz, l'inertie de l'état-major et de son chef, dont nous avons rap- I pel^ plus haut la cause principale.
La Justice commande lonlefois d'observer que la première partie I de la guerre, celle où a figuré la presque totalité de l'armée régu- [ iière, a duré trop pou de temps pour permettre aux états-majors [ d'acquérir une expérience profitable. Quant aux armées de pro- [ Tiacv, les officiers du corps d'élat-iiTajor y figuraient en très petit 1 nombre et l'on ue saurait les juger sur cette éprouve; ils étaient [ débordés. Mais dire, comme l'a fait M. de Freycinet, dans son I liTre ta Guerre en province, qu'il n'était resté dans ces armées que » oIRciers de deuxième qualité, c'est une erreur profonde et une I ÎDJustJi-e envers des olliciers tels que les généraux Forgemol, Loy- I kCl, Billot, Vuillomot, de Bouille, des Plus, etc. On pourrait plu- [ 1A( remarquer que sur huit aides de camp ou officiers d'ordonnance I attaché» à lu personne du général Chanzy, six étaient étrangers au r corpfi d'élal-major, et bien mieux, que sur Ireize oITiciers compo-
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sant rélat-major général de la deuxième armée de la Loire, quatre seulement appartenaient au corps spécial. En supposant donc que cet état-major cAt mal fait, ce qui n'est pas, il serait injuste de s'en prendre au corps d'élat-major.
Ce qui est malheureusement vrai, c'est l'ignorance en géographie dont firent preuve, au début de la guerre, un grand nombre d'officiers supérieurs d'état-major. Nous connaissons à cet égard dos anecdotes authentiques, si incroyables que nous nous garderons bien de les raconter, mais nous pouvons citer du moins les observations formulées par le général Billot, un ancien et très bon officier d'état-major, dnns son rapport à l'Assemblée nationale :
« Quand l'armée française s'est ti'ouvéc en Lorraine aux prises « avec l'ennemi, on a acheminé des armées entières sur une seule « route, ignorant qu'à côté de cette unique artère, des voies carros* « sables, excellentes, permettaient à quatre ou cinq colonnes de « s'avancer dans des directions parallèles à quatre et six kilo- « mètres à peine les unes des autres. Kt pendant ce temps-là, Ten- « nemi^ muni de notre carte complétée par lui et tenue à jour*, « marchait. avec un ordre parfait et toml)ait sur nos camps à l'im- « proviste par des cliemins inconnus à nos troupes... »
Quoi qu'il en soit, le corps d'état-major fut condamné, mais heureusement pour les officiers qui en faisaient partie, cette condamnation no leur porta pas préjudice à tous. Sur 16 ministres de la guerre qui se sont succédé depuis 1871, 11 sortaient de l'étatmajor, 2 de l'infautcrie, 1 de la cavalerie, 1 de Tartillerie, 1 du génie'' : cela explique bien des choses.
Tout le monde à peu près fut d'accord sur la nécessité de changeur Torganisation du service -d'état- major, mais quant aux nouvelles dispositions à adopter, la divergence des opinions fut extrême. Les députés et les sénateurs n'auraient pas mieux demandé, ciu
1. Ainsi, !«' corps fri'lat-ninjor, coniposi'i cl'ofTiciors distin^'ués, était si mal employé qu'on ne lui Ijiisait mômo pas coinpliHer et tenir à jour la carte de la Franco. La faute, évidemment, doit en éire imputée aux ministres eux-mômes ot surtout à l'absence d'un état-major j^^énéral du ministre, créé seulement depuis la guerre.
2. Nous comptons pour 2 et 3 les ministres qui l'ont été à 2 et 3 reprises, comme les généraux de Cissey et (^ampenon. En conscience, nous ne devrions pas inscrire un ministre au compte de l'artillerie, le général de Rochebouet n'ayant été ministre qu'un mois et dans des circonstances où la politique dominait tout.
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s ranger à l'avit> de ci^ux de lei
nit, que de se ranger à l'avit> de ci^ux de leurs collègues qui apirtenaicnL ou avaient apparlenii^ l'armOe, mais ceux-ci no puteiil s'eulendro, l>i tous alors eurent la préleuUou d'être aussi pompélenls qu'eux. C'était bien naturel, puisque chaque général a oSieitir d'état-inajor s'évertuait à diimonlrer que les autres gOtérattX ou otlîciers d'état-inajor n'entendaient rien à la question. Minôe en 1875 à l'Assemblée nationale, ballottée ensuite d'une bbambre à l'autre, élaborée euBn par une commission mixte de Unateurs et do députés, la loi sur ie service d'étut-major fut déQ- Bilircmunt votée le 20 mars 1880,,. pour eu liuir.
Loi de lassitiuU! s'écria l'un des votants, et on fait elle ne coaCeuta kcreumie. Nous n'hésitons pas, pour notre compte, à la regarder B des plus mauvaises de celles dont l'ensemblo Tormo notie nouveau code militaire. Tout le monde en connaît les disposinons essentielles. Plus de corps spécial, malades officiers de toutes i, affectés il tour de rôle au service d'état-major etplacés alors kn dehors des cadres de leurs armes respectives. Ces officiers doikenl être pourvus d'un brevet spécial, dont l'obtention est facilitée larles études faitesdans une école dite : hcole supérieure de la guerre. 1Ï8 ne doivent rester de suite dans le service d'état-major ijue lant une durée de quatre ans, et ne peuvent y rentrer plus tard [Que dans le grade supérieur, après avoir fait dans les corps de hroU))o un stage dont la durée dépend du grade. Transi toiremenl, Hes officiers de l'ancien corps d'état-major, répartis entre les difféf mates armes au prorata de l'effectif de celles-ci en officiers de I chaque grade, sont assimilés en tout aux officiers brevetés.
L'ancien corps compi-euait, d'après l'ordonnance de 1818: 30 co- [ lomels, 30 lieutenants-colonels, 100 chefs de bataillon, 289 capir laiaCs, 235 lieutenants et sous-lieulonants. Augmentés à plusieurs iRprises, les effectifs pour ces mêmes grades étaient, en 1870, de la6,35, 110, 330 et 110.
Aux termes de la nouvelle loi, le service d'état-major doit comprendre :
85 coloueU, dont 3 pour le dépôt de la guerre ; 40 Uenlenants-colonels, dont 3 pour lo dépôt de la guerre ; 1ÎL5 4:UefB d'escadrons, dont 7 pour le dépôt de la guerre ; 246 capitaines.
Il a été, en outre, créé un corps d'archivistes, sans assimilation de grades, chargés plus spécialement du service des bureaux et de la tenue des écritures. Les officiers d'ordonnance, choisis par les généraux dans les coi'ps de troupe sous leurs ordres, ne comptent pas dans les nombres ci-dessus. Les généraux faisant le service dans les armes spéciales («nrtillerie et génie) gardent, comme par le passé, des aides de camp prélevés sur Tétat-major particulier de ces armes.
Jusque-là, aucun règlement ne fixait pour Tarmée française les attributions de Tétat-major, dont le service se faisait conformément à la tradition ou plutôt à la routine. Chaque chef d'état-major l'organisait pour ainsi dire comme il l'entendait et sous sa responsabilité personnelle. Des traités ou manuels avaient été publiés par le général Grimoard, par Berthier, par le général Thiébault. Devenus, et principalement ce dernier, classiques à l'étranger, ces traités ont été complètement oubliés en France*, comme le livre du général de Brack sur lîi cavalerie, comme tant d'autres travaux d'officiers français dont nos ennemis ont su se servir contre nous.
Aujourd'hui, les détails du service d'état-major, la composition des états-majors de brigade, de division, de corps d'armée, d'armée, du ministère, g'ont minutieusement réglés j)Our le pied de paix comme pour le pied de guorre,par le décret du 1" juin 1883*, complément de la loi du 16 mars 1880.
L'élat-major général du ministre, dont le chef est en même temps le directeur de tout le personnel et de tout le service d'élatmajor, est largement pourvu ; l'effectif des officiers qui le composent est déterminé arbitrairement par le ministre ; il était en 1883 de 02 officiers. Celui d'une armée compte 15 officiers ; celui d'un corps d'armée en temps de guerre, 9, d'une division, 5; un certain nombre de ces officiers appartiennent au cadre de réseiTe. L'étatmajor général de plusieurs armées réunies n'est pas déterminé à l'avance. Le nombre des officiers d'ordonnance est strictement fixé : ils sont pris par moitié parmi les officiers de réserve. Chaque commandant de corps d'armée en a quatre. Nous avons vu^ en