I. Iltstoire de /A)Hvnis, t. 1er
ftTATS-UAIORS, RKRVICES PAHTICULIERS, ARMËB COLONIALE. 33-^
Louvoie écrivit d'ailleurs, le 2L aoflt 1677, au maréchal de
Luxembourg: « Lu Roi U-oiive lion que M. DumeU preane jour de
I itmréolial de camp pour le satisfnii'e. Mai« Sa Majesté désire
■ que, paseé ce juur, il n'un Taese plus aucune mention tout le
i teBte de la uampagau. >
Saint-Simon raconte, d'autre part, que Lafrezelière Sis, dont le
e avait été lieutenaot général des armées du Roi el lieutenaut-
inéral de l'artillerie, nommé hii-méme à cette dernière charge et
«fenu martichalde camp, ayant fait par tolérance le service de son
rade dans l'arintSe coramandéo par Villare, prétendit établir cola
ximine un droit; il se vit donner tort par le roi, et de dépit envoya
1 démission de lieuteuaal génôral de l'artillerie, malgré les
rières du grand-maîtri-, duc du Maine. Louis XIV le lit enfermer
|t U Baatilie et le laissa en sortir plus tard, à la prière du due de
loulUers, pour aller commander rarlillerie dans la place de Lille,
C'est là sans doute l'origine de cette fameuse question du droit
<Â eommandement qui a donné lieu à tant do discussions. On sait
ua ]e« règlements militaires ont prescrit très sagement qu'en cas
Be décès on d'absence du commandant d'une troupe, quelle qu'elle
ioit, le commandement soit estTcé par l'offlcier le plus ancien
[ans le grade le plus élevé. Or, on a émis à plusieurs reprises la
rétention d'exclure du droit au commandement, en pareil cas, les
pânéraiu commandant l'artillerie ou le génie, et le général Preval,
Ui & pris unit si grande part à la rédaction des règlements mill-
!B, soutint mi^me très vivement cette opinion dans une bro-
bure qui fit un certain bruit; ce qui n'empôcha pas le général
Klâe de prendre le commandement devant Conslautine après la
bort du général Damrémont. Aujourd'hui, la question est absolu-
boDl tranchée, et le droit ne fait plus doute, mais elle datait de
, comme on le voit, et d'un temps oii la fusion de l'artillerie
bftHB l'armée ôtaità peine ébauchée.
I One autre anomalie plus siagulièro encore se pi-olongea jusque
bus U première République, comme nous allons le voir.
I LoUTOis n'avait fait que le premier pas vers la militarisation de
rtillRrJe...TI continua son œuvre en créant, en 1684, le régiment
i botnbariHfrs, dont le graad-maitre fut aussi le colonel, et en
234 LES TRANSFORMATIONS DE l'aRBIÉE FRANÇAISE.
faisant édicter,le 13 octobre 1686, une ordonnance qui prescrivait aux troupes de Tartillerie d'obéir aux lieutenants du grand-maltre commandant rartillerie aux armées ; les lieutenants-colonels et les commissaires provinciaux prenaient rang entre eux suivant la date de leurs brevets ; de même, les capitaines et les commissaires ordinaires, les lieutenants et les commissaires extraordinaires.
Enfiu, Tordonnance du 15 avril 1693 décida d'une question dejmis longtemps eu litige : le régiment de fusiliers devint le i^ègiment royal de Vartillerie, et il n'y eut plus qu'une seule classe d'officiers, recevant tous leur cliarge du grand-maître. Le lieutenant-colonel du régiment prit le rang de lieutenant de C artillerie^.
Malgré la futiion, cette anomalie de deux grades différents conférés au même olïicier se prolongea longtemps. « J'ai passé les « premières années de ma vie », dit Marmont, « à entendre dis- « tinguer dans l'artillerie le grade dans le corps et hors du corps, « et Ton avait respecté le ridicule amour-propre du corps de Tar- « tillerie en continuant celte distinction. »
« On ne devinerait jamais à quel degré d'absurdité ce principe, « faux en lui-même, était arrivé dans son application. L'état mili- « taire de l'époque dont il s'agit (1797) porte cette mention :
« Bonaparte, chef de balaillon d'artillme, détaché dans l'armée « comme général en chef de l'armée d'Italie; * et ailleurs : « Mar- < mont, colonel du 2^ régiment d'artillerie ta cheval, détaché comme « aide de camp du général en chef Bonaparte '. »
11 n'y a plus rien de semblable aujourd'hui dans l'armée française, mais l'armée espagnole présente encore une singularité remarquable: les ofliciers d'artillerie, qui n'avancent dans leur arme qu'à l'ancienneté, peuvent être promus au choix dans d'autres armefc. à des grades honoraires jusqu'à deux degi'és au-dessus de leur grade effectif; ils touchent alors les appointements de leurs grades honoraires, et lorsqu'ils se trouvent avec dés olïiciers d'auti'es armes, ils exercent le commandement d'après l'ancienneté dans le grade honoriiire.
Quoi qu'il en soit, eu 1715rétat-major particulier de rartillerie
l. Suzane, Histoire de V Artillerie française l. Mémoires de Marmont, t. I, p. 229.
ICHnpreoaJt : 1« gi-and-matlre , k prenuer lieutenant-général, deui IredeurB gt-nérnux, 9 lieulenaatB-séiiOiaoi, 25 colonels, 30 coloele, 200 capiiaiiiei*, un capitaine des cUarroig de l'artillerie cl 2 i'^piiainos de conducteurs. A la mort du comte d'Eu, Uls du'duc n Maine, en 1755, la chiirgi; de grand-maître fut supprimée, et 'arliUiîrie n'eut iilus â ea tôte qu'un premier inspccUur général.
ut en cette qunlité que Vallière, puis Gribeatival, pi-éaidèreul
K destioées de l'arme. Rétablie en 1800 et 6uccussivemt;nl oc- Upëc à partir de cette époque par d'AlioviUe, Marmont, Songis,
1 Rîboisiêre, Éhlé et Sorbier, ta place de premier inspecteur ihlÉi'al, après avoir disparu au début df la Restauration, fut enire une fois rétablie pour le géuéral Valée. Définitivement supe eu 1830, elle a cessé d'être, et l'arme est aujourd'Uui à la ÏBcrdtion d'un directeur du ministère, colonel ou général de liriide, dont la position précaii-e déiiend d'un ministre soumis luiléme A toutes k-s vicissitudus politiques. Tout semble calculé lyourd'liui pour détruire toute Qxité, toute suite dans les idées. Dur préparer le bouleversement et s'opposer aux amélioralioiis lûrement étudiées.
Ed1795, l'état-major de l'artillerie comprenait 226 ofliciers, dont
généraux de division et 9 généraux de brigade. Apiùs des augtontations et des réductions successives, il comptait, en 1854,
4 otBciers, dont 8 généraux de division et.l6 généraux de brigade. iQOQrd'hiii et aux lei-mes de la loi des cadres, il ne compte plus, idépendainmenl des généraus, que 284 officiers do tous grades. le temps à autre, on parle de détruire ou tout au moins de réduire aosidéntblement cet état-major, sans trop savoir comment et par iioi on le remplacera.
h'iiai-vtajor particulier du génie a suivi des péripéties analogues. otitefois, Il-s premiers ingénieurs n'élaieut pas, comme les pres artilleurs, des officiers spéciaux et civils. C'étaient des n\itaioes d'infanterie qui, eoit vocation, soit désir do so fair^ une ibïtion faute de pouvoir acheter un régiment, se faisaient brefSer ingénieurs. L'infanterie était d'ailleurs seule employée aux nvatix de tiTrasseraents des sièges et des routes ; plusihjurs offl. 1ère eenibleut même avoir fait le service d'ingénieurs sans être révélée. Témoin Fabert, soldat aux gardes, enseigne au régiment
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de Piémont, major au régiment de Rambures, capitaine aux gardes, maréchal de France en 1658. L'histoire a conservé la réponse qu'il fit aux officiers de son régiment, qui lui reprochaient d'avilir sa dignité de capitaine des gardes et d'officier général en s'occupani des mines, des sapes et de l'artillerie : « C*est la conduite que Ton « me reproche qui m'a élevé au grade dont je suis honoré. Je « servirai toujours de même, quand ce ne serait que par reconnais- « sauce. »
Le phis illustre de ces officiers d'infanterie brevetés ingénieurs, tout le monde l'a nommé, c'est Vauban, capitaine au régiment de La Ferté en 1G5S, puis capitaine dans Picardie avec le rang de lieutenant-colonel, et maréchal de France en 1703, que Louvois et Louis XIV honorèrent de leur amitié, et dont le terrible Saint- Simon a dit qu'il était le plus honnête homme et le plus vertueux de son siècle, « qui avait fait 53 sièges en chef, dont une vingtaine « en présence du roi, qui crut se faire maréchal de France lui-même « en lui donnant le bâton* ». Mais Vauban, tout favorisé de Louvois qu'il fAt, ne put obtenir que les ingénieurs si dévoués, exposés dans les sièges à tant de dangers, lissent un corps constitué et eussent, comme les officiers d'artillerie, des troupes spéciales à leur disposition, au lieu de rester, comme il le disait lui-même, « les martyrs de l'infanterie ». Nommé maréchal de camp en 1676 par assimilation, ainsi que nous l'avons vu de M. Dumetz, il obtint que les ingénieurs fussent classés entre eux, sans toutefois cesser d'appartenir à l'infanterie ; mais en vain proposa-t-il la rréation d'un régiment de tranchée ou tout au moins de compagnies franchis de 100 à 120 hommes, tous canonniers, disaitil, tous grenadiers, « sachant couper, tailler et poser le gazon, le « placage, le clayoïmage et le fascinage, faire des gabions, plau- « ter des palissades et remuer la terre à propos, etc. » Louvois, nous l'avons déjà dit, lui répondait évasivement*. C'est seulement au xvur siècle que les ingénieurs cessèrent d'appartenir à Tinfanterie. Il y avait, en 1744, 300 officiers de toutes armes, brevetés ingénieurs du roi et chargés des travaux civils aussi bien que des
1. Saint-Simon, Mémoires, t. III, p. 379 (édition HacheUe, in-12». l. Gamillp Rouss"t, Histoire de Louvois, l. I, p. '248.
tTATS-MUOns, 8Biivtct;s tAUTiai]i.iKim, AnMÉK coloniale. '2'61
ravaux militaires, à la foie otticiere du géuie et ingénieiin: des
^oniii flt chaussées, Une ordonnance du 7 février 1744 les réunit
en un corps spécial qui hientôl fut [wrtagé, en 1748. Les ingé-
lieuTB L'iviU allèrent de leur câté, et lus ingénieurs militaires
frurent, par l'ordonnance du 8 décembre 1755, réunis ti l'artillerie,
^ul devenait d^s lors le corps royal de l'artillerie et du génie. 11
lia eemblc pas que crlte fusion ail donné de bons s^sultats. • Le
' hochepot que l'on a fait du corps de l'artiSleric avec celui du
lisatoiitgùté ■, écrivait lu maréchal de Belle-lsleau comte de
Clarmont, eu 17Û9, ■ et si le mélange, tel qu' U est, auhsi6ia.il encore
E longtemps, le roi n'aurait bientôt plus d'ingénieurs, et son artil-
' Ierîe,«i distinguée dans les dernières guerres, s'affaitilirait aussi
t coosidérâblemcnt'. •
L'ordonnance du 31 décembre 1776 créa le corps royal du tjinic,
tcomposé de 329 officiers, qui depuib 1744 étaient réunis à l'artLl-
tlerie et qui r-ureiit dans leurs attributions l'architectui-e militaire,
Ils fartiÛcation permanente et passagère et la castramétation : Ëtat-
llDJ^jOr sans troupes, ijui resta tel jusqu'à ce que, grâccà l'influence
f de Carnot , comme nous l'avons dit, les compagnies de mineurs et
r leB bataillons de sapeurs lui fussent rattachés. Alors seulement le
[ coips du génie eut une existence réelle. Il présenta longtemps,
' MUB le l'apport des grades, l'anomalie que nous avons signalée
pour le corps de l'artillerie. Le général Roguet, ancien colonel en
[ 'MCOnd des grenadiers à pied de la vieille garde, qui a laissé des
\M^Mires mitHaires fort intéressants, dit, en parlant du chef de bri-
ide Maubert qui, en 1795, commandait le géni<> de l'aile droite
|et du centre de l'armée d'Italie : « Cet officier supérieur, doué de
• beaucoup de connaissances, d'un grand zèle, d'une bravoure et
I « d'une aclivi lé rares, rendit des services de la plus grande impor-
' tance. Il avait dans la ligue le rang de colonel; jamais il n'a pu
B« se faire reconnaître par le corps du génie dans lequel il n'était
Wm qu« capitaine. Il mourut plus tard â l'expédition de Saînt-Do-
I mingue. •
Aux lerniL>E du décret duSti octobre 1883, le service du génie e&l
V-cbargti aiut années de travaux exécutés par les troupes de l'arme,