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I. Éjril au mois de mai

kTATS-MAJOHS, SERVICKS PAHTICULiltnS, AHMËB COLONIALE. 243

ifitrode la guerre (16 ftWrier 1800). Lii directiun de la fabricalion

^tail alors GOuHée à une régie tonte tlère d'avoir compté dans ses

ingsriUnHtre Lavoisifii'; les établisBumentB qui eu dépendaient

Iftlaient dirigés par dos coaimisBaires et inspeclês imr les officiers

l'artillerie sous la haute surveillance du premier in6pecteiirgéné-

I do l'arme, A la miite d'un rappcwt du général Lariboisière,

int de lâll et signalant plusieurs graves abus, la régie des

lOudree et des salpêtres fut vivement attaquée; elle Qnit par être

kapprimée en 1817, pour être remplacée par un directeur géué-

, choisi parmi les officiers généraux de l'artillerie.

Déjù, en 1816, un officier d'artillerie avait dû être attaché d'une

Bnanîère permanente à chacune des poudi'eries et raffineries de

ilpilre, avec le tilre d'iuspecleur. Cette mesure avait été prise

^confonnément à l'avis émis par un comité d'artillerie dont les

lires avaient ac(iuifi, pendant les guerres de l'Empire, une

fexpârience incontestable.

a II est reconnu et évidemment démontré > , disait le comité, ■ qu'il ne suffit pas d'examiner la poudi-e au moment de la récep- « tien pour compter sur ses hons effets dans te service. >

Vérilé élémenlaire qui semble bien oubliée aujourd'hiy, quoi- Bqa'elle ait pris avec les nouvelles armes une importance capitale, •et qui Tut alors proclamée sans que l'on osât ou que l'on voulût en Itirer la conséquence évidente, qui ei\t été de livrer aux officiers l-d'arlillerie la direction de la fabrication de la poudre de guerre. lOn préféra créer un système mixte qui, faisant une situation égallement fausse aux inspecteurs et aux commissaires, ne pouvait ■aboutir qu'à leur antagonisme. Après de longs tiraillements et une I latte assez vive d'influences contraires, ce système défectueux'ful t«bolt par le décret du 17 juin 1865 , qui partageait les établisse- I mente des poudres et salpêtres en deux catégories: les pojuireriet W-mUitairM, laissées au ministère de la guerre, et les poudreries et I T^lfineTifi civiles, pa&séos au ministère des finances. Ces dernières r deTai«nt être exclusivement affectées à la fabrication des poudres I de vente. Les poudreries militaires placées sous la direction d'offit CÏe» d'artiil.;rte, furent celles do Metz, ;hi Bouch^'t, du Ripault et [ de Saiui-Clianias , auxquelles on ajouta bicutôt la poudrerie de Constantine. créée pour le service de l'Algérie. Toute cause de

conilit était ainsi écartée, mais le minietre responsable de l'anneluent et de la défense du pays, perdait son influence légitime sur la plus grande partie des moyens de production de la poudre. Aussi lorsque, aprùs la guerre do 1870-1871, par suite de la perte de Metz et de la suppression de Constantine dont l'établissement n'avait pas répondu à ce que Ton en attendait, Tartillerie se trouva réduite à trois poudreries en face de l'obligation do constituer à bref délai un approvisionnement, évalué au minimum à 50 millions de kilogrammes, on reconnut la nécessité de recourir à des mesures énergiques et de concentrer dans une seule main tous les moyens de fabrication.

Le décret du 13 novembre 1873 replaça toutes les poudreries dans les attributions du ministère de la guerre, maison ne crut pas devoir confier à des officiers la fabrication de la poudre de vente. D'autre part, la marine, ou plutôt l'artillerie de marine, avaitforcément devancé l'artillerie de terre dans l'emploi des bouches à feu de gros calibre, se chargeant par la culasse, qui présentaient pour l'armement des navires de guerre des avantages incontestables ; il lui fallait des poudres nouvelles, entièrement différentes de celles en usage ; elle prétendit avoir intérêt à confier la fabrication de ces poudres à des ingénieurs près desquels elle ferait plus facilement prévaloir ses idées que près des officiers d'artillerie. Ce> divers motifs reuij)ortèrent pour faire décider là création du corps des ingénieurs, mais sans rien préjuger quant au mode de rccruteuient. De plus, d'après les termes explicites du rapport qui motiva le décret dont il s'agit, le service des poudi'es devait être ratlaclié à celui de l'artillerie.

Les mêmes influences qui avaient abouti à la création du corps d'ingénieurs, firent introduire dans la loi, tout en visant le décret du 13 novembre, une disposition qui fermait l'entrée du corps aux officiers de l'armée et firent interpréter le décret dans un sens opposé à l'intenLion qui l'avait dicté, en donnant au corps des ingénieurs une indépendance absolue vis-à-vis de l'artillerie. Celle-ci n'eut plus à intervenir que pour recevoir les poudres de guerre, au mépris de cette considération si sagement exprimée dans l'avis du comité eu date du 9 août 1816, et bien plus profondément vraie aujoui'd'liui qu'à cette époque, en raison des pro-

bridli^s multiples (les poudri?s à gros grains et do l'action exercée nir ce* pri>pni5tt*>i par les moindres yarintions lians les procédés lî fabrication :

« Il ne nu/fil pas d'esaminer la poudre au moment de la réception ■ pour '■ompier avec certilitde xur ses bons effets dans te service. »

Quelcpie soin que l'on prenne, en effet, pour ùtalilir les conditions

pigoureiiBes de réception, rien ne peut remplacer la surveillance

Birecte de la fabrication, et le service de l'artillerie se trouve au-

ionrd'liuî aux prises avec des ditBcullés dont il ne pourra sortir

e le jour oit il sei'a chargé de la fabrication des poudres aussi

t>ien que de leur emploi.

Tl e«t insensé pour un pays comme la France de sacrifier les in-

l' lârdU de la défense du pays auï bénéfices, pou considérables d'ail-

tetirs, d'un commerce dont l'État ne devrait mi'rae pas se charger.

r Lorsque, il y a quelques années, la Grèce, menacée d'une guerre

[ *vec la Turquie, s'adressa à la France pour l'acquisition d'une

F-lcertaine quantité de poudre, le eeul fait de voir le ministre de la

l'9Uerre intervenir dans celte fourniture, douna lieu d'accuser le

I' 'Gouvernement français d'une ingérence contraire aux lois de la

l'Iientralité. Au point de vue de la liberté de l'inilnatrie, le mono-

L^le de la fabiication des poudres est un anachronisme. Ce mono-

I- pôle o'a plus sa raison d'être dès lors que l'Ëtat a abandonné celui

s autres explosifs, tels que La dynamite; il est facile d'ailleurs

l'en remplacer le produit par un impôt sur la vente de la poudre.

I tombera donc comme Celui de la fabrication des armes de guerre,

t la production des poudres de vente sera abandonnée à l'induB-

rie privée, toujours plus apte que l'Ëtat à satisfaire les goAts et

• exigences du public. Le corps des ingénieurs des poudres de-

riendra dans ce cas le corps des inspecteurs de la fabrication, de

b conservation et de la vente des substances explosives, tel qu'il

il exiete un en Angleterre. Après plusieurs accidents très graves,

t à des ni:'gligences incroyables et à l'absence de toute légis-

lUon répressive, une enquête longue et minutieuse a flni par

K>utîr dans ce pays à des lois très sévères , et le soin important

BTCiller à l'exécution de ces lois est confié à des inspecteurs

fime liaute compétence, dépendant du ministère de l'intérieur.

B'eet U le vrai rôle de l'État, qiii n'a pas à ee faire marchand de

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poudre, et du moment oii il ne sera plus fabriqué que des poudres de guerre, c'est Tartillerie qui naturellement devra être chargée de cette fabrication. Avec sa liberté d'action elle retrouvera la responsabilité sans partage, comme cela doit être.

Au rebours de ceux qui tendent à faire remplacer les officiers d'artillerie par des ingénieurs civils pour tout ce qui concerne la fabrication du matériel, des armes et des munitions de guerre, il en est qui demandent l'application absolue du principe opposé et qui voudraient voir l'infanterie chargée de fabriquer ses armes et ses cartouches, comme cela a lieu en Allemagne. Nous trouverions à la réalisation de ce désir infiniment moins d'inconvénients qu'au système opposé. Nous croyons même que le service de l'artillerie n'aurait qu'à y gagner. Les armes modernes ont un tir rapide et précis ; la moindre imperfection dans l'arme elle-même ou dans sa cartouche entraîne dans ce tir des perturbations sensibles, quelquefois même des accidents, rares proportionnellement au nombre de coups tirés, mais frappant les imaginations et donnant lieu à des plaintes exagérées. Toutes les fois que les résultats sont moins satisfaisants qu'on ne serait en droit de s'y attendre, la faute on est imputée à l'arme ou à la cartouche ; si l'infanterie était chargée de la fabrication, elle serait mieux convaincue des difficultés que cette fabrication présente et elle se plaindrait moins souvent. Mais, d'un autre côté , il est préférable qu'un seul et même sei'vice intervienne dans la fabrication et l'entretien de tous les engins de guerre ; seulement il faut bien s'entendre à cet égard : c'est à l'infanterie et à la cavalerie de préciser ce qu'elles veulent et à Tartillerie de l'exécuter lorsque le ministre aura passé outre aux objections qu'elle a pu faire au point de vue des difficultés de la fabrication, du prix de revient et de la solidité.

En ce qui concerne le génie, nous venons de voir que parmi les attributions de ce corps ligurent le service du casernement et l'administration du domaine militaire. A notre sens, cette disposition e&t fâcheuse. Elle oblige les officiers du génie à entrer dans des détails qui sont pour eux une source continuelle de conflit avec les corps de troupe de toutes armes. Forcés de se renfermer dans les limites étroites du budget, ils laissent en soufErance, malgré toute la bonne volonté qu'ils peuvent avoir, des intérêts

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I eee«Qtiols et opposenl ù des réclamatioas réitérées dos Uns de non- IreceToîr, dont la responsabilité leur incombe lo plus souvent bien I injutitemeiit. En un mot, le génie est le propriétaii-e ou tout au I moins le gérant, parfois eourd aux réclamations de locataires raé- Iconleate; les relations qui en résultent ont été plus d'une Tois InniBibles au bon acuoid qui devrait exister entre les olSciei's de I lOUtes armes'. Nous sommes convaincu que la plupart des of&- Kcierfi du génie pensent aujourd'hui comme nous au sujet du ser- ■yice du casernement et du domaine militaire. Pourquoi ne pas ■donner la partie administrative de ce service à l'intendance, dont Iles attributions, déjà diminuées par la cré.ilion du contrâle et l'au- Itoiiooiîe du service de sauté, devraient l'être encore davantage par ll'îndépeadauce rendue aux corps de troupe 'i* Les travaux de cons- ^ttuction ou tout au moins ceux d'entretien et de réparation seraient KconGéB, sous le contrôle de l'administration militaire, à des arcbîtoies l'ivils.

Le génie, délivré di^ig soucis du casernement, poun'ait se réunir

ilots l'artilleiie, dont il s'est séparé bien à tort en 1776. Il est

^i»i qu'à celle époque les deux corps, mal fondus ensemble par

^'ordonnance de 1744, vivaient l'un à côté de l'autre sans un

■AQlre lien qit'une dénoininalion commune et qu'à s'en rapporter

■au témoiguage d'hommes compétents, tels que le maréoUal de

tfiellc-Igle, ministre de la guerre, la réunion des deux corps n'avait

■donné que de mauvais résullats' ; mais le mal aurait trouvé son

remède dans des mesures destinées à resserrer une liaison mal

Vformée, bien mieux que dans la rupture complète de cette liaison.

« La séparation absolue », a dit très justement à ce sujet M. le

tnéral Susane, « mène chacun à se cantonner dans sa spécialité

. Le ^nârsJ Bardin. toujours malveillant pour les armosspëcinles, s'p-vprimii ^ ai Haas son Dielionnairo : ■ Le génio usU'archesiimle.au <liro<ie iea graods- I |>rUrM. Crarilons-nous biea d'y loucher, nous qui n'apparienous iian il son

j.,t. Voir, liiigi' 237, cr ijuc le mwéfihal de Bolle-lsle écrivait le G avril 1753 au '■la di ClermoDt. lit le marne Belle-Uln écrivait, le 3 Juinsuivani.ài>ari3 Du- /, a|irti avoir Ikil prononcer de nouveau la séparslioa pntre t'aruUâne et )s céOiQ par uni ordonnance du 5 mal .- • Ce mélange monsinieux eût, s'il ota

• dura, aiit''uQti les ingânipuri en France dans pr'u d'ann£es; c'est un qui Tait

• qiu >e n'ai pas perdu un tnotn«ut pour faire ces:>cr ce mal. ■ (C. RouiAct, h Ik.PiMtfa de Cfjor«.i

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« et à ne s'occuper que d'elle, à négliger, à dédaigner le reste et à « produire des rivalités dangereuses pour le service *... »

C'est ce qui est arrivé pour Tartillerie et le génie. C'est ce qui a conduit des ingénieurs distingués, tels que Cormontaigne, s'abritant derrière l'autorité de Vaubaii mal intei'prétée, à diminuer dans l'attaque et la défense des places l'importance du rôle de l'artillerie ; c'est ce qui a pu faire dire au général Prévost du Vernois que le siècle de Louis XV avait été pour l'art de la fortification un siècle do décadence et d'erreurs ; (*/est ce qui a inspiré jusqu'en 1870 l'enseignement de TÉcole de Metz, héritière des traditions exclusives et étroites de celle de Mézières. C'est pour cela que le génie est devenu, pendant quelque temps, une Église tellement intolérante que le marquis de Montalembert, regardé à l'étranger comme un grand homme, a été mis au ban, traité d'absurde et d'ignorant pour avoir voulu fonder son système de fortification sur la supériorité de l'artillerie dans les sièges', une Église dont Cormontaigne était le dieu et Noizet son prophète.

Les dissentiments de l'artillerie et du génie sont restés proverbiaux dans l'armée.

« Il m'est démontré », lit-on dans les Mémoires de Marmont, « que le siège de Saint-Jean-d'At;re aurait encore réussi malgi*é la « perte de Tartillerie de siège, si les opérations eussent été mieux « conduites... Une division coupable, une lutte scandaleuse s'éta- « blit entre l'artillerie et le génie, et il en résulta un mauvais em- « ploi des faibles moyens auxquels on était réduit*^. »

Au siège de Gaëte, en 180G, il est permis de croire que l'on n'aurait pas perdu un temps précieux à pratiquer des cheminements dans le roc, sous le feu d'une énorme quantité de canons et de mortiers, si les généraux du génie qui dirigeaient l'attaque eussent voulu employer l'artillerie dès le début. A Badajoz, en 181 1, les discussions de l'artillerie et dn génie sur l'emplacement de la batterie de brèche ont retardé de huit jours un dénouement que l'armée d'Andalousie attendait avec impatience pour marcher au secours de l'armée de Portugal. M. Thiers qui, pour plus de

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