Cundlo ftouuot, le cfmte tit Giiùrê, p. ttV
238 LES TRANSFORMATIONS DE l'aRICÉE FRANÇAISE.
travaux dont la direction nécessite dans les armées^ corps d'armée et divisions, un état-major nombreux. En outre, d'après l'article 12 de la loi des cadres, cet état-major est chargé, à Tintérieur, d'assurer le fonctionnement des établissements et services de Tanne. Son cadre comprenait, en 1870, 462 officiers de tous grades, sans compter les officiers généraux. Aux termes de la loi du 13 mars 1875, il en comprend aujourd'hui 486.
Nous n'avons parlé, jusqu'ici, que des officiers ; les deux étatsmajors particuliers de Tartillerie et du génie comprennent un assez grand nombre d'employés, savoir:
Pour l'artillerie : 540 gardes, chargés de la gestion des établissements de l'arme, ou remplissant des emplois de chefs artificiers et chefs ouvriers;
160 contrôleurs d'armes, (employés à la fabrication, à la réception, à la visite et à l'entretien des armes ;
210 ouvriers d'état, chefs et sous-chefs d'ateliers;
210 gardiens de batterie, chargés de la garde des ouvrages de fortitication détachés et du matériel qu'ils renferment.
Pour le génie : 570 adjoints, chargés d'assister les officiers dans le service de bâtiments et des fortifications ainsi que de la gestion de ce service ;
6 ouvriers d'état ;
290 portiers-consignes, chargés de la garde et de la police des port(.>s dans les places fortes.
Les gardes d'artillerie et les adjoints du génie, après avoir été admis par la loi du 13 mars 1875 au rang d'officier, se sont vus, par la loi du 1(5 mars 1882, assimilés aux officiers d'administration.
Les contrôleurs d'armes sont admis au bénéfice de la loi du 17 mai 18o4 sur la position d'officier, mais ou les a laissés dans un rang intermédiaire entre les ofliciers et les sous-officiers. Cette inégalité de traitement est fondée sur ce que les contrôleurs d'armes n'ont aucune gestion ni responsabilité administrative; mais, d'autre part, ils ont une instruction technique souvent remarquable ; plusieurs d'entre eux rendent flans les manufactures d'armes, pour la direction de la fabrication mécanique, des services de premier ordre, tels que le feraient dans l'industrie privée des ingénieurs
fcTA.TS-MAJORB, GBBVlCKCi PARTICULIEIIS, ARUÊE COLONIALE. ^3V
bifitinguée, et du moment où l'on adiueltail les gai'de» d'artillerie l les adjointe du géme à la poBition d'oOlcier, qous ne voyons pas •op poimiuui ou ou a exclu les contrôleurs d'arraos. Il est vrai jgu'il fftll.tit bien s'arvtltercpiBlquepart dans cette manie de nivelleneot,qLiiâ'eËl emparée de noslégiiâlaleurs depuiià la guerre de 1870. Les gaj'diens de batterie, qui comptent daui> les cadres de l'artilieria, dépendent |}ourtant à U fois du service de l'artillerio et de alui du génie ; les gardiens de batterie, les ouvriers d'état et les lortîers^on signes n'ont que le i-ang de sous-officier. Restu à îniliquer l'emploi de ces deui états-majors particuliers, lis nous répondrons d'abord aux personnes qui voudraient voir ier des états-majors analogues pour l'infanterie et la cavalerie, iBd dt! pourvoir au personnel de l'École supérieure de la guerre, !s de Sainl-Cyr, de Saumur, de SaiuL-Maixent, do La Flèche, de gymnastique, etc.,,, ainsi qu'aux services du recrutement et des remonles.
Nous ferons remarqupr, tout d'abord, que les officiers d'infanterie
fet de cavalerie ne tireraient aucun avantage de la création de ces
s-majors particuliers, les officiers détacliés.dans les services
a nous venons d'énumérer, étant placés hors cadre et remplacée
lans leUTà i-égiments. Le nombre en est variable, beaucoup de
Mitions pouvant être occupées, tantôt par un officier d'infanterie,
iDtût par un officier de cavalerie. Le cadre d'un état-major parti-
jbulier serait forcément limité; il pourrait, dans cliaque ai-me, à
a moment donné, être inférieur, dans un autre momeut ^tre supë-
leur aux besoins. La faculté de mise hors cadre est bien plus
utique et laisse une plus giande latitude pour les choix.
Dans l'artillerie et dans le génie, les états-majors particuliers
Wat calculés, au contraire, sur des nécessités lixe^, et non seulc-
lent il faut qu'ils suffisent à ces nécessités, mais encore on pi-élëve
PiDT eujc, sans les mettre hors cadre, les ofHciers employés au mâme
e que ceux de l'infanterie et de la cavalerie dans les écoles mi-
II faut reconnaître, toutefois, que la faculté de mettre certains EScierB hors cadre, telle qu'elle résulte de la loi du 13 mars iST.'i, s'est piis assez large et qu'elle pourrait âtre étendue à un plus i nombre de positions.
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Il y aurait donc lieu de poser en principe le remplacement, dans les corps de troupe, de tous les officiers qui en sont détachés pendant un temps assez long pour que leur absence mette en souffrance le service de ce corps, tels que le personnel militaire des directions de Tinfanterie et de la cavalerie au ministèi*e de la guerre, celui des bureaux techniques de ces deux armes, des bureaux de Tétat-major général, du cabinet du ministre et de son état-major particulier, de l'École normale de gymnastique, de rÉcole normale de tir, des Écoles régionales de tir, de TÉcole militaire de Saint-Maixent, des Écoles préparatoires, personnel qui, pour rinfanterie seule comprenait, en 1883 : 2 colonels, 2 lieutenants-colonels, 5 chefs do bataillon, 37 capitaiues, 31 lieutenaats ou sous-lieutenants.
Quant à Tétat-major particulier de l'artillerie, il est àpeinesuflisant en temps de paix et en temps de guerre pour les services qui lui incombent. En temps de guerre, les états-majors de l'artillerie dans les armées et les corps d'armée absorberaient environ 100 officiers de tout grade. En temps de paix, les officiers et employés qui composent Tétat-major particulier de Tarme, doivent fournir le personnel nécessaire pour les établissements ci-après : Les bureaux de la direction d'artillerie au ministère ; Le service technique (on disait autrefois le dépôt central de Tartillerie) ;
Cinq écoles : Polytechnique, d'application de Fontainebleau, des élèves-officiers de Versailles, supérieure de guerre, Saint-Cyr; 19 commandements d'artillerie ; 19 écoles —
25 directions — comprenant toutes les places fortes,
les arsenaux de construction, les cartoucheries, etc. ; 5 ateliers de construction (Vernon, Tarbes, Puteaux, Avignon,
Angers) ; 1 fonderie de canons (Bom'ges) ] 1 école de pyrotechnie (Bourges) ; 3 manufactures d'armes (Saint-É tienne. Tulle et Châtellerault),
avec une inspection des manufactures d'armes ; 1 poudrerie militaire, le Bouchot; 1 inspection et 5 sous-inspections des forges ;
tTATS-ttAJORB, 8BRVICES PAHTICrtlËRS, ARHËE COLONIALE. 241
I Boit 92 L'iabUesemenLi), dont plusieurs leis que les direcIiOD6 binprenant de gi-auUes placeti Fortes, la J'ooderie, l'école de pyro- Jinie, exigeut unpLTsonuol considt^mbie. Après la mobilisation, il no resterait pas un oQiriei' par établissement, et le eeiTice ne pourrait pas y marcher sans les officiers en retraite rappelés molealaDément à i'activiLé.
I On a prétendu, à ce âujet, que la fabrication des ai-mes et du bitériel pourrait ôlre confiée à un corps d'ingônieurs civils ou bien S'industrie privée, ce qui permettrait de supprimer, ou tout au toias de réduire, dans uue proportion notable, l'élat-major partilier de l'ailillerie ; mais nous venons de voir que le eervice des |at6~in3Jors aux ariuâes et celui du commandement de l'artillerie LtiH lee places fortes absorbaient en temps de guerre un personnel ibreux ; nous pouvons aiErmer qu'on peut évaluer ce perlel à plus do la moitié de l'élat-major particulier. Quant à , confection du matériel, nous sommes pour l'intervention la {floB large poE&ible de l'industrie privée. Partout où il eet permis S'avoir recours à elle, on y trouve évidemment des avantages no- , ne fût-ce que celui de ne pas entretenir en permanence 1 établisbements coûteux pour des besoins Inlermitteots, de mver dans des usines qui ont im large débouché, comme Eesen 1 Prosee etleCreusot en France, des moyens de fabrication d'une «QCe telle que l'Élat ne saurait avoir rien de pareil et, par IB, de donner à cette industrie des encouragements qui lui per- «Itenl de lutter avec les fabriques étrangères. Mais il est des détails np minutieux et trop importants pour que l'artillerie puisse en uodonner le soin à qui que ce soit; le matériel comporte des 8 de précision dont l'usinage Qna! devni toujours être pratie dans ses ateliers. D'ailleurs, la surveillance des établissements ïé» et la réception de leurs produits absorberaient toujours un ■aod nombre d'officiers et d'employés. Le recours à l'industrie pvée, déjà admis et pratiqué largement pour les projectiles et I tubes d'acier des canons, les fers, les essieux, etc., n'a pas Bné d'ime manière sensible sur les besoins du personnel. FOu a parlé aussi de suiistituor, pour la fabrication et la confeca do matériel et des munitions, un corps d'ingénieurs civils ou litaires aux officiers d'artillerie quin'auraieQtplusqu'àmaaœu-
vrcr et à tirer le canon. Un tel partage d'attributions nous ferait reculer jusqu'au milieu du xvii* siècle et Ton verrait se reproduire . les faits que nous avons signalés, c'est-à-dire que les ingénieurs civils, militarisés demain, formeraient bientôt une nouvelle catégorie d'otficiers qui, par la force des choses, ne tarderaient pas à se fondre dans le cadre de l'arlillerie. On aurait ainsi travaillé en cercle, comme on le fait, hélas ! trop souvent, au lieu de suivre la ligne droite du progrès.
Ce que Ton propose là n'est d'ailleurs admis dans aucxme année européenne. Aux Étals-Unis, seulement, il existe un corps spécial nommé VOrdnance, qui est chargé de la construction et de l'entretien de tout le matériel de guerre, y compris celui de l'artillerie ; mais nous savons très bien que Tarmée de l'Union américaine ne se félicite jias de cette organisation.
L'idée Je la création d'un corps d'ingénieurs du matériel a cependant reru un commencement d'exécution. D'après l'article 11 de la loi du 13 mars 1875, « la direction de la fabrication des pou- « dres et autres substances explosibles monopolisées est, confor- « mément au décret du 13 novembre 1873, confiée à un corps « spécial d'ingénieurs, se recrutant directement à l'École polytech- < nique et placé sous l'autorité directe du ministre de la guerre. »
Le principe de l'unité de responsabilité est fortement atteint par celte disposition de la loi, car, entre les ingénieurs fabriquant la poudre et l'artillerie employant à confectionner des munitions, cette poutlre dont elle n'a pas le droit de contrôler la fabrication, on ne sauniit placer équitablemeuL la responsabilité.
La création des iuy:i'*nieurs des poudres et salpêtres, motivée par la fourniture des poudres de vente et des poudres destinées à la marine, est une espèce de coiny pénétrant dans notre organisation militaire et qui, si Ton n'y prenait garde, pourrait être poussé plus avant pour opérer la séparation contre laquelle nous nous élevions tout à l'heure '.
Un court résumé historique nous semble encore ici nécessaire pour bien [iréciser la question. Nous ne remonterons que jusqu'au moment où, après diverses péripéties, les établissements des poudres et salpêtres sont passés délinitivement sous l'autorité du mi-